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A la fin du IVe siècle, Augustin écrit une règle de vie dans laquelle il promeut l'amitié évangélique et la fraternité au sein de l'Eglise, enseignement toujours suivi par de nombreux religieux.
À PROPOS DE L'AUTEUR
Augustin est le plus célèbre des Pères de l’Église d’Occident. Nous connaissons bien sa jeunesse et son long cheminement de conversion, grâce à ses Confessions. Il écrivit de nombreux traités et prêcha beaucoup. On sait moins que dès son baptême, il a voulu vivre en communauté avec des frères. Quand il fut ordonné prêtre, il continua de vivre dans la communauté. Devenu évêque, il dut renoncer à habiter avec les frères, mais il vécut en commun avec ses prêtres.
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Seitenzahl: 91
Veröffentlichungsjahr: 2022
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RÈGLE DE SAINT AUGUSTIN
La collectionLa Manne des Pères
Collection dirigéepar Sœur Marie Ricard, Bénédictine de Martigné-Briand (49)
La liste des ouvrages déjà parus se trouve en fin de volume.
Couleurs des bandeaux de la collection
rouge : IIe siècle
vert : IIIe siècle
jaune : IVe-Ve siècle
terre de Sienne : VIe siècle et au-delà
Envoi de manuscrit ou de projet audio :
Saint-Léger éditions
1, chemin des pièces Bron
49260 Le Coudray-Macouard
02 41 67 79 30
RÈGLE DE SAINT AUGUSTIN
Texte intégral
© Saint Léger éditions, 2016.
Tous droits réservés.
Nombreux sont nos contemporains qui découvrent avec plaisir les Pères de l’Église.
Grâce à leurs écrits, leurs prédications, c’est la foi chrétienne qui est nourrie.
Il n’est donc pas surprenant que cette étude engendre un vrai bonheur chez tous ceux qui l’entreprennent, en même temps qu’elle participe à un accroissement de leur témoignage dans le monde d’aujourd’hui.
Je me réjouis profondément de cette traduction rendant accessibles au plus grand nombre ces textes essentiels de notre patrimoine spirituel. Je forme tous mes vœux pour la fécondité de cette entreprise.
Angers, le 24 septembre 2014
+Emmanuel Delmas, évêque d’Angers
L’éditeur remercie très fraternellement
Mère Céline Guilbot osb, prieure des Bénédictines de Martigné-Briand (49), Père Jean-Pierre Longeat osb, président de l’Alliance Inter Monastères (92) et Lydie HK Rivière, Xavière.
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Texte source
AUGUSTIN, RÈGLE, Édition critique de Luc VERHEIJEN (Texte latin)Études augustiniennes 1967. Volume 1– Règle d’Augustin : pages 417 à 437– Ordo Monasterii : pages 148 à 152
Traduction par une bénédictine de Jouarre,révisée par Sœur Lazare de Seilhac, bénédictine de Saint-Thierry
Introduction et jalons
Sœur Marie Ricard, osb
Je remercie beaucoup Sœur Marie-Ancilla, moniale dominicaine, qui m’a fraternellement communiqué ses travaux avec toute latitude de puiser dans ce trésor.
Un « Livret général », donnant des repères historiques, est édité à part et offert pour l’achat d’un exemplaire de la collection La Manne des Pères.
À demander à votre libraire.
Il est aussi téléchargeable sur : saintlegerproductions.frdans l’espace La Manne des Pères
Saint Augustin, mosaïque du IIesiècle. Basilique Saint-Marc, Venise.
Que le Seigneur vous donne d’observer tout ceci avec amour,comme des gens qui aiment la beauté des choses de Dieu.Vous répandrez ainsi la bonne odeur du Christ par votre vie.Vous n’êtes pas comme des esclaves soumis à une loi,mais vous êtes des hommes libres qui se savent aimés de Dieu.
Règle 8, 1
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INTRODUCTION
Augustin d’Hippone
Vers le baptême et la maturité
Augustin est né en 354 à Thagaste, en Numidie, à l’est de l’Algérie actuelle. Son père, Patricius, est païen, mais sa mère, Monique, lui donne une éducation chrétienne qui le marque profondément.
