J'ai soif de toi - Saint Augustin - E-Book

J'ai soif de toi E-Book

Saint Augustin

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Beschreibung

La première mission de l'évêque est d'expliquer la Parole de Dieu. Augustin a rempli cette mission par ses livres et sa prédication. Toute sa vie, Augustin prêche: il a un don extraordinaire pour annoncer le message de l'Évangile, et on aime l'entendre. Il parle toujours en expliquant un texte des Livres saints que le lecteur vient de lire devant l'assemblée. Parfois, c'est un psaume. À la fin de sa vie, plusieurs psaumes n’avaient pas été expliqués, alors des chrétiens lui ont demandé de composer des commentaires sur ces psaumes. Et il a lui-même préparé un livre qui contient des sermons sur les 150 psaumes. Dans les psaumes, Augustin retrouve toute notre vie humaine, devenue notre histoire spirituelle, route vers le royaume, soif de la patrie du ciel, marche dans le désert, combat, tentations et victoire du Christ en nous, lui qui par l’Esprit Saint nous conduit au Père.


À PROPOS DE L'AUTEUR


Né le 13 novembre 354 et mort le 28 août 430 à Hippone (actuelle Annaba, Algérie) où il fut évêque durant 35 ans, Augustin est un des grands théologiens de l’Église latine. Il a aimé commenter les psaumes, livre de prière des Juifs et des chrétiens. Augustin met ces prières sur les lèvres et dans le cœur des frères et sœurs qu’il a devant lui. Il les invite à retrouver le chemin de leur cœur et à y entrer au plus profond.

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Seitenzahl: 154

Veröffentlichungsjahr: 2022

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Augustin d’Hippone

J’ai soif de toi

Prédication sur les PsaumesExtraits

Dans la collectionLa Manne des Pères

– Athanase d’Alexandrie, Vie d’Antoine

– Polycarpe de Smyrne, imitateur du Christ

Couleurs des bandeaux de la collection

rouge: IIesiècle

vert: IIIesiècle

jaune: IVe-Vesiècle

Envoi de manuscrit ou de projet audio :

Saint-Léger éditions

1, chemin des pièces Bron

49260 Le Coudray-Macouard

02 41 67 79 30

Augustin d’Hippone

J’ai soif de toi

Prédication sur les PsaumesExtraits

Collection dirigéepar Sœur Marie Ricard, Bénédictine de Martigné-Briand (49)

© Saint Léger éditions, 2014.

Tous droits réservés.

Nombreux sont nos contemporains qui découvrent avec plaisir les Pères de l’Église.

Grâce à leurs écrits, leurs prédications, c’est la foi chrétienne qui est nourrie.

Il n’est donc pas surprenant que cette étude engendre un vrai bonheur chez tous ceux qui l’entreprennent,

en même temps qu’elle participe à un accroissement de leur témoignage dans le monde d’aujourd’hui.

Je me réjouis profondément de cette traduction rendant accessibles au plus grand nombre

ces textes essentiels de notre patrimoine spirituel. Je forme tous mes vœux pour la fécondité de cette entreprise.

Angers, le 24 septembre 2014

+Emmanuel Delmas

évêque d’Angers

L’éditeur remercie très fraternellement

Mère Céline osb, prieure des Bénédictines de Martigné-Briand (49) et le Père Jean-Pierre Longeat osb, président de l’Alliance Inter Monastiques (92)

7

Augustin d’HipponeTexte source

Augustin d’Hippone : Commentaires des Psaumes

Collection « Bibliothèque choisie des Pères grecs et latins » n° 7 à 14, Édition Parent-Desbarre - Paris 1837

[Les chiffres en tête de paragraphes sont ceux de la Patrologie latine, tome 36 ; les trous dans la numérotation indiquent les coupes faites dans le texte originel.]

Traduction en français fondamental par une moniale de l’abbaye bénédictine de JouarreRévisée par le Père Lin Donnat (†), moine de Saint-Benoît-sur-Loire.Présentation par Sœur Marie Ricard, osb.

