Je ne suis pas moi sans toi - Sandra Hope - E-Book

Je ne suis pas moi sans toi E-Book

Sandra Hope

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Beschreibung

Camille n'est pas satisfaite par sa relation avec Guillaume, qui n'a aucune considération pour elle. Heureusement, l'inattendu va bouleverser son avenir !

Camille partage sa vie depuis deux ans et demi avec Guillaume, un râleur égocentrique qui ne pense qu’à lui. Coincée dans une relation sans passion, elle se sent obligée de rester par culpabilité. Mais un nouveau travail et une rencontre inattendue vont tout remettre en question. C’est aussi à ce moment que Camille commence à recevoir des messages anonymes menaçants sur son téléphone... Qui pourrait lui en vouloir ? Jusqu’où l’amour peut-il résoudre tous les problèmes ?

Plongez dans cette romance sous le signe du renouveau et du suspense !

EXTRAIT

Je ne suis pas en avance ce matin. J’ai voulu prendre un bain pour calmer mes nerfs et mon corps, qui reste hypersensible au contact d’Evan. Même après plusieurs heures de séparation, mon être tout entier le réclame, non, l’exige (inquiétant ou déroutant… les deux, même). Je dois encore me maquiller, me coiffer, le tout en moins de dix minutes. Me connaissant, c’est mission impossible. Laura est déjà partie à son travail, ce qui veut dire que je dois me débrouiller toute seule...

Mon portable sonne pour m’annoncer l’arrivée d’un SMS, il est impatient ou je lui manque déjà. “Je te surveille.” Mon sang quitte mon visage. Encore ce numéro inconnu. Qui pourrait m’envoyer un message si énigmatique ? La menace n’est pas flagrante, mais je la sens.

CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE

“Je ne suis pas moi sans toi est une bulle d'humour grâce aux dialogues et aux actions menées par les personnages. C'est un moment de lecture où j'ai eu le sourire du début jusqu'à la fin. Les personnages ne laissent pas indifférents.” - partagedelecture.over-blog.com

“J’ai lu ce roman avec grand plaisir, l’histoire est belle, facile à lire et entraînante. [...] Ce roman est très prometteur et cette auteure pourrait vraiment nous offrir une petite pépite pour son prochain roman.” - Corely, Love of Books

À PROPOS DE L'AUTEURE

Sandra Hope est maman de quatre enfants (deux garçons et deux filles). Elle travaille en maternelle et espère bientôt réaliser un projet qui lui tient à cœur. Elle vit en Normandie depuis trois ans, où elle trouve son bonheur. Déjà auteure de trois livres, elle travaille actuellement sur son quatrième roman et ne manque pas d’idées pour l’avenir.

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Seitenzahl: 146

Veröffentlichungsjahr: 2020

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Je ne suis pas moi, sans toi…

 

 

 

Sandra Hope

Romance

Editions « Arts En Mots »Illustration graphique : © Val

Chapitre1

— Merci Monsieur, à lundi.

 

Wouah ! On dirait une folle, je saute comme un cabri dans tout mon appartement. Je viens de décrocher mon premier boulot. Àvingt-cinq ans et après un master en journalisme, vous avez devant vous, Camille Rallau, la future journaliste du mensuel Parismen.Oui, oui,celui-là même qui parle des plus grands hommes de notre chère capitale.

Mon premier travail va consister à interviewer Monsieur Henri Perez, notre grand golfeur national et champion international. J’ai un peu la pression. Mais avant de penser à tout cela, qui ne sera que lundi, j’envoie un message à mon chéri Guillaume pour lui annoncer la grande nouvelle :

Ce soir tu m’invites au resto. Grande nouvelle, j’ai décroché le job.

Puis j’envoie un SMS à ma meilleure amie Laura :

Demain, on se fait une soirée fille, j’ai décroché le job.

La réponse de Laura ne se fait pas attendre :

Pourquoi pas ce soir, on est vendredi et rien de prévu comme d’hab.

