Hope in domination - Arwna - E-Book

Hope in domination E-Book

Arwna

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Beschreibung

Gabriel est un dominant froid, cruel et sans pitié. Enchaînant esclaves et soumis avec un sadisme sans nom. Profondément frustré de ne pas trouver la perle rare qui allumera l'étincelle du dominateur en lui, il décide d'essayer une dernière fois avec une personne étrangère à son monde. Sa rencontre avec une douce et fragile chose brisée, détruira au plus haut point sa perception du BDSM.
Ethan, lui, est un jeune homme dépressif, sujet à de nombreuses phobies à cause de son passé douloureux, et il ne désire qu'une chose: trouver la paix intérieure.
Un contrat BDSM va les lier, imposer des règles et le restreindre: Ne jamais s'attacher, se soumettre simplement à la chambre de torture.
Mais que se passera-t-il lorsque si l'amour s'en mêle en bouleversant toutes les règles ?


À PROPOS DE L'AUTEURE


Elle se connecte profondément avec ses personnages, mettant sur papier leur imagination, leurs passions et leurs rêves. En faveur de l’amour pour tous, l’auteur tente d’entraîner dans sa vision des choses.





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Veröffentlichungsjahr: 2023

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HOPE IN DOMINATION

 

 

 

 

 

Arwna

IMPORTANT

 

Une ressemblance marquante.

Un mal suffocant.

Une proposition indécente.

Deux vies liées dans la douleur et le plaisir.

 

Hi, ceci est une œuvre psychologique et mature s'imprégnant de pratique de BDSM personne sensible s'abstenir. Aussi, le premier lemon qui apparaît dès le premier chapitre peut être choquant. C'est un consentement douteux, mais la relation s'améliore par la suite et évolue en véritable relation dom/soumis.

 

Je vois le BDSM comme une forme de relation salvatrice pour la personne soumise, ce n'est pas forcément à connotation sexuelle. Cette œuvre comporte des scènes homoérotiques, des scènes soft de BDSM et un langage cru par moment. Elle traite de traumatismes, d'abus, d'emprise mentale et de dépendance affective.

 

ARWNA BROWN

PROLOGUE

 

Suite à une énième bourde de son cher compagnon de galère, Ethan se retrouvait une fois de plus prit au piège. Son présumé ami alias aimant à problèmes l'entraînait toujours dans ses déboires de toxicomane. Et malheureusement, sa petite voix intérieure l'incitait toujours à ne pas l'abandonner, malgré ses coups foireux répétés. Mais la situation actuelle était assez différente des précédentes. Parce qu'aujourd'hui, malgré sa sympathie amoindrie pour son ami, sa vie risquait d'en pâtir grandement. Le jeunot n'avait jamais posé la main sur une arme ni même côtoyé ceux qui en avaient. Pourtant, le revolver froid, posé sur sa tempe, lui donnait tellement une impression de déjà vu.

Ethan se fit traîner dans la boue comme un chien. Près de cet homme qui ne fit qu'un geste, pour le mettre à ses pieds, sous cette averse glaciale. Les iris effrayants ancrés dans les siennes le consumaient à petit feu. Tellement qu'il ne pouvait en détourner les yeux, sentant son cœur s'accélérer et se Ethan sentit son cœur se tordre, tandis que ses poumons, vidés d'oxygène, brûlaient furieusement. L'arme se posa sur sa nuque, tandis qu'il fermait les yeux prêts à quitter ce monde à tout moment. Les gouttes glaciales de l'orage martelaient son crâne, alors que sa position agenouillée faisait rougir la peau de ses rotules sur la boue. Résigné, il ferma les yeux, attendant l'inévitable. Sa mignonne chienne de vie avait toujours été caressée par son ami intime la Mort, toujours morcelée par la douleur. Deux choses majeures qui avaient bercé jusqu'à aujourd'hui la vie de ce jeunot dépressif. Du haut de ses 24 années d'existence, il ne désirait qu'une chose, arrêter cet engrenage infernal, qui faisait rage dans sa vie, c'est-à-dire la Peur. Oui Peur avec une gigantesque majuscule en gras. Pas une simple peur anodine. NON, c'était la peur de son existence, sa bête noire, celle qui avait détruit son mental, son passé et son futur. Lui faisant croire qu'il ne valait rien, le conduisant à trouver refuge dans la rue. Cette peur qui le tenait en haleine à chaque fois qu'il osait vouloir s'attacher à quelqu'un. Cette peur qui lui broyait l'estomac, à chaque fois qu'il désirait s'approcher ou donner confiance à une personne.

Cette peur avait un nom, et un visage. Elle se dressait dans ses cauchemars les plus sombres, et dans ses rêves les plus doux. Toujours à le tyranniser, le traiter comme un moins que rien, un sous-homme, un objet, une chose insignifiante, que dire une merde et une putain de service. Cette peur avait un nom, une identité et un souffle malheureusement pour le frêle blondinet. Mais sa peur n'était pas l'objet actuel de sa tourmente, c'était plutôt sa mort imminente.

 

Pourquoi ? Parce que dans sa courte existence, il avait enchaîné drame sur drame jusqu'à n'en plus pouvoir. La détermination dont faisait preuve à l'époque son esprit était révolue. La vie l'ayant toujours déçu, il avait perdu la flamme ayant fait pétiller ses yeux d'enfant. Ainsi que ses espoirs de futurs heureux, et glorieux dans ses rêves d'adolescent.

 

Le fond qu'il pensait avoir touché n'était qu'une partie de l'abysse. Mais cette fois-ci à la clé, il allait quitter le rang de sous-hommes pour s'élever à celui de l'homme du boss.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CHAPITRE ZÉRO (0.1)

 

« Il y a des êtres qui nous touchent plus que d'autres, sans doute parce que sans que nous le sachions nous-même, ils portent en eux une partie de ce qui nous manque. »

 

 

- Bonjour monsieur Taylor.

- Bonjour, souffla-t-il triturant ses doigts le regard fuyant.

- Alors comment allez-vous aujourd'hui ?

- Bien...Bien et vous ?

- Très bien parlez-moi de vous.

 

Le blondinet releva son regard bleuté vers elle. Se calant confortablement sur son siège face à son interlocutrice, Ethan soupira après le regard lointain.

 

- Il n'y a rien d'intéressant à dire sur moi.

- Mais bien sûr que si, faites un effort vous pouvez me parler.

 

Ethan observa d'un œil calme la pièce de thérapie paisible et épurée, prenant une grande inspiration, il renchérit :

 

-Je... Dans ma vie il y’a de cela beaucoup beaucoup voir beaucoup de mois était très horrible... je vivais dans la rue, je mangeais dans des poubelles, j'étais pantophobe, j'avais peur de tout.

- Et aujourd'hui ?

 

Le blondinet prit une grande inspiration, soufflant le regard lointain.

 

- Et bien aujourd'hui... je pense que vous me connaissez un peu.

 

Le regard admiratif et pétillant de la jeune femme se posa sur lui énonçant :

 

- Bien sûr que oui, qui ne vous connaîtrait pas. Vous êtes une... une grande source d'inspiration pour beaucoup de gens. Votre livre sur le combat contre la dépression et vos œuvres sont magnifiques. Vos œuvres d'art sont tellement parlantes, vous êtes un grand artiste. Je ne vous cache pas que je suis très fan, vous êtes aussi l'un des modèles les plus en vogue au monde. Tout le monde entier connaît Ethan Taylor l'artiste, la muse, la star, l'icône vivante, l'artiste à succès.

 

La jeune psychiatre marqua un temps d'arrêt l'observant d'un œil plus calme.

 

- Mais... personne ne connaît le vrai Ethan Taylor, l'ami, l'Amant, l'amoureux, celui qui a peur, celui qui a des craintes. C'est pour ça que vous êtes là.

-Je... je n'ai pas de crainte rassurez-vous... Enfin plus maintenant.

- vraiment alors pourquoi cette thérapie ?

- c'est... Gabriel qui a voulu que je voie un psychiatre pour... je dirais vérifier que parler de mon passé ne me fais plus rien, ni mal ni peur...

-C'est très bien, nous avançons alors comment vous vous en êtes sorti ?

- comment je m'en suis sortie ? J'ai juste décidé de le faire.

-Alors, dites-moi que s'est-il passé peut-être que nous pouvons commencer cette thérapie de là ?

