Harem inversé - Amélie Moigne - E-Book

Harem inversé E-Book

Amélie Moigne

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Beschreibung

Soumise à mon employeur et ses neveux 

Cheffe privée engagée par une famille de riches américains pour un été au Verdon, j’étais loin de me douter de ce qui allait arriver. Dans cette somptueuse bastide au cœur des Alpes-de-Haute-Provence, j’ai fait face aux jumeaux et leur oncle. Moi si certaine de mon homosexualité, je me suis retrouvée prise au dépourvue par leurs désirs. J’ai succombé, doucement, à chacun et j’ai adoré cela. Incapable d’en choisir un, j’ai aimé passionnément les trois… La perversion, c’est une histoire de famille, croyez-moi ! /*Harem Inversé, ennemies to lovers & BDSM*/ 

Soumise aux frères Marello: Une voleuse disiciplinée  



Mélanie, voleuse de bijoux, décide de s'infiltrer en tant que domestique dau service d'Alessandro Marello. Ce riche homme d'affaires italien réunit sa fratrie pour les fêtes à Monaco. Pensant qu'il s'agit d'une proie facile, Mélanie découvre rapidement la subtilité de la situation : Alessandro Marello a l'habitude d'engager une séduisante domestique pour la période festive. Le jeu vicieux entre les frères Marello consiste à séduire la nouvelle venue et la conquérir. Ainsi, Mélanie se retrouve malgré elle captive d'un jeu pervers entre frères rivaux.

À PROPOS DE L'AUTRICE


Amélie Moigne n'a pas d'âge, elle est une plume libre, écrivant les plaisirs qui traversent ses pensées. Ces romans sont les scénarios indécents qu'elle partage avec gourmandise avec ses lecteurs...

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Seitenzahl: 464

Veröffentlichungsjahr: 2024

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HAREM INVERSE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Soumise à mon employeur et ses neveux

 

 

 

 

 

 

 

Amélie Moigne

Prologue

 

J’ai toujours voulu être cheffe cuisinier, et cela depuis que j’ai appris à faire à manger avec ma grand-mère. Ma mère m’a toujours répété que c’était un métier réservé aux hommes et potentiellement ingrat, ce qui est vrai. Toutefois, cela ne m’a pas empêché de faire ça.

J’ai bataillé, je dois le reconnaître pour être acceptée dans la profession ou tout simplement pour faire ma place. En école de cuisine ou même derrière les fourneaux, j’ai dû me battre pour avoir de la légitimité, j’ai encaissé plus qu’un gars. J’aurais pu me faciliter la vie et bosser avec mon père, mais non, j’ai fait mes armes seules, du haut de mon mètre soixante-cinq et de mes soixante-dix kilos avec les remarques qui vont avec et les rabaissements aussi. J’ai adopté des années un look peu féminin, espérant mettre au rabais ma poitrine généreuse et ma taille trop marquée. Mais cela n’a pas empêché les mecs de me reluquer et de me cantonner à mon physique. Alors j’en ai eu marre, j’ai coupé mes cheveux dans un carré plongeant, fait une teinture rouge écarlate et j’ai ourlé mes yeux de khôl noir avec des tatouages en option.

J’ai gardé des vêtements de travail réglementaire, mais une fois en dehors, je me suis laissée aller à plus de féminité et de provocation. De toute façon en tenue de cuisine, je me fais mater et mettre des mains au cul donc pourquoi se priver ! De m’habiller comme je veux hein, pas d’avoir des mains au cul…

J’ai fini par ne plus me ranger derrière une apparence de fille à jogging pour prendre un peu soin de moi. Okay mes ongles ne sont pas manucurés, mais je n’en reste pas moins charmante. C’est ce que me répète souvent ma petite amie…

Parce que oui, en prime de faire un métier d’homme, je suis lesbienne. Ou bisexuelle, je ne sais plus. Cela fait un moment que je ne me suis pas intéressée aux mecs. En même temps, mes cinq ans de couple avec Lola m’ont permis d’instaurer une certaine tranquillité de vie et surtout de me projeter dans un avenir commun. Bref, une existence normale.

Ou presque.

Quoi, vous n’avez pas vu venir le petit mais ? Parce qu’il y en a un pourtant ! Le mais c’est mon taf. Je suis cheffe cuisinière chez les particuliers. On appelle cela une cheffe privée. Si hors saison estivale je ne fais que quelques évènements, l’été je carbure à temps plein au point de loger chez le client. Et chaque belle période, je me retrouve quelque part en Provence, au service d’un client étranger. L’année dernière j’ai bossé pour une famille du Qatar à Saint-Tropez. Cette année, je suis engagée par Emma Gilmore, une riche Américaine venue se ressourcer. De ce qu’elle m’a prévenu, son mari ne sera là qu’en pointiller mais je serais avertie. Il ne peut s’éloigner de ses affaires, car il s’agit d’un avocat très important d’un cabinet foutrement réputé de New York. Quant à elle, il lui arrivera de s’absenter, elle a des amis à voir et son magazine à gérer. Elle est directrice éditoriale de Spook un journal qui photoshope des filles sur du papier glacé pour donner des complexes à des nanas comme moi et qui fait des éloges à des gonzesses belles, mais vides. Bref, je ne suis clairement pas son public.

Emma Gilmore a deux grands fils de vingt ans, Richard et Daniel pour qui je devrais aussi préparer tous les repas. En résumé, mes deux mois d’été s’annoncent bien chargés, mais je vais travailler dans un cadre pour le moins idyllique.

 

Chapitre 1

 

 

Du coup, cette année, pas de yacht ni de starlettes prêtes à tout, mais plutôt le lac de Sainte-Croix au Verdon en guise de vue panoramique.

Dans ma jeep CJ7 sans âge à la carrosserie brique délavée, je sillonne paisiblement la route, chantant à tue-tête un morceau du groupe Téléphone qui passe à la radio. Si je connais Cendrillon par cœur, c’est grâce à mon père qui en est fan et qui, quand j’étais gamine, les écoutait en boucle. Aujourd’hui encore, j’ai la vision de sa grande carrure derrière les fourneaux en train de beugler leurs paroles. Ma mère, qui a divorcé de lui lorsque j’avais huit ans, ne peut plus les encadrer. Probablement comme elle n’encadre plus mon paternel, mais ça… c’est leur histoire !

J’ai avec moi mes valises, dont celles de mes affaires de cuisine. Normalement l’endroit est équipé selon mes exigences et je ne ramène que mes couteaux ainsi que mes fringues. Je profite encore de ne pas être coincée dans ma tenue de cuistot pour porter sur le dos, un crop-top et un short tous les deux noirs. Pas idéal avec le soleil, mais c’est ma couleur préférée, donc peu importe ! Je laisse tout loisir aux gens d’admirer ainsi le tatouage d’un grand renard sur ma cuisse, des dessins floraux sur mon ventre et un petit logo de Batman sur l’intérieur de mon bras gauche. J’ai d’autres tattoos mais personne ne peut encore les voir.

