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GRIMALKIN est le descendant du chat de Nostradamus, il est doté de pouvoirs surprenants. Dans cette nouvelle aventure, il va entraîner Zoé et ses amis au coeur du désert à la recherche d'une tablette disparue Ce chat facétieux et malicieux nous fera découvrir le secret de la mystérieuse cité d'Ubar connue pour son peuple tout aussi fascinant, les fameux géants de Aad qui pratiquaient la magie. Nous devrons déchiffrer des légendes oubliées afin de mener à bien cette quête Alors si vous aimez le mystère, le suspens, les intrigues et les légendes, découvrez GRIMALKIN TOME III LES LÉGENDES OUBLIÉES Un monde d'évasion s'ouvre à vous
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Seitenzahl: 206
Veröffentlichungsjahr: 2021
Je tenais à vous remercier une nouvelle fois pour votre fidélité dans cette aventure. Ce roman est dédié à Léo l’âme du GRIMALKIN qui me manque tant.
Merci à tous.
CHAPITRE 1
CHAPITRE 2
CHAPITRE 3
CHAPITRE 4
CHAPITRE 5
CHAPITRE 6
CHAPITRE 7
CHAPITRE 8
CHAPITRE 9
CHAPITRE 10
CHAPITRE 11
CHAPITRE 12
CHAPITRE 13
ÉPILOGUE
Le chant d’un oiseau au loin, brisa le silence, Zoé soupira de bonheur, elle se prélassait dans la piscine, les bras écartés, les yeux levés vers le ciel, observant la trainée d’une fumée bleue, blanche et rouge laissée par la patrouille de France. Quand un plongeon près d’elle mit fin à ce moment paisible, elle se redressa subitement s’essuyant les yeux, c’était Marc qui riait en la regardant. Puis elle aperçut Sophie enlacée par Nicolas et à leurs côtés Mathieu, ils se tenaient tous au bord de la piscine.
- Ah ! Je vois madame se la coule douce, je croyais que tu devais réviser, se moqua Mathieu en se penchant près du transat où Zoé avait laissé un livre.
- Quoi ! Les contes Les Mille et une nuits ? Dis donc Zoé tu ne retomberais pas en enfance par hasard ?
- Oh ! C’est super ce livre, s’écria Sophie, je l’ai lu quand j’étais petite, Aladin, les quarante voleurs, le génie et tous ces récits fabuleux.
- Justement ! Reprit Mathieu, tu étais une enfant, Zoé a passé l’âge.
Celle-ci se hissa sur la margelle de la piscine en lui tirant la langue, Marc la rejoignit.
- Ceci est notre prochaine aventure.
- Quoi ! S’écrièrent-ils en chœur
Zoé éclata de rire, se saisit de sa serviette et s’essuya en pouffant, devant l’air incrédule de ses amis.
- Comment-ça notre prochaine aventure ? Répéta Mathieu.
- Hum ! Je ne sais pas encore c’est flou, mais je fais un rêve persistant. J’ai l’impression que nous allons faire un grand voyage.
- Ah bon ! Mais où ? Interrogea Sophie les yeux pétillants de bonheur.
- Peut-être bien chez Amir, répliqua Zoé en leur faisant un clin d’œil.
- Quoi ! Tu en es certaine ! La coupa Sophie.
Au même moment la voix de Nanny se fit entendre.
- Non ! Non ! Et non ! C’est impossible, ce n’est pas la peine d’insister, précisait celle-ci d’un air contrarié à Amir.
Tous les regards convergèrent vers elle.
- Que se passe-t-il ? Demanda avec étonnement Nicolas.
Nanny se laissa choir dans un fauteuil près du transat de Zoé.
- C’est… C’est le père d’Amir, il veut que nous allions tous chez-lui pour l’aider à retrouver les preuves de l’origine de son pays, grâce à l’œil d’Ubar.
- Oh ! Mais c’est génial ça ! S’écria Mathieu.
Nanny reporta son attention sur lui et remarqua la couverture du livre qu’il tenait dans les mains, elle haussa les sourcils en l’interrogeant du regard.
