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Être un photographe amateur c’est découvrir les multiples facettes de la magie de l’image. Alors, il est plutôt inconcevable qu’un appareil photo soit un objet destructeur. Cependant, que se passe-t-il quand une personne devient indésirable face à l’objectif ?
À PROPOS DE L'AUTEUR
Né à Hanoï au Vietnam, Christian Micheau a vécu en Côte d’Ivoire pendant 13 ans. Après la période de l’armée en France, il part à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie, pour y travailler. Aujourd’hui retraité, il se consacre entièrement à sa nouvelle passion : l’écriture.
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Seitenzahl: 63
Veröffentlichungsjahr: 2022
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Christian Micheau
Images meurtrières
Roman
© Lys Bleu Éditions – Christian Micheau
ISBN :979-10-377-5787-6
Le code de la propriété intellectuelle n’autorisant aux termes des paragraphes 2 et 3 de l’article L.122-5, d’une part, que les copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective et, d’autre part, sous réserve du nom de l’auteur et de la source, que les analyses et les courtes citations justifiées par le caractère critique, polémique, pédagogique, scientifique ou d’information, toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle, faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite (article L.122-4). Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.
Être un photographe amateur, c’est découvrir les multiples facettes de la magie de l’image.
Prendre un coucher de soleil n’est pas imaginable qu’il ne va plus se lever.
Prendre un clair de lune n’est pas imaginable qu’elle ne brillera plus.
Prendre une rose en pleine éclosion n’est pas imaginable qu’elle va se faner instantanément.
Mais photographier un être humain peut avoir des conséquences inattendues, étranges, curieuses, voire dramatiques.
C’est ce qui se passe quand la personne devient indésirable face à l’objectif.
Posséder un appareil photo dans les mains, est-il imaginable qu’il devienne un objet destructeur ?
C’est ce que vous allez découvrir dans les chapitres suivants…
Le premier jour…
Ce jour là, se promenant tranquillement sur le bord de mer, entre Carry-le-Rouet et Sausset-les-Pins, l’homme, portant en bandoulière un appareil photo numérique, se mit à observer le décor et le paysage qui l’entouraient…
Frappant la digue à coups réguliers, les vagues projetaient des gerbes d’écume, le tout, dans un son sourd et bruyant qui les caractérisait.
Le soleil penchait doucement vers la mer en un cercle orange vif qui donnait un reflet or sur cette étendue d’eau encerclée par une crique.
Au loin, on percevait très distinctement un phare peint en rouge et blanc. Bon second plan pour une photo, se dit-il. Se rapprochant du bord de mer, il constata que le soleil couchant était comme posé sur la pointe du phare…
Il enclencha l’ouverture de son appareil et prit comme option la vue sur l’écran. Il stoppa sa marche et immobile, bras tendu à la verticale, scruta l’horizon en quelques va-et-vient, pour trouver la meilleure vue… Il enclencha le zoom pour se rapprocher et c’est alors que, sur l’écran, il la vit…
La femme était assise sur une rambarde en bois, cheveux agités par la brise, et regardant l’horizon avec un regard mélancolique.
Instantanément, une fois le sujet cadré, il prit la photo. Passant en mode visuel, il vérifia la netteté de la photo. Oui, se dit-il, super ! La femme en 1er plan, le phare et le coucher du soleil en second plan…
D’un clic il éteignit son appareil et se dirigea vers cette inconnue, ses pas le guidant, ne sachant pas trop pourquoi… Est-ce pour l’aborder, pour lui parler de la photo, lui offrir le cliché ?
***
Au fur et à mesure qu’il avançait vers elle, ses formes et ses traits devenaient plus précis et à son ravissement, il découvrit une très jolie femme…
Tout près maintenant, il osa la première phrase, celle qui détermine la suite de la conversation, celle qui ne doit pas être ringarde, ou démodée ou tout simplement plate…
Il dit donc :
« Bonsoir, excusez-moi de vous importuner mais j’étais en train d’admirer le paysage et je me suis dit que votre présence amène un charme supplémentaire et qu’il me plairait de vous prendre en photo… »
Après une brève hésitation, elle répondit : « Vous alors, vous allez droit au but ! »
— Oui ! Mais ne croyez pas que ce soit une manière de vous aborder, c’est juste pour prendre une belle photo…
Enclenchant l’appareil, l’image apparut sur l’écran. Je décidais de mettre l’option cascade. Son visage, au milieu, avait une expression plutôt réservée… Il fallait la faire rire…
Sur ce, elle éclata de rire et je restais appuyé pour prendre une série de clichés…
Je visionnais le résultat sur l’écran et m’approchant d’elle je tendis mon bras pour lui montrer la photo.
— Regardez, dit-il. Pas mal, non ?
— Ah oui, rétorqua-t-elle, elle est sympa.
Et d’un mouvement sur la molette, je lui montrais les autres clichés.
« Hum ! Super ! » dit-elle.
— Laissez-moi vous en offrir sur papier pour m’avoir permis de vous photographier.
— D’accord dit-elle, je vous laisse mes cordonnées. Je suis à Sausset-les-Pins.
Situé en front de mer, le long de la Côte Bleue, avec un joli port de pêche Sausset-les-Pins est un charmant village entouré de pinèdes et garrigues qui sentent bon, à seulement une quarantaine de km de Marseille.
Autrefois petit hameau de pêcheurs d’à peine 200 habitants, Sausset est devenu au fil des années une petite station balnéaire familiale.
Sortant une carte de visite de son sac à main, elle le lui tendit.
Sans même la lire, il l’inséra dans la poche de sa chemise et se présenta :
« Je m’appelle Christian et je suis ravi d’avoir fait votre connaissance. »
« Moi également, répondit-elle, enchantée ! Moi c’est Isabelle. »
Leurs yeux se croisèrent et se fixèrent un bref instant, et tous deux sourirent presque timidement.
Christian rompit le silence en annonçant :
« Je vais vous laisser, car j’ai un rendez-vous important. Je vous téléphone quand la photo sera imprimée et je viendrais vous l’amener. Désolé de vous quitter si vite », et il lui tendit sa carte.
« Pas de problèmes, dit-elle. J’attends votre coup de fil. »
« OK, merci. À bientôt donc. »
Faisant demi-tour, il fit quelques pas, se retourna et lui fit un salut amical de la main.
Un petit peu déboussolée par ce qu’elle venait de vivre, Isabelle sortit ses lunettes de soleil, protégea ses yeux magnifiques et continua son chemin…
Grande, élancée, élégante, vêtue d’un chemisier blanc, d’un tailleur de couleur tirant sur le gris anthracite, elle marchait d’une démarche souple et féline.
Ses cheveux mi-longs, blonds et ondulés se soulevaient au rythme de sa démarche.
Le soleil finit par se coucher sur les vagues qui venaient mourir sur la berge avec ce bruit si caractéristique qu’elles produisent.
Les yeux de Christian s’ouvrirent et fixèrent le plafond où l’heure du radio-réveil est affichée :
09 . 30
— Merde, dit-il en faisant un bond qui le propulsa hors du lit. Purée, je vais me faire pourrir !
Il était déjà en retard d’une bonne demi-heure et s’en voulait de ne pas avoir programmé son radio-réveil…
Il fonça se faire un café, prit une rapide douche et embarqua un rasoir sans fil pour se raser dans la voiture…
Dans la hâte, il démarra en trombe pour se rendre à son travail.
Chargé d’affaires dans une société de fabrication de vannes pour les exploitations de gaz pétrole, il arriva au bureau sans avoir à se justifier. Sauf quelques collègues qui le charrièrent en évoquant une panne d’oreiller !