La matinée est bien avancée, mais il fait drôlement chaud et je ne peux pas nier qu’une caisse comme la mienne, sans clim, ça n’aide pas. Un air brûlant me fouette le visage et ne ramène aucune fraîcheur tandis que j’arrive devant le portail de la maison. Waze, l’appli GPS me scande avec un accent provençal avant que je ne l’éteigne:

— Et bah voilà on y est bonne mère !

Engageant ma voiture dans l’allée, je me tortille pour réussir à appuyer sur l’interrupteur. Une voix intriguée et polie de l’autre côté m’invite à me présenter et m’indique alors que je suis attendue une fois les choses faites. Effectivement.

Je suppose que c’est un « collègue » qui parle ainsi, mais il apprendra à se sortir les doigts du cul pour prendre moins de gants en ma compagnie. Non que je sois spécifiquement grossière, je sais me tenir, mais entre gens de maison, il faut savoir quand même s’éviter ce genre de trucs !

Le portail électrique m’est ouvert et je m’engouffre dans les lieux, j’aperçois finalement la demeure. L’ancienne bastide provençale à vue directe sur le lac et la piscine fait face à celui-ci tout comme la bicoque. Enfin, s’il n’y avait que cela, les montagnes de l’autre côté, c’est un cadre digne d’un téléfilm américain et moi je siffle en dévisageant tout cela.

Je ne suis pas une femme pauvre ou modeste, je suis plutôt à l’aise même, mais jamais je n’ai vu un tel coin. La bastide émerge de la nature dans un savant mariage de pierre et de modernisme tout en laissant croire qu’elle est assez ancienne. Ce dont je doute. L’architecte a su parfaitement faire présumer que c’est une vieille maison, alors que non. Je dévisage la tronche de l’endroit, me demandant ce que je vais découvrir à l’intérieur, quand la silhouette d’un homme en chemise décontracté, mais chic et pantalon en lin apparait. Il me fait signe de m’avancer et me désigne un abri couvert qui se fond idéalement dans le décor pour me garder. En tous cas, loin des deux SUV rutilants qui sont bien à leurs places au garage.

— Garez-vous ici, à côté de ma voiture.

Ah tiens, je viens de retrouver mon interlocuteur du portail. C’est donc lui, mon collègue, un homme cinquantenaire aux tempes poivre et sel et au sourire trop doux. Je crois qu’en fait, c’est sa manière de parler tout à fait naturel… en détachant chaque syllabe et avec délicatesse. J’ai été mauvaise…

— Merci !

Lâchais-je avec légèreté, faisant ce qu’il me dit avant de sortir de la voiture et prendre la main qu’il me tend pour me saluer.

— Enchanté Olivia, je suis Jules, le majordome de la maison. Ma femme Anaïs est occupée aux courses ménagères, car il lui manquait des produits, tu la verras plus tard.

Je suis impressionnée, il est tellement posé dans sa voix que ses intonations semblent ne vouloir déranger personne.

— Pas de soucis ! Madame Gilmore est là ? Que je me présente.

— Demain, ses fils sont déjà arrivés, mais il y a seulement Monsieur Daniel de présent, il bouquine sur la terrasse extérieure.

— Je vais aller me présenter alors.

Oui c’est ce que je peux faire de mieux, me présenter et faire en sorte de juger l’ambiance. Les clients peuvent être des gens bien, comme de vrais connards ! Après, même si ce sont des enfoirés, il faut faire avec. Je saurais en tous cas à quoi m’attendre. En m’engouffrant par la porte d’entrée, j’avoue que j’admire l’endroit. Entre modernisme et tradition, il y a un putain de décorateur qui est passé par là. Les murs en pierre classique s’opposent à des éléments visuellement contemporains et l’air frais qui sature le lieu fait comprendre que la clim doit carburer. C’est immense et si je ne m’aventure pas aux étages, je me faufile le long du couloir principal en suivant Jules qui me guide un peu.

Il vaut mieux, j’aurais pu me perdre ! En tous cas, je constate que la maison est équipée des composantes derniers cris et que s’il y a quelques babioles légèrement inutiles, mais qui sont du plus bel effet. Cela se marie dans un style nouveau et des objets plus anciens qui ont un lien avec la Provence et le côté bastide. Ce ne sera pas du tout déplaisant d’évoluer ici.

Je me retrouve de l’autre côté de la demeure, ressortant par la baie vitrée d’un salon trop grand pour faire face à une terrasse qui surplombe un espace en contrebas avec piscine, mais surtout avec vue sur le lac et les montagnes.

Putain c’est joli, je dois le dire et j’adore ce que je vois, au point que je ne discerne pas de suite la touffe de cheveux bruns qui dépasse d’un bain de soleil et qui lit un bouquin.

— Monsieur Daniel, Mademoiselle Olivia Rousset est arrivée.

Un petit mouvement de tête, il nous laisse. Je n’ai pas entendu l’autre l’ouvrir, mais je suppose qu’il est plutôt du genre à ne pas daigner parler aux employés… je dis ça avec un a priori, mais bon, je connais mon affaire. Quand un gars ne répond pas et ne tourne même pas le visage de son livre, c’est que derrière, il y a forcément un truc d’égocentrisme ou je ne sais quoi.

Bon, perso, je suis une fille directe, donc je me rapproche et je lance.

— Bonjour, Monsieur Gilmore, je suis enchantée de faire votre connaissance !

Je n’envoie pas la main, je n’ai pas spécifiquement envie de rester là comme une conne, le bras en l’air, attendant qu’il me salue. Je préfère m’avancer et voir ainsi son profil qui se découpe sous mes pupilles.

Bordel, j’en ai vu des beaux mecs dans ma vie, mais lui… si j’étais hétéro, je suppose que je contemplerais tel le loup de Tex-Avery regarde la chanteuse canon. Il a des allures d’Adonis, vrai dieu grec, à la peau glabre et l’air doux. Non pas doux, en souffrance, comme s’il était las du monde. Un gros sensible que je dévisage ouvertement sans aucune retenue. Son épiderme est blanc comme un cul par contre et ce n’est probablement pas avec sa tenue qu’il va bronzer. Il porte une chemise fluide, mais à manches longues bleu pastel et un pantalon en lin beige. Il n’y a pas grand-chose de visible de sa chair, mais bon il craint sans doute les UV. Derrière ses lunettes de créateurs, il ne daigne pas un seul regard vers moi… je ne sais pas si c’est frustrant ou non.

Je dirais que non : c’est le patron, je n’ai pas besoin qu’il me contemple tant que je peux bosser sereinement avec lui. Mais cela m’agace plutôt : je n’aime pas être prise de haut. Et pour moi, c’est ce qu’il se passe.

— Okay…

Oui, cela m’échappe, un okay gêné qui souligne quand même qu’il est assez mal poli comme dude. Cela a le mérite de lui faire tourner la tête, il devient écarlate et se redresse vivement pour s’excuser.

— Je ne vous ai pas entendu, veuillez me pardonner, j’étais dans mon livre.

Il a un charmant accent américain et une voix étonnamment douce et mesurée. Il ne me semble pas sûr de lui et ni à l’aise. Je devrais peut-être réviser mon premier jugement. Il bégaye et cherche que dire alors plutôt que de continuer une situation qui le met mal, je souris.