 

Le blondinet murmura d'un regard pensif, un sourire tendre se formant sur ses douces lèvres :

 

-ce qui s'est passé... Je l'ai rencontré et... il a bouleversé tout mon monde et toute ma vie.

-Qui ? Gabriel ?

-Oui Gabriel.

-J'ignore qui est ce Gabriel, mais que représente-t-il pour vous ?

-C'est mon... petit ami... depuis maintenant trois ans.

-D'accord, c'est assez évident que vous l'aimez.

-Oui... tellement... et il m'aime aussi... mais au début, c'était un peu compliqué. Il faut dire que nous revenons de loin.

-Vous pouvez me raconter ? Comment tout a commencé ?

 

Le blondinet eut un rire mi-apaisé, mi-amusé. Levant légèrement le visage vers le ciel.

 

-Il n'aime pas que je parle de lui.

- Vous pouvez juste l'appeler Gabriel, pas besoin de me dire son nom, ni qui il est ni ce qu'il fait. Ce qui est important, c'est ce qu'il représente pour vous, et ce qu'il fait pour vous rendre heureux.

 

Ethan se calma d'un sourire lointain, énonçant :

 

-D'accord, admettons... je pense que cette thérapie est juste pour extérioriser tout ce que je peux et ne peux pas lui dire... pouvez-vous m'écouter jusqu'à fin, c'est assez long ?

-Mais bien sûr je suis là pour ça.

-D'accord... Tout a commencé il y a de cela 3 ans à Brooklyn... à l'époque, je ne connaissais pas Gabriel et il ne me connaissait pas...

 

 

 

HOPE IN YOUR EYES

 

Le jeune blondinet tourna en rond dans le grenier poussiéreux, avec pour seul écho son cœur battant, et ses baskets qui martelaient le plancher de monsieur Lotkins. Ethan était terrifié, et pour cause hier il s'était fait les ennemis qu'il ne fallait pas. La gorge nouée, et le cœur battant à tout rompre. Son anxiété était palpable, il n'avait envie que d'une chose à cet instant précis: disparaître. Le jeunot était en proie au mal le plus récurent de sa vie, en un seul mot: sa peur.

Depuis quelques années Ethan était peureux, maladif, ayant peur de tout et de tous, la situation en devenait horriblement suffocante. Cette sensation horrible qui l'oppressait au quotidien, il voulait s'en débarrasser. Cette paranoïa mêlée d'une panique physique insoutenable. Des sueurs froides et l'horrible sensation d'étouffer et ne plus respirer.

Observant par la fenêtre du grenier, le jeune homme constata que les rues de Brooklyn s'assombrissaient déjà. Un soulagement peu convaincant s'empara de lui. Peut-être allait-il garder sa vie sauve. Depuis hier, il se cachait comme un rat et pour cause Antony le chef de quartier avait une dent contre lui.

Pourquoi ?

Eh bien... Sa poisse quasi constante s'était aggravée lorsque l'une de ses connaissances fiables, Edy, l'avait malencontreusement mis dans la merde.

Edy, se nommait-il un chic type, qui s'était transformé en toxicomane, après avoir intégré THE Gangs de la zone sud. Constitué d'une ribambelle de tarés aussi dangereux, et psychopathe les uns que les autres.

La veille, il avait refusé d'aider Edy pour l'un de ses nombreux plans foireux. Plan foireux qui se terminait toujours en catastrophe générale, ou dans le meilleur des cas juste en frôlant la mort. Edy le présumé Amigos était au départ un idéaliste rempli de rêves pour la magnifique New York City.

Le seul qui l'avait aidé à trouver ses repères dans ce quartier de Déjanté. Mais à force son attitude désinvolte, et inconsciente assez dangereuse allait le conduire tôt ou tard, sur de nombreux problèmes plus compliqués supplémentaires.

Le présumé ami Edy lui avait proposé deux jours auparavant de l'aider à faire un coup. Comme Edy était très défoncé, en clair, il était un grand toxicomane. Ethan n'avait pas voulu le prendre au sérieux ni écouter ses balbutiements incompréhensibles. Les deux amies vivaient dans la rue depuis déjà certaines années. Pour expérience, le blondinet savait que pour garder sa vie sauve, il fallait faire le moins de vague possible et se tenir éloigné des problèmes.

C'est naturellement qu'il avait rejeté sa proposition. Mais le lendemain Edy, alias l'aimant à problème, l'avait gentiment sollicité pour une vaine ballade entre amies, garantissant qu'il avait laissé tomber son plan. Naïf et crédule comme il était, Ethan avait tout gobé, sans aucun soupçon. Comportement stupide de sa part qu'il n'arrivait toujours pas à changer.

Le jeune homme soupira à cette idée, avant de fixer ardemment les derniers rayons du soleil qui se couchait. Stoppant lentement de tourner en rond, un son bruyant s'extirpa de son ventre. Depuis hier il n'avait rien mis sous la dent. Des mouvements circulaires sur ses tempes permirent de diminuer sa migraine grandissante.

Comment faire pour manger ? Il n'y avait rien dans ce grenier délabré mis à part une vieille baignoire et un vieux fauteuil poussiéreux. Ainsi que des sacs plastiques et des vêtements qu'il avait trouvés dans la poubelle en guise de couverture. Maudit Edy !

Le plan foireux de son compagnon de mauvaise fortune pour rembourser ses dettes ne s'était pas passé comme prévu. En effet, le vol incognito de cocaïne qu'Edy voulait faire en l'impliquant à son insu avait été brutalement stoppé par Antony, le propriétaire des lieux. Il se souvenait encore de la douleur qu'il avait ressenti son visage contre son poing.

Ce psychopathe dealer de drogue lui avait promis la mort dans d'horribles souffrances, avant qu'il obtienne la chance de s'enfuir... Maintenant, il se cachait, mais pour combien de temps. Le seul moyen de survivre dans la zone sud de Brooklyn était de rejoindre un gang, ou de se faire tout petit, vivant toujours dans la peur. Ce mode de vie infernale Ethan l'avait accepté et choisit le jour qu'il avait quitté son propre enfer personnel.

Dans sa douloureuse enfance, après avoir été coupé du monde externe pendant une très longue période. Sa réadaptation au monde extérieur n'avait jamais été effective. Il souffrait donc de peur maladive de tout et de tous, et de panique face aux étrangers.

Il n'arrivait tout bonnement pas à se mêler, et à s'approcher des autres. Discerner les bonnes des mauvaises intentions n'était pas son fort. Ce qui apparentait davantage sa gentillesse à de la crédulité, que les autres ne tardaient pas à exploiter en dépit de son état.

Ethan Taylor depuis quelques années était comme qui dirait brisé. Sa vie d'orphelin aimable avait été brutalement détruite par un homme. Raison pour laquelle il errait encore dans la rue pour éviter ce monstre. Être transparent, c'était son dada. Le contact avec les autres n'était pas son fort ni. Même s'ils essayaient toujours de l'exploiter, parce qu'il était crédule et assez naïf sur les bords.

Sentant son ventre gronder bruyamment à nouveau, le pâle jeune homme disciplina sa chevelure dorée en bataille. S'armant de courage, il se décida à s'aventurer dehors, en espérant que la nuit noire allait le couvrir. Attachant avec désinvolture ses mèches grâce à un élastique pour éviter les supplices du vent et des raquettes qui le traitaient de gonzesse. Le blondinet quitta le grenier pour la rue en mettant sa capuche. Juste manger un bout et revenir ni vu ni connu...

Arpentait les rues de la zone sud, le jeunot soupira de frustration, il n'y avait rien à se mettre sous la dent. Travailler étant exploité pour un salaire de misère, ou rendre quelques services normaux en échange d'un peu de sous. C'était son activité quotidienne, pour arrondir les fins de journée et manger un peu.

Par inadvertance, le reflet d'une des vitres fit discerner son piteux État. Sa contemplation absurde. Peau pâle, partiellement, rougie et marquée de bleu. Svelte que dire sa silhouette frêle, il avait carrément la peau sur les os. Les cernes et les poches énormes sous ses yeux l'apparentaient à un drogué. Ethan détourna les yeux, face à ce spectacle déprimant.