Gn Genèse

Ex Exode

Lv Lévitique

Nb Nombres

Dt Deutéronome

Jos Josué

Jg Juges

Rt Ruth

1 S I Samuel

2 S II Samuel

1 R I Rois

2 R II Rois

1 Ch I Chroniques

2 Ch II Chroniques

Esd Esdras

Ne Néhémie

Est Esther

Jb Job

Ps Psaumes

Pr Proverbes

Ecc Ecclésiaste

Ct Cantique des cantiques

Is Isaïe

Jr Jérémie

Lm Lamentations

Ez Ézéchiel

Dn Daniel

Os Osée

Jl Joël

Am Amos

Ab Abdias

Jon Jonas

Ha Habaquq

So Sophonie

Ag Aggée

Za Zacharie

Ml Malachie

Mt Évangile selon Mattieu

Mc Évangile selon Marc

Lc Évangile selon Luc

Jn Évangile selon Jean

Ac Actes des apôtres

Rm Romains

1 Co I Corinthiens

2 Co II Corinthiens

Ga Galates

Eph Éphésiens

Ph Philippiens

Col Colossiens

1 Th I Thessaloniciens

2 Th II Thessaloniciens

1 Tm I Timothée

2 Tm II Timothée

Tt Tite

Phm Philémon

He Hébreux

Jc Jacques

1 P I Pierre

2 P II Pierre

1 Jn I Jean

2 Jn II Jean

3 Jn III Jean

Jd Jude

Ap Appocalypse

Abréviations des livres de la Bible

Abréviations francophones les plus utilisées des livres de la Bible.

9

Repères historiques

Le temps des apôtres,« époque apostolique »

Première communauté : JÉRUSALEM

Extension missionnaire

fondation de l’Église d’Antioche (Syrie) (Actes des apôtres 11,19-26)

Asie Mineure

Grèce (l’Évangile passe en Europe) (cf. Actes des apôtres 16,9)

ROME (la Lettre aux Romainstémoigne de l’existence d’une cité importante, mais on ignore qui l’a fondée)

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LES CINQ PREMIERS SIÈCLES

– Jusqu’à 313, dans un environnement souvent hostile, la foi chrétienne pénètre toutes les régions de l’Empire : Égypte (Alexandrie) et Afrique du Nord, Iran, Gaule etc.

– Persécutions et calme se succèdent. (64 : date tradi-tionnelle du début des persécutions, avec l’incendie de Rome dont Néron accuse les chrétiens.)

– Les deux persécutions générales qui se déclen-chèrent dans toutes les régions de l’Empire à la fois, et furent les plus sanglantes : sous l’empereur Dèce (249-251), sous l’empereur Dioclétien (303-308).

L’Église : une communion d’Églises, chacune se consti-tuant autour de son évêque.

Par les récits des Acteset les Lettresde Paul, on voit comment les Apôtres ont peu à peu organisé les communautés locales qu’ils fondaient. Ces commu-nautés se développant, des ministères se mettent en place. Si l’unité règne entre les Églises pour l’essentiel de la foi (baptême, Eucharistie, ministères), les célébra-tions et les rites se particularisent.

Parce que, culturellement, le grec est encore la langue commune à tout l’Orient, il sera partout, même à Rome, la langue liturgique, jusqu’au IIIes. Il sera relayé ensuite par le latin, en Afrique, dès la fin du IIes, puis dans tout l’Occident.

– L’Empire devient chrétien

313 : l’édit de Milan, ou édit de Constantin, promulgué par les empereurs Constantin I et Licinius

11

en avril 313, permet à chacun « d’adorer à sa manière la divinité qui se trouve dans le ciel ». Une nouvelle ère commence.

330 : fondation de Constantinople (sur la petite ville de Byzance) qualifiée par Constantin de “Nouvelle Rome”. Elle devient la capitale de l’Empire sans toutefois être centre de l’Église.

28 février 380, l’édit de Thessalonique, promulgué par Théodose, pour l’Empire d’Orient, et Gratien, pour l’Empire d’Occident, fait du christianisme l’unique religion officielle et obligatoire de l’État.

L’évangélisation s’intensifie, à l’intérieur et hors de l’empire. Les sièges épiscopaux se multiplient.

L’Église demeure une communion d’Églises locales, mais elle s’organise, se hiérarchise. Des sièges épis-copaux ont, à cause de leur passé, un prestige reconnu et deviennent des patriarcats : Constantinople, Antioche, Jérusalem et Alexandrie pour l’Orient, Rome pour l’Occident.

Les IVeet Vesiècles sont la période des controverses passionnées pour la rectitude de la foi concernant la Trinité et la divinité du Christ. C’est aussi, par voie de conséquence, la période des grands conciles1qui aboutiront à fixer le Credo.