Sa vie amoureuse ressemble plutôt à un grand désert ces dernières semaines, depuis sa rupture avec Olivier. Après trois ans, il est parti sans explication. J’ai ramassé ma copine à la petite cuillère. Elle sort tout juste la tête du trou.

Désolée soirée avec mon chéri.

OK à demain alors, bisous j’ai hâte. 18h à la maison.

***

Il est 19 heures, pas de chéri à l’horizon et pas de message non plus.

Je me prépare quand même, mais j’ai peu d’espoir, il va me ressortir la rengaine habituelle Je suis mort, moi j’ai travaillé.

Vous allez me dire que c’est typique du mec, je devrais avoir l’habitude. Mais pas du tout. Quandest-ce qu’un homme va comprendre qu’une fille qui ne travaille pas (je cherchais) ne passe pas sa vie à glander ? Bon d’accord, je n’ai pas d’enfant, (mais quelquefois c’est tout comme, j’ai un mec) donc normalement, une fois la maison propre, elle le reste assez longtemps, pour me permettre d’avoir plus de temps pour moi (C.V.,masque à l’argile, entretiens d’embauche, soins chez l’esthéticienne, soirées filles, lettres de motivation). D’ailleurs, je tire mon chapeau à toutes les mamans au foyer qui assurent comme des malades.

Guillaume se plaint tout le temps qu’il rentre fatigué, ce que je peux comprendre mais lui, ne voit pas que quand il revient le soir, la bouffe est prête, la table mise, ses affaires lavées et repassées(je tiens à préciser qu’il met une chemise tous les jours). Il n’a rien à faire et je ne lui demande rien, sauf déposer son linge sale dans la corbeille. Il n’a toujours pas compris que celui-ci n’y allait pas tout seul ; puis mettre les chaussettes par deux, sinon on est toujours à la recherche de sa petite sœur. Je soupçonne la machine à laver d’en faire un en-cas, je ne vois pas d’autre solution.

 

La seule chose que Guillaume sache faire correctement, c’est mettre le bazar, attraper la chemise d’en dessous en dépliant les autres, râler quand celle qu’il veut est comme par hasard encore dans la panière à repasser et râler, râler, râler et encore râler. Je devrais lancer l’idée à toutes les femmes, le César du mari qui râle le mieux. Attention mesdames, le nombre de nominés est limité. Je pense que ce sont les aléas de la vie de couple. Il y a quelques petits travers, on doit faire avec. Il n’a pas toujours été comme ça, quoi qu’en y réfléchissant bien, si, un peu. Râler est comme une seconde nature chez lui. Alors que moi, je suis optimiste, pleine de vie, enjouée. Enfin cela, c’était avant Guillaume. Maintenant, je suis plutôt dans la retenue. Je ronge souvent mon frein pour éviter les confrontations. Il ne supporte pas que je lui réponde, ni que je lui dise ce que je pense. Mais avec Guillaume, j’ai fini par me taire pour éviter les disputes. Cela fait deux ans et demi que nous sommes ensemble et au bout de six mois, franchement il ne supportait plus mes sarcasmes, ou mes réflexions à deux balles comme il les appelle. J’ai changé par amour pour lui, mais cela ne lui a jamais suffi.

 

20 h, comme quoi, les miracles existent, Guillaume arrive comme une fleur.

— Coucou, je t’ai envoyé un message. Tu l’as eu ? lui dis-je.

— Ah oui, désolé. Je n’ai pas eu le temps.

— Tu sais, tu travailles dans une banque. Je te l’ai envoyé ce midi à la pause du déjeuner et en plus, on est vendredi. Tu finis à 17 h 30. Il est 20 h !

— Oui, je sais. On est allés boire un coup avec les collègues pour fêter le week-end.

— Et pourquoi tu ne m’as pas envoyé de message ?

— Je te l’ai dit, je n’ai pas eu le temps.

 

Bien entendu, je n’insiste pas, il a toujours raison. Et puis, je lui ai déjà proposé une assistante, car, a priori, il a un agenda de ministre. Il n’a pas apprécié mes sarcasmes. Aujourd’hui, c’est une journée importante pour moi et je ne veux pas me prendre la tête avec lui, donc je laisse glisser, comme d’habitude.