La phrase la plus récurrente de sa vie, retentissant toujours brutalement dans son crâne, lorsqu'il osait se faire des illusions, ou espérait une vie meilleure. C'était les mots d'une certaine personne répétant toujours, qu'il était un faible, et que personne mise à part lui ne voudrait de lui.

Ce n'était pas vraiment les phrases les plus adéquates, à adresser à un enfant qui venait de perdre sa famille. Mais visiblement, son aîné s'en fichait, et se foutait pleinement à l'époque. Désirant plutôt l'entraîner à se sentir misérable et tourmenté.

Avec le temps, c'est le cœur meurtri de honte qu'il avait fini par s'en convaincre, acceptant cette triste réalité. Petit, il pleurait toutes les larmes de son corps, souhaitant être rassuré du contraire. Mais personne ne l'avait jamais rassuré du contraire. Ethan avait perdu confiance en lui, en sa valeur, en sa vie, perdu la confiance qu'il pouvait accorder aux autres.

Apercevant des regards insistants, venant de deux toxicos dans sa direction. Il mit sa capuche avant d'accélérer le pas, le plus vite possible. Priant intérieurement de ne pas avoir des soucis de si bon matin. Il en avait déjà assez avec Anthony, qui d'ici quelques heures, allait l'écorché vif.

De plus, être sans abri n'était pas une douce ballade dans le pré. Les autres te regardaient de haut, t'insultaient sans vergogne ni compassion, ou encore essayaient de te faire des choses horribles.

Sa vie n'avait aucun sens, il n'avait aucun avenir, aucun secours, aucun plan de vie. Ça Ethan en était bien conscient, mais aussi horrible qu'elle soit, il voulait s'accrocher à la vie par tous les moyens.

Ethan dans son petit cœur meurtri ne désirait intimement qu'une chose: la paix intérieure et extérieure, voire un socle. Mais malheureusement, le jeunot avait appris très tôt dans sa vie que ce que l'on désirait ne se réalisait jamais.

Le jeune homme lorgna le ciel étoilé, de ses beaux yeux bleus, et se dirigea vers une épicerie dirigée par un vieillard. La compagnie des personnes âgées était préférable parce qu'ils donnaient souvent de très bons conseils sur la conduite à suivre, dans le quartier et dans la vie en général. Il n'avait pas vraiment de figure parentale, alors il devait faire avec.

Sa bonne étoile de mise, aujourd'hui, il avait eu assez de chance et un taf. Après deux longues heures de sueurs, de cartons lourds, et de descentes aux escaliers pénibles. Accompagné d'histoire sur le communisme, les tranchées, et la cruauté de la guerre. Ethan fut très soulagé, d'avoir pu terminer son labeur.

Ethan Taylor secoua vivement sa crinière dorée, ce n'était pas le moment de penser à ça. Griffonner avait toujours été son activité favorite, libérant toujours son esprit des pensées les plus noires. Jusque-là, tout était parfait, journée calme, dessin et autres broutilles.

Parlant du Loup, il vit le présumé Amigo plus loin, faisant de grands signes bizarres dans sa direction. Prenant instinctivement le sens inverse, réflexe de self défense à la Ethan, en clair fuir, faire le lâche et l'autruche. Il se fit tout de même rattrapé, Ethan soupira, lasse , le dévisageant incrédule. Suite à un silence pesant et assez malaisant, Edy se racla la gorge pour entamer.

 

— Je suis vraiment désolé pour hier. J'étais un peu... Bon, tu vois.

 

Ethan soupira à sa remarque, faisant mine de regarder autour d'eux. Son Amigo avait l'air sincère, et plus sobre, c'était l'Edy d'antan pourtant... Son vis-à-vis un peu rougi et légèrement gêné continua :

 

— Mais... j'ai une bonne idée aujourd'hui.

 

Ethan reprit ses esprits tout de suite après. C'était Edy même s'il lui promettait la vie sauve, c'était Edy. Le même qui l'avait mis dans le pétrin merdique, ça finirait forcément mal.

 

— Non...Non, c'est bon tes plans qui dégénèrent t.. Toujours Edy. Moi-même trouver une solution... Enfin, j'espère...

— Mais... interrompit son interlocuteur pensif. Ajoutant par la suite. Bon suis moi.

— Non, après ce qu'il s'est produit la dernière fois ?

— Non, c'est juste, un endroit sympa, pas de plan bizarre promis.

 

Après un grand sourire digne de lui, Ethan leva les yeux au ciel. Mais Edy tira légèrement son bras vers lui exigeant de l'accompagner. Très réticent, le jeune homme le suivit. Le pire, c'était déjà produit, mais le ciel était déjà assez sombre. Suite à quelques minutes de marche silencieuse, toujours sur ses gardes.

Edy le conduisit vers le lac près du pont de Brooklyn. L'eau y reflétant au loin était assez apaisante. Ethan scruta les lieux d’un regard interrogateur scotché au visage. Son interlocuteur sourit légèrement face à sa méfiance non dissimulée.

 

— Regarde au loin quand j'étais petit, je voulais vivre là-bas.

 

Édouard tendit la main vers les légères silhouettes discernées des gratte-ciels, qui ornaient le ciel de l'autre côté de la ville New-Yorkaise. Les yeux pétillants, il sourit, tristement, fouillant légèrement la poche de son sweat.

Ethan, ses parents encore vivants, voulait un métier digne, se marier et fonder une famille plus tard. Mais la vie n'était pas comme dans nos rêves d'enfant, et la dure réalité nous rattrapait toujours douloureusement. Ça, il s'en était brutalement rendu compte.

 

— Oui, je voulais être comme ces mecs dans les films en costards cravates, avec appartement de luxe, et une entreprise qui rapporterait des millions, énonça-t-il geste à l'appui.

— Si tu arrêtes tes addictions, peut-être que tu pourras réaliser ton rêve.

 

Son interlocuteur le regarda ébahi comme s'il débitait des absurdités. Avant de rire mimant une larme. Une fois de plus, un silence pesant s'installa, avec pour seul écho les bruits d'eau. Avant qu'Edy ne s'excuse de nouveau. Ethan fit un signe de la main faisant bouger sa main dans le vide. Ce n'était pas si... enfin, il avait connu plus dur. Mais dans l'immédiat…

Le blondinet se sépara de lui prétextant un malaise. Il devait fuir au cas où Anthony serait dans les parages. Mais Ethan se retourna brusquement lorsqu'il sentit une main le restreindre violemment. Il fut traîné par le baraqué en question dans un entrepôt non loin. Une seule voix l'accueillit dans l'immense entrepôt, celle d'un Anthony énervé :

 

— Tu tentes de me voler chez moi et tu t'enfuis ? Tu as des putains de couille Taylor.

— Non... no...

 

Ethan écarquilla les yeux, complètement paniquée, tout, mais pas ça. Enfin tout à prendre avec des pincettes aussi.

— Je... ne voulais... pas...

 

Antony se mit à rire sadiquement, avant de lui donner une chandelle aussi violente que brutale, qui faillit lui briser le tibia. Le blondinet se retrouva brutalement au sol sonné, il n'eut même pas le temps de canaliser la douleur qu'il fut relevé brutalement, par le col tandis que son bourreau énonçait :

Le pauvre Ethan, toujours aussi à l'ouest, essaya de se justifier une énième fois. Mais cette fois-ci, ce fut une patate dans la gueule qui fit taire ses bégaiements inutiles. Faisant gicler du sang de son nez au passage.

Ethan scruta furieusement l'espace du regard. Pour entrevoir dans l'angle Edy qui se cachait tétanisé, et à moitié défoncé pour changer. Il l'avait vendu... Essayant de reprendre ses esprits, il ferma les yeux, sentant les palpitations, et l'anxiété vouloir l'envahir.

 

— Tu voulais la vendre à qui ? Au gang des chiens ? Je sais que tu fricotais avec Braskins.

— M,-mais N-non, bien s..ur que non jamais...

 

Ethan avait toujours, voyagé pour fuir la mort, exerçant un énorme périple pour arriver ici aujourd'hui. Ayant quitté sa Terre-Natale en Pennsylvanie, pour la terre promise à New York country. Le quartier était régi par trois gangs, chacun dans sa zone de confort délimitant les Dog, les Coleps et les Oficinas.