— Continuez ! Je ne peux que comprendre, quand un livre m’attrape, j’oublie le reste ! Je vais aller m’approprier mon territoire !

Légère et malicieuse, je fais en sorte de filer. Bon le premier des enfants est plutôt timide, voire introverti, cela signifie qu’il ne va pas trop me casser les pieds.

Chapitre 2

 

Le majordome m’a montré ma chambre pour que je m’installe, je loge au rez-de-chaussée dans une partie réservée aux employés. Il y a ma piaule et la sienne avec sa femme du coup. C’est spacieux et j’ai ma propre salle de bain avec une petite terrasse extérieure. C’est franchement l’un des meilleurs tafs que j’ai pu avoir.

Quant à la cuisine, c’est un pur bonheur. J’ai enfilé ma tenue de cheffe, attaché soigneusement mes cheveux et commencé mon tour d’inspection afin de faire un point.

Les courses ont été effectué selon mes exigences pour les deux premiers jours, j’ai tous les ustensiles que j’avais demandés et bordel que ça fait plaisir d’avoir autant d’espace pour bosser. Cela en est même indécent.

L’îlot central possède un magnifique plan de travail et une plaque à induction dernier cri avec hotte aspirante haute technologie. J’ai passé cinq minutes à m’amuser avec. Placard, zones de rangement, et le garde-manger ! LE GARDE MANGER !! Il est énorme !

Ouais, je délire un peu, je suis euphorique, il n’y a que moi pour me taper ce genre de kiffe, ou un autre chef…

En tous cas, je suis en pleine préparation de mes légumes pour le déjeuner quand j’entends quelqu’un rentrer. Aux vues du bordel qu’il fait, ce n’est clairement pas un introverti. Son arrivée s’accompagne d’une musique mise à tue-tête qui doit émaner d’une enceinte connectée à Spotify. Je ne saurais pas dire le titre de la chanson parce que je ne connais pas, mais l’air me plait bien. C’est du Pop Rock, donc forcément, c’est plutôt sympathique. Le son se rapproche et je suppose donc que cela vient vers moi. Ce n’est certainement pas Madame Gilmore, je la vois mal débarquer sur une mélodie du genre, après, je peux me gourer, mais je la visualise assez bien comme une Real Desperate Housewife. Pas la série hein, mais l’émission qui passe sur MTV et qui parle du quotidien des riches femmes au foyer américaines. Bon, elle n’est pas vraiment au foyer, mais vous imaginez le genre !

Alors que je suis en pleine découpe de mes légumes pour ma julienne, l’Adonis apparait dans l’encadrement de la porte. Si Daniel tout à l’heure était sur la réserve, blanc comme un cul et timide, celui-ci est tout l’inverse. Le teint doré par le soleil qu’il a pris en exposant un torse finement ciselé, sans excès, un peu comme Henry Cavill dans ses jeunes années.

Le dieu grec me fait penser à un de ces mecs de série pour ado qui a plus de vingt piges en fait, mais joue un adolescent. Des faux airs de Tyler Bucchanan et le portrait craché de Daniel…Ce sont des jumeaux si je me souviens de ce que m’a dit leur mère. Je crois… bon en même temps vu que ce sont des copies conformes… je ne peux pas en douter.

En rencontrant ses yeux clairs, je suis foudroyée sur place, il me sourit. Je rêve où ce type est en train de me bouffer du regard comme si j’étais un cheeseburger ?

— Hey, tu dois être Olivia, no ?

Outch, son accent est à couper au couteau comparé à son frangin, il y en a visiblement un plus doué que l’autre avec les langues…

— Je suis heureux de te rencontrer !

Il s’avance et me prend un peu au dépourvu. J’ai l’impression qu’on se connait depuis toujours avec sa manière de faire. Il vient et me claque la bise, je me retiens de ricaner comme une bécasse. Ce n’est pas mon genre, mais quand même. Il sent bon en tous cas et je finis par répondre.

— Enchantée, vous êtes Richard ?

— Ya ! Mais tu peux me dire tu ! Le vous, c’est pour mon père.

— Votre mère risque de ne pas apprécier.

— Oh, no, no problem. Ma mère est habituée à ce que je refuse les… comment vous dites chez vous… les chichis.

Il a dit ce dernier mot en détachant soigneusement les syllabes. Baissant le son de l’enceinte, il attrape un dé de carotte pour le lancer en l’air et le récupérer avec la bouche. Sa tenue décontractée me fait un peu de l’œil, avec sa chemise ouverte sur son torse clairement parfait.

- Alors, it’s ok ? Tu me dis tu et tu m’appelles Rick !?

— Je verrais ce que je peux faire !

Je ne dis pas oui, cela me déplait d’accepter autant de familiarité, je préfère la barrière avec les employeurs pour éviter de me faire bouffer en étant trop pote ! Bon, c’est vrai que je suis embauchée par sa mère, mais ce n’est pas une raison.

Comme s’il avait compris, il roule des yeux et vient se coller à côté de moi.

— Tu fais quoi ?

— Une julienne de légume, saumon balsamique et un peu de salade pour accompagner. Du léger pour midi.

— Perfect ! Je peux aider ?

— Ce n’est pas votre rôle.

— Oh come on !

Le voilà qui s’attrape un tablier qu’il fout sur son torse parfait, je ne dis rien. Je suis toute petite à côté de lui et je n’ai clairement pas la morphologie assortie. Enfin, sans être la petite grosse de service, je ne suis pas le mannequin qui va avec sa personne.

- Look !

Il me dévoile sa blouse en se retournant. Dessus, il y a marqué « un baiser pour le chef ». Sur le coup, je le regarde perplexe. Déjà parce que je n’aurais pas pensé trouver ce genre de tablier ici et ensuite, il me drague ou bien il est naturellement aussi léger ? J'opte pour la seconde solution.

— Give me a kiss ?

— Ah, mais le chef dans cette cuisine, c’est moi  !

Il réfléchit un quart de seconde

— Okay !

Et vient me déposer un baiser sur la joue, sans se formaliser. Je reste bête de sa façon d’agir et de faire. Je finis par rire et décide de prendre cela à la rigolade.

— Vous êtes un sacré numéro !

— I know, l’inverse de Daniel. Tu l’as vu déjà où je vais le chercher par la peau du cou ? Il est encore dans un livre, je paris !

— C’est bon, je l’ai déjà croisé !

— Il a été cool ?

— Timide.

Le jumeau roule des yeux au ciel. Des deux c’est lui le zigoto de service, je l’admets et je suis plutôt ravie de voir un tel caractère, même si cela va à l’encontre de mes principes élémentaires. En tous cas, je continue ma préparation en sa compagnie et je me laisse volontiers porter par son naturel enjoué et plaisant. Ce jeune homme apporte une étrange fraîcheur à ma matinée et ce n’est pas à cause de la climatisation, c’est sûr.

Je crois que j’en apprends plus sur lui en une petite heure que je ne pourrais en assimiler en trois jours avec son frère. Rick et Daniel sont jumeaux (sans blague), mais l’ainé est Daniel de quelques minutes. Ils vont en fac de droit et doivent suivre un stage cet été ce qui l’ennuie tout autant que son frère stresse d’avance. Il aime le beurre de cacahuète (quel cliché) et fait de l’aviron avec Daniel à l’université.