- Oh ! Ce… Ce n’est pas à moi, c’est à… Zoé, rétorqua-t-il en le reposant prestement sur une petite table.
Nanny plissa les yeux en fixant intensément cette dernière.
- Aurais-tu oublié de me dire quelque chose Zoé ?
Celle-ci s’approcha de sa vieille amie, s’installa sur le fauteuil à côté d’elle et mit sa main sur la sienne.
- Non pas du tout ! Simplement depuis quelques jours je fais un rêve étrange me ramenant toujours à ces contes, mais je n’en comprends pas la signification. Je crois que ce voyage en est l’explication, conclut-elle en lui faisant un clin d’œil. Mais pourquoi affirmer que c’est impossible ?
Nanny soupira longuement et baissa la tête tristement.
- Si cela doit être votre prochaine mission, pas de problème, vous pourrez y aller, mais je resterai ici.
Des cris de protestation s’élevèrent.
- C’est impossible ! Insista Zoé en penchant la tête. Vous le savez, vous êtes l’âme de notre groupe, la sagesse, notre mentor. Nous formons une équipe, chaque membre à un rôle important, on ne peut pas se passer de vous, c’est impensable.
Nanny si sûre d’elle d’habitude, se mordilla les lèvres.
- Mon père tient vraiment à votre venue. Il vous aime beaucoup et se fait une joie de vous accueillir. Il voudrait vous faire visiter notre pays, vous en montrer les beautés. Il a même dit que s’il le fallait il viendrait lui-même pour vous convaincre.
Marc fronça les sourcils en l’observant attentivement. Zoé leur fit signe de s’éloigner, elle voulait connaître les raisons de son refus.
Discrètement tous ses amis se reculèrent. Elle regarda la surface de l’eau si calme, si apaisante.
- Alors ? Cela ne vous ressemble pas de renoncer à une nouvelle aventure. C’est vous qui nous poussez d’habitude.
- Oui, mais…
- Mais quoi ?
Nanny soupira de nouveau.
- Je… Au même moment un avion passa au-dessus de leur tête et Nanny l’observa un long moment.
- Quoi ! C’est l’avion c’est ça ? Vous avez peur ?
- Ne te moque pas de moi je t’en prie Zoé Kilhourz, je sais que c’est stupide, mais que veux-tu, ce truc qui pèse des tonnes et qui reste en suspension dans l’air me fait paniquer.
- Oh ! Je comprends, répondit Zoé en se mordillant les lèvres. C’est inutile que je vous rappelle qu’il y en a des milliers dans le ciel et que les accidents sont très, très rares.
- Non ce n’est pas la peine. Je sais, je… je suis idiote, conclut Nanny d’une voix morne.
- Pas du tout, vous n’êtes pas la seule à avoir une phobie, et le bateau ?
- J’ai le mal de mer, elle pouffa de rire, que veux-tu, je suis sédentaire dans l’âme, je me sens bien ici et sortir de ma zone de confort est effrayant.
Zoé éclata de rire.
- Après tout ce que nous avons vécu. Ces aventures incroyables hors du temps. Vous êtes une curieuse, une passionnée. Si on vous laissait derrière nous, vous seriez malheureuse, toujours inquiète. C’est ensemble que nous sommes invincibles. En plus vous aimez apprendre, découvrir de nouvelles choses. Pour vous la vie est un défi permanent, le mystère votre terrain de jeu.
Sa vieille amie la regarda avec beaucoup d’attention.
- Décidément tu es pleine de sagesse Zoé comme toujours.
- Nanny nous avons tous des peurs instinctives qui sont irrationnelles, il n’y a aucune honte. Toutefois nous avons un avantage sur les autres.
- Lequel ? Reprit avec curiosité Nanny.
- GRIMA ! Il ne laissera rien arriver de malencontreux, il nous protégera, et vous le savez, si ce voyage représentait le moindre danger il me le ferait savoir.