C'est en se cachant qu'il avait rencontré Braskins, celui-ci était un homme plutôt discret et mystérieux. Mais il lui donnait souvent de l'argent sans contrepartie. Mais il n'aurait jamais su que ça allait le suivre. Maintenant, qu'il allait se faire tuer, ça lui paraissait irréel, presque inconcevable.

 

— Mais-Mais.. mais, non bien-Bien sûr que non. Ferme-là, Espèce de bègue !

 

Ethan ferma les yeux peinés, face aux mots blessants d'Antony qui se moquait clairement de ses difficultés de communications. Bègue, il ne l'était pas vraiment, mais c'était une chose de son quotidien à laquelle il ne pouvait résister depuis son expérience. Finir une phrase sans bégayer était une véritablement épreuve d'endurance. Surtout face aux inconnus. Son agresseur parut pensif marquant, un temps d'arrêt avant de dire.

 

— Ramène mon flingue que j'en finisse au plus vite avec cette pédale. Je n'ai pas de temps pour toi, j'ai une grosse affaire aujourd'hui.

 

Le ciel s'obscurcissait déjà de nuages sombres, couvrant ainsi le tapis d'étoile. Ethan resta pétrifié, les yeux grands. Après avoir grandement ri de son désarroi avec la cavalerie. Le blondinet fut traîné au sol par Anthony, mais la voix grave d'un homme fit irruption à la scène.

 

— j'interromps ?

 

Tous les hommes d'Anthony se crispèrent nerveusement, se tournant vers le grand homme aux cheveux noirs et aux yeux de glace qui venait d'entrer.

Le regard du blondinet se figea de panique, lorsque cet homme fit irruption. Non plutôt son entrée glorieuse dans l'entrepôt, avec toute une cavalerie. C'était un vrai gag pourquoi lui ? De là, Ethan pouvait déjà voir son corps gisant près des fosses communales sans un enterrement approprié. Mais qui voudrait emporter ses restes ? Après tout, personne n'avait besoin de lui, pas même son père adoptif, son Daddy.

Antony semblait nerveux et fixa Ethan d'un air ahuri, dévisageant avec incompréhension ses chiens de garde, qui eux-mêmes restaient sidérés. Le jeune homme se sentit paniqué, lorsque les traits de son agresseur passèrent de la surprise à une colère noire lui ordonnant :

 

— Sale judas, qu'est-ce que tu fais encore là ?

 

Le grand brun semblait imperturbable face à leur petite dispute. Plutôt, il dit à Anthony, qui tremblait littéralement, quelques mots sur un homme nommé Blaskins. Mais qui était cet homme ?

Le blondinet croisa son regard acéré, et son vis-à-vis pencha la tête sur le côté interrogatif. Il fit signe de la main à ses hommes. Ethan fut traîné comme un chien dans la boue aux pieds de cet homme aux yeux froids qui transcendait déjà toutes ses névroses.

 

— Avez-vous retrouvé Braskins ?

— Non, mais ce Tarpin a été aperçu plusieurs fois avec lui. Antonio bégaya et baissa les yeux.

— L'avez-vous interrogé ?

— Non, mais ça ne prendra pas longtemps, il rôdait autour de l'entrepôt.

 

Le regard froid du grand brun le fixa, rendant Ethan nerveux de peur. Il détourna le regard, espérant qu'il disparaîtrait.

 

— Il me rappelle quelqu'un... peu importe, vu son air apeuré, il n'a pas l'air de savoir grand-chose. Le mieux serait de le tuer après l'interrogatoire.

 

Le regard bleuté et apeuré du jeune homme rencontra celui de l'homme qui venait de donner l'ordre de le tuer. Ses yeux firent vriller une corde incompréhensible en lui.

 

— Qui est l'agent de sécurité ici ? demanda-t-il avec indifférence. Anthony désigna un gars assez débraillé avec une arme à feu à la main.

— Pourquoi y a-t-il un intrus dans un endroit qui censé être inaccessible et secret ? Commençons par vous.

 

Ses paroles furent suivies d'un déclic mécanique assez rapide, suivi d'une violente éruption de coups de feu. L'homme en charge de la sécurité s'effondra rapidement sous le regard médusé d'Ethan. Il avait été achevé sans avertissement ni préavis. Alors que l'intempérie et les gouttes glaciales de l'orage martelaient violemment son corps. Anthony tonna à un de ses sbires.

 

— Tue le blondinet maintenant.

 

Le tueur attrapa alors violemment les mèches d'Ethan et le traîna hors de l'entrepôt sous l'orage gRondant. Alors que la pluie martelait son corps, Ethan se recroquevilla agenouillé dans la boue. Son pouls s'accéléra, fermant les yeux lorsque l'arme froide se posa sur sa tempe.

 

— Tu ne l'as pas encore interrogé. Fit remarquer le grand brun.

 

Anthony bafouilla difficilement :

 

— C'est vrai... Attachez-le et jetez-le dans une pièce où le boss l'interrogera.

 

L'homme costaud s'exécuta et lia les bras et les jambes du blond. Il était trempé et boueux avant d'être emmené dans la réserve. À la vue de son corps ligoté, le grand brun aux cheveux noirs frissonna et sentit ses yeux s'assombrir... Son regard pétilla d'une lueur qui semblait s'être perdue... Ce qui esquissa un léger sourire au coin de sa lèvre.

Ethan fut largué dans une réserve immonde et jeté au sol. Le blondinet essaya de se relever s'adossant au mur. Comment allait-il s'en sortir cette fois ? Son imagination farfelue lui glaça le sang de sueur froide, tandis que ses palpitations revenaient au galop. Les traitements spéciaux de Jason lui avaient laissé des crises d'angoisse spectaculaires. Dans lesquels il, hyper, ventilait furieusement quand le danger se sniffait au loin.

Ses crises d'angoisse ou crise de panique, sûrement causée par ses poumons défectueux dus aux stupéfiants inhalés dans la bâtisse de l'horreur. Cela le hantait, il réalisait à chaque instant de sa vie que le passé avait toujours une emprise persistante sur lui. S'abaissant légèrement pour se calmer, le blondinet fondit en larmes. L'impression d'étouffer s'emparait petit à petit de lui.

Sa respiration désespérée lui remplit les yeux de larmes. Attaché dans cette pièce, le blondinet s'effondra de douleur, et il était sur le point d'avoir une crise d'angoisse. Ethan plissa les yeux de peine, gémissant de peur. Mais une main froide dans ses cheveux le fit sursauter.

Le blondinet tomba nez à nez avec de magnifiques émeraudes transcendées par des cheveux ébène. C'était le grand brun de tout à l'heure dont Anthony avait peur. Si même Anthony a peur de lui, cela signifie qu'il est plus dangereux. Ce type avait ordonné qu'on l'abatte. Le blondinet essaya de reculer, et de se rétracter à sa caresse étrangement rassurante dans ses cheveux.

Mais une chose surprenante se produisit, son regard n'était plus froid, mais compatissant à son égard. Pourquoi ? Se demanda le blondinet ?

 

— Ton nom. Demanda sa voix grave lorsqu'il s'abaissa près de lui.

 

Ethan ferma les yeux, effrayé par le doux parfum masculin et la présence émanant de cet homme. Des milliers de minuscules crépitements mélodiques pouvaient être entendus sur sa peau déjà gelée.

Le meurtrier entra dans la pièce, et violemment tira sur ses cheveux blonds, lui ordonnant de répondre aux questions. Mais le regard froid du brun l'en dissuada et il arrêta sa poigne.

 

— Réponds s'il te plaît.

— Ethan... je m'appelle Ethan. Balbutia-t-il happé par ses iris inquisitrices vertes.

— Connaissez-vous Braskins ? Et essayez de ne pas mentir ou il vous tuera.

Il désigna un gorille debout derrière lui.

 

— Je ne le connais pas très bien, il m'a donné de l'argent pour que je puisse manger à quelques reprises, voilà tout.

— Avez-vous couché avec lui ? demanda-t-il d'une pointe d'amertume.

 

Ethan rougit de gêne et bégaya.

 

— Non ! Il ne me donnait juste de l'argent à l'occasion, c'est tout !

— L'argent ? Sans contrepartie.

— Je vous assure que c'est vrai, mais je ne l'ai pas vu depuis des mois.

 

L'homme le regarda profondément dans les yeux... et soupira.