Quelque chose chez lui, outre son physique, est foutrement plaisant. Il rit facilement, ne semble pas se prendre la tête et apprécie de me taquiner. Mais puisqu’il embête aussi Jules quand il passe, je pense que c’est sa manière de communiquer. Une façon bien à lui qui ne peut pas convenir à tout le monde, mais qui me correspond assez parce que je me laisse emporter.

Bon tant pis, ce n’est pas si grave. J’ai beau essayer de remettre des limites, il les envoie rapidement valser avec sa nature sans barrière. Au déjeuner il insiste pour nous mangions tous ensemble à table : les garçons, Jules, sa femme et moi. J’ai effectivement cuisiné pareil pour la maison entière, ordre de Madame de base qui trouve que c’est plus simple, mais je pensais quand même qu’il y aurait une sorte de hiérarchie.

Non parce que je pars avec plein de préjugés hein, j’ai plus souvent rencontré des gens qui confirmaient tous les a priori que l’inverse donc…

C’est comme ça que je fais la connaissance de Alice d’ailleurs, une charmante cinquantenaire aux cheveux blond et tout aussi bien sage que son mari. Elle est d'une douceur également…

J’ai l’impression de faire un peu tache avec mon air plus rustre et mes tatouages, mais c’est une ambiance de travail assez agréable tout cela, il faut le reconnaître !

Enfin bon, j’ai hâte d’en discuter avec Lola.

 

Chapitre 3

 

La journée est passée plus vite que je ne l’aurais pensé et j’ai terminé mon rangement cuisine tardivement. Daniel s’est isolé dans sa piaule et Richard est parti en soirée. Il a essayé de convaincre tout le monde de l’accompagner, mais personne n’a cédé. C’est comme ça que l’on s’est fait traiter de rabat-joie avant qu’il ne disparaisse. Moi, il m’a regardé avec de grands yeux incrédules quand j’ai dis que je devais appeler ma chérie. Le fait que je sois lesbienne lui a fait lâcher un oh shit. Et il n’a pas pu s’empêcher de dire qu’il était dégouté de cette nouvelle.

Je ne vais pas préciser ça à Lola, elle risquerait de faire une crise de jalousie ou d’être désagréable et je n’ai aucune envie de me prendre la tête. Si elle peut être parfaite, sa tendance à la jalousie n’est parfois vraiment pas ouf.

Mon premier jour a été assez sympathique, l’ambiance est géniale comparé aux autres tafs que j’ai eus pour la période, mais je m’attends quand même à avoir des imperfections. Cela m’étonnerait que tout soit idéal dans le meilleur des mondes, c’est impossible.

Après avoir bu un dernier thé avec Jules, je suis donc dans ma piaule, en pyjama léger pour aller me pieuter, avant ça, je dois appeler ma chérie pour lui raconter ma journée.

Calée sur le lit, elle ne manque pas de décrocher dès que la sonnerie de WhatsApp retentit. Ma belle petite minette a ses lunettes sur le nez, son vieux chat caractériel couché sur son crâne alors qu’elle est dans le pieu. Il est probable qu’elle se fasse quelques épisodes d’une série avant d’aller dormir.

— Salut ma puce, alors, ta journée ?

Je dois faire un peu attention à ce que je dis. Lola est d’une jalousie maladive, c’est plus fort qu’elle, alors c’est sûr que je n’ai aucune envie qu’elle me fasse un cinéma. Je lui parle donc de ma journée, connaissant toutefois son radar à mensonge ou son talent pour poser des questions qui ont l’air d’être des accusations, je parle simplement de tout. À ma grande surprise, elle ne fait aucun commentaire sur les gars. Bon en même temps, elle me pense lesbienne plus que bi, moi aussi, mais elle ne se formalise pas.

— C’est cool. Je suppose que tu attends le petit, mais qui te fera dire que tout n’est jamais parfait !

— Tu as tout deviné !

— Pour une fois, tu devrais simplement profiter de la situation et de ce qui peut se passer. Ça a l’air d’être un boulot plus facile que tu ne le croyaus ! Enfin, ok, tu n’as pas encore rencontré ta patronne…

Comme souvent, Lola relativise et j’aime bien l’écouter faire ça. Quand je la regarde, avec son petit nez retroussé et ses airs de friponne, je me dis que c’est le dernier été où je pars, je dois me trouver mon restaurant et faire autre chose. C’est super pratique ce job et cela permet de me diversifier, mais je dois avouer que ce n’est pas comme cela qu’on va pouvoir se construire quelque chose de stable. Enfin bon, mes pensées dérivent au gré de nos paroles, je suis heureuse de passer ma fin de soirée avec elle… et je la laisse au bout d’une grosse heure pour dormir du sommeil du juste.

 

Chapitre 4

 

9 h, le marché de Moustier Sainte-Marie pas loin va me permettre d’acheter quelques produits frais.

Cela fait cinq jours maintenant que je suis arrivée et que je me sens bien ici. Le boulot est simple, les garçons de bons mangeurs. Échanger avec Rick est facile, mais Daniel reste sur la réserve. Il est chou, je le reconnais, à me dire des compliments à peine audibles, mais à essayer d’en faire quand même. Ce n’est pas un grand parleur, mais je suppose que son frère l’est assez pour deux.

Le duo est en tous cas beau à voir. Rick sait faire réagir Daniel, mais il prend soin de ne pas le pousser hors de sa petite coquille trop souvent. L’un est clairement plus sensible que l’autre. Leur troublante ressemblance me laisse généralement perplexe, je parviens parfaitement à les différencier, mais je dois avouer qu’il m’arrive d’avoir quelques secondes d’hésitation.

Je suis dans la cuisine à finir de préparer le petit déjeuner que j’ai prévu ce matin quand je vois Rick passer. C’est la première fois en cinq jours qu'il est debout si tôt et surtout habillé. Il se balade d’habitude en boxer qui lui moule le chibre au garde-à-vous et que je peine à ne pas dévisager. Non que son sexe m’intéresse, mais je dois avouer que je ne peux pas m’empêcher de regarder. Je suis surprise, mais je ne dis rien alors qu’il me scande un good morning avant d’attraper une banane et la tremper dans le pot de beurre de cacahuète sans ménagement. Erk.

Avec plus de discrétion, Daniel le rejoint, un petit bonjour timide et il se sert un café.

— On part à quelle heure ?

Me balance Rick avec énergie et gobant son fruit sans cérémonie. Je le regarde, sans trop savoir de quoi il parle, et je finis par supposer qu’il s'adresse à Dan. Mais leurs attentions dirigées vers moi ne me font pas douter longtemps.

— On vient avec toi au marché !

J’ouvre la bouche pour dire quelque chose, en sachant tout à fait que cela ne sert à rien. Je vais beau annoncer que non, j’y vais en solo, il va me rire au nez. Est-ce que je perds mon temps ou bien…

— Okay, mais dans ma voiture.

