Inhumain - Ecrivain Anonyme - E-Book

Inhumain E-Book

Ecrivain Anonyme

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Beschreibung

La douceur ne fait pas partie du vocabulaire de Rose, à l'image d'un flocon rebelle qui continue sa route sans se préoccuper de ce qui l'entoure. C'est alors qu'elle fait une rencontre singulière. En effet, cette autre âme s'est perdue dans la forêt qui borde sa propriété, et elle ne fait pas que la détester, elle hait également toute l'espèce humaine. Cette âme sauvage a perdu la foi en l'humanité et, pourtant, elle risquerait de la surprendre en lui apportant une tout autre définition. __________________________________ AVERTISSEMENT DE CONTENU : Des thèmes sensibles peuvent être abordés dans ce roman. Il vous appartient de juger s'ils sont en adéquation avec votre sensibilité. Cependant, il me semble être accessible à partir de 14 ans.

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Seitenzahl: 328

Veröffentlichungsjahr: 2020

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Tous droits réservés. Ce livre, ou quelque partie que ce soit, ne peut être reproduit de quelque manière que ce soit sans la permission écrite de l'auteur.

Toute représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait une contrefaçon sanctionnée par les articles 425 et suivants du Code pénal.

Ce livre est une fiction. Les noms, caractères, professions, lieux, événements ou incidents sont les produits de l'imagination de l'auteur utilisés de manière fictive. Toute ressemblance avec des personnages réels, vivants ou morts, serait totalement fortuite.

©Copyright 2020-Ecrivain Anonyme

ISBN: 9789403607672

Design de couverture: par l'auteur(Pixabay et Canva)

Instagram:ecrivainanonyme1

Adresse mail: [email protected]

AVERTISSEMENT DE CONTENU

Des thèmes sensibles peuvent être abordés dans ce roman. Il vous appartient de juger s'ils sont en adéquation avec votre sensibilité.

SOMMAIRE

Titre.

Prologue: Inhumain.

Chapitre 1: Inattendu

Chapitre 2: Misanthrope

Chapitre 3: Miséricorde

Chapitre 4 : Avant toi

Chapitre 5: Relations

Chapitre 6:Apprentissage

Chapitre 7:Ice

Chapitre 8:Tension

Chapitre 9:Ressentir

Chapitre 10:Fumée

Chapitre 11:Meurtrier

Flashback

Chapitre 12:Meurtri

Chapitre 13:Cicatrices

Chapitre 14:Sonné

Chapitre 15:Recommencer

Chapitre 16:Angoisse

Flashback

A ceux qui ont cru en moi.

PROLOGUE

Humain :«Espèce quisait se montrer compréhensiveet compatissante, manifeste de la sensibilité et possède des caractéristiques communes avec les êtres de son espèce.»

Inhumain:«Qui ne semble pas appartenir à la nature ou à l'espèce humaine et qui est perçu comme atroce, monstrueux; qui est sans pitié. »

Aussi étrange que cela puisse paraître, je peux vous assurer que la frontière entre ces deux mots est mince, voire inexistante.

La vie est dure, intransigeante et ne nous laisse pas beaucoup de répit. Elle est violente. Elle frappe sans cesse. Encore et encore. Elle nous rit au nez, elle nous expose des mauvaises choses; elle nous court après, nous rattrape… C'est comme un gigantesque jeu. Un jeu de torture, avec des pièges partout, faits pour attraper nos pauvres petits membres tandis que notre esprit s'agite. Il pense qu'il va s'en sortir, qu'il est suffisamment intelligent pour éviter, contrecarrer cespièges, mais il n'est pas assez vif, pas assez observateur, pas assez lointain de notre corps pour lescomprendre. Que faut-il faire pour sortir de cespièges? Et même une fois pris dedans, quand il n'y a plus aucune issue, quand il n'y a plus aucun regard, quand l'on se retrouve seul dans le noir, piégé, affaibli, triste:où est la sortie? Que nous réserve-t-elle? Est-elle bonne? Est-elle mauvaise? A-t-elle une conscience? Mais surtout… est-elle juste?

En réalité, ce n'est pas la vie qui nous torture, qui nous empoisonne,qui nous manipule,c'est toi: l'humain.

CITATION:

Le jour où les larmes prendront le dessus sur les sourires,

Le jour où les cauchemars prendront le dessus sur les rêves,

Le jouroù la colère prendra le dessus sur la raison,

Le jour oùl'obscurité prendra le dessus sur la lumière.

Le jour où mon âme s'éteindra,mes larmes,

mes cauchemars,ma colèreetmon obscurité prendront le dessus.

Et mon cœur, lui, restera en dessous.

CHAPITRE 1

Inattendu - Rose Wills

Marcheprime, France

-Tune devraispas faire ça, Rose.

­­­­-Mais ça serait l'endroit parfait, Matthew !