Étudiant à Carthage où il arrive en 371, il cherche à découvrir la sagesse. Alors qu’il suit depuis deux ans les cours de rhétorique, il doit étudier un ouvrage du philosophe romain, Cicéron : l’Hortensius. Il est saisi par l’appel à la sagesse qu’il y découvre. C’est un choc, véritablement spirituel. Vingt-cinq ans après, il écrit dans lesConfessions (3, 4,7):
« Soudain toutes mes espérances si vides ont perdu leur prix à mes yeux ; je me suis mis à désirer cette sagesse immortelle, d’un cœur qui brûlait d’une façon incroyable ! Déjà je commençais à me lever pour revenir à toi. »
Se souvenant de sa première éducation chrétienne, il tente d’y revenir et se plonge dans la Bible. L’étudiant, encore trop attaché à la beauté des discours et à l’art
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du raisonnement, est déçu par l’austérité du langage biblique et ce qu’il prend pour des incohérences.
Il croit alors trouver la vérité dans la religion du Perse Mani (manichéisme), à laquelle il s’attache pendant neuf ans, mais il en est finalement déçu. Sa longue quête n’est pas finie…
Il enseigne plusieurs années à Carthage, puis à Rome et à Milan. En écoutant, à Milan, les homélies de l’évêque Ambroise, il comprend peu à peu le vrai sens de la Bible.
En avril 387, il reçoit le baptême au cours de la veillée pascale.
Augustin décide alors de retourner en Afrique. Il veut y réaliser son projet de vivre en communauté au service de Dieu. Il s’établit donc à Thagaste en 388, où, avec des amis et son fils Adéodat, il mène une vie de prière et d’étude. Il commence à écrire sur des sujets philosophiques et théologiques.
Peu à peu le projet d’une vie communautaire plus monastique se précise.
En 391, il se rend à Hippone, l’actuelle Annaba. Il veut rencontrer un de ses amis qu’il a l’intention de gagner à la vie monastique. Il désire établir une communauté dans cette ville.
Mais, à la demande du peuple, il est ordonné prêtre par l’évêque Valère.
L’évêque lui demande de prêcher et il lui donne une propriété où l’on peut bâtir un monastère au fond du jardin. Augustin peut y vivre en communauté avec des frères.
Cette situation dure quatre ans.
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Évêque et “docteur”
En 395, Valère le prend comme coadjuteur et un an plus tard, Augustin lui succède comme évêque.
Pour Augustin, il est évident que la maison de l’évêque doit être ouverte à tous, jour et nuit, ce qui ne peut être possible au monastère. Il le quitte alors, mais dans la demeure où il réside désormais, il invite les prêtres d’Hippone qui le désirent à former avec lui une communauté. Ils mettent tous leurs biens en commun et donnent une grande place à la prière et à la lecture.
Depuis sa première « conversion » déclenchée par la lecture de l’Hortensius, Augustin se révèle un chercheur : chercheur de Dieu, chercheur d’un langage capable de rendre, autant qu’il est possible, la beauté de Dieu et sa miséricorde.
« Théologien », c’est-à-dire à la fois le priant tourné vers Dieu et celui qui sait parler de Dieu, Augustin recevra de l’Église le titre de docteur. On l’appelle en particulier le docteur de la grâce. Lui qui sait que, même s’il a beaucoup cherché, c’est par don, par grâce de Dieu qu’il a trouvé, il peut, d’expérience, dire et redire inlas-sablement que l’amour de Dieu nous précède toujours, avec une infinie délicatesse1.
Pasteur attentif, Augustin prêche plusieurs fois par semaine. Pendant quarante ans, il a prononcé au moins quatre mille Sermons. Il en reste aujourd’hui seulement cinq cent soixante-dix environ. Dans ses discours, il
1. Voir dans la Collection La Manne des Pères (N° 3) : J’ai soif de toi. Prédication sur les psaumes. Jalons, P. 120 et suivantes : «Une expérience fondatrice : la découverte de la grâce».
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expose très simplement aux chrétiens les vérités de la foi et les exigences de la charité.
Il accueille volontiers les chrétiens ou des gens de passage.
Il participe aussi activement aux conciles de l’Église d’Afrique.