1. On distingue deux sortes de conciles (terme qui signifie assemblée) : les conciles œcuméniques qui réunissent les évêques de tous les lieux (oikoumenê, en grec, désigne la terre habitée, l’univers connu) et les conciles particuliers, propres à une région. Depuis environ un siècle, le mot œcuménique (œcumé-nisme) désigne les relations entre les confessions chrétiennes, orthodoxes, protestants, anglicans, catholiques.

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Les quatre grands Conciles œcuméniques :

• Nicée(325)

• Constantinople(381)

• Éphèse(431)

• Chalcédoine(451)

Nicée :face à Arius qui dit que le Fils est inférieur au Père, le Concile affirme que le Christ est Dieu, égal au Père.

Constantinople : face à Apollinaire qui dit que le Christ n’est pas pleinement homme, les évêques proclament que le Christ est vrai Dieu et vrai homme, les deux ensemble.

Éphèse : face à Nestorius qui voit dans le Christ deux personnes, unies par un simple lien moral, le Concile affirme que le Christ a bien deux natures, mais qu’il est une seule personne. La Vierge Marie n’est donc pas la mère seulement de l’homme Jésus, mais du Fils de Dieu, l’unique personne : elle peut donc être appelée Mère de Dieu.

Chalcédoine : face à Eutychès qui dit que la personne du Christ n’a en fait qu’une seule nature, la nature divine, les évêques précisent définitivement le Concile précédent : « Suivant donc les saints Pères, nous ensei-gnons tous unanimement que nous confessons un seul et même Fils, notre Seigneur Jésus-Christ… un seul et même Christ, Fils, Seigneur, l’unique engendré, reconnu en deux natures, sans confusion, sans chan-gement, sans division et sans séparation, la différence des natures n’étant nullement supprimée à cause de l’union… un Christ ne se fractionnant ni se divisant en deux personnes, mais un seul et même Fils, unique engendré, Dieu Verbe, Seigneur Jésus-Christ… »

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Nous posons ces jalons, en réservant à chaque publi-cation de détailler ceux qui concernent la période de l’auteur concerné. De même pour le tableau qui suit : les noms des auteurs et des œuvres sont inscrits dans une échelle chronologique, permettant de les situer les uns par rapport aux autres. Ils seront précisés au fur et à mesure des publications.

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Pour situer les plus importants des Pères de l’Église selon leur région et leur siècle :

– Il faut mettre à part trois « géants » qui ne peuvent être situés sur le même plan que les autres

Au 2esiècle : Irénée de Lyon (vers 130-vers 208) : Asie Mineure et Gaule

Au 3esiècle : Origène (185-253) : Alexandrie et Palestine

Au 4e-5esiècle : Augustin d’Hippone (354-430) : Afrique

Les PÈRES

LE MONACHISME

COURANTS DIVERGENTS

1ers

2es

– Les Pères qui ont connu les Apôtres

Clément(4eévêque de Rome : 90-101)

Ignace d’Antioche(35-107) : Syrie

Polycarpe de Smyrne(vers 69-161) : Asie Mineure

– Deux textes majeurs de la Tradition

La Didakhè[ou Doctrine des Apôtres] (vers 110) : Antioche

Hermas: le Pasteur (vers 160) : Rome

– Le temps des « Apologistes » Justin(+Martyr vers 165) :

Palestine et Rome

Théophile d’Antioche: Syrie

Méliton de Sardes(+ vers 180) : Asie Mineure

L’épître à Diognète (vers 190) : Alexandrie

La gnose

En fait différents mouvements dont le point commun est une méfiance vis-à-vis de la matière.

Docétisme

Marcion (85-160)

15

– Le Troisième siècle : une grande vitalité, une grande créativité

– Le Quatrième et le Cinquième siècles : les grands Conciles, l’épanouissement de la Théologie, de la Catéchèse, de la Prédication.

3es

4es

Clément d’Alexandrie(+ vers 215) :

Égypte

Tertullien(vers 155-220) : Afrique

Hippolyte(+ après 235) : Rome

Cyprien de Carthage(+ martyr en 258) : Afrique

Athanase d’Alexandrie(295-373) : Égypte

Ephrem(306-373) : Syrie

Hilaire de Poitiers(310-368)

Cyrille de Jérusalem(313-387)

Les Cappadociens:

Basile de Césarée(329-378)

Grégoire de Nazianze(330-390) Grégoire de Nysse(vers 335 -394)

À partir milieu du III°s, la vie monas-tique naît presque simultanément en diverses régions, comme un fruit naturel de la vie d’une Église.