Je vis dans cette villa depuis vingt ans;depuis que je suis un bébé,en fait. Jamais mes parents ne m'ont laisséroder autour de la maison, seule, bien longtemps. Ils ont même engagé une femme uniquement pour me surveiller lorsqu'ilsétaientau travail.

Je lui ai souvent demandé sijepouvaisjouer dehors, dans la forêt qui borde notre immense propriété, mais jamais elle n'a accepté ; et ça m'énerve parce que je suis vraiment une fille curieuse.Et bornée aussi.

Je me suis alors renseignéeafin desavoir ce qu'ils me cachent tous et j'ai apprisqu'il y avait eu des meurtres dansces bois, il y a de cela de nombreuses années maintenant.

Aujourd'hui, je suis bien décidée à rentrer dans cette forêt pour prouver à tout le monde que ce sont des foutaises.

Et,en plus de cela, j'ai besoin d'un endroit discret et tranquille pour échanger de l'acide.

Mon meilleur ami me retient le bras avant que je n'entre dans la forêt.

-T'as pas peur de te faire tueren entrant là-dedans ?demande-t-il d'une voix stressée.

-T'es vraiment un froussard, Mat,rétorqué-je, sur les nerfs.

-Peut-être, mais je préfère rester là.

-Peureux !

Alors que je commence à avancer, il me rattrape en jurant.

-Prend au moins mon manteau,me propose-t-il.

-Il est moche ton manteau, j'en veux pas.

-Il m'a coûté 500 euros alors je t'interdis de dire ça !

Je roule des yeux. Ses parents travaillent dans le même cabinet d'avocatsque mon père, alors ils sont tout sauf pauvres. Je ne m'inquiète pas le moins du monde pour ses économies.

-Il est rouge bordeaux;comme ça,tu serasplusvoyante et les chasseurs ne te prendront pas pour ungibier,s'explique-t-il, mais je secoue la tête. Juste, prend-le. Pour me faire plaisir.

-Okay, mais tu me saoules vraiment.

Je lui prends le manteau des mains etme couvre. Les manches me tombent sur les mains et le tissu m'arrive en dessous des fesses. Il faut dire que je suis plutôt petite, c'est vrai.

Matthew me regarde m'enfoncer dans les bois avec nervosité alors que je suis totalement sereine. Je ne crois pas aux légendes,je suis du genre à ne croire que ce que je vois. Et je vois une forêt inoccupée depuis des années avec le doux son des oiseaux, et l'agréable vent de ce débutd'après-midi.Je n'aperçoisrien qui soitsusceptible de me faire du mal.

Lesfeuilles bougent et quelques-unes d'entre elles se décrochent, venant embellir le sol qui craque sous chacun de mes pas. Le vent siffle contre l'écorce des arbres et, plus je m'enfonce dans la forêt, plusje me sens libérée d'un poids. Je ne sens plus la pression de mes parents, ni celle de mes professeurs oubience besoinabsurded'être une fille parfaite.Fille que je ne suisévidemment pas.

Ici, au fin fond de cette forêt, je peux être celle que je veux : celle que je suis.

Personne ne me regarde ; c'est un endroit tranquille, désert, qui laisse mon esprit se nourrir de la nature que nous offre notre planète. J'aime cette forêt et je comprends pourquoi mes parents ne voulaient pas que j'y aille. Ce n'est pas à cause de cettesérie de meurtres, mais à cause de ce sentiment, cette légèreté qui me pousse à vouloir me rebeller pour une liberté infinie.

La nature me donne cette envie de croire que tout est possible, que je peux atteindre des sommets rien qu'avec une pensée. Je respire, je revis, l'espace d'une seconde.

Une branche craque un peu plus loin.J'ai un mouvement de recul et fronce les sourcils, m'attendant à ce que quelque chose me saute à la figure. Je ris lorsque je me rends compte que je suis stupide de réagir ainsi. Cettehistoire de tueurs en sérieme monte un peu trop à la tête.

Les recoins se ressemblent et j'en viens à me dire que,si un jour des gens sont morts dans cette forêt,ce n'est pas uniquement parce qu'ils se sont faits assassiner. C'est qu'ils n'ont tout simplement pas trouvé de sortie. Ils sont rentrés dans ce labyrinthe,uniquement délimité par les arbres,sans même avoir un plan,et se sont perdus au beau milieu de ces feuillages.

Une nouvelle brindille craque et je me retourne immédiatement. Je ne rêve pas,une branchevient de bouger. Je fronce les sourcils.

Matthew m'a-t-il suivi ?

-Mat, je sais que c'est toi, tu peux sortir de ta cachette maintenant,dis-je, mais je n'obtiens aucune réponse, seulement un nouveau bruit de craquement.

Je commence à avoir peur lorsque je sens une présence derrière moi. Je respire fort et mon cœur s'emballe au même moment que ma respiration devient effrénée.

Je pivote doucement sur moi-même, ne tenant passpécialementà voir ce qui se passe derrière moi. Je suissurprisede faireface àunhomme, inconnu.

Mes lèvress'ouvrent à la surprise de ce que mes yeux découvrent.

