Auguste Villiers de L'Isle Adam
Isis
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table des matières
PROLÉGOMÈNES
CHAPITRE PREMIER.Italie.
CHAPITRE II.Celui qui devait venir.
CHAPITRE III.Promenade nocturne.
CHAPITRE IV.Premier aspect de Tullia Fabriana.
CHAPITRE V.Transfiguration.
CHAPITRE VI.Étude d'enfance.
CHAPITRE VII.La bibliothèque inconnue.
CHAPITRE VIII.Isis.
CHAPITRE IX.La présentation.
CHAPITRE X.Le palais enchanté.
CHAPITRE XI.Aventures chevaleresques.
CHAPITRE XII.Fiat nox.
CHAPITRE XIII.Ténèbres.
CHAPITRE XIV.L'éternel féminin.
CHAPITRE XV.Cras ingens iterabimus æquor.
NOTES
PROLÉGOMÈNES
TULLIA
FABRIANA«Tout
semble annoncer que le siècle actuel est appelé à voir les luttes
les plus ardentes et les plus décisives qui se soient jamais livrées
sur les plus grands intérêts dont l'homme ait droit de se
préoccuper ici-bas.»Dom
Guéranger.
CHAPITRE PREMIER.Italie.
Il
y avait eu soirée au palais Pitti.La
duchesse d'Esperia, belle dame de la plus gracieuse distinction,
avait présenté à tout Florence le comte de Strally-d'Anthas.Il
annonçait de dix-huit à vingt ans au plus. Il voyageait et venait
d'Allemagne. Sa mère était de l'une des plus illustres maisons
d'Italie; on le savait. Il se trouvait donc allié aux plus hautes
noblesses du pays; la duchesse était même un peu sa cousine; qu'il
fût présenté par elle, ne souffrait aucune difficulté.Le
prince Forsiani, nommé, depuis la veille, ambassadeur de Toscane en
Sicile, avait paru s'intéresser à lui. C'était un vieux courtisan,
fin et froid, mais solidement estimé de tous. Dans la mesure de
l'indifférence du monde, il était assez aimé. Le jeune homme,
après les respectueuses formules d'usage, s'était assis devant une
table d'échecs, vis-à-vis de lord Seymour, et le cercle d'amateurs
et d'ennuyés marquants avait environné cette partie. On dansait
dans les autres salons. Des demi-paroles furent échangées touchant
la conduite de ce jeune Allemand, qui jouait, au lieu de danser,
selon son âge.Divers
courants d'idées remuèrent bientôt, dans le vague, autour du
prince Forsiani, de la duchesse et de M. de Strally, dont la belle
physionomie fut commentée. Ce qui fit sensation, ce fut la
présentation du jeune homme au nonce-légat (qui daigna survenir
vers les onze heures) par le duc d'Esperia lui-même.Son
Éminence avait été fort gracieuse durant cette cérémonie: on
était recommandé, cela se devinait.—Mais pourquoi l'empressement
du duc d'Esperia? N'était-il pas sur l'âge?—Une vieille dame, à
petit comité, s'avisa d'insinuer, entre un sourire et une glace, que
l'ambassadeur avait divinement connu la comtesse de Strally, du temps
qu'elle habitait Florence, autrefois,—avant son mariage avec le
margrave d'Anthas. Cela se dit, en italien. Une deuxième dame,
également sur le retour, jugea naïf d'observer que le prince
n'était point marié. Ces paroles comportaient une somme
d'hésitations si profonde, que nul ne poursuivit. Quant au jeune
homme, il continua la partie, simplement.Rien
de significatif ne fut avancé, comme de raison, après ce peu de
mots.Dans
la soirée, il y eut encore deux fragments d'entretien, assez dignes
de remarque, pour ce qu'ils devaient sous-entendre. Le nonce et la
duchesse d'Esperia causaient seuls, d'une voix polie, depuis une
minute:
—Et
Votre Éminence y est allée? disait la duchesse.
—Oh!
je suis sûr qu'Elle
n'était pas au palais, répondit le nonce. Toutefois, comme il
serait très utile d'obtenir un auxiliaire de cette valeur, je
laisserai peut-être un billet, samedi, dans le cas d'une nouvelle
absence.
—C'est
bien excessif, monseigneur.Un
sourire italien glissa faiblement sur les lèvres de Son Éminence,
qui s'éloigna dans un léger salut.Le
prince Forsiani revenait.Sur
un regard indifférent de la duchesse d'Esperia:
—Je
pars pour Naples demain dans la nuit, répondit-il d'un air affable,
mais d'une voix pressée et très basse. Je prendrai Wilhelm aux
Casines, vers neuf heures du soir. L'entrevue est fixée à dix
heures.
—Fixée!...
Vous l'avez donc vue, cette belle invisible?
—Dans
le salon ducal, il y a dix minutes. Elle était seule avec Son
Altesse royale et l'envoyé persan. Peu de secondes après, elle
accepta ma main jusqu'à sa voiture.—Quelques mots ont suffi.Plusieurs
cavaliers, de belles personnes brillantes et satisfaites
intervinrent. On en resta là, sur le mystérieux sujet. Il y eut de
cérémonieuses félicitations, et vers deux heures et demie du matin
l'on se sépara. Le bruit des voitures diminua, la nuit redevint
silencieuse sur Florence.
CHAPITRE II.Celui qui devait venir.
Le
lendemain, vers neuf heures du soir, le prince Forsiani marchait dans
une allée des Casines.
Aujourd'hui,
les Casines sont les Champs-Élysées de Florence. On y rencontre des
statues cachées dans de vastes murailles de verdure, des animaux
rares, de grands arbres taillés et des étrangers de tous les pays.
Le château des grands-ducs de Toscane ne date que de 1787. En 1788,
époque où nous sommes, il y avait des décombres, des veilleurs
armés, des statues clair-semées, et des fanaux bariolés de rouge
et de bleu dans le goût vénitien, allumés de distance en distance
dans les massifs. D'ailleurs, grand isolement.
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