Je fatigue quand même du peu de considération dont il fait preuve à mon égard. Jamais de message pour me prévenir. Je n’en demande pourtant pas trop. Qu’il sorte, pas de souci, mais un message pour dire Je sors boire un verre doit prendre dix secondes, si vraiment tu es nul avec deux pouces, trente secondes grand max. Trente secondes à me consacrer, c’est excessif. Du coup, mon enthousiasme retombe un peu par sa faute.

Il ne comprend pas que pour moi, c’était important. J’attendais la réponse du journal depuis plusieurs jours. Je lui ai rabâché plusieurs fois mon angoisse de la réponse, car je rêvais de ce boulot. Un grand journal très réputé pour débuter ma carrière. Un immense tremplin, le rêve.

Moi et ma vie, lui passons très largement au-dessus de la tête. Pour l’instant, il a uneautre priorité : sa fatigue légendaire.

Donc ce soir, en entrée, c’est soupe à la grimace, suivie d’une pizza que j’ai commandée(pas le courage de faire à manger après ça) et en dessert, l’hôtel du cul tourné. Puis, pour finir, quand il dort enfin, un bon livre sur le canapé avec Kyo dans les oreilles, afin d’éviter la déprime. Mon remède-miracle, mieux qu’un pot de glace qui finit inévitablement sur les hanches pour les années à venir.

Chapitre 2

Quand j’arrive chez Laura samedi soir avec ma bouteille de vin, elle a déjà préparé sur la table basse, la tequila, le citron, le sel et quelques cochonneries (qui sont loin d’en être, justes cochonneries car trop bonnes mais tellement grasses que l’on est obligé de regretter après). Une vraie soirée fille.

— Salut, ma belle !

— Tu as une sale tête.

— Normal, j’ai fini avec Kyo sur le canapé.

— À cinq sur le canapé, je comprends mieux maintenant. Était-ce chaud ?

— Ah ah ah ! Très drôle.

— Qu’est-ce que ce connard de Guillaume a encore fait ?

 

Elle sait toujours tout et connait mon mec par cœur.

 

— Rien justement, comme d’habitude.

— Oui, comme d’habitude. Pour te changer les idées, on le fête ce nouveau boulot.

 

Au programme : refaire nos vies amoureuses, boire, boire et si l’on n’a pas assez bu, refaire nos vies entières.

 

— Lundi, je fais ma première interview, celle d’Henri Perez sur un terrain de golf encore inconnu.Mon chef doit m’envoyer l’adresse à la première heure lundi.

— Super, alors on va boire en attendant que tu deviennes une adulte responsable.

 

On a très peu parlé de Guillaume et de toute façon, pour dire quoi. Que je suis encore déçue qu’il ne pense qu’à lui. Il ne me comprend pas (et ne le fera jamais). Je sais, je suis sarcastique comme fille, mais c’est ce qui fait mon charme (enfin j’espère mais pas que). J’aime envoyer des petites réflexions, jamais blessantes (sauf si tu l’as cherché, ou quetu me fais chier).

 

— Tu penses à qui ou à quoi ?

 

Ma copine finit par me sortir ce petit con de la tête.

 

— À la tête que j’aurai demain, après la cuite de ce soir.

 

La soirée et une grande partie de la nuit sont passées bien trop vite. L’avantage, c’est que je me couche complètement bourrée dans mon lit à côté de Guillaume qui dort déjà. Rentrer tard pour éviter les disputes, soirée fille validée.

***

Le réveil est douloureux, la gueule de bois est horrible. Un employé de la voirie s’amuse dans ma tête avec ses foutus joujoux, marteau-piqueur et perceuse. Et tous en même temps bien sûr, tellement plus drôle pour commencer la journée.