Au même moment celui-ci sauta sur les genoux de Nanny, posa ses deux pattes avant sur ses épaules et lui donna des léchouilles sur le bout du nez comme pour la rassurer. Elle se mit à rire.
- C’est vrai j’avais oublié à quel point ce chat est merveilleux, mais…
- Pas de mais, avez-vous confiance en lui ?
Nanny le fixa dans les yeux un long moment.
- Bien sûr, je lui confierai ma vie.
- Alors nous partons ! Une nouvelle aventure nous attend ! Affirma Zoé avec un grand sourire.
Des cris de joie se firent entendre et tous leurs amis s’approchèrent de nouveau.
- Oh ! Mais j’y pense, il nous reste des cours, l’année n’est pas terminée, soupira Sophie.
- Aucun souci, tout est arrangé, mon père a contacté le président de l’université, nous avons son autorisation.
- Quoi ! Mais comment ? S’écria éberlué Marc.
- Compte tenu de nos excellentes notes et du fait qu’un roi insiste sur notre présence afin de résoudre une affaire de la plus haute importance, sans oublier une très généreuse donation, il a donné son accord et sa bénédiction.
- Je n’en reviens toujours pas, s’exclama Nicolas.
- Oh ! P..tain c’est trop cool, jubila Marc.
- Mais ce n’est pas possible, Maaaarc, tu ne changeras donc jamais, s’offusqua Nanny en lui mettant une petite tape sur le bras ce qui le fit rire.
Amir leur fit un clin d’œil.
- Mon père nous envoie son avion, il n’y a jamais eu le moindre accident avec ce modèle il est très fiable vous savez, et nous serons tous ensemble.
- Waouh ! Un jet particulier, s’extasia Sophie tout sourire.
Seul Marc resta silencieux, il regardait le sol, semblant réfléchir intensément.
- Que se passe-t-il ? Demanda Zoé inquiète.
- Oh ! Je viens de réaliser qu’il… il m’est impossible de venir. Je travaille chez la mère de Mathieu et puis j’ai ma petite princesse Miya, je ne peux pas l’abandonner, c’est mon bébé.
- Personne ne te demande de le faire, précisa Amir en mettant sa main sur son épaule, elle viendra avec nous. GRIMA aussi sera là, alors ne stresse pas il n’y a pas de problème.
Mathieu qui s’était éloigné du groupe parlait dans son téléphone. Il raccrocha joyeusement.
- Ma mère te donne un congé exceptionnel, elle est super excitée de savoir qu’une nouvelle aventure va commencer.
- Sérieux ! Marc exultait de bonheur. P… Euh ! C’est top ! Génialissime ! Nanny qui l’observait les bras croisés, sourit en voyant ses efforts.
- Tu vois quand tu veux, mais, j’y pense et mes chats ? Moi aussi je ne peux pas les laisser, soupira Nanny tristement.
- Je m’en occuperai, affirma Marie qui venait d’apparaître. À la seule condition que vous me teniez au courant de cette nouvelle enquête. Je trouve cela tellement fascinant.
- Oh ! Marie, vous êtes une amie précieuse, murmura tendrement Nanny en prenant ses deux mains dans les siennes.
- Bon ! De toute façon, tout le monde est invité, insista Amir. Il y aura Nanny, Zoé, Sophie, Mathieu, Marc, Nicolas, Céline et Éric avec leur bébé, et puis aussi Martine et Paul, sans oublier Raoul. Nous allons prévenir tout le monde.
Un miaulement se fit entendre et ils éclatèrent tous de rire.
- Ah oui ! J’oubliais le principal intéressé, bien sûr GRIMA tu seras le premier à monter dans l’avion. Sans toi que ferions-nous ?
- Mais tu es certain que ton père peut tous nous accueillir ? Interrogea surprise Sophie.
- Bien sûr le palais est grand.
- Le pa… palais ? Reprit-elle interloquée. Nous allons dans un palais ?
Amir hocha la tête les yeux brillants de plaisir, il regarda tous ses amis. Nanny se pencha vers le livre qu’elle ramassa.