 

— Tu es trop fragile pour être le complice de Braskins et visiblement, tu ne sais rien, mais... Ce qui m'intrigue le plus chez toi, c'est ton visage.

 

Son attention et sa concentration furent captivées par les iris verts tranchants de cet homme. Qui saisit d'une poigne brutale sa mâchoire, pour encrer ses iris dans les siennes l'espace d'un instant.

Ethan voulait partir, le silence dans la pièce s'alourdissait, allait-il mourir ou pas ? Il n'était plus vraiment sûr et était dans un état second. Aussi, il s'approcha lentement dans sa direction, observant attentivement chacune de ses réactions. Le blond se sentait épié, comment dire, espionné.

Mais il était au début de sa surprise, puisque ce fut la Situation de panique suprême dans son cerveau. Lorsque l'homme face à lui se saisit de sa mâchoire sans aucune délicatesse ni émotivité sur son visage. Réduisant dangereusement la distance entre leurs corps, pour interroger d'un ton sans appel, ses iris tranchants encrés dans les siennes.

 

— Est-ce que je te connais ?

— No... Non. Répondit-il légèrement inquiet.

 

Ethan voulait fuir, reculer, mais il n'en avait tout bonnement pas le courage.

 

Ses yeux étaient aussi bleutés, et profonds que ceux du premier. Presque le même regard à quelque chose près. Mis à part ses iris, Ethan n'avait aucun lien de ressemblance avec lui. Gabriel longeait ses doigts le long de son cou, constatant ensuite sans le lâcher du regard.

 

— Tu trembles.

 

Rouvrant les yeux, Ethan souffla une légère désapprobation. Son vis-à-vis décelait toutes ses émotions, la panique l'emportait largement.

 

— Calme-toi. Ordonna-t-il.

 

Ethan ne bougea pas, sa voix était étrangement froide, mais calme. L'interlocuteur enfonça son pouce dans sa gorge, lentement de haut en bas, et le blondinet retint son souffle entendant ses mots :

 

— Je ne te ferais plus de mal... En contrepartie, et si tu m'appartenais ?

Les mots tracèrent un chemin dans son esprit, lui faisant grandement ouvrir les yeux. Comment ça lui appartenir ? Pas besoin de comprendre, tout ce qui émanait de lui était synonyme de danger. Ethan résista vivement par de petites mimiques désapprobatrices.

 

— Tu éveilles ma curiosité... Tes yeux... tu lui ressembles tellement...

 

La respiration coupée Ethan n'osa pas bouger, avant que sa mâchoire ne soit relâchée douloureusement. Remarquant qu'il tremblait l'homme soupira. Le grand Brun se redressa, faisant signe à son bras droit de lâcher le blondinet. Avant d'énoncer d'une voix qui ressemblait à la douce mélodie d'un diable.

 

— Plutôt que de mourir misérablement ici, pourquoi ne viens-tu pas avec moi ?

— Quoi ?

— Je te repose la question viens avec moi ou reste mourir ici.

 

Ethan resta éberluer, c'était un choix, ça ? Le regard impatient de son vis-à-vis le poussa à précipiter.

 

—Je... je...Viens... avec vous ! C'est bon, je viens avec vous, mais ne me faites pas de mal s'il vous plaît.

 

Les lèvres du grand brun se fendirent d'un sourire sadique.

 

— Rentrons à la maison, d'accord ? Tu m'as l'air trempé.

 

Une fois qu'il eut quitté la pièce, Ethan se laissa glisser le long du mur délabré, posant ses mains sur sa tête. Avec pour seul écho dans son crâne, qu'es ce qu'il venait de faire ? Le pire, c'est qu'il n'en avait pas la moindre idée. Mais Anthony était d'un côté, et des problèmes de l'autre.

 

 

 

 

2HOPE YOU ARE MINE

 

 

Une atmosphère lourde des tapotements lents et réguliers sur un bois verni. Gabriel plissa les yeux légèrement irrités, traînant sur un écran rempli de courbes et de chiffres irréguliers. La situation n'allait pas tarder à le mettre d'humeur sombre.

Pourquoi avait-il accepté de venir dans cet endroit délabré ? Lorsqu'il avait demandé à ce jeune homme de le conduire chez lui, il ne s'attendait pas vraiment à voir un lieu aussi en ruine. Il habitait vraiment ici ?

Et surtout pourquoi l'avait-il accompagné ? Par curiosité malsaine ? Ses yeux bleus et son visage poupin lui ressemblaient tellement... Gabriel savait très bien que ce jeune homme trempé et tremblant face à lui n'était pas cette personne qui lui manquait tant depuis des années...

La contemplation du tapis lumineux de la ville était sans attention. Ce traître de Braskins s'était allié à son principal ennemi. Braskins qu'IL était son bras droit depuis maintenant 20 ans. Malgré les recherches engagées par son associé Alexander, le fourbe se dérobait ici dans la zone sud cachée comme un rat.

D'après les dires des opérations d'investigation, il était en lien étroit avec Richard qui était son pire ennemi, chose peu joviale pour monsieur Williams.

L'expression soucieuse de Gabriel fut repoussée par le jeune homme tremblant devant lui. Il semblait effrayé par sa présence, et ce n'était pas le genre d'influence qu'il voulait avoir sur lui, surtout concernant ce qu'il attendait dorénavant de lui. Avec ce style de personne, la méthode douce était préférable à la méthode forte.

Ethan l'observa du coin de l'œil. Il n'arrivait pas croire que ce type l'avait poursuivi jusqu'au grenier de monsieur Lotkins. Le blondinet hésita, il ne lui avait plus fait de mal depuis qu'il l'avait promis. Mais il restait tout de même sur ses gardes. Mais il n'avait pas vraiment le choix, c'était soit ça, ou rester avec Anthony. Mais maintenant comment s'en sortir ? Ce type avait des gardes postés dans tout le voisinage.

C'était assez honteux, mais c'était son seul chez lui, ce vieux grenier. Le regard d'Ethan se revêtu d'une lueur de tristesse. Allait-il lui dire qu'il était sans abri ? Non, il allait faire comme si tout était normal.

 

— Rassure-moi, tu n'as pas vu Braskins depuis des mois ? Et tu n'as rien à voir avec lui ?

— Non...Non je ne sais rien bon sang !!

 

Son interlocuteur fut visiblement irrité face à ses mots, car Ethan discerna clairement sa mâchoire se contracter. Panique à bord lorsque le bras de cet homme saisit brusquement son cou d'une poigne forte. L'empêchant de respirer, très vite ses yeux furent embués alors qu'il cherchait ridiculement à se défaire de sa poigne. Ethan étira sa gorge pour essayer de respirer, saisissant son bras et l'arrêtant avec ses doigts délicats. Mais rien à y faire, il ne bougeait pas d'un millimètre. Au contraire, le regard dur de son vis-à-vis l'apeura.

 

- Je ne veux pas employer la manière forte avec toi. Ne m'y contraint surtout pas, c'est dans ton intérêt.

 

Ethan balbutia un stop étouffé, son vis-à-vis desserra sa prise sans pour autant le lâcher. Mais il se sentit mal, le sang lui montait dangereusement à la tête. Gabriel le lâcha, il retomba sur ses genoux furieusement, cherchant son souffle.

Son interlocuteur l'observa légèrement incrédule, mais suite à un soupir silencieux, il ne releva pas. D'un signe de la main, ses hommes gagnèrent l'extérieur sans mot. Le jeune homme face à lui ne pouvait visiblement pas connaître Braskins. Ses iris émeraude scrutèrent ce jeune homme apeuré, il était si facile à comprendre, la peur suintait par toutes les parcelles de sa peau.

Braskins était l'un des meilleurs hommes, de Gabriel. Mais quelque temps auparavant, il s'était révélé être l'allié de son concurrent. Fournissant à ceux-ci certaines informations délicates.

Les mots résonnèrent dans le cerveau d’Ethan, alors qu'il massait sa gorge pour essayer de reprendre ses esprits.

 

- Ne me force pas à te faire mal, puisque tu seras mon nouvel escla...

 

Ne terminant pas sa phrase, son interlocuteur marqua, un temps d'arrêt. Durant une millième de seconde, il resta assez pensif, puis énonça de suite.

 

-Plutôt soumis.

 

Ethan fronça les sourcils d'incompréhension. Il ne saisissait pas exactement, la signification de ce mot soumis. Mais qu'est-ce que ce type racontait et que lui voulait-il.