Il est accroupi sur le sol, mais ce qui me marque le plus est sa peau. Il est nu, complètement nu; sans aucune gêne. Il possède detrès longs cheveux, comme s'il ne les avait jamais coupés et son corps est sale, boueuxetplein d'égratignuresde toutes sortes. Son regard, d'un vert aussi pur que la forêt qui nous entoure, me percute les pupilles. Il semble aussi perdu et angoissé que moi, si ce n'est plus. Sa mâchoire est carrée, taillée dans une profonde virilité tandis que ses traits me paraissent plus doux, plus angéliques.

-Tu dois être bourré pour te balader nu comme ça. Je pense sérieusement que tu devrais rentrer chez toi, mec.

Je ne vois pas d'autre explication à sa venue dans ces bois, complètementdévêtu. Il ne semble pas très vieux et les fêtes qui dégénèrent ne sont pas rares ici.

Il me regarde, mais c'est comme si son regard passait à travers moi, me rendant réellement perplexe. Il ne répond pas, il me fixe simplement. Il avance d'un pas vers moi et, par instinct, je recule.

Ses bras sont forts, musclés comme un boxeur et j'ai peur qu'il tente de me blesser. Il n'est probablement pas dans son état normal, mais je ne compte pas lui laisser le bénéfice du doute et lui donnerl'occasionde faire n'importe quoi avec moi. J'ai l'habitude de traîner avec ce genre de mec, musclés et défoncés.

Lorsqu'il arrive à ma hauteur, je heurte un arbre à force de reculer. Il est toujoursaccroupidevant moi alors qu'il hausse un sourcil.

Ce mec est vraiment bizarre.

De près, j'aperçois que ses lèvres sont meurtries, baignant dans un sang séché qui me fait grimacer. Il les ouvre, cherchant probablement ses mots pour me répondre, mais il ne trouve rien à dire.

Tout à coup, il se lève.

Sa hauteurme fait frissonneret mon cœur rate un battement tellement l'angoisse m'enveloppe le cerveau. Il est grand, très grand. Il fait probablement 1m90, ou plus encore.

Je ne me sens pas à mon aise avec lui ; son regard me rend nerveuse, mais je tente de le lui cacher, comme j'en ai l'habitude.

Son bras se lève et mes yeux se ferment automatiquement, par réflexe. Mon souffle devient saccadé à la seconde où ses doigts se déposent sur la chair de ma joue. Il la caresse, doucement, lentement, comme s'il avait peur que je disparaisse ou que je ne sois pas réelle, ou bien différente de lui.

Mes paupières s'ouvrent et je l'observe, curieuse. Son regardseconnecteau mien dans un silence apaisant tandis que son pouce en vient à effleurer mes lèvres. Je frissonne à la douceur de son touché.

Il me regarde comme s'il n'avait jamais vu quelque chose d'aussi rare et cela me déconcerte réellement.

-Qui es-tu ?demandé-je, calmement.

Mais il recule brusquement, comme si je l'avais frappé de plein fouet.

-Je ne veux pas te faire peur, je veux juste savoir qui tu es.

Je tente de le rassurer, mais il ne me parle toujours pas et recule même un peu plus. J'essaie de ne pas regarder son corps, de ne pas l'analyser, mais le voir comme ça, devant moi, nu, me perturbequand même un peu.

-C'est quoi ton nom ?

Il ne me répond toujours pas, il me fixe sans relâche tout en s'asseyant sur le sol, encore plus loin.

Je fronce les sourcils, il ne sait peut-être pas parler.  Est-il muet ou étranger ?

-Tu sais parler ? Tu me comprends ?

Il hoche la tête ; il m'a comprise.

-Tu n'es pas muet alors ?

Il secoue la tête de gauche à droite, de manière négative.

-Quel est ton nom ?redemandé-je.

-O-Oli-Oliver,bégaie-t-il dans un murmure, un murmure si faible qu'il me parvient à peine aux oreilles.

-Oliver ?

Il hoche à nouveau la tête.

-Tu connais ton âge ?

Il hausse les épaules en réponse et je devine qu'il ne sait pas quel âge il a.

-Je m'appelle Rose et j'ai 20 ans,je lui dis avec unpetitsourire.

Oliver ne cille pas une seule seconde et garde ses prunelles fixées sur moi, l'air méfiant. Ses longs cheveux lui tombent sur le visage et j'en viens à me poser des questions sur sa vie.

-Où habites-tu ?

Il prend dans sa main une des feuilles qui se trouvesur le sol et me la tend. Je m'approche de lui et,cette fois-ci,il ne recule paslorsqueque je récupère la feuille. Je la retourne dans mes doigts sans réellement comprendre, maisquandje regarde à nouveau l'homme assis en face de moi, je réalise.

Il vit ici. Dans la forêt. Seul.

-Tu vis ici ?