Je souris, parce que je pense qu’ils ne voudront pas. Rick aime son petit confort moderne et sa bagnole, du coup…

— Perfect !

Scande-t-il une nouvelle fois, me prenant aux dépourvues, je l’admets et frappant l’épaule de son frère. Je crois que je devrais arrêter de lutter avec eux, parce que je ne pars jamais gagnante. Je ne sais pas pourquoi je m’entête. Cela ne me fâche pas, je les apprécie pour cette façon qu’ils ont d’être. Ils me donnent envie de sourire et je me sens plutôt légère. Quand je suis avec eux, je suis bien. C’est une bonne chose, mais je ne dois pas non plus me dire que je fais partie de la famille, c’est temporaire. Il ne manquerait plus que je me prenne pour une des leurs ! Enfin bref.

— OK, on décolle alors !

Je ne leur laisse pas le temps de décider, ou de dire quoi que ce soit, j’embarque mes sacs en toile de jute pour les courses, le panier en osier et zou. Cette fois, j’ai enfilé une robe dos nu bleu nuit qui s’arrête à mi-cuisse, alors que je tourne le dos aux garçons j’entends Richard lâcher un sifflement. Curieuse, je le regarde.

— Quel tatouage !

Ah oui, mon dos est rempli d’un dragon asiatique tout en couleur, il a des airs de Haku dans le Voyage de Chihiro, mais ce n’est pas tout à fait lui, c’est une inspiration, il vole d’ailleurs dans un nuage de fleur de cerisier.

Je souris juste, pas la peine d’épiloguer deux heures là-dessus alors que nous nous dirigeons vers la voiture et que je me mets derrière le volant. Daniel monte à l’arrière, silencieux, Richard se cale à ma droite et tripatouille déjà la radio. D’un geste autoritaire je claque sur ses doigts et son hum me colle un frisson. Il me le lâche comme si je venais de faire un truc cochon et sa façon de me regarder, comme une pâtisserie savoureuse, me flanque un instant une impression étrange. Je fronce les sourcils et lève les yeux au ciel, me disant que c’est stupide. Mais je suis loin de mes peines, il faut le reconnaître, Richard m’a ciblé aujourd’hui pour les taquineries et il n’est qu’à son tour de chauffe.

Franchement, je ne suis pas une nénette en manque de répartie normalement, pour avoir évolué en cuisine, j’ai toujours su plus ou moins envoyer des piques ou y répondre, mais Richard me perturbe un peu. Il est joueur et j’aime bien, il n’a pas d'irrespect dans sa façon de faire, car j’ai vu qu’il était réellement comme ça tout en gardant énormément de bienveillance. C’est un sans gêne de nature qui pourtant est capable de se reprendre à la moindre remarque qu’on peut lui faire.

Je l'apprécie J’aimerais bien découvrir un peu plus Daniel. J’ai beau le regarder dans le rétroviseur, il perd ses yeux ailleurs, contemple le paysage et ne semble pas faire grand cas du voyage. Alors je ne cherche pas, je monte la musique de la radio que je capte et je me laisse entrainer par Rick et ses petites idioties.

La visite de la ville est succincte, je me plais sur le marché à découvrir des produits frais, de saison et du coin pour préparer les différents repas, grâce à la présence des garçons je peux prendre plus de choses en plus et la galanterie des deux Américains me permet d’avoir toujours les mains libres. Daniel tient à nous offrir un verre en terrasse et si le jeune homme parle peu, il fait quelques efforts. Je dois avouer que je passe deux heures pleines d’intérêt, parfaitement jalonnées de bons petits moments. Je ris, je traite Rick d’idiot et je me retrouve même à réaliser quelques photos avec eux devant la cascade ou encore quelques jolies fleurs.

La chaleur est quand même prenante et je ne suis pas mécontente, vers onze heures trente, de retourner à la voiture pour rentrer. Les garçons ont du mal à supporter la température, et pire, ils trouvent que c’est un enfer de rouler dans ma caisse. Moi, cela me fait sourire, je suis bien avec l’option décapotable, cheveux au vent.

En revenant, Rick s’excuse, mais il disparait à la piscine, moi, je n’ai pas le temps de glandouiller et je file me changer pour préparer le repas. Quand je retourne dans la cuisine, Dan est en train de ranger les courses et il me sourit timidement.

— Je peux t’aider ?

— Bien sûr !

Il me demande cela tellement doucement que je n’ose pas réellement lui dire non. Je crains de lui ruiner sa confiance en lui. Ainsi donc, je lui propose de passer un tablier et de nous servir deux grands verres d’eau histoire de nous hydrater après ce petit voyage chaud. Il obéit sagement et sort de quoi découper les légumes du déjeuner. Une ratatouille sera du plus bel effet avec la large côte de bœuf que j’ai ramené. Je suis surprise par son habileté en cuisine, cela dit, il a déjà commencé la découpe comme un vrai chef et avec une dextérité peu commune pour un novice.

— Tu as déjà pris des cours de cuisine ?

— Oui, je cuisine avec mon oncle, c’est sa passion et on prépare souvent les repas ensemble.

— Je vois, tu aimes bien cuisiner ?

— Oui… maman dit que ce n’est pas sur cela que je dois me concentrer.

— Je vois.

Il a l’air peiné en me disant ça, voir chagrin. Cela doit être le cas, les vocations contrariées, c’est toujours un peu délicat à gérerr. Je crois que j’ai trouvé un petit terrain d’entente pour parler avec Daniel. Je ne devrais pas vouloir à tout prix discuter avec lui, me rapprocher ou quoi, au contraire, je devrais plutôt être satisfaite de la distance, mais voilà, c’est plus fort que moi. J’ai envie d’échanger. Il y a chez Dan quelque chose de touchant qui m’attire comme un papillon, je suppose que c’est sa fragilité.

Je ne suis pas le genre de nana qui cherche les mecs sensibles. Je ne cherche même rien, mais je ne peux pas nier que j’apprécie énormément les jumeaux, dans leurs différences et dans leurs individualités. Ils me permettent d’avoir une belle expérience dans ce boulot. Ce qui m’inquiète c’est que cela soit leur mère qui soit une parfaite connasse. C’est le risque toujours, mais j’aurais bien le temps de découvrir le truc quand elle rentrera dans quelques jours.

— Richard m’a dit que tu étais… lesbienne ?

Il se reprend immédiatement.

— Non que cela me concerne hein, mais comme il me dit parfois des bêtises histoire de me faire marcher, je préfère quand même demander. Sur… surtout que c’était après que je lui ai confié que tu étais… enfin…

Il s’emmêle dans ses mots et s’éclaircit la voix en ne sachant pas comment enchaîner. Cela me fait sourire. Pour moi, les jumeaux sont des gamins. Ils sont magnifiques d’accord, mais au-delà de cela, ce sont des gosses. Avec nos quasi sept ans de différence, je les vois ainsi. J’ai des yeux pour regarder, mais ça s’arrête là, Lola est dans ma vie et j’ai passé l’âge de m’énamourer pour de jolies gueules. Je ne vais pas mentir, j’apprécie d’entendre des petits riens qui me permettent de me valoriser. Mais c’est tout.