Dans sa courte existence, depuis qu'il avait perdu un toit s'enfuyant de chez Jason. Il avait toujours été exploité, sans vergogne. Ethan inspira, voulant montrer l'infime protestation, dont il pouvait faire preuve à son interlocuteur.

 

-Je ne veux p..pas... être votre soumis.

- Pour quelle raison ? Si tu te confies à moi, tu n'auras plus peur.

 

Le garçon était silencieux à cause de la question. Mais l'une des principales raisons est Jason et tout ce qu'il a fait.

 

- Pourquoi ? Si tu t'abandonnes à moi, tu n'auras plus aucune peur.

 

Le jeunot resta silencieux, sa question le déconcertait. Mais l'une des raisons principales raisons était Jason et tout ce qu'il avait fait dans sa tête. Non, il avait trop peur, pour faire quoi que ce soit.

 

- N'essaie pas de me mentir, il serait peut-être préférable d'y mettre fin maintenant plutôt que de te donner une chance de vivre.

 

Le blondinet recula automatiquement. Entendre ces mots accéléra sa respiration, et maintenant une peur fulgurante mêlée d'une douleur monta en lui. L'air, lui, manqua cruellement et le blondinet commença à étouffer. Terrifié par cet homme. Réalisant qu'il était clairement en train de faire une crise, le grand brun le libéra et essaya de le calmer.

 

- Prends une profonde inspiration lente et profonde. Ne panique pas. S'il te plaît, dis juste un mot.

 

Le blondinet fut étrangement rassuré par sa voix, alors que sa grande main venait caresser ses cheveux noyés de sueur. Ethan ferma les yeux face au ridicule de la situation. Pourquoi ce type créait des émotions si contradictoires en lui ?

Sa peur commença à s'estomper alors qu'il enfouissait son visage dans son cou dirigé par sa main. Une immense vague de sérénité l'envahit. Il ressentit une paix qu'il n'avait pas ressentie depuis des années. Cette manœuvre détendit peu à peu ses muscles, et le blond faillit succomber à la sensation de se blottir contre ce corps ferme et chaud.

Sa peau commençait à se geler, virant au bleutée, alors que ses vêtements, trempés de boue, suintaient de goutte d'eau. Remarquant qu'il claquait visiblement des dents, le grand brun coupa court :

 

- Je crois que tu as besoin d'un bon bain chaud pour arrêter de trembler, qu'en dis-tu ?

 

Ethan leva son regard bleuté vers lui, légèrement dans les vapes, il hocha timidement la tête.

 

- Comment te sens-tu ?

-Mi...Mieux... Balbutia-t-il le regard fuyant s'éloignant de son étreinte.

-...N'ai pas peur, si tu restes sage, je ne te ferais aucun mal... Compris ?

 

Ethan se mordit la lèvre, il n'avait mal pas à cause de ses genoux douloureux, car il n'avait plus osé se lever. Mais il avait mal, car son vis-à-vis avait raison. Suite à un moment de réflexion court, Ethan acquiesça légèrement craintif, rivant ses mirettes aux sols. Le blondinet hocha, hésitant, la tête, visage baissé. Ce qui eut le mérite de satisfaire son aîné.

 

- Tu prendras un bain dans les 10 minutes. Après, tu auras les idées plus claires et le corps moins boueux pour me répondre.

 

Le jeune homme grimaça et lui lança un regard interrogateur et angoissé. Pourquoi ?

Gabriel laissa échapper un petit soupir face à cette expression bouleversée. La plupart du temps, il domptait des rebelles, des libertins, des dangers. Mais après, les avoir soumis, l'intérêt qu'ils éveillaient en lui disparaissait. Pourtant, celui-ci en était le parfait opposé, ce qui l'intriguait d'autant plus. Gabriel imprégna ses iris des siennes. Observant sa nouvelle propriété, déjà agenouillé à ses pieds, il l'interrogea d'un ton sans appel.

 

- À qui appartiens-tu ?

- À personne...

- Mais ça ne saurait tarder. Après ces trois mois d'essais rassure-toi, tu ne seras plus qu'à moi. Après ce laps de temps crois-moi tu ne pourras plus te passer de moi ni retenir de crier que tu m'appartiens.

 

Le blondinet déglutit péniblement, déglutit difficilement et recula dans une vaine tentative de riposter. Voilà, il recommençait à raconter des choses sans queue ni tête. Cet homme était trop étrange. Avant, il se disait qu'en obéissant la douleur, et la peine disparaîtraient, mais c'était faux, elle décuplait.

Le nouveau maître d’Ethan tendit une main à son encontre. Cette même main, qui avait failli lui ôter le souffle quelques minutes auparavant. Ethan la fixa sidéré, mais finit par la saisir après plusieurs hésitations. Une fois relevé, il s'en défit légèrement gêné tête vers le sol. Mais Gabriel releva sa mâchoire, Ethan tressaillit, face à ce regard de bête furieuse, et froide qui le déstabilisait grandement.

S'affalant au sol, il soupira, cet homme était comme Jason. Faire croire à un semblant de liberté, et de bonnes intentions alors que c'était tout autre. Il allait rester sur ses gardes, parce qu'il ne pouvait pas être stupide deux fois de suite.

Jason le conduisait bien loin, même à des milliers de kilomètres de lui. Régissant sa vie, et tous ses choix. Ce malade était indirectement responsable de sa rencontre avec cet homme. S'il avait eu une enfance moins horrible, la fugue n'aurait jamais traversé son esprit. Trois mois ne représentaient rien face à plusieurs, années de torture. Ça passerait certainement comme le reste.

Quelques minutes après, la baignoire était remplie. Le regard du grand brun se durcit, c'était une baignoire pour le moins usée, très, usée même. Mais Gabriel observait l'eau mousseuse augmenter au fur et à mesure, et entendit des bruits de pas plutôt lent et hésitant dans sa direction.

Se retournant, il vit le blondinet complètement trempé, retenant fébrilement ses vêtements contre lui comme pour se protéger. Gabriel compris, il était pudique, en fait qui ne l'aurait pas été, il venait à peine de se rencontrer.

 

- je vais fermer les yeux pendant que tu te déshabilles et entres dans le bain. D'accord ?

 

Ethan resta gêné, mais acquiesça face à cette remarque qui l'arrangeait. Gabriel se retourna, lui laissant un semblant d'intimité. Il entendit juste un froissement de tissu puis des vagues d'eau remuer.

Se retournant, ik fut subjugué par la vue. Le blondinet était nu, rougissant dans son bain. Ses épaules étaient couvertes par quelques cheveux. Son corps n'avait pas de cicatrice ni de blessure, malgré sa carrure svelte et sa peau laiteuse.

Son envie de faire de lui son nouveau soumis envahit son esprit d'un désir étrange. Un désir qu'il n'avait pas ressenti depuis plusieurs années déjà. Il ne s'était pas trompé, ce n'était pas juste une envie passagère sur le moment, c'était la troisième fois que cette idée le traversait en cette soirée.

Voyant qu'il s'était retourné, Ethan se cacha de ses mains, balbutiant, affolé :

 

- Mais qu'est-ce que vous faites, ce n'est pas ce qui était convenu ?

- J'ai dit que j'allais te laisser te dévêtir, mais pas quitter la pièce.

 

 

Le blondinet se crispa de gêne lorsqu'il le remarqua s'approcher dangereusement. Couvrant ton corps, il cria presque :

 

- Pas un pas de plus.

 

Gabriel prit sa la main malgré ses gesticulations et déposa un doux baiser sur ses doigts pale et frêle. Le blondinet rougit inévitablement son regard emprisonné dans le sien.

 

- Ne me résiste pas, Ethan. Murmura ton de sa voix grave.

 

Ses joues s'empourprèrent encore plus, tandis qu'il détournait le regard. À quoi bon résister ? Cet homme ne semblait pas vouloir le lâcher d'un pouce aujourd'hui.

Le jeune homme resta sur ses gardes, mais la main insistante lui intima de se laisser faire. Le blondinet la saisit doucement et se laissa guider dans le bain moussant et chaud. Ça allait bientôt prendre fin, s'arma-t-il de courage.