Il hoche la tête et mon cœur se resserre. Comment a-t-il pu atterrir là ? Et à la taille de ses cheveux, j'imagine qu'il doit vivre ici depuis bien plus longtemps que mon esprit neveutl'imaginer.

CITATION:

Tu ne connais pas la douleur,

Tu ne sais pas de quoi tu parles.

CHAPITRE 2

Misanthrope - Oliver

Je ne me rappelle plus de la dernière fois que j'ai puvoir un visage.Les traits doux et cruels d'un masque humain.Ça me fait tout drôle.

Voilà qu'aujourd'hui, plusieurs années plus tard, j'en revois un. Je ne sauraisidentifierses intentions, bonnes ou mauvaises, mais je sais que l'humanité est la chose la plus facile à perdre. C'est ce qui fait de nous des humains,mais peu de personne saventce que cela représente vraiment.

Quand j'étais petit, j'avais l'habitude de voler des romans et ils m'expliquaient avec une franchise à toutes épreuves que l'humanitéétaitperdue depuis déjà bien longtemps.

-Tu vis ici?

Cette langue me paraît lointaine et j'imagine que c'est normal lorsque ça fait une éternité que je ne la pratique plusvraiment. Les mots ont du mal à rouler sur ma langue et glisser sur mes lèvres, mais je les connais. Je le sais, je le sens.

Je hoche la tête.

C'est automatique, mécanique. Je n'ai pas besoin de parler, mon corps peut le faire pour moi. C'est une chose que j'ai appris ici, dans la forêt. Je n'ai pas le besoin d'être comme les autres.

-Ça fait longtemps que tu te caches ici ?

Pourquoi me parle-t-elle ? Pourquoi ne me laisse-t-elle pas ? Je lui ai déjà donné mon nom, ça ne lui suffit pas?Pourquoi n'ai-je pas résisté à l'approcher? C'est ma faute.

Je la regarde à nouveau. Sa peau qui semble douce et ses yeux d'un bleuverttrès pigmentésme heurtent.Notamment parce que ces deux prunelles ne se ressemblent pas: l'uned'elle est d'un bleu océan profond et l'autre possède des reflets verts cristallins qui fontle tour de l'océan.Ses cheveux sont longs, mais moins que les miens et leur couleur rouge brille au soleil. Il est sûr qu'elle n'a rien à voir avec moi. Elle est différente. Ou peut-être est-ce moi qui suis différent ? Je ne sais pas, je ne sais plus.

Ses mains se montrent intactes à la vie, elles sont même d'une clarté trop douteuse. Elles n'ont pas souffert, elles n'ont pas connu la torture des jours qui passent etceuxqui se ressemblentaffreusement.

Elle est pure.

-Je te parle, mec.

J'auraisbien aimé lui dire que je ne m'appelle pas «mec» et que je n'ai vraiment pas envie de lui parler. Ni à elle, ni à aucune autre personne de son espèce.C'est fini ça!

Mais, au lieu de ça, je lui tourne le dos avant de m'enfoncer un peu plus dans la forêt.

-Attends ! Tu pourrais me répondre !

Elle continue à jacasser, mais je m'en contre fiche. Je n'ai pasplusde temps à perdre avec elle. Elle incarne tout ce que je ne suis pas, et que je ne serais jamais.J'en mourrais si c'était le cas.

-Hé ! recommence-t-elle en activant le pas.

Je ne veux pas qu'elle me suive ! Pourquoi est-elle si obstinée ?

Je marche, m'éloignant decettecréature que je fuis depuisaussi loin que je m'en souvienne. Mais elle ne comprend pas ; elle m'attrape le bras.

Je me défends ; je ne veux plus qu'on me touche. Ça me dégoûte.

J'arrache mon bras à sa prise et la poussebrusquementen arrière.

Elle me regarde, allongée sur le sol, avec un éclair qui lui traverse les yeux. Je m'efforce de ne pas la violenter, mais c'est quelque chose de plus fort que moi. Je ne supporte plus la sensationde la chair humaine sur ma peau, elle fait partir le peu d'humanité qu'il me reste.Si j'en ai déjà eu un jour.

Je déteste ces vermines.

-Toi, veux quoi ? dis-je avec colère, mais sans cri.

C'est la première fois que je tente de formuler une phrase depuisun long moment. Je suis même surpris d'entendre le son de ma propre voix, qui a changée avec les années qui se sont écoulées. Elle semble plus rocailleuse, plus Homme. Et ça me fait royalement chier.

-Je veux simplement comprendre ce qui t'arrive. Je ne suis pas du genre à sauver les autres, mais je ne peux pas te laisser tout seul dans la forêt. Nu, qui plus est.

Sa tête se penche sur le côté alors qu'elle attend ma réponse.

-Ta bouche… je marque un temps d'arrêt pour chercher mes mots. Elle s'ouvre tout le temps.

Elle aussi s'arrêtemomentanément avantde plisser les yeux. Apparemment, ce que je viens de lui dire ne lui plaît pas du tout.