L’évêque d’Hippone écrit également beaucoup pour rectifier l’enseignement de chrétiens qui s’éloignent de la vraie foi, comme les disciples de Mani, de Donat et du moine Pélage.
Il traite de sujets importants touchant la grâce, la liberté, la prédestination.
Les trois ouvrages d’Augustin les plus connus sont :les Confessions, le traitésur la Trinitéetla Cité de Dieu.
Parmi ses nombreux commentaires de la Bible, citons spécialement celui de laPremière Lettre de saint Jean2et sesExposés sur les Psaumes3.
Le frère
Augustin, le brillant intellectuel, le génial artisan du mot juste, l’évêque à l’autorité reconnue, est avant tout l’ami : Alypius, Nebridius, Possidius et tant d’autres, ont pu témoigner de ce trait fondamental. Augustin n’a pas la veine solitaire. S’il cherche une vie centrée sur la prière et l’étude, c’est avec des amis qu’il veut la mener. Puis, le propos se précisant, il fonde une communauté de frères.
2. Voir dans la Collection La Manne des Pères (N° 12 et 13) : Tu aimeras. Sermons sur la première Lettre de Jean.
3. Voir dans la Collection La Manne des Pères (N° 3) : J’ai soif de toi. Prédication sur les psaumes.
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Augustin emploie les termes de monastères et de vie monastique ; il ne parle cependant pas de moines, mais de frères. « Moine »renvoie aux ascètes des déserts, mais pour les monachismes urbains, en Occident comme en Orient (ainsi saint Basile en Cappadoce), le terme frèrerevient plus spontanément. Il porte un double accent : le lien plus fort avec l’Église locale, la Fraternité origi-nelle ; le souci très marqué d’une vie communautaire.
On peut ajouter aussi que ce terme de frères marque l’égalité entre tous les membres de la communauté. Il n’y a pas de supérieur, d’abbé, mais tous sont appelés frères. C’est la dimension concrète du mot frère qui donne une couleur propre à la vie quotidienne.
La vie communautaire, porte de la charité, est, nous le verrons, le noyau dur de la Règle d’Augustin.
Pour conclure cette partie, citons deux passages du commentaire du psaume 132 : Augustin, dans ce sermon, se plaît à peindre l’idéal de la vie monastique.
« Qu’il est bon, qu’il est agréable pour des frères d’habiter ensemble ! »(Ps 132, 1) Ces paroles du Psaume, ce chant suave, cette ravissante mélodie aussi agréable à l’oreille qu’à l’intelligence, ont fait naître les monastères. En entendant ce chant, des sœurs et des frères désireux de vivre ensemble dans l’unité ont été alertés. Ce verset a été pour eux comme le son d’une trompette résonnant par toute la terre et rassemblant ceux qui étaient divisés. C’était un cri de Dieu, un cri de l’Esprit-Saint, un cri prophétique… qui devait trouver un écho dans le monde entier…
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Que signifie donc habiter ensemble dans l’unité ? Le texte des Actes des Apôtres4le dit : « Ils n’étaient qu’une âme et qu’un cœur » (Actes 4, 32) en quête de Dieu. Ils étaient donc les premiers à avoir entendu les paroles du Psaume : « Voyez ! qu’il est bon, qu’il est doux d’habiter en frères tous ensemble dans l’unité »… Ceux-là seuls en qui l’amour du Christ est parfait vivent ensemble dans une vraie unité. Car ceux en qui l’amour du Christ n’est pas parfait peuvent sans doute vivre ensemble, mais ils sont entre eux désagréables, querelleurs et rebelles. Dans leur insatisfaction, ils troublent les autres et cherchent toujours à dire du mal du prochain. On peut les comparer à un cheval ombrageux qui, dans un attelage à deux, non seulement ne veut pas tirer, mais essaie de briser à coups de pieds le timon qui le relie à l’autre…
On trouve beaucoup de ces sœurs et frères dans les monastères : ils ne vivent ensemble qu’en apparence et matériellement. Mais quels sont ceux qui vivent vraiment ensemble dans l’unité ? Ceux dont il est dit : « Ils n’étaient qu’une âme et qu’un cœur » en quête