Un rire m’échappe, je ne me moque pas de lui, je trouve ça adorable.

— Ton frère ne t’a pas charrié, j’ai une copine, Lola. Cela fait plusieurs années qu’on est ensemble et plusieurs années que je ne suis plus sur le marché.

— C’est bien dommage.

Sa façon de me répondre est si sincère, je ne réalise pas que les garçons semblent me considérer à leur goût. Cela étant, le côté gay doit aider à avoir cette attirance. Chez les jeunes mecs, c’est le fantasme ambulant de la nénette qui préfère les minous. Soit elle n’a jamais trouvé la bite à sa fente, soit elle ne sait pas encore qu’il en existe de sacrément bonnes.

La vérité c’est que je n’ai jamais regardé les sexes, j’ai simplement suivi mes idées et je me suis laissée porter. Je suis avec Lola parce que les choses se sont faites ainsi. En tous cas, pour le coup, je ne réfléchis pas à ce genre de trucs et je me concentre plutôt sur le moment qui se déroule.

— Tu aurais dit pareil si ça avait été un homme ?

— Bah ouai…

Son air perplexe devant ma question me surprend. Je le regarde un bref instant, je crois qu’il n’a eu aucune pensée masculine sur le fait que mon homosexualité est dommage. Le problème c'est que je sois en couple donc ? Bon, peu importe, je ne prends pas trop cela au sérieux.

— Et du coup, tu aimes cuisiner quel plat parmi tous ?

— Heu… les lasagnes. C’est tout bête et très simple, mais c’est bon.

— Ah je te comprends ! Si tu veux, on en fera, d’accord ?

Il hoche la tête. Daniel est vraiment adorable, je le trouve craquant derrière tout cela. Il est attachant, je dirais même. En tous cas, je suis assez heureuse de ce petit moment.

 

Chapitre 5

 

Les heures sont en train de défiler, mais je n’arrive pas à dormir. Je ne sais pas si c’est à cause de la pleine lune ou tout simplement parce que je me suis pris la tête avec Lola avant de me foutre au lit. Comme elle était de mauvais poil, elle m’a lancé des piques : sur le travail, sur le fait que je ne suis jamais là, sur plein de petits riens qui m’ont poussé à l’envoyer chier. Non, mais sans déconner, je comprends que ce n’est pas forcément idéal, mais mon métier me plait et si je pars les étés c’est aussi pour économiser et pouvoir ouvrir mon propre restaurant plus tard.

Le souci c’est que Lola a besoin de se disputer quand elle se prend la tête avec quelqu’un de sa famille et de ce que j’ai saisis, son frère a été un connard comme souvent. Du coup, j’ai morflé en retour.

Je ne suis pas parfaite, elle non plus, mais je déteste quand elle me fait ce genre de chose. C’est ce qui m’empêche de dormir. Après un énième regard sur mon téléphone, j’abandonne l’idée de recevoir un petit message d’excuses ou même quoi que ce soit. Après tout, elle a la tête dure, moi aussi et aucune de nous deux ne va céder avant l’autre. Peu importe qui a raison, qui à tort…

Je me redresse du lit et file en cuisine histoire de me servir un fond de vin rouge. J’ai embarqué mon paquet de clopes au cas où. Je ne fume plus normalement, j’ai arrêté depuis belle lurette, mais quand je commence à stresser ou m’énerver, je craque. Je sais que je peux encore tenir, mais ce n’est pas certain et je vais finir par en allumer une.

La chaleur qui vient me frapper le visage m’étouffe un instant. Avec la clim à fond dans la maison j’oublie à chaque fois les températures. En me rapprochant des marches qui mènent vers la piscine, je constate que quelqu’un a eu la même idée que moi puisque les lumières sont enclenchées. Buvant mon verre, je scrute l’étendue aqueuse et je distingue la silhouette de l’un des jumeaux.

Sous l’eau, je ne saurais pas dire lequel est lequel, donc, je me contente de m'enfiler une large gorgée de mon verre. Mes pieds sur la margelle de la zone de plouf, je m’installe tranquillement en détaillant toujours le nageur.

Je bois encore un coup, suivant des pupilles le dos musclé qui se dessine doucement et quand il émerge, je souris. L’épiderme cuivré, l’air plein d’assurance, Richard est là. Je croyais qu’il était à une soirée, c’est un peu sa spécialité. Parfois, il s’en va le soir, avant même de manger et il rentre à pas d’heure. Cela m’étonne qu’il soit ici.

Dégoulinant d’eau chlorée, il se retourne vers moi et me dévisage. Un sourire en coin se dessine sur sa gueule d’ange et il s'avance lentement vers moi.

— Je savais que tu étais du genre à mater en cachette…

Je hausse les yeux au ciel, buvant un peu au passage. Je ne me formalise pas de ces bêtises, l’habitude a commencé à s’installer sur le sujet. Il se rapproche et me sourit, attrapant mon verre, il le porte à ses propres lèvres.

— Pour connaître tes pensées…

Je me retiens de rire et je lui demande finalement.

— Ça marche ce genre de conneries d’habitude ?

Une fraction de seconde pour réfléchir, il fait une moue et hausse les épaules.

— Non, je ne les utilise que sur toi. Comme tu es lesbienne, je ne veux pas te faire douter de ton orientation en te draguant vraiment…

— Mais qu’est-ce que t’es con !

Un rire nous entraine tous les deux. J’aime énormément nos idioties. Richard est un gars léger, il ne me prend pas la tête et même s’il reste mon employeur techniquement, j’ai du mal à le voir comme tel. Depuis que je suis ici, je me retrouve placée à un niveau amical. Pourtant on me paye pour leur faire la bouffe…

Il est probable qu’avec l’arrivée de leur mère, je récupère ma place. Ce ne sera pas un mal !

Reprenant mon verre, j’avale une gorgée, il est là à me dévisager et je me demande ce qu’il veut.

— Quoi ?

— Tu as l’air… grumpy1.

— Ma copine m’a pris la tête.

— Oh… il y a de l’eau dans le gaz.

Sa façon de dire ça… il est ravi de l’apprendre. Ce qui me tire une drôle de tête. Je n’arrive pas à savoir ce qu’il y a dans la sienne. Le beau gosse rieur et taquin prend tellement tout à la légère que j’ai parfois l’impression que rien n’est réel. C’est affreusement perturbant, mais ça a le chic pour occuper ma soirée et ne pas me faire penser au reste.

— Ça a l’air de te faire plaisir !

— Of course…tu es à mon goût.

Je ne le crois pas une seconde, sa façon de perpétuellement charrier et faire l’idiot… fait que cette conversation n’est rien de plus qu’un moment anodin dans une vie.

— Tu vas me faire croire, que, toi, le beau gosse du lycée, probablement Quarterback aime les filles petites aux cheveux rouges avec des tattoos.

Il ricane et avoue.

— Tu as de gros seins !