-Écoute, Tarzan, je ne vais pas te laisser m'insulter parce que t'es vulnérable ici ! Elle se met debout et me menace de son index. Ton mètre quatre-vingt-dixne me fait pas peur et si tu veux qu'on se batte, okay. Il suffit de le dire.

Mais d'où elle sort celle-là ? Je dois probablement rêver.

-Toi, va chez toi, je lui dis avant d'à nouveau lui tourner le dos.

-Je ne suis pas d'accord, Tarzan.

Je ferme les yeux et expire lourdement. Les humains sont encore plus lourds que dans mes souvenirs.

-Moi, pas être Tarzan. Moi, être Oliver. Moi, pas vouloir toi.

-Et moi, pas vouloir toi non plus ! Continue-t-elle alors qu'elle s'avance pour se placer devant moi. Ici, ça va devenir mon terrain de jeu et je ne veux en aucun cas de toipendant que je joue. Alors, soit tu te trouves une maison ailleurs ou je vais devoir te virer d'icipar la force!

Elle plaisante ?

-Ici, ma maison.

Je m'approche d'elle, plus par provocation que par envie et encercle son cou de ma main.

-Ici, ma maison, répété-je avec autorité.

Ses yeux s'accrochent aux miens et ce n'est pas de la peur que je lis dans ses iris, seulement de la détermination. Je n'avais jamais vu un regard pareil.

Je fronce les sourcils.

Elle n'a pas peur de moi, elle disait la vérité. Ou bien est-elle une incroyable menteuse ?Les humains sont prêts à tout pour obtenir ce qu'ils veulent.

-On peut négocier un prix, annonce-t-elle alors que ses doigts tentent de recouvrir les miens.

Sa peau contre la mienne me déstabilise quelques secondes. Personne ne m'a jamais touché comme une sorte de caresse.

Sa paume est lisse et tendre, et cela attire mon attention suffisamment longtemps pour que je relâche l'emprise que j'ai sur elle.

Elle m'en remercie d'un souffle plus prononcé. Ses doigts essaient de décrocher les miens de sa gorge et c'est à ce moment-là que je reviens à la réalité. Mes pupilles se dirigent à nouveau vers les siennes.

-Pas vouloir argent.

-Dis-moi ce que tu veux et je te le donne, Oliver.

Je plisse les yeux parce que c'est la première fois depuis bien longtemps que j'entends mon nom quitter les lèvres de quelqu'un d'autre que moi. Ça sonne bien à travers sa bouche.Ça ne ressemble pas à une insulte.

-Je veux que tu disparaisses, affirmé-je sèchement.

-Ça, je ne peux pas te le donner, mais je te promets que tu ne me verras plus jamais si tu t'en vas ailleurs.

Elle m'énerve et ma patience a des limites.

-Pas avoir de « ailleurs », râlé-je.

-Okay, dit-elle en essayant d'échapper à ma main qui est toujours autour de son cou. Jepeux te trouver un hébergement pourquelquesmois, le temps que tu te réinsèreset quetu te trouves un nouveau chez toi, propose-t-elle.

Je lâche sa gorge et recule de quelques pas. Pourquoi veut-elle que je parte? Je suis chez moiici.

-Pas vouloir partir !

Elle avancedansma direction avec sérénité et calme. Rien ne montre que je la répugne alors que moi j'éprouve toutes sortes de haine envers son espèce.

-Je peux t'offrir bien plus que ce que tu as là. Un lit, de la bonne nourriture, un toit… Qu'est-ce que tu en penses, Oliver ?

Elle a recommencé. Elle a dit mon nom. Encore. Ça me donne un goût amer dans la bouche.

-Tu mens. Pas confiance.

Je la dépasse et tente de la fuir, à nouveau.

-Je te le promets.

Je m'arrête net, parce que ces mots démontrent toute la cruauté de l'espèce humaine. Cela représente tout ce que l'Homme ne sera jamais : fiable et loyale.

Je me retourne avec dégoût et fureur. Je n'aime pas la regarder ; je n'aime pas voir son visage soigné, ses vêtements chics et sa langue trop pendue.

-Je ne t'aime pas, craché-je avec conviction.

Voilà une phrase que je n'écorche pas, que je connais par cœur et qui ne me demande aucune réflexion sur quels mots je dois employer.

Un de ses sourcils se lève. Elle ne comprend pas ce que ma phrase fait là, je le sais, mais,pour moi,elle a du sens.

-Il n'est pas question de sentiment, il s'agit là de négociation.

-Je ne t'aime pas, veux paste faire confiance! je répète encore, avec hargne.

-Si ça peut te rassurer, je ne t'aime pas non plus. Je veux pouvoir vendre ma came tranquille, okay ?

Elle s'énerve.

-Came ? demandé-je, sans comprendre.

Mais de quoi elle parle ? Qu'est-ce que c'est ?

-M'en fiche, dis-je finalement.

-Je t'offre un chèque de10 000 euros pour que tu t'en ailles.

Elle m'achète ? C'est ça qu'elle fait ?