 

Après un tube d’aspirine, trois litres de café, une sieste de trois heures (trois heures, on n’appelle sûrement plus cela une sieste) et une douche brûlante, je décide de me mettre devant mon ordinateur pour préparer mon interview de demain. J’avoue très honnêtement que je commence à avoir un peu la pression. Le premier article doit être parfait (ou du moins s’en rapprocher le plus) pour impressionner mon boss. Je vais sur Google (oui, oui, c’est aussi mon ami) et note une biographie rapide : date de naissance, mariage, enfant, études et ensuite mes questions qui seront, je l’espère, pertinentes et sortiront un peu de l’ordinaire. Guillaume, qui avait passé la journée chez sa mère, a décidé d’y rester dormir et m’a envoyé un message (ces fameux miracles) Dors chez maman. Il fait toujours la tête apparemment, alors que c’est moi qui devrais le faire. Je suis toujours blessée qu’il privilégie son plaisir avant tout et qu’il ne pense pas au mien. Le pire, c’est qu’au lit, c’est pareil : lui, lui, lui et après, moi (si j’ai de la chance car ne pas oublier que monsieur est fatigué, lui, il a travaillé).

Une fois achevé ce travail que je juge plutôt satisfaisant,je prépare mes affaires, un slim noir avec un petit top bleu, et je me couche pour une nuit réparatrice en préparation de ma journée de demain, l’interview de ma vie.

Chapitre 3

Le grand jour est arrivé. J’avoue qu’à quelques heures de l’interview, le stress monte. Je me suis bien préparée, j’ai mes notes, mes questions sous le bras ainsi que mon ordinateur et mon portable dans mon sac sous l’autre bras.

Je me suis rendue sur le parcours de golf en avance, pour ne pas trop arriver couverte de sueur si je devais courir (horrible pour donner bonne impression).

Je me rends au bar pour commander un café où j’en profite pour relire mes notes et mes questions. Il faut vraiment que je sois prête, car je suis sûre que c’est de cette interview que va dépendre ma carrière ou pas.

Quand je sors, toujours le nez dans mes notes, c’est là que la catastrophe se produit. Je me fais sauvagement attaquer à la gorge par un café brûlant qui dégouline sur mon petit top, ce haut que j’aime particulièrement, qui était bleu, il y a encore quelques minutes. En levant le regard, je me noie (oui carrément) dans des yeux d’un bleu profond.

 

— Désolé, mademoiselle, je ne regardais pas où j’allais.

 

Une voix très grave me fait sortir de ma contemplation.

 

— Euh, n… non, c’est euh, pas grave m… mais cela brûle.

 

Je bafouille comme une adolescente.

 

— Je peux vous refroidir ?

 

C’est moi ou j’ai l’esprit très mal placé.

 

— Hein ?

— Non, je voulais dire, il faut mettre de l’eau froide pour vous soulager.

— Soulager ?

 

Soit j’ai l’esprit qui est décidément très mal placé, soit il ne le fait pas exprès. Des mots qui sont tout à fait banals font très cochons dans sa bouche (oh, sa bouche qui ne demande qu’à faire des choses !)Houlà ! Je m’égare.

 

— Non, ça va, je vais aller dans les toilettes pour me soulager, finis-je par répondre, sauf quand je me rends compte de ma maladresse, je deviens rouge écarlate. C’est horrible, je ne viens pas de dire cela. Dans mon métier, le vocabulaire est très important, mais là, vu la couleur de mon visage, il a compris à quoi je pensais.

— Non, ce n’est pas ce que je voulais dire, je vais aller aux toilettes pour sauver mon top.

— Je peux vous aider.

 

M’aider à me soulager avec plaisir, mais j’essaye de penser avec ma tête, pour changer, car depuis que l’on s’est percutés, c’est ma culotte qui parle pour moi (demain, je n’en mets pas).

 

— Non, ça va.

 

Encore un double sens, il vaudrait mieux que je m’éloigne et que j’aille sous une douche glacée.

 

— Mais j’insiste, dit-il, en m’attrapant par la main.

 

Là, nos yeux se croisent et un frisson me parcourt tout le corps et ce n’est pas de la peur, je peux vous l’assurer. Je dirais plutôt de l’envie, envie de plein de choses inavouables.

 

— Moi, c’est Evan Paris.