Ethan resta inerte tandis que cet homme commençait doucement à laver sa peau. Sa manœuvre ressemblait presque à une inspection de son corps. Contrairement à ce qu'il aurait cru, ses mouvements étaient doux et précis. Mais aussi étrangement tendre et mesuré, comme s'il était un objet précieux à ses yeux.

Le blondinet se calma et se détendit au fur et à mesure de la manœuvre. Ce qui était très étrange parce que personne n'arrivait à lui faire baisser autant sa garde.

Gabriel serra la mâchoire, alors que sa main enserrée du tatouage d'un crotale aux dents aiguisées se dirigeait plus bas. Ce dernier bandait depuis qu'il s'était attaqué à la toilette plus profonde du petit blondinet. Bander ? Quelque chose qui ne lui était pas arrivé depuis un bout en dehors d'une séance sadomasochiste avec un esclave. C'était de mieux en mieux.

Toujours dans la même position, Ethan expira calmement quelques instants, maintenant détendu. Alors que le membre de Gabriel lui pulsait et appuyait contre la braguette de son pantalon.

Continuant de frotter cette zone sensible, Gabriel frôla de son doigt le trou plissé, il s'y attarda légèrement, ayant envie d'y plonger. Juste pour sentir, pour savoir ce qu'il pouvait éprouver à être dans ce corps chaud.

Se rendant finalement compte du chemin que prenaient déjà ses pensées, Gabriel retira ses mains et repoussa Ethan contre le rebord de la baignoire puis descendit sur l'entrejambe avec ses deux mains. Les bords de sa chemise étaient déjà bien mouillés lorsque ses doigts attrapèrent la verge et les bourses du blondinet. Dans cette position le grand Brun pouvait profiter du visage du jeune homme alors qu'il le nettoyait.

Tout en effectuant de petits mouvements circulaires, sa main s'approcha inexorablement des fesses bombées du jeunot. Il commença par les masser fermement, et le blondinet se mit à gémir tranquillement, semblant apprécier l'attention. Arrivé à cette étape, Ethan s'agita et sembla sortir de son état léthargique. Il se redressa un peu dans les bras du grand brun et marmonna d'une voix dissimulée :

 

- Qu'est-ce que vous faites ?

 

Le grand brun ne répondit pas tout de suite, se concentrant sur sa tâche. Il passa son doigt dans la fente tentante et fit quelques allers-retours, frottant le savon dans l'endroit le plus intime. Lorsqu'Ethan émit son premier grognement, il prit quelques secondes pour évaluer son degré de conscience.

 

- Je t'inspecte pour savoir combien tu en as déjà pris.

 

Ethan resta assez perdu, pris... ? Mais quoi ?

 

Alors qu'il retirait ses mains, le blondinet rouvrit finalement des yeux brumeux. Une caresse s'éprit de ses cheveux, ce qui le détendit étrangement.

 

- Tu veux que j'arrête ? demanda le grand brun amusé par sa réaction à la caresse.

- N-Non.

- Comment demande-t-on un service Ethan ? questionna calmement l'homme qui le caressait avec soin, testant la réaction du blondinet à son autorité.

 

Ethan redressa la tête, ses yeux plongeant dans les billes orageuses qui le fixaient.

 

- S'il vous plaît...

- Je suis sûr que tu peux être plus poli et convaincant que ça, Ethan.

 

Le garçon le fixa les yeux pleins d'appréhension et d'interrogation. Il ne savait pas quoi répondre à cet homme. Gabriel le comprit bien vite, caressant lentement, mais augmentant la pression.

 

- Comment s'adresse-t-on à ses aînés, Ethan ?

- M ... Monsieur... s'il vous plaît, n'arrêtez pas Monsieur ! Murmura-t-il alors que Gabriel accélérait tout à coup sa caresse dans ses cheveux, en récompense de sa bonne réponse.

Le grand brun se permit un sourire en coin, alors que le jeune homme s'abandonnait entre ses bras, les yeux fermés par l'extase. C'était comme s'il n'arrivait plus à réfléchir lorsque cet homme le caressait. Comme s'il prenait toutes ces mauvaises pensées et son stress. C'était tellement agréable qu'il ne voulait pas que ça s'arrête.

Ethan ouvrit les yeux quelques minutes après se trouvant seul dans la salle de bain glacial, abandonné à son sort. Il était parti...? Comme tous les autres ? Sans qu'il ne le sache. Il commençait à paniquer, mais son futur Dom ressurgit tout à coup dans son champ de vision. Ce dernier, se rendant compte de l'état du soumis, s'empressa de le soulever pour l'enrouler d'une serviette.

Aussitôt, le blondinet nicha sa tête dans le cou de l'homme comme rassuré qu'il ne soit pas parti en le laissant seul ici. Ce qui était paradoxal, car il ne le connaissait même pas.

 

- Je suis là, calme-toi.

Entendit Ethan au-dessus de sa tête, la voix était particulièrement rassurante, ce qui le toucha au plus haut point :

- Vous... Vous ne partez pas ? Tremblota-t-il, en essayant de trouver sa respiration.

 

- Je reste avec toi, Ethan, respire maintenant.

 

Son corps était chaud, contrastant avec le froid qu'il ressentait depuis tout à l'heure. Comme s'il était dans un cocon. Mais le garçon éclata en sanglots incontrôlables, comme si les mots avaient fait vriller une corde en lui. Tandis que Gabriel attrapait une serviette pour sécher ses cheveux ébouriffés.

 

- Tout... tout le monde...

- Chhhh, doucement, que se passe-t-il avec tout le monde ?

- Tout le monde... Mens, ils disent qu'on va juste se balader alors que c'est une embuscade... Ensuite ils m'abandonnent... Meurt à... à cause de moi. Finit-il par lâcher, épuisé.

- Doucement. Murmura le Dom lui caressant le dos tout en le séchant.

- Je ne te laisserais pas, d'accord, et ne pense plus à personne d'autre tant que je suis avec toi.

 

Il sentit, entre deux sanglots, le blondinet hocher la tête dans sa nuque et reprit :

 

- Je t'emmène avec moi. Je vais m'occuper de toi, tu n'auras plus à te prévoir des autres, fais moi confiance, personne ne viendra plus jamais te faire de mal. D'accord ?

 

Gabriel patienta quelques secondes, attendant la réponse du blondinet, mais savait très bien qu'il ne lui laisserait pas le choix. Il avait besoin qu'on s'occupe de lui. Ça se voyait clairement qu'il n'avait plus la force de le faire seul, tellement qu'il confiait ses peurs juste à un inconnu qui lui avait offert un bain.

Gabriel sourit, ce nouveau soumis venait de faire naître en lui une passion étrange, se sentir plus vivant en dix minutes que n'importe qui depuis dix ans. Ce soumis était au-delà de toutes ces espérances. Le regard embué du soumis croisa le sien et Ethan hocha la tête.

 

- Oui, j'accepte.

 

Il le lâcha finalement, puis passa ses doigts entre les mèches de blé du jeune homme qui vint inconsciemment se frotter à lui, réclamant des caresses comme un chaton.

Chaton, se dit Gabriel, cela le décrivait vraiment parfaitement : maigrelet, apeuré, les yeux baissés, soumis ; mais pourtant à la recherche de confort et d'attention... Il sera son chaton désormais :

 

- Je préfère ça, chaton. Conclus Le Brun avant de se détourner.

 

Une fois l'accord du blondinet obtenu, Gabriel se dirigea vers la chambre, le petit blondinet toujours agrippé à son corps. Doucement, il le déposa sur le fauteuil piteux, tentant de lui faire lâcher prise.

 

- Où allez-vous ?

 

Le jeune homme, encore tout tremblotant, était emmitouflé dans une large serviette. Il essayait, dans son cerveau embrumé, d'analyser ce qu'il se passait. Lorsque cet homme avait pris la décision de l'emmener, il s'était senti mieux, car il savait très bien qu'il n'avait pas le choix. Se laisser faire par les choix de cet homme avait plu. Oh, il ne se faisait pas d'idée, il n'était plus capable de faire des choix : ne serait-ce que se décider sur les choses simples du quotidien qui lui posait de gros problèmes.

 

- Que t'ai-je dit à propos de la manière de s'adresser à ses aînés ? La voix de l'homme claqua et le blondinet baissa immédiatement les yeux, comme un enfant pris en faute.

- Pardon, Monsieur, s'empressa-t-il de répondre, la tête basse.