Le pire, c'est que ça me fait réfléchir parce que je n'ai jamais été en possession d'une telle somme et que ça pourrait complètement changer ma vie.

Je pourraistoujours êtreun marginal,seul, sans humain, même avec cet argent.

-Pourquoi toi faire ça ?

-Parce que je suis riche, que je m'ennuie et que j'ai untout nouveaubusinessà faire tourner, rajoute-elle en haussant les épaules.

-Comment moi savoirtoi pasmentir?

-Je suis peut-être une droguée, une rebelle et une fille ingrate, mais je suis tout sauf une menteuse. Je tiens toujours parole.

Elle a ce quelque chose dans le regard qui m'empêche de détourner les yeux,et je ne sais pas pourquoi, ni comment elle fait, mais j'aiétrangementenvie dela croire.

CITATION:

Tu ne peux offrir aux autres ce que tu n'arrives même pas à acquérir. Pour aimer l'autre, il fautd'abord

CHAPITRE 3

Miséricorde - Rose

Je ne sais pas quoi dire ou quoi faire pour qu'il me croie. Je ne mentais pas en disant que j'étaisquelqu'un quitientparole.

Je remarque alors, à nouveau, que ses cheveux lui tombent sans cesse devant le visage et je m'interroge sur le nombre d'années qui le sépare de la civilisation. Il ne parle pas très bien et hésite chaque fois qu'il veut émettre une pensée à voix haute, mais j'arrive à le comprendre. C'est déjà pas mal.

-Je ne sais pas quoi faire pour que tu me croies, soupiré-jefinalement.

-Moi, te crois, dit-il et un immense sourire se forme sur mon visage.

Je ne sais pas ce qui lui a fait changer d'avis, mais je suis soudainement fière de moi parce qu'il semble être vraiment têtu.

-Tu peux me suivre alors, rétorqué-je alors que je me tourne pour quitter cette forêt.

Alors que je pense qu'il est en train de suivre mes pas, je remarque,peu après, que ce n'est pas du tout le cas. Au contraire, il marche, mais dans l'autre sens.

-Hé ! Qu'est-ce que tu fais ?

Il ne s'arrête pas, il poursuitseulementsa route.

-Putain de merde, tu commences vraiment à me saouler ! Je te propose une énorme somme d'argent pour quitter ce stupide bois rempli d'insectes et de vermines, et toi, tu restes là, à te balader à poil !

Je hurle presque, j'en ai conscience, mais cet homme est en train de me taper sur le système et je ne suis franchement pas d'humeur.

J'ai vraiment besoin de ma dose, ça devient urgent.

-Ici, ma maison. Toi, pas chez toi. Laisse-moi.

Il ne se retourne même pas ens'exprimant et mon esprit s'échauffe. Je crois que je vais le tuer. Sans rire.

-Je n'en ai pas fini avec toi, Oliver ! je crie une dernière fois, mais je ne sais pas s'il m'aentenduparce queje ne le vois plus.

Il se déplace à une vitesse telle que, en quelques secondes, il acomplètementdisparu de mon champ de vision.

~

Le lendemain, lorsque j'arrive au campus, je passe une main sur ma robe afin d'en lisser les plis, tentant de cacher le bleue qui apparaît sur le haut de ma cuisse. Elle vient d'un grand couturier qui travaille en collaboration avec ma mère. Ma génitrice, après avoir eu une longue carrière dans lemannequinat,cherche à étendre son règne avec le projet d'ouvrir une ligne de vêtements. Elle me fait alors porter quelques-unes de ses créations pour en faire la promotion, en avant-première. Je me dois donc de la porter avec « dignité et l'attitude d'une vraie femme», commeelle dit.

-Salut, chérie, chantonne Aaron en posant son bras autour de mes épaules.

Aaron est mon petit-ami depuis quelques semaines, peut-être deux mois.

-Hey, je réponds en lui tirant la nuque pour l'embrasser.

Sa langue s'infiltre dans ma bouche au moment où la cloche sonne et c'est avec peine que l'on se sépare l'un de l'autre.

Je l'aime bien; il est cool et on a pas mal de choses en commun. Ce n'est pas le genre de garçon que l'on présente à ses parents, certes-à cause de ses piercings et de ses tatouages-mais je m'en fiche. Mes parents n'ont pas besoin de savoir avec qui j'occupe mes nuits.

-Tu as trouvé un endroit tranquille où l'on peut faire nos échanges ? me questionne-t-il alors que je m'éloigne pour rejoindre ma classe.

Aaron est un peu plus âgé que moi, de deux ans. Il ne fait pas d'études comme moi, maisil travaille dans un garage à deux ruesd'ici. Et j'avoue préférer celaparce quele voir dans sa combinaison de garagiste me donne toujours une énorme bouffée de chaleur.

-Peut-être,j'y travaille, lui garantis-je en m'éloignant.

Je m'installe, un peu plus tard, à ma place habituelle, aux côtés de mon meilleur ami, Matthew.