— Camille Rallau, désolée, j’ai un rendez-vous important. Je ne peux pas me permettre d’être en retard.

Il me fait beaucoup d’effet, j’ai vraiment hâte de me sauver dans un trou de souris en ce moment (les toilettes feront l’affaire en attendant).

— On peut se retrouver là dans une heure, pour que je puisse vous payer un verre pour me faire pardonner.

— C’est plutôt moi qui vous dois un café, vu où se trouve le vôtre.

— Et moi, un pressing, donc on est à égalité.

— Ce n’est pas faux. Bon, il faut vraiment que je me sauve.

— Oui, pas de souci, on se dit dans une heure ?

— Je ne sais pas, on verra.

 

J’ai l’impression de fuir, je ne sais pas ce qui m’a pris, je me suis carrément sauvée, j’ai presque couru.

Ce que j’ai ressenti, ma main dans la sienne, ses yeux bleus qui lissaient mon âme (ou presque), je n’avais pas le choix de fuir. J’ai pris peur. Peur de quoi, je n’en suis pas sûre encore. Mais cette rencontre est un choc pour moi, elle m’a fait ressentir des choses. Des choses que je ne peux pas encore expliquer.

J’arrive tout compte fait à mon rendez-vous en courant. Je suis transpirante, décoiffée et avec une énorme tache de café, une horreur. Pire qu’un zombie de The Walking Dead.

L’eau et le savon des toilettes n’ont rien pu faire à mon top bleu qui est plutôt de couleur, disons, indéfinissable. Je l’aurais bien retiré, mais vu la chaleur, je n’ai pas pris de gilet avec moi. Et la tenue soutien-gorge (même s’il est très sexy) pour un rendez-vous professionnel est, j’en suis sûre, à éviter. Surtout si vous voulez que l’on vous regarde dans les yeux.

Monsieur Perez m’attend gentiment et ne s’offusque pas de mon état quand je m’excuse. Je lui explique que je me suis fait sauvagement attaquer (enfin pas tant que cela) par un beau mec (bien sûr, je n’ai pas dit beau mec, j’ai dit jeune homme, plus classe quand même). Alors que je m’excuse, je vois justement arriver (quand on parle du loup, oh ! oui comme j’aimerais voir son loup, ouh !), le beau gosse en question qui traine un caddie. Et là, que m’arrive-t-il. Le café de ce club doit contenir des choses interdites, (je ne vois que cela pour expliquer mon état).

— Excusez-moi monsieur Perez, je reviens tout de suite.

— Pas de souci mademoiselle.

 

J’arrive dans un état déplorable. À peine sur place, je me sauve déjà. Mon premier job est un échec. Monsieur Perez va me prendre pour une folle dingue. Je devrais sûrement jeter un coup d’œil discret, si je ne vois pas déjà arriver des blouses blanches pour me déposer à l’asile le plus proche. On n’est jamais trop prudente.

Je me demande ce que mon bel inconnu fait là. Faites qu’il m’ait suivie, faites qu’il m’ait suivie. Non, c’est très mal (pas tant que cela, si ?).

 

— Qu’est-ce que vous faites ici, vous me suivez ?

— Pas du tout, je suis le caddie de monsieur Perez, c’est lui que je vais suivre partout.

 

Je vois à son sourire charmeur que sarepartie lui fait plaisir.

 

— D’accord, je vais devoir retourner auprès de lui pour finir mon interview.

— Tu es journaliste ?

Il passe au tutoiement, peut-être sans s’en rendre compte. Donc, je fais la même chose.

 

— Oui, je suis journaliste. Et toi, tu fais quoi ?

— Caddie.

 

Caddie, je ne connais pas cette profession, mais pourquoi pas. Je le voyais plutôt dans un métier où c’est lui que l’on suivrait, pas le contraire.

 

— Pas de souci, je te suis.

— Tu vois, tu me suis.

 

C’était pour plaisanter, mais il a compris.

 

— Non, je te suis auprès de lui, rajoute-t-il avec un clin d’œil.

— Ouais, bon, je dois y aller.