Égypte

Antoine le Grand(250-356)

Pachôme(292-347)

Les Pères du Désert: fondation de Nitrie, vers 325

Syrie

Monachisme Syriaque : Aphraate(fin III°), Ephrem

Gaule

Martin(316-397) : Ligugé

Cappadoce

Fraternités basiléennes

Évagre(345-399) : Constantinople et Égypte

Macaire-Syméon

Arius(256-336)

Mani (ou Manès)

(216-276)

Apollinaire(315-390)

16

Ambroise de Milan(339-397) : Italie

Jean Chrysostome(344-407) : Antioche et Constantinople

Jérôme(v.347-420) Rome et Palestine

Cyrille d’Alexandrie(380-444) : Égypte

Léon le Grand(+ 461) : Rome

Communautés d’ascètes à Milan

Afrique du Nord

Communautés augustiniennes

Bethléem

Jérôme

Mélanie l’Ancienne(350-vers 410) et Mélanie la Jeune(383-439)

Rufin(340-410)

Jean Cassien (360-435) (Marseille)

Pélage (350-420)

Nestorius(vers 381-451)

Eutychès(380-456)

Pour aller plus loin

– Sites

patristique.org

migne.fr

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Les genres littéraires

Dès qu’un groupe humain est vivant, il donne naissance à des textes. On le constate pour l’Église. Les premières générations (et la chaîne se poursuivra !) vont parler et écrire pour les frères et sœurs, et pour le monde dont elles font partie.

– Les textes « d’usage interne ».

Ils sont de quatre types. (Les Évangiles sont des textes exceptionnels, sans aucun équivalent ; ils n’entrent pas dans un genre littéraire.)

• Les Lettresforment le premier. C’est vrai chrono-logiquement, mais c’est surtout conforme à la nature même de l’Église. L’Église est une communion de communautés qui sont en relation les unes avec les autres. La Lettre de l’Église de Jérusalem à l’Église d’Antioche est le premier écrit attesté (il concerne les païens devenus chrétiens, Actes des Apôtres, 15, 23-30). De même, les premiers écrits du Nouveau Testament sont des Lettres (de Paul, Pierre, Jacques…)

• Puis il y a les recueils liturgiques, écrits évidemment à partir d’une pratique déjà existante : l’Église est une communauté qui célèbre. Elle se constitue par la

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célébration de la prière liturgique commune et des sacrements.

• Mais le rite doit être préparé et éclairé par la Catéchèse. Elle permet la tradition vivante de la foi. Sans elle, le rite pourrait devenir magie.

• Enfin, l’Homéliepermet d’approfondir pour les auditeurs le sens de ce qui a été proclamé. Les textes de l’Écriture sont vivants et non un souvenir.

– Les textes tournés vers un monde en évolution

La vie de l’Église est prise dans un monde qui bouge et dans la durée.

Un monde hostile ou ignorant

• On écrit les Actes des Martyrs, des Apologiesadressées aux dirigeants ou aux intellectuels

Un monde pris dans l’histoire

• On écrit l’Histoire de l’Église(les problèmes internes de la vie de l’Église en crises ou en expansion)

• La Doctrine s’élabore : l’Homélie se développe en Commentairesde l’Écriture (genre plus savant). La catéchèse se développe dans des Traitéset devient ce que nous appelons aujourd’huila théologie, etc.

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• L’expérience chrétienne s’approfondit. Ici se situentles textes monastiques.

La prédication de l’évêque Augustin sur les psaumes sont des homélies développées en commentaires.

Cette icône a été écrite par Philippe Grall de l’Atelier Saint-André. Le petit olivier dont une branche a été sectionnée, fait référence à celui sous lequel méditait Saint Augustin et à l’église en Afrique du Nord. Après s’être éteinte elle a donné une nouvelle branche. Les huit rameaux figurent les moines de Thibirine et Mgr Claverie. L’icône a été achevée au moment même où Benoît XVI visitait Sainte-Sophie de Constantinople, en la fête de Saint André, le 30 novembre 2006.

Courage, frères et sœurs, je veux vous faire partager mon ardeur, je veux vous communiquer mon désir.Aimons ensemble, ayons soif ensemble.Courons ensemble à la source de l’intelligence,comme la biche, désirons boire à la source.

Ps 41, 2.

Carte du Bassin méditerranéen

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Introduction

La vie d’augustin

Augustin est né dans une petite ville d’Afrique du Nord, Thagaste (aujourd’hui Souk-Arhas), à quelque 200 kilomètres de Carthage, la capitale de la province romaine d’Africa, le 13 novembre 354.