- Je me demande bien, quel est le rapport avec ces contes ? Peux-tu me décrire ce rêve que tu as fait ?
- Très étonnant ! Je vous le dirai.
- Eh bien je t’écoute, reprit Nanny en croisant les bras.
- Ah non ! Pas maintenant, je vous le raconterai quand nous serons dans l’avion, ainsi vous ne verrez pas le temps passer, répondit-elle mutine.
- Oh ! Zoé tu exagères, affirma Nanny en lui souriant.
Les autres pouffèrent de rire, ils avaient hâte d’en apprendre plus.
- Mais Amir tu nous avais dit que cette pierre permettait de découvrir le secret, je ne comprends pas pourquoi vous auriez besoin de nous ? Interrogea Nicolas avec curiosité.
- Hum ! Ce n’est pas si simple en fait, et je crois aussi qu’il a envie de connaître le groupe, de vous rencontrer et surtout de vous retrouver Nanny.
- Oh ! C’est vrai ça, vous le connaissez, s’enquit Marc en fronçant les sourcils, mais comment l’avez-vous rencontré ?
Nanny rougit sous leurs regards inquisiteurs, elle tapota sa canne sur le sol.
- C’est une longue histoire.
- Mais encore ? Insista Marc.
- Maaarc ! C’est si vieux tout ça, affirma Nanny en faisant un moulinet avec son autre main.
- Oui c’est évident, reprit-il.
- Oh ! Eh bien toi alors ! Dis donc Marc tu ne connais pas la galanterie ? Quel manque de tact ! De toute façon, avec vous dès qu’on a plus de trente ans on est une antiquité, j’ai juste dépassé la soixantaine, répondit offusquée Nanny
Il pouffa de rire en la prenant par les épaules
- Mais une antiquité est un objet précieux, qui a beaucoup de valeur aux yeux de celui qui l’aime, et puis je sens un premier mystère derrière tout ça. Mon instinct est en alerte, je veille sur vous.
Nanny lui tapota la joue, émue devant sa tendresse. Marc n’avait pas toujours la manière ou les bons mots, mais son attachement était sincère.
- Merci mon preux chevalier, mais je sais me défendre, dit-elle en brandissant sa canne et puis nous avons d’autres mystères à élucider. Elle mit sa main sur la couverture du livre. Il va falloir découvrir les énigmes cachées dans ce recueil, dès que Zoé nous racontera son rêve.
- Dans l’avion, pas avant et ce n’est pas la peine d’insister, répondit-elle en riant.
Ils se levèrent précipitamment, ils avaient hâte de prévenir les autres membres de leur groupe. Céline et Éric accepteraient-ils de les accompagner avec leur bébé et Martine pourrait-elle laisser son magasin ? Paul et Raoul voudraient-ils venir ?
Nanny se surprit à sourire, oui elle adorait l’aventure et puis au fond d’elle ce voyage la fascinait, qu’allaient-ils découvrir ?
Quelques jours plus tard, ils se retrouvèrent à l’aéroport, très excités par cette nouvelle quête. Tout avait été minutieusement organisé, une personne les conduisit dans un salon privé.
- Ouh là là ! J’ai l’impression d’être une star, murmura Sophie tout sourire à l’oreille de Zoé.
Celle-ci hocha la tête, elle aussi était subjuguée par tout le cérémonial, prenant conscience une nouvelle fois, du statut très particulier d’Amir. Elle regarda autour d’elle. Nanny était en grande conversation avec Céline, Martine, Éric et Paul. Personne n’avait voulu rater une telle expédition à part Raoul qui avait préféré rester, mais il tenait cependant à participer, en les aidant dans leurs recherches si cela s’avérait nécessaire.
Zoé portait GRIMA dans ses bras et Marc avait mis sa petite princesse Miya dans une cage de transport, elle semblait si effrayée par toute cette agitation. Zoé se pencha et avec son index essaya de la rassurer.
Amir leur fit signe de se diriger vers l’avion, toutes les formalités avaient été réglées.