 

Le Dom ne répondit rien, mais saisit le menton d'Ethan entre ses longs doigts. Doucement, de la main gauche, il fit courir son index sur la bouche rosée du blondinet, qui frissonnait sous l'attention. Cette bouche était l'un de ses fantasmes, combien de fois aujourd'hui l'a-t-il imaginée suçant ses doigts, ou sa queue s'écartelant si fort, jusqu'en ne plus pouvoir, alors qu'il s'enfoncerait au plus profond de sa gorge. Il passerait de longues minutes, enfoncé dans cet étau chaud et doux, Ethan en serait capable après avoir été correctement entraîné.

Mais le mieux dans tout ça, c'est qu'il savait qu'Ethan serait le seul soumis qui finirait par exaucer son souhait, tout n'était plus qu'une question de jours, de semaines peut-être... Il l'imaginait déjà à genoux devant lui, ses mains liées dans le dos, le forçant à se cambrer les jambes écartées, sa virilité exposée et son trou plissé ouvert pour lui. Oui, il se dévouerait à ce soumis comme ce soumis se dévouerait à lui.

Gabriel s'était pris de passion pour cette petite chose sans défense, ses yeux l'hypnotisaient complètement et lui donnait envie de ne l'avoir que pour lui. De lui faire découvrir mont et merveille et les méandres du plaisir.

Gabriel scruta le grenier délabré des yeux, comment pouvait-il vivre dans un endroit aussi immonde. Était-il sans abris ? Le grand brun passa une main exaspérée dans ses cheveux, c'était décidé, il allait l'amener avec lui. C'était contre le protocole et son garde du corps allait certainement rechigner. Mais il ne pouvait pas attendre d'avoir plus d'informa-tions sur Ethan pour l'amener avec lui, comme il procédait avec les autres.

Gabriel lui tendit des harpons hideux qu'il trouva par terre... Puis il se ravisa et les jeta. Ce n'était pas possible de lui faire porter ça. Il faisait très froid à New York ces temps-ci, et même si Ethan avait froid pendant quelques minutes, il préférait ça à lui faire porter un truc aussi dégueulasse.

Le grand brun retira son manteau coûteux et le jeta sur ses épaules, avant de l'emmitoufler dedans. Un bracelet en argent qui avait l'air d'être la seule chose de valeur que son nouveau soumis possédait fut emporté aussi. Le reste était superflu et inutile, de toute manière s'il s'avérait que son chaton avait besoin de quoi que ce soit, Gabriel le choisirait lui-même et l'achèterait, de la meilleure qualité qui existe, évidemment.

Avant de quitter la pièce, Ethan toujours dans ses bras, coincé dans son manteau, Gabriel fit signe à son bras droit de descendre. Le froid glacial du New York força Ethan à garder sa tête cachée dans le cou du grand brun. L'emprise de l'homme se resserra sur lui, essayant de créer un cocon chaud qui pourrait lui permettre de tenir jusqu'à la voiture.

Levant légèrement la tête, le blondinet remarqua que la portière fut ouverte par un homme en costard noir à la carrure imposante. En fait ils étaient assez nombreux, quatre, qui escortaient Gabriel vers la portière ouverte. Ethan eut de suite un doute, dans quoi s'était-il embarqué en acceptant la proposition d'un inconnu qu'il n'avait connu que de quelques heures ?

Le blondinet prit peur, mais les paroles de l'homme plus tôt résonnèrent dans sa tête « Je ne te laisserais pas, et ne pense plus à personne d'autre maintenant que je suis avec toi. »

Ethan resserra son étreinte craintivement autour de l'homme et respira profondément son parfum musqué pour essayer d'endiguer sa peur. Ce qui fonctionna à peu près.

*

* *

Le blondinet rouvrit les yeux après une légère sieste non voulue. En effet, il se rendit compte qu'il était encore dans les bras de l'homme, mais plus au même endroit. Ouvrant difficilement les yeux, il se rendit compte qu'ils étaient dans une maison. Il en profita donc pour observer l'endroit qui allait l'accueillir pour les temps à venir.

Le Brun traversait rapidement de nombreux couloirs richement décorés de tapisseries, de tableaux et d'œuvres d'art en tout genre jusqu'à s'arrêter devant une porte. Il n'eut pas à la pousser qu'elle s'ouvrit devant lui.

Gabriel déposa Ethan sur des draps en soie de couleur verte, s'accordant à merveille avec l'ensemble des meubles présents dans la pièce.

Le blondinet s'étala sur le lit et prit le temps d'observer son environnement, moins sombre que ce qu'il imaginait pour un homme pareil. La décoration était parfaitement dosée et très propre pour qu'il soit convaincu, s'il ne l'était pas déjà, du statut de son hôte, ce n'était pas n'importe qui.

Alors qu'Ethan continuait son observation, Gabriel donnait ses directives à une femme de chambre qui venait d'apparaître. Son chignon soigné et son visage mûr lui firent comprendre qu'elle faisait ce métier depuis assez longtemps.

 

- Ronda, je te présente Ethan.

 

Le blondinet tendit l'oreille lorsqu'il entendit son prénom.

 

- Il vivra ici à partir de maintenant, tu le traiteras comme le nouveau Maître de ce penthouse.

 

La vieille Dame hocha élégamment la tête, faisant rougir Ethan. Gabriel poursuivit :

 

- J'ai besoin que tu lui achètes une garde-robe vraiment complète. Tu peux disposer.

 

Après un dernier regard vers l'invité, la dame disparut.

 

- Bien, chaton, à nous deux.

Il s'approcha du lit à pas mesuré et s'assit sur le bord, près des hanches de son garçon. Sous les yeux grands ouverts du blondinet, emmitouflé sur le lit, Gabriel défit calmement le manteau. Mais dans un sursaut de panique, Ethan s'agrippa au linge, comme pour se protéger. Il n'avait pas décroché un mot depuis son arrivée et l'homme comprit son anxiété. Alors il remonta l'autre main dans les cheveux du chaton, commençant à masser son cuir chevelu pour le détendre.

 

- Chaton tu sais que je vais m'occuper de toi à partir de maintenant. Déjà, tu vas te reposer, la soirée était forte en émotion qu'en dis-tu ?

 

Alors qu'il chuchotait ces mots, il sentait Ethan se détendre sous ses caresses et voyait ses mains se décrisper. Le Dom continua :

- Après ça, je t'expliquerais ce que j'attends de toi.

 

Le blondinet avait complètement lâché prise quand Gabriel commença à lui donner ses instructions. Tellement il était soulagé qu'on lui dise comment il devait agir plutôt que d'avoir à y penser.

Gabriel l'avait remarqué et se promit de s'occuper de ça plus tard dans son dressage. Il restait tout de même surpris de l'absence de résistance de son nouveau chaton. Il aurait cru qu'il aurait sorti les griffes, mais il semblait que le blondinet soit tombé si bas qu'il n'en ait plus la force. C'était une soirée assez atypique, il était sorti chercher un traître et était revenu avec un chat.

Alors qu'Ethan allait retomber dans le sommeil, détendu par le massage, le Dom enleva le manteau. Le blondinet n'ouvrit pas les yeux, mais geignit doucement. Le regard de l'homme ne s'attarda pas sur le corps nu en face de lui, il s'empressa de le glisser sous la couette.

À peine la manœuvre terminée qu'il se rendit compte que le jeune homme dormait déjà profondément. Posant une alarme, il quitta la pièce par la suite.

 

 

 

3HOPE IN CONTRACT

 

Ethan se réveilla, dans une pièce à lui inconnu, se demandant où il pouvait bien être ? En prison peut-être, non la prison n'était pas si confortable, du moins le pensait-il. Il remarqua aussitôt qu'il ne portait plus ses harpons habituels. Mais un pyjama tout à fait normal, ainsi que les bandages qui retenaient visiblement sa tête, et son pied.

Mais curieusement, il portait également une chaîne nouée à la cheville. Le jeune homme paniqua, essayant de se remémorer les derniers événements de la veille.

Son sang se glaça tandis qu'il s'extirpait de la couette encore chaude, essayant de comprendre comment il avait atterri là. Ethan s'inquiétait, cela faisait longtemps qu'il n'avait pas été retenu contre sa volonté. Il avait peur, mais ne voulait pas se faire malmener une fois de plus...