Jamais de trop - Denise Raimond - E-Book

Jamais de trop E-Book

Denise Raimond

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Beschreibung

Dans la vie, nous rencontrons deux catégories d’êtres: ceux que l’on qualifie de normaux et les autres, parmi lesquels se trouvent les trisomiques. Or, en plus de leur handicap, les porteurs de trisomie 21 sont confrontés aux rudes épreuves de la vie. Pourtant il est possible de les aider, non seulement dans leur évolution physique et intellectuelle, mais aussi dans leur besoin d’intégration. Il ne faut pas non plus oublier que, comme pour tout un chacun, ils ont des désirs qui doivent être respectés. Que savonsnous vraiment, nous, parents de la trisomie 21 ? Exception faite des généticiens et autres chercheurs, nous sommes en effet démunis en matière de documentation pratique concernant la vie quotidienne de ceux qui sont porteurs de cette anomalie et de leur entourage. Ce témoignage se veut donc simple et lisible par tous. Il ne propose pas de solution miracle mais seulement une aide, un soutien moral afin d’affronter au mieux la vie de chaque jour.


À PROPOS DE L'AUTEURE


Maman de trois enfants, dont Jérémie, l'aîné de la fratrie, porteur d'une trisomie 21. Depuis leur baptême, les enfants ont évolué dans la foi chrétienne. Le parcours de foi de Denise Raimond lui permet de tenir au quotidien et de faire face à l'adversité et aux épreuves rencontrées sur le chemin de la vie, et pouvoir dire que la vie est belle quoiqu'il en coûte !

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Seitenzahl: 111

Veröffentlichungsjahr: 2022

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Jamais de trop

accueillir un enfant trisomique

© les unpertinents, 2021.

Tous droits réservés.

Denise Raimond

Jamais de trop

accueillir un enfant trisomique

Les unpertinents

Préface

Denise,

C’est une grande admiration et une immense solidarité que je te porte, chère Denise, pour ton combat auprès de Jérémie, ton fils bien aimé porteur d’une trisomie 21.

Ton étonnement et ta surprise sont forts quand tu sais que ton fils est handicapé.

Mais ton amour s’est amplifié et sublimé, alors.

Ta foi t’a dynamisée pour qu’à tout instant, tu lui apportes ton amour, ta présence.

Tu as su braver les regards de tous ceux et celles qui s’écartaient ou jetaient leur pitié sur lui.

Ton vécu est pour nous un exemple, un rayon de soleil dans ce monde où seuls, le beau et le bien fait sont considérés.

Tu dis espérer que la trisomie n’est peut-être pas inexorable. Tu as raison. L’avenir le dira. Toi, tu as vécu avec cette maladie dans le présent, chaque jour. Ta foi a été le moteur de ta présence ; chaque jour, chaque heure, auprès de Jérémie.

Que l’Église continue à rester solidaire de ceux et celles qui pensent qu’un handicapé est un rayon de soleil.

Il a simplement besoin d’aimer et d’être aimé.

Guy Gilbert

Première partie

Quelques mots pour me comprendre…

Puissance de la Foi

« Si vous aviez de la foi comme un grain de sénevé, vous auriez dit au mûrier que voilà : Déracine-toi et va te planter dans la mer et il vous aurait obéi ! » Lc 17, 6

« Le Silence est à la racine de notre union avec Dieu et entre nous. Sans lui, toute notre vie de Missionnaires de la Charité s’écroulerait, car le fruit du silence est la prière ; le fruit de la prière est la foi ; le fruit de la foi est l’amour ; et le fruit de l’amour est le service » Mère Térésa

Dans le silence de la nuit, les yeux clos, mon esprit vagabondait.

Je visionnais le film du jour et commentais ce qui est fait, ce qui aurait dû être fait, ce qui se fera, tout n’était pas réglé ! Sans parler de tout ce qui était reporté aux calendes grecques. Puis venaient d’autres idées, existentielles.

Oui, je crois en Dieu ! Et comme nombre d’entre nous j’ai des moments de doutes.

Dans ces moments-là, c’est le désert… je ne ressens rien… je n’arrive pas à prier, la prière m’a abandonnée, je n’ai plus aucune pensée positive, je vois uniquement le négatif et c’est là que le doute s’installe !!

Premiers pas de chrétienne

J’ai été baptisée le 19 août 1956 à la paroisse St Sébastien de Claveyson dans la Drôme des collines.

En 1960, Roseline ma petite sœur s’éteint quelques jours après sa naissance. Elle repose au cimetière du village. Jusqu’à notre départ pour la ville de St Vallier, ma mère, ma sœur, mon frère et moi allions passer les après-midi là-bas. Si souvent que j’en connaissais tous les recoins mais surtout, tous les noms que portaient les pierres tombales. Parfois je restais à contempler le Christ sur la croix au beau milieu du cimetière, je le trouvais immense, inaccessible !

Après être allée sur les bancs d’écoles des villages voisins, je suis inscrite en demi-pension au Foyer de Charité de Châteauneuf-de-Galaure en 1963.