- C’est fou ! C’est tellement simple quand on a de l’argent, chuchota Marc en souriant. Tu sais que c’est mon baptême de l’air. Ne le dis surtout pas à Nanny, mais je n’en mène pas large, conclut-il en lui faisant un clin d’œil.
Le faste de l’avion les laissa bouche bée. Une hôtesse leur fit signe et chacun prit place dans un fauteuil. Zoé s’installa aux côtés de Nanny avec GRIMA sur ses genoux.
- Waouh ! Effectivement, précisa Nanny en souriant, je pense que ce voyage sera moins stressant que je ne le pensais.
Tout en douceur l’avion s’éleva dans les airs, Nanny se tourna alors vers Zoé.
- Bon ! Alors nous t’écoutons.
Zoé observa chacun de ses amis, tous se rapprochèrent. Céline s’installa dans un fauteuil avec Michel qui dormait paisiblement dans ses bras.
Elle soupira longuement en se mordillant les lèvres.
- C’est flou, dit-elle en grimaçant. Je me vois déambuler dans un désert, voilà pourquoi j’avais pensé à Amir, ensuite j’aperçois à moitié enseveli dans le sable un livre. En me penchant, je découvre qu’il s’agit des contes Les Mille et une nuits, plutôt étrange non ?
- C’est tout ? Interrogea Mathieu.
- Non, la suite est surprenante, une brise s’élève soulevant le sable qui le dissimulait en partie, faisant tourner les pages du recueil, à la fin il y a des textes qui s’effacent, je n’ai pas le temps de lire les titres, ils disparaissent comme par magie. Puis le vent devenant de plus en plus fort le sable rend la visibilité impossible. Je mets ma main devant mon visage et je me retrouve dans une pièce richement décorée. Un homme se tient devant un miroir, il s’observe attentivement, mais son reflet est différent, il tend la main et là le miroir se brise en milliers d’éclats qui volent de tous les côtés. Je ferme les yeux pour me protéger, puis quand j’ose de nouveau les ouvrir, j’aperçois une jeune femme à la peau sombre qui marche devant moi, tenant dans la main une lance, nous sommes à priori dans une ville, c’est très animé autour de nous. Je la suis un long moment dans le dédale des rues. Puis tout à coup, je la perds de vue, et là un brouillard apparaît, c’est fini !
- Hum ! Très intéressant, affirma Nanny en regardant Zoé. Nous avons de nombreuses informations. Vois-tu leurs visages ?
- Euh ! Non, effectivement, pour l’homme son reflet est flou, c’est plus ses attitudes que je perçois et cette femme je ne distingue que son dos.
- Pas de panique ! Précisa Nicolas ce n’est que le début, comme à chaque fois, il va falloir attendre. Les pièces du puzzle trouveront leur place au fur et à mesure.
- Ce que je ne comprends pas, c’est la relation avec l’émeraude et la cité d’Ubar, à aucun moment tu ne distingues ce lieu et cette pierre, murmura pensivement Sophie.
- Hum ! Ça dépend, Zoé dit qu’elle déambule dans une ville, c’est peut-être Ubar, suggéra Mathieu.
- C’est étrange j’en conviens, reprit Éric. Je crois qu’il faut juste attendre d’en savoir un peu plus, Nicolas a raison. C’est déjà un bon point de départ. J’ai hâte, dit-il en se frottant les mains, nous allons sûrement visiter le désert.
Céline éclata de rire en voyant sa mine réjouie.
- Il prend goût à l’aventure. Maintenant nous partageons la passion de l’histoire, et tout ça grâce à vous.
- Parce que ce n’est pas aussi barbant que je le pensais. Je voyais cette matière comme une succession de dates, de noms, mais là nous avons toujours un lien avec le présent. Les faits du passé ont un sens. C’est vrai je l’avoue je suis accro, répondit-il en souriant.
Chacun reprit sa place, mais Marc resta près de Nanny.
- À vous maintenant ?
- Quoi moi ? reprit celle-ci en haussant les sourcils.
- Si vous nous disiez comment vous avez connu le père d’Amir ?