Il me fait un grand sourire en me voyant et je ne peux m'empêcher de le lui rendre. C'est un ami en or. Il a toujours été là pour moi et il sait qu'il peut compter sur moi, quoi qu'il arrive.

On se salue rapidement avant que le professeur n'arrive.

Je suis entroisième annéede Droit et Science Politique à l'IEJde Bordeauxet je me demande chaque jour qui passe ce que je fais là. N'est-ce pas paradoxale d'étudier le droit le jour etdeconsommer de la drogue la nuit ? Oui, ça l'est totalement. C'est l'histoire de ma vie.

Sans le vouloir, mon esprit dérive sur la veille.

Cet Oliver est un sacré lourd dingue. Ses cheveux longs, ses cicatrices et son corps boueux indiquent clairement qu'il n'a rien à voir avec moi. Je ne sais pas ce qu'il fout dans cette forêt, ni depuis combien de temps il y est, mais je ne peux pas le laisser là-bas - même s'il ne mérite pas vraiment ma sympathievu comment il s'est comporté.

Ce n'est pas de la charité puisque je cherche simplement l'endroit parfait pour vendre de la drogue, mais je mentirais en disant que je ne me sens pas un minimum coupable de le laisser seul dans cette forêt.

Je n'ai pas très bien dormi la veille;je n'ai pas arrêté dechercherune solution à tous mes problèmes, quels qu'ils soient.C'est encore l'histoire de ma vie: ressasser et essayer de sortir de la merde dans laquelle je suis enterrée.

Au nom de la justice que j'étudie, ne serait-ce pasjusted'aider cet étranger ?

Je ne sais pas ; il est vraiment bizarre. Mais qui ne le serait pas en vivant dans la même situation que lui ?Je peux au moins le faire partir et lui donner de quoi se refaire une vie. Je me sentiraismieux etil estprobable que lui aussi.

~

C'est en traînant des pieds que jerentredans la forêt qui borde la propriété de mes parents, et m'y enfonce à nouveau. Je ne sais pas exactement ce que je fais là, mais j'y suis.

J'observe les feuilles danser entres elles, et le vent qui vient compléter ce doux tableau avec son agréable chant. Plus je viens ici, plus je me demande pourquoi je n'ai pas fait ça plus tôt. Lemêmesentimentquela veille me chatouille: la liberté.J'expire un long souffle de ma bouche, tentant de vider mes poumons de mes souffrances. Mes yeuxfinissent parse fermer.

J'attends quelques secondes comme ça avant de sortir une feuille à rouler. Je prépare mon joint avec habitude, comme si j'avais fait ça toute ma vie alors que je me drogue seulement depuisquatreans.

Je tire plusieurs taffes avant de réellement me sentir bien. Je planelégèrement. C'est comme si mon corps n'était plus en ma possession et que j'étais une simple spectatrice de ma vie. Et c'est mieux comme ça. Je préfère voir ma pitoyable vie à travers les yeux d'une autre plutôt que de la vivre, la sentir me ronger de l'intérieur, me frapper de plein fouet. Je peux être moi-même sous l'effet de la drogue; je n'ai plus besoin d'être quelqu'un d'autre pour plaire à mes parents, pour être regardée, admirée, comprise.

Ici, dans ces bois,droguée, je me sens vivante.

Un bruit me sort immédiatement de ma torpeur.

Je m'attends à voir débarquer l'autre fou,le mec à poil d'hier. En réalité, j'admets qu'il était pas mal pour un mec quivitdans les bois.

Ça y est, je déraille. Je suis en train de déconner complet. C'est à cause de la drogue, elle m'enlève le peu de filtre qu'il me reste.

Soudain, je faillis mourir sur place lorsque quelqu'un me saute littéralement dessus. Des bras m'encerclent par derrière, mais je n'arrive pas à réagir, malgré ma panique.

-Bonsoir, bébé,murmureAaron à mon oreille.

Un sourire vient se plaquer sur mon visage.

-Que fais-tu ici, Aaron?

Je me retourne et enserreson cou.

-J'admets t'avoir suivi. Mais j'ai une bonne excuse!

-Ah oui?

-Cette robe te donne des formes irrésistibles…   Alors je n'ai pas résisté. Tu partages?

Je lui tends mon joint qu'il amène directement à sa bouche. Il en tire quelques taffes avant de soupirer. Lui aussi en avait bien besoin, visiblement.

-C'est la nouvelle collection de ma mère, dis-je en quittant ses bras pour me frotter le visage.

-De quoi? demande-t-il, ailleurs.

-La robe.

-Oh, elle est jolie. Tu pourras le dire à ta mère de ma part.

Je hoche distraitement la tête. Ma mère ne le connaît même pas; elle sait simplement qu'il existeen l'ayant croisé, mais elle ne l'a jamaisvraimentrencontré. Et je n'en ai pas envie. Donc il n'y a aucune chance que le compliment parvienne à ses oreilles. De toute façon, elle n'a vraiment pasbesoin d'Aaron pour entendre ce genre de conneries.