L’enfant est doué : ses parents, de condition modeste, Patricius et Monique, font alors de très gros efforts pour lui permettre de poursuivre ses études supérieures. Ils espèrent qu’il deviendra un haut fonctionnaire de l’Empire. Il est formé à la rhétorique : l’art de raisonner et de composer des discours.

Mais, à l’âge de 19 ans, Augustin lit un ouvrage de philosophie qui le fait réfléchir. Il s’agit d’un livre d’un orateur latin, très connu, Cicéron. À partir de ce moment, il s’intéresse à l’amour de la sagesse.

Il lit la Bible, mais ne comprend pas le sens profond des textes et il la referme.

Il croit trouver la sagesse chez les manichéens2, mais il sera déçu. Il est alors professeur de rhétorique à Carthage. Il le sera ensuite à Rome et enfin à Milan, la ville où réside l’empereur. À Milan, il vient écouter les sermons

2. Voir l’Annexe : note dans la partie « Une expérience fondatrice… » p. 121.

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de l’évêque Ambroise et il découvre le vrai sens des Livres saints, il lit les Lettres de l’apôtre Paul.

Pendant l’été 386, il se convertit au Christ, quitte tout, et reçoit le baptême la nuit de Pâques, 24 au 25 avril 387.

Il revient alors en Afrique et commence avec quelques amis et élèves à mener une vie monastique dans sa maison de Thagaste. En 391, il va à Hippone (Bône ou Anaba) pour y fonder un monastère. L’évêque Valère lui demande de l’aider à prêcher au peuple et l’ordonne prêtre. Augustin obtient de l’évêque de continuer à vivre en même temps en communauté dans un monastère, en étudiant les Livres saints. En 395, Valère l’ordonne évêque et Augustin lui succède. Il ne peut plus continuer à habiter au monastère. Il vit alors en commun avec ses prêtres. Il sera évêque pendant 35 ans.

Il meurt le 28 août 430 dans Hippone envahie par les Vandales. Mais sa bibliothèque est sauvée et transportée en Italie. Ses œuvres sont lues par tout l’Occident latin et exercent une immense influence.

Les œuvres d’Augustin : les ouvrages et la prédication

La première mission de l’évêque est d’expliquer la Parole de Dieu. Augustin a rempli cette mission par ses livres et sa prédication.

Son œuvre est immense. À la fin de sa vie, il fait le relevé de tous ses travaux : il donne des détails sur les circonstances de leur rédaction et indique les modifications

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à apporter. Ce catalogue comprend déjà 93 ouvrages, mais il n’a pas eu le temps de terminer.

Ses œuvres les plus connues sont les Confessions(vers 400), Sur La Trinité(vers 420) et La Cité de Dieu(426). Augustin a écrit un grand nombre d’autres livres, sur la doctrine, sur la vie chrétienne, pour répondre à des questions qui se sont posées aux chrétiens de son époque. Il ne faut pas oublier non plus les innombrables lettres qu’il a envoyées à des destinataires variés.

Mais surtout, toute sa vie, Augustin prêche, à Hippone, à l’occasion des fêtes liturgiques, pour le Carême et pour la formation des catéchumènes et des nouveaux baptisés. Il prêche aussi à Carthage. Au cours de ses voyages, partout où il passe, on l’invite à prêcher. Car il a un don extraor-dinaire pour annoncer le message de l’Évangile, et les gens aiment beaucoup l’entendre. Il commente les Livres saints. Plus de 800 sermonsont été conservés. C’est la plus importante collection du monde ancien.

Comment prêche l’évêque Augustin

Il parle toujours en expliquantun texte des Livres saints qu’un lecteur vient de lire ou chanter devant l’assemblée. Parfois, c’est un psaume.

En Afrique, l’évêque parle assis sur son siège, au fond de l’église derrière l’autel, et entouré de ses prêtres. Dans certaines circonstances, Augustin se lève, s’approche de la foule qui écoute debout ; puis il revient à sa place, va d’un

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autre côté de l’assemblée, pour convaincre ses auditeurs. Les auditeurs réagissent, approuvent, applaudissent longuement ou, au contraire, murmurent, discutent, posent des questions, refusent (tout cela à haute voix). Ou bien, ils terminent des phrases commencées par Augustin, qui les encourage, les félicite ou les reprend quand ils se sont trompés. La prédication est très vivante !

Augustin prépare sa prédication par la méditation des Livres saints et la prière. Assez souvent, il fait allusion aux lumières reçues dans sa