Tout le monde se retourna, dans l’attente de sa réponse.
- C’est si vi… Ooooh ! Non ! Ne dis rien Marc ! Le sermonna-t-elle, en mettant son index sous son nez.
Elle soupira longuement.
- J’étais très jeune à peine dix-sept ans, je terminais le lycée, mais déjà passionnée par Nostradamus. Nous étions une famille de gardiens, et un matin un jeune homme s’est présenté chez mes parents, c’était Hamad Ben Khalir il…
- Mon père, la coupa Amir avec un sourire.
- Oui il avait le même intérêt pour ce personnage fascinant et je ne sais pas comment il savait tout sur mes parents. Il connaissait leur rôle, il voulait en apprendre plus. Nous l’avons accueilli chez-nous, pendant tout un été. C’était je crois le cadeau de son père.
- Oui il me l’a expliqué, mon grand-père était connu pour être un homme très dur, très autoritaire. Il savait que son fils devrait assumer une lourde charge, et comme il venait de réussir brillamment des examens, il lui a accordé une pause, un dernier moment de liberté pour faire ce qu’il voulait. Mon père étant fan absolu depuis toujours de Nostradamus c’est tout naturellement qu’il a pris contact avec votre famille. Il en garde de très bons souvenirs, il m’a dit que cela l’avait aidé à supporter toutes les responsabilités écrasantes liées à son règne.
Nanny hocha doucement la tête.
- Hamad, était un rêveur, passionné par le mystère qui entourait Nostradamus, il était très différent de son père. Son enfance avait été très difficile.
- Mon grand-père était un tyran ! Affirma Amir en serrant les mâchoires.
- Pourquoi tu dis ça ? Interrogea Zoé surprise de sa réaction.
- Il réglait tout par la force, il ne connaissait pas le dialogue, la diplomatie. À l’époque il y avait déjà des conflits avec cette fameuse tribu d’Adur à la frontière sud de Koubar. Ce peuple revendiquait la souveraineté du royaume. Mon grand-père n’a pas hésité à attaquer la région massacrant tout sur son passage, le message était clair, celui qui s’oppose à moi, périra.
- Eh bien ! Il ne faisait pas dans la dentelle ton grand-père, précisa Nicolas en le regardant avec attention.
- Il a fait assassiner le couple régnant de la tribu d’Adur, Aïcha et Abdul. Pourtant il s’agissait de sa cousine, à qui il avait imposé cette union, mais cela ne l’a pas arrêté.
- Waouh ! Oh le monstre ! Il était « chelou » ce mec ! S’insurgea Marc.
- Pardon ! Reprit Nanny étonnée, c’est quoi encore ce truc ?
- Euh ! Je veux dire qu’il était craignos ! Je comprends que le père d’Amir ne devait pas le kiffer, il était resté coincé au moyen-âge, le gars.
Nanny l’observa un long moment la bouche ouverte.
- Si ça continue il va me falloir un décodeur, je jette l’éponge, tu me désespères.
Marc et ses amis éclatèrent de rire. Zoé se tourna subitement vers Amir, l’air horrifié.
- Attends ! Tu veux dire qu’il a fait exécuter sa propre cousine ? Ton père n’a pas pu l’empêcher ?
- Il n’avait aucun pouvoir, il n’était pas au courant de ses intentions, ce crime l’a horrifié. À cette époque-là, il voyageait beaucoup à travers le monde pour faire connaître notre pays, ses richesses, sa culture. Mon grand-père lui reprochait d’être trop à l’écoute du peuple et l’écartait de toutes les décisions. Comme tous les despotes, il voulait régner seul, c’était un véritable tyran, qui n’hésitait pas à faire couler le sang.
- Il était flippant ! Quand tu dis qu’il avait imposé cette union, cela signifie que cette pauvre fille a fait un mariage forcé ? Insista Sophie outrée.
- Cela se faisait beaucoup à l’époque, pour aplanir des difficultés, renforcer des alliances. Il n’y avait rien de choquant, c’était plutôt courant. Heureusement de nos jours cela n’existe pratiquement plus, Affirma Nanny avec un doux sourire.