Rick plaide ses propos spontanément en désignant ma paire de loches. Franchement, je ne me leurre pas, je suis l’opposé complet du genre de nanas qu’il doit se lever et qu’il doit fréquenter. Je ne peux pas dire que je ne me sens pas flattée, mais je refuse d’y croire. De toute façon, qu’est-ce que cela peut faire pour moi ? Rien…

— Et un cul… hum…

Il poursuit ses propos et se rapproche de moi. Je le regarde bien jouer le rôle du séducteur, ce n’est pas difficile de noter ses petites manies. Stoïque, je le laisse faire, afin de voir jusqu’où il va oser aller en fait. Il m’effleure le haut de la cuisse du revers de son index, ses yeux dans les miens, il me dévisage. Je pige parfaitement qu’il me provoque, espère faire naître en moi des émotions quelconques. Il se goure, je… je ne visualise qu’un beau mec qui fait le joli cœur. Et je ne suis pas du genre à succomber comme ça.

OK, j’admets qu’il ne me laisse pas indifférente, j’ai des yeux pour voir, mais cela ne va pas plus loin. Je suis en couple et clairement pas dans le mood de la séduction, ni quoi que ce soit de similaire.

Je me redresse un peu, il vient se glisser devant moi et écarte lentement mes cuisses. Cela m’impressionne j’avoue, mon cœur rate un battement et je décide de soutenir sa pupille pour lui montrer que je ne marche pas. Je suis du genre à ne pas vouloir lâcher prise en premier et quand il se colle bien à moi, tirant légèrement mon bassin contre lui, je ne réagis pas. Je le laisse faire.

— Tu crois que tu ne me plais pas ?

— Si tu veux jouer à ce genre de connerie…

— Oh… le premier qui cède en somme et dit Stop !

— Tout à fait !

— Perfect…

Son souffle m’effleure, il joue, je le sais. Je ne cèderais pas. Mon esprit de compétition, mon idée qu’il va s’arrêter, ma certitude même qu’il va cesser en fait. Pourquoi poursuivrait-il ? Ce mec devrait faire du mannequinat et moi… ce n’est pas que je sois passable, mais je ne suis clairement pas dans sa catégorie.

J’ai bien cerné Richard, c’est un provocateur, et il faut bien lui tenir tête pour qu’il abandonne. Je me persuade de mes conclusions tandis qu’il se fait beaucoup plus animal, plus attractif, abaissant sa bouche sur la rondeur de ma poitrine.

Dans mon débardeur à fine bretelle, je ne porte pas de soutien-gorge. Mes seins aiment se faire toucher et j’aime qu’on me les touche, mais je tente tant bien que mal de me concentrer. Ils pointent, cela l’amuse, il le capte rapidement puisque je le sens saisir le mamelon érigé à travers le tissu et le faire rouler entre ses dents.

Me voilà à frémir.

— Tu vas loin pour provoquer.

Un ricanement encore, ses mains me caressent, venant remonter le long de mes cuisses, il les fait courir sur ma silhouette, jusqu’à mes nichons qu’il empoigne et enserre avant de tout redescendre immédiatement et m’arracher le shorty de mes jambes. Je pousse un cri de surprise, j’ai envie de refermer mes cuisses et j’essaye, mais d’un son de bouche, du genre tututut, il me l’interdit. Je vire écarlate.

— Les lesbiennes, ça se bouffe le chatte, hum ?

— La chatte…

— Peu importe. I want to eat your pussy2…

Ce gamin, parce que bon, cela en reste un, vu qu’il a genre six ans de moins que moi m’emprisonne de son regard. Il me dévisage avec une putain d’assurance et je ne sais pas ce que je dois faire. Dire stop serait mieux, mais… mais impossible. Cela fait longtemps qu’aucun mec ne m’a fait cette impression et je ne sais pas, il est putain d’attractif et mes deux neurones refusent de suivre une logique quelconque.

Est-ce que j’ai envie qu’il me mange la chatte ?

Là, oui, sincèrement, c’est tout ce dont j’ai envie, à le voir charismatique, c’est tout ce dont je rêve. Il oblige mes cuisses à s’écarter d’un geste ferme. Ses yeux rivés au mien, il me repousse un peu du rebord et s’abaisse alors.

J’essaye de me rattacher à un point fixe, je discerne l’eau bleue de la piscine qui reste paisible, je sens son odeur de chlore, j’entends quelques créatures de la nuit chanter, je me dis que n’importe qui pourrait nous distinguer des chambres. Mes pupilles se jettent vers les hauteurs de la maison, je ne sais pas pourquoi je pense au timide Daniel, mais les fenêtres ne sont pas éclairées et je suis rassurée.

Je réalise que son visage est en contact direct avec mon minou, son souffle dessus la fente, il vient bécoter mes lèvres vaginales et je me tétanise un instant. Putain, j’ai juste à dire stop et tout s’arrête. Mais je n’y arrive pas. Aucun mot ne sort de ma bouche, je suis assise ici, les pieds bien à plat sur le rebord de la piscine, mes mains me soutenant, le dos droit et avec le plus beau mec que j’ai pu voir entre mes cuisses.

Je suis totalement débile. Pourtant, je ne pense à rien d’autre qu’à sa gueule qui vient se poser, qu’à son souffle qui est là en train de me chatouiller l’intimité. Sa présence est encore légère… je pourrais probablement me ressaisir, mais je guette le moment où il va s’arrêter. Genre, il va bien dire « non », mais je me goure et je suis suspendue, consciente que rien de tout cela ne va arriver.

Sa langue courre sur ma fente, il me goutte. Un son de plaisir émane de lui et je me mords la lèvre, roule des yeux. Qu’est-ce que je fous ?

Ses doigts écartent mon intimité, il cherche mon clitoris. Je ne sais pas s’il est déjà gonflé d’envie, je ne sais pas si je dois admettre que cela m’émoustille. Le bout de sa langue vient se presser sur l’excroissance sortie de son capuchon, un frisson électrise mon bassin. Admirant l’objet de sa convoitise et moi l’observant faire, je ne sais que penser.

Je devine l’humidité qui s’installe là, alors qu’il s’amuse à provoquer le bouton de plaisir, le lapant généreusement et faisant dévier sa langue vers le bas. Elle glisse sur le contour de mon intimité et s’infiltre à l’intérieur de mon vagin, poussant l’entrée délicatement. Sa patience me surprend. Il bave littéralement le long de ma fente. Son doigt vient récupérer la salive et il le dirige vers mon cul.

Je n’ai jamais été…

Je veux dire non, mais sa bouche est retournée suçoter mon clitoris. Il ne se précipite pas, prends bien son temps, tandis que je sens la porte de mon œillet se faire visiter. L’appui est délicat, léger, à peine de quoi le sentir et je hoquète pourtant. Ma stupeur s’agrandit alors qu’il poursuit, la résistance est subtile comme la sensation. Cela ne fait pas mal, c’est même plaisant et je pousse un soupir. Non, ce qui m’encourage à gémir, c’est sa langue qui traque ses attentions.

Je suis donc en train de me faire lécher par le fils de ma patronne, là où n’importe qui pourrait nous voir et je ne me rebiffe même pas ! Zéro culpabilité non plus, je ne pense qu’à ce qu’il me fait, je ne sens que ce qu’il provoque et sa bouche affamée commence à s’emparer un peu plus de moi.