Durant cette année scolaire riche en émotions, je fais ma première communion. Je reçois le corps du Christ des mains du père Finet. Par sa gentillesse et pour son amour pour Dieu, il sait rendre cette journée exceptionnelle. Elle reste dans ma mémoire mais surtout dans mon cœur.

Tous les matins, le temps scolaire débute par la prière : avant de rentrer en classe nous échangeons nos chaussures pour nos pantoufles, puis debout à côté de notre bureau, à nos places respectives, nous récitons un Notre Père et seulement ensuite l’étude peut commencer. Tous les samedis matin avant de rentrer en classe, nous avons la messe.

Sans Marthe Robin, pas de Foyer de Charité !

Par petits groupes d’écoliers nous sommes allés chez Marthe Robin. Elle vivait dans une ferme comme nous avions l’habitude d’en voir dans nos collines campagnardes de la Drôme. Nombre d’entre nous habitions dans une maison similaire dans la vallée de la Galaure.

Nous entrions par la pièce principale qui sentait bon le feu de bois brûlant dans le vieux fourneau. Dans le fond de la pièce, une impressionnante comtoise semblait avoir suspendu le temps, puis passé la porte, nous entrions dans la pénombre de sa chambre. Dans l’obscurité on distinguait un visage souriant. Elle ne parlait pas, elle vivait le moment présent avec délice et sérénité ! Chacune à notre tour, silencieusement et respectueusement nous déposions timidement un baiser sur la joue de Marthe qui appréciait visiblement ce geste tendre et plein de douceur.

Certes l’institutrice avait bien dû nous parler, nous expliquer la vie de Marthe avant d’aller la voir mais à sept ans nous ne comprenions pas tout. Toutes ces paroles s’envolaient lorsqu’en entrant dans la chambre, on devinait une personne alitée, menue et paisible.

C’est bien des années plus tard que je découvris la vie de Marthe Robin, est-elle à l’origine de mon orientation spirituelle ?

« Quand on regarde ce qui naît dans l’Église, souvent on trouve Marthe » Cardinal Decourtray, archevêque de Lyon de 1981 à 1994

Saint Vallier, la ville !

Tout était si différent du village de campagne d’où je venais, la belle vallée de la Galaure : la petite ville de Saint Vallier était en pleine expansion.

Sur la place de l’Hôtel de ville se tenait l’église Saint-Valéry, de style romano byzantin. En vue de la confirmation, j’y suivais le catéchisme enseigné par une religieuse en civil.

« Ce que dit Marie d’après Marthe Robin

Avec Jésus, se renoncer, prendre sa croix et le suivre en la portant, ce n’est pas mettre des boulets à ses pieds mais des ailes à son cœur, de la joie, du bonheur, du ciel dans sa vie…

C’est monter, c’est se rapprocher de Dieu, pas à pas. Marie nous dira que la croix se fait de jour en jour plus légère, plus aimée, quand on la porte en se sanctifiant. »

Ensuite vint le temps de préparer la communion solennelle que nous appelions la « grande communion » peut être en opposition à la « petite communion » ou encore comme d’autres l’appelaient : la « communion privée ». La confirmation était faite entre les deux. Une dame laïque puis un prêtre m’ont préparée à cette communion qui devait mettre fin au côté initiatique et quelque peu scolaire de la Foi Catholique.

La Foi s’installe

À St Vallier, je me rendais très souvent à l’église en dehors de la messe dominicale. Comment expliquer cette attirance pour l’église : mon autre « maison », « mon refuge », « mon havre de paix » ? Très certainement l’ambiance familiale violente que ce soit verbalement et physiquement n’était pas celle qui me convenait. Je prenais mon vélo et je partais. Je ne cherchais pas à savoir où j’allais, je savais… Je descendais sans réfléchir à l’église, comme guidée. Après avoir plongé la main dans le bénitier, je ne m’attardais pas à contempler tel ou tel tableau, ou telle ou telle statue. J’allais directement m’asseoir au premier rang. Je restais là, sans bouger, c’est à peine si je respirais pour ne pas faire de bruit et respecter ce silence qui m’enveloppait. Même s’il faisait froid, j’étais bien. J’éprouvais un bien-être nulle part ailleurs ressenti. Je priais doucement du bout des lèvres mais surtout je regardais fixement l’Autel, la Croix, Jésus, Marie que j’appelais “ma petite maman”, ce que je continue à faire encore aujourd’hui !

Je restais ainsi un moment. Combien de temps ? Je ne sais plus ; mais suffisamment pour soulager ma peine.

« Essayons donc de nous faire petits, tout petits, auprès de Marie notre mère ; quand on souffre, quand on pleure, quand on est seul et bien triste, ce n’est vraiment pas difficile de se faire tout petit, on a tant besoin de secours, on a tant besoin de sentir une maman auprès de soi. Et qui donc ne souffre pas ? Qui donc ne pleure pas ? Qui donc ne tremble pas quelques fois sur la terre ?… Qui donc n’a pas besoin de se faire consoler, de se faire pardonner, de se faire aimer, de se faire guérir ? » Marthe Robin

C’est le cœur léger et rempli de la force divine que je rentrais à la maison jusqu’à la fois prochaine.