- Heu ! Nanny vous voulez dire que l’on peut trouver encore ce genre de mariages ?
- Plus chez nous, confirma Amir. À la mort de mon grand-père, peu après ces tristes évènements, c’est mon père qui est devenu le souverain de Koubar. Il a tout fait pour réparer les torts. Il avait appris qu’Aïcha et Abdul avaient des jumeaux à peine âgés d’un an, Naïm et Noam, ils avaient été rejetés par leur tribu et vivaient dans la misère avec leur grand-mère. Ils furent accueillis tous les trois au palais. Mon père a voulu leur offrir la même éducation qu’à ses propres enfants. Aujourd’hui c’est mon frère Ayoub qui règne et il est secondé par Naïm, ils ont le même âge. Son jumeau Noam est passionné d’histoire, il travaille comme professeur à l’université de Koubar.
- Oh ! C’était très généreux de la part de ton père, murmura Zoé émue.
- C’est un homme bon, précisa Nanny en souriant tendrement. Il n’avait qu’un objectif, apporter la paix dans son royaume, il voulait l’aider à évoluer du mieux qu’il pouvait.
- Oui c’est vrai, il a bâti la prospérité de Koubar grâce à la richesse de son sol. Il a créé des écoles, des universités, des hôpitaux, même dans les régions les plus reculées. Mais il s’est toujours heurté à cette haine ancestrale, basée sur la légitimité du royaume.
- C’est fou ! Qu’une histoire aussi ancienne perdure, s’étonna Marc.
- Je ne vois pas pourquoi ? Regarde chez-vous, c’est la même chose avec l’Alsace, la revendication de cette région est à l’origine de bien des conflits. De même que Chypre ou cette enclave au Maroc appartenant à l’Espagne et j’en passe. Partout dans le monde on trouve des cas similaires. Nous ne faisons pas exception, Adur veut son indépendance, à défaut de conquérir tout le royaume. Vous devez savoir que son sous-sol renferme de grandes richesses, nous ne pouvons pas l’accepter, et de toute façon, elle fait partie intégrante de Koubar, il n’est pas question de morceler notre état.
Amir regarda tous ses amis avec gravité.
- Il y a deux ans mon père a fait une crise cardiaque. C’est à ce moment-là, qu’il a cédé le trône à mon frère Ayoub. Nous espérions que le fait que Naïm le seconde permettrait d’apaiser les tensions, mais hélas ! Cela n’a rien changé. Il y a de nombreuses attaques dans cette région, des terroristes s’y cachent faisant régner la terreur, et rendant impossible l’extraction du gaz que renferme le sol. Heureusement jusqu’à ce jour il n’y a eu aucune victime, juste des dégâts matériels, mais la tension est extrême.
- Waouh ! Une situation explosive. Je comprends mieux pourquoi ton père veut retrouver la preuve de sa légitimité, précisa Zoé.
- Oui c’est une affaire épineuse, et une mission délicate, nous devrons nous montrer discrets sur les raisons de notre venue, affirma Nanny. Amir nous ferons notre possible pour aider ta famille à régner en paix.
Celui-ci serra les mains de Nanny pour la remercier, son regard exprimait toute son émotion.
- Vous savez le nom de Ben Khalir est associé au mot tyran. On détruit très vite une réputation et malgré tout le bien qu’a fait mon père et le travail de mon frère, la confiance met du temps à revenir. Nous voulons tourner notre pays vers le modernisme, l’éducation, la paix, mais cette vieille histoire c’est comme un boulet qui nous entrave. Les anciens ont beaucoup de pouvoir ils jouent sur ce vieux conflit pour bloquer toutes les décisions, retarder tous les projets d’avancements. Il faut que cela cesse pour le bien de mon peuple.
Zoé caressa GRIMA couché en boule sur ses genoux.
- Dis donc, c’est une sacrée aventure qui nous attend. Nous devons mettre fin à ces hostilités, et si nous n’y arrivons pas ?