-Et si on passait aux choses sérieuses, Rose?

Je hausse un sourcil, lui faisant croire que je ne vois pas où il veut en venir.

Jouerles prudes, c'est ce qui marche avec les Bad Boysdans son genre. Ils ont alors la nette impression qu'ils sontau-dessus de nous, qu'ils peuventnous apprendre un tas de choses. Des choses qui ne me font pas nécessairement trembler de désir, mais il n'a pas besoin de le savoir. Son égo aurait du mal à s'en remettre, je pense.

-Quelles choses sérieuses?

Il ne lui faut que quelques secondes pour me projeter contre un arbre.

Sa bouche fond sur la mienne à une vitesse déconcertante et je ne sais pas vraiment comment réagir. Mon cerveau est embrumé par ma consommation quotidienne, mais je réponds tout de même à son fiévreux baiser. Tout à coup, il se détache légèrement pour éteindre le jointcontre l'arbreet le jeter un peu plus loin.

J'aurais bien envie de lui signaler qu'il pollue la planète, mais je ne suis pas certaine que ce soit le bon moment pour parler de ça.

Ses mains viennent agripper mes hanches avec force et un gémissement quitte ma bouche. Et je ne sais pas trop si c'est parce qu'il me fait mal ou si c'est parce que je me sens bien. Tout se mélange dans ma tête; je ne suis plus maîtresse de mon corps. Je réagis par mécanisme, par habitude.

J'accroche ses épaules et remonte doucement jusqu'à son cou. Je le sens vibrer contre moi tandis qu'une de ses mains remontent au niveau de ma poitrine. J'arrête de l'embrasser pour le laisser caresserde ses lèvresla peau de mon cou.Je ferme les yeux et me contente de suivre le mouvement, ouvrant parfois la bouche pour soupirer.

Tout à coup, des picotements surgissent sur mon visage et ce sentiment me fait ouvrir les paupières.

Oliver est là.

Il me regarde. Enfin, nous regarde. Je suis la seule à le voir, puisqu'Aaron est trop occupé à suçoter la chair de mon cou. Sa tête est penchée et ses sourcilssontfroncés, comme s'il se demandait à quel genre de spectacle il était en train d'assister. Sans prévenir, sa langue glisse sur ses lèvres. Ce mouvement, aussi bénin qu'il puisse paraître, fait monter en moi une petite vague de chaleur. Douce et chaleureuse, elle vient s'immiscer à l'intérieur de mes pores et provoque un gémissement de ma part. Je me laisse alors emporter par ce ressenti et ferme à nouveau les yeux.

Lorsque je les rouvre, il n'est plus là. Oliver est parti.

CITATION:

Aujourd'hui, j'ai rêvé,

D'un ciel ombragé

Où les couleurs se mélangeaient

Et oùla peur me saisissait.

Ces nuages tâchant ma vision

M'ont fait prendre conscience

De mes illusions

Et de mon inconscience.

Le chant des oiseaux avait disparu,

Et la Terre

N'était plus que poussière.

Même le vent n'existait plus!

J'ai fixé le soleil avec curiosité,

Me demandant ce qu'il avait de particulier,

Et son ton orangé m'a fait me questionner

Sur la véracité de cette imagesemblant êtreimaginée.

J'étais perdu(e)dans ma contemplation,

Cherchant en vain une solution

A un problème qui n'existait pas,

Mais qui semblait être là.

Perdu(e),j'aspirais à de grandes choses

Dont je ne maitrisais pas tous les aspects,

Mais ce climat morose

Me paralysait, me tétanisait, m'apeurait.

Je ne savais plus où j'étais, où aller.

Je me sentais comme abandonné(e)à montristesort,

Comme sans emprise sur mon propre corps,

Solitaire,rejeté(e),inanimé(e)… Sacrifié(e).

CHAPITRE 4

Avant toi - Oliver

2 jours plus tard...

La nature a toujours été une source d'inspirationpour moi. Elle ne juge pas, ne se braque pas, ne cherche pas à vous nuire. Elle n'est même pas compliquée. Du moins, elle n'essaie pas de l'être.C'est nous quicherchons lacomplication.La naturevous accepte tel que vous êtes, sans artifice et avec vos défauts. Elle ne fait pas la différence entre le bon et le mauvais, etvous laissevous épanouir dans son environnement sansvous demander quoi que ce soit en retour,hormisvotrerespect.

Elle n'est pas comme l'Homme.Lui, iln'est indulgent avec personne. Il ne vous épargne pas, au contraire, il vous torture. Il est sans cesse dans la demande,la possession, la concurrence et la perversion.

Je suis peut-être un monstre, mais je ne torture personne. Je n'impose pas ma présenceetne revendique pas ma place dans la société.

Je ne prétends pas être meilleur que l'Homme-oh, ça non ! - mais je ne suis pas comme lui. Nous sommesdifférents.