— Tu mouilles comme une jolie petite salope.

Quoi ?

Mon cœur tambourine dans ma poitrine. Je… je voudrais réagir, mais je suis prise aux dépourvues, son doigt rentre tout seul dans mon anus et il débute délicatement ses vas et viens, un rire suave le gagne et, cessant à peine de me dévorer la chatte, il la bécote doucement.

— My little slunt3…

Sa voix grave soupire. Ses insultes me font un effet étrange, inconnu, je viens appuyer mon sexe contre ses lippes, bouger mon bassin pour sentir mieux son doigt et il salive encore, enduisant son majeur pour qu’il se joigne à l’index dans mon cul.

Je ferme les yeux, je ne veux probablement pas réaliser ce qu’il se passe. Pourtant, je n’imagine pas ma copine pour me dédouaner de mes envies. Je n’envisage pas une seconde qu’il s’agisse de qui que ce soit d’autre que de lui en train de me lécher et de me transporter vers un autre ciel.

— Oh putain…

Lâchais-je malgré moi, prise dans l’étau de son emprise, je soulève mon bassin au rythme qu’il m’impose. Sa langue m’empêche d’avoir une quelconque pensée cohérente ou une approche de raisonnement potable. Il aspire mon clito en me possédant la rondelle et je découvre des sensations qui me sont inconnues. Le fait d’être ainsi sujette à ses assauts me comble, je dois l’admettre. Ses doigts me rendent folle et j’ai l’impression que je n’ai jamais connu ce léger frisson qui se distille dans mon cul. Mon bassin électrisé, je le remue en le dévisageant.

Putain son profil parfait, son sourire que j’aperçois, sa façon de me détenir, je vais jouir, je le sais.

— Ri… Rick… arrête… s’il te plait.

J’essaye de le raisonner. De le faire cesser. Pourquoi maintenant ? Si je jouis alors je dépasse le point de non-retour, et je ne peux pas. Oui, ce n’est pas une bonne chose, j’en crève d’envie bien entendu, mais je ne dois pas tomber jusque-là.

J’attrape sa crinière brune et je tente de repousser son crâne, mais il ne bouge pas.

- Never, my little slunt.Never!4

Son murmure affamé, il intensifie ses mouvements. Un léger cri de surprise m'échappe. Il m’insulte de nouveau, pourquoi est-ce que cela ne me déplait pas ? Je ne sais pas.

Je gémis de plus en plus.

— Ta petite salope ?

Je lui demande, parce que j’ai besoin de comprendre ce qu’il m’arrive. Je m’amuse tellement bien, je prends un pied d’enfer, mais j’ai envie de l’entendre encore. Il ne décolle pas sa bouche de mes grandes lèvres, ses doigts me sodomisent peu à peu et je renverse mon visage pour gémir.

— Je vais te dresser comme une bonne chienne.

— Non…

Qu’est-ce qu’il dit ? Pourquoi voudrait-il faire ça ? Je ne comprends pas, mais cela me rend fébrile. Est-ce que cela me plait réellement ? Est-ce que j’ai envie de subir cela ? Oh je ne sais pas, ma tête en arrière, j’appuie sa figure contre ma chatte, mon cul aspire ses doigts quand j’éclate à sa gueule.

Fontaine ? Non, je ne suis pas comme ça, je mouille quand même abondamment et lui, il n’en perd pas une miette.

Les jambes en coton, mon cœur tambourine brutalement, me coupant de la réalité tellement cela résonne dans mes pensées. Je prends conscience de notre position lorsqu'il m’invite à lâcher ses cheveux. Quand il commence à se relever.

Une peur m’attrape, je n’ai pas envie d’affronter cela. Merde… je me redresse trop vivement, le verre se renverse et se casse tandis que je me tire, remettant en marche le bas de mes vêtements.

— Quelle conne… quelle conne… quelle conne…

Je cours littéralement, mal à l’aise, furieuse, lucide de mes conneries, et je m’enferme dans ma piaule en espérant qu’il ne prenne pas l’idée à Richard d’arriver. Je reste debout, dos à la porte, à tendre l’oreille. Va-t-il venir ? Durant quelques minutes j’attends, suspendue, je voudrais qu’il débarque comme je ne veux pas !

Je pousse un cri silencieux, mais qu’est-ce que j’ai foutue putain ? Je suis en couple, je suis employée ici et je me laisse… non, je refuse d’y penser. Si je n’y pense pas, ce n’est pas arrivé !

Pas très courageuse pour le coup, je file me pieuter et je me force à dormir…

 

 

 

Chapitre 6

 

 

La nuit de merde que j’ai passé.

D’habitude, il me suffit de choisir d’ignorer un truc pour que tout aille bien, mais j’ai fait des rêves obscène qui m’ont poussé hors de mon sommeil. Je me sens, je me sens vraiment mal. Honteuse et gênée. J’essaye de ne rien laisser paraître pour la simple et bonne raison que cela n’est pas possible autrement.

Je sais très bien que Rick ne va pas me faire la sérénade, c’est un mec, jeune et qui aime s’amuser. Il a du avoir, en partie, ce qu’il a voulu. En partie, je suppose, puisqu’on n’a pas…enfin, cela s’est arrêté à des préliminaires et ce genre de gars a besoin de plus. Il va falloir que je fasse gaffe.

Oui, je sais, je peux dire non ! Le clamer haut et fort, mais je dois avouer que je ne me fais pas confiance là ! Comment pourrais-je croire que je suis capable de dire non quand on sait que hier soir, j’ai seulement lâché prise et j’ai joui. J’ai joui et j’ai espéré une micro seconde (certes plus que cela mais c’est du détail), qu’il débarque pour me chevaucher.

Je me sens mal, je me sens merdique et je suis contente que Lola continue à faire la gueule. Comme cela peut durer un moment, c’est tant mieux. Si elle comprend que quoi que ce soit est arrivé, elle va me quitter. L’idée me terrifie. Je l’aime après tout, cela fait tellement longtemps qu’on est ensemble que je ne peux pas tout lâcher pour un gamin. Ou tout bousiller pour rien. Parce qu’il n’y a rien et j’essaye de bien m’en convaincre.

Je ne suis pas tranquille ce matin, j’appréhende, je cherche un moyen de me tirer avant qu’ils ne débarquent. Pourtant, je devrais savoir que Richard ne se lève pas trop tôt, avec un peu de chance, je pourrais aller ailleurs et faire autre chose !

Déjà, j’ai déjeuné avant, donc pas besoin de me caler avec eux pour prendre mon repas. J’irais préparer le lunch pendant qu’ils mangeront.

Je ne comprends pas pourquoi je ne l’ai pas juste repoussé en me tirant. Ni pourquoi l’entendre me dire des trucs dégueulasses ne m’a pas révolté. Je ne suis pas ce type de filles, je ne suis pas de celles qui s’émoustillent de ça.

J’ai envie de hurler ou de me frapper, peut-être que je pourrais faire ça une fois dans ma piaule, du genre, me donner une bonne grosse claque en m’incendiant de connasse, ce serait top. Je sais, je dramatise intérieurement et je pousse un peu.

Ça suffit !