Nouveau départ, écart de ma Foi

Puis un jour, j’ai pris mon envol vers d’autres cieux, d’autres horizons ; je me suis éloignée de l’église physiquement. Pourtant dans mon cœur la Foi restait présente au travers de mes prières adressées à Dieu par l’intercession de Marie. Même loin des lieux de culte, je sentais en permanence une présence protectrice à mes côtés.

Dans un parcours jonché d’obstacles divers et variés, je me suis égarée et laissée séduire par le Bouddhisme. Assise en tailleur, j’ouvrais une petite armoire qui contenait un parchemin devant lequel je récitais des mantras, puis refermais la porte. Devant elle étaient disposés encens, eau et fruits.

Je me rendais à de grands rassemblements afin d’assister à des enseignements philosophiques très intéressants, sur la Vie et non sur le Bouddhisme à proprement parler.

Fleuriste, je travaillais dans une boutique où les compositions florales étaient essentiellement destinées au deuil. Le magasin, doté d’une bonne réputation, se situait à proximité d’une église et c’est très naturellement que nous avions la préférence des clients. Une fois le bouquet ou la gerbe composés, je devais aller les déposer devant l’autel.

À chaque fois, à peine avais-je franchi le seuil de l’église, qu’un frisson me parcourait tout le corps, j’avançais les larmes aux yeux, l’angoisse au ventre, tenant les fleurs à bout de bras jusqu’à l’autel où je les déposais avant de m’enfuir en hâte sans comprendre ce qui se passait. Puis, je reprenais mes esprits et mon travail.

Malgré tout, je me posais des questions car cette situation me perturbait. Était-ce pour me faire comprendre que je n’étais pas sur la bonne voie ? Pourquoi je réagissais de la sorte, pourquoi mon corps avait eu cette réaction, comme une barrière, un bouclier, une protection ressentie dans tout mon être, enveloppé dans une bulle ? Cet épisode reste dans ma mémoire mais ne me perturbe plus.

J’avançais dans la vie tranquillement, entre emplois fixes et « petits boulots », bon an, mal an, mais toujours avec Foi !

Changement de cap !

Lassée de ce rythme de vie, je décidais de reprendre les études.

Après l’horticulture générale, la floriculture, j’ai voulu essayer la pépinière ; j’ai donc passé deux années à étudier la pépinière ornementale et fruitière.

Durant cette période je me détachais du Bouddhisme et me rapprochais avec force de ma religion. Je me séparais de tout ce qui touchait à l’Orient définitivement. Il fallait me vider la tête de toutes ces choses qui m’avaient pollué l’esprit et pour cela, j’ai tout brûlé !

Par cet acte, je me libérais d’un carcan dans lequel je m’étais volontairement emprisonnée, influencée parce que vulnérable, ne mesurant pas les conséquences de cet engagement.

Mes études terminées, je pris un nouveau départ dans le Sud de la France. Toujours en quête spirituelle, je cherchais ma voie, un lieu où rencontrer d’autres personnes et échanger sur la Foi en Dieu. À force de taper à différentes portes, celle d’un groupe de prières s’ouvrit : le Renouveau Charismatique.

Je réalise que Dieu a toujours été présent dans ma vie. Par amour Il guide mes pas, Il me laisse libre de prendre le chemin de droite, le chemin de gauche, en toute liberté parce qu’il est Amour même si mes chemins ne sont pas les Siens.

Lorsque je tombe, Il est là et me relève sans jugement. Je me trompe ? Il est encore là ! Tout va bien, j’ai confiance.

« Mettant ma confiance en ta Bonté, en ta Puissance et en tes Promesses, j’espère obtenir de toi le pardon de mes péchés et la vie éternelle, par les mérites de ton Fils Jésus-Christ, mon unique Rédempteur, et par l’intercession de sa bienheureuse Mère et de tous les Saints. » Mère Térésa

Merci mon Dieu de ta présence à mes côtés dans les bons et moins bons moments de ma vie. Tu me protèges, Tu m’inondes de Ton Amour, de Ta Lumière !

Je ne manquais aucun rendez-vous du groupe de prières. Régulièrement avant la réunion, quelques-uns d’entre nous allions nous poster à la porte Saint-Jean pour évangéliser. Accompagnés à la guitare nous entonnions des chants du Renouveau Charismatique. Joyeux et pleins d’entrain, nous partagions notre Foi ainsi que notre Joie d’être enfants de Dieu.

Au cours de ces réunions de prières nous intercédions les uns pour les autres, particulièrement pour ceux qui avaient des intentions de prières et toujours dans la joie et la bonne humeur.

Cependant vivre sa Foi au quotidien n’est pas chose aisée ! À moins d’être seul au monde et sur une île déserte ! Il faut être fort, fidèle à sa ligne de conduite, ne pas entrer en tentation pour tels actes ou telles idées et au bout du compte se rendre à l’évidence que tout cela n’était pas fait pour nous. Soit parce que ce n’est pas notre choix personnel (nous nous sommes laissé influencer) ou bien ce n’est tout simplement pas la bonne direction à suivre !