Jeune homme - Florent Durel - E-Book

Jeune homme E-Book

Florent Durel

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Beschreibung

"Je faisais un schéma que comprenait leur âge ; Les garçons ricanaient, les filles recopiaient. Le destin de chacun s'esquissait dans les pages Des grands cahiers couverts de pleins et de déliés." ... Le présent recueil rassemble des textes parfois anciens, parfois plus récents. De l'observation nait certes l'inspiration, mais, dans le choix de ses mots, chaque poème recrée le monde à la portée du promeneur. Il attend celui-ci au détour de sa rêverie et parfois le rend un peu plus attentif.

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Seitenzahl: 38

Veröffentlichungsjahr: 2019

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Ma patrie, ma famille, mes amis, se sont présentés à mon esprit ; ma tendresse s’est réveillée ; une certaine inquiétude a achevé de me troubler et m’a fait connaître que, pour mon repos, j’avais trop entrepris.

Montesquieu, Lettres persanes

Sommaire

Alchimie première

Parc (Au)

Chemins creux (Les)

Parfaits (Les)

Luceat eis

Lever

Variations / Bleu

Jeune homme

Conte

Créature (La)

Guerre lasse (De)

Elle borde l’enfant ….

Oiseaux (Les)

Songes d’Agnès (Les)

Bénédictions d’Agnès (La)

Paris

Ô longue longue étant ma plainte

Halles (Les)

Mendiant

Lit de Chine (Un)

Baiser (Le)

Sommeil de Sylvie (Le)

Yeux de Françoise (Les)

Femme (Une)

Châtelaine (La)

Douze débris du miroir d’Agnès

Anneau (L’)

Comme un pou

Lune (À la)

Odile

Conte fichu (Le)

Cadavres d’automne (Les)

Manèges

Patients (Les)

Quelques vieux docteurs (À)

Chasse (La)

Vieux chien (Le)

Chatte (La)

Chat domestique (Le)

Son (Le)

Flûtiste (Le)

Unterwegs

Amor amoris

Nuage

Soir à Göttingen (Le)

Marine

Ma semaine

Glace (La)

Poisson d’avril (Le)

In memoriam

ALCHIMIE PREMIÈRE

Autant que je me souvienne, je fus, comme d’autres enfants, ce fragment que la flamme essentielle sinistra et exila. Particulièrement, la cosmogonie me fit une nature océane, perpétuellement sensible comme un lait, pacifique, et qu’aucune étoile n’a jamais constellé. J’imaginais alors autour de moi des anges qui eussent reçu les mêmes yeux que moi. Je leur attribuais mes regards.

Ce fut maladroit : l’atmosphère ne préserva pas mes ardeurs excentriques des engelures extérieures, là où leur baiser me fait si mal, et d’invincibles azurs : ces anges m’y firent voir des monstres angéliques ! Tout m’était familier, je n’arrivais à rien exprimer qui fût invraisemblable. L’idéalité même n’existait plus : Oméga renfermait mon néant et l’avenir. Mes anges m’avaient volé le commencement, car je leur devais de toujours des yeux plus inconnus et autrement désirables.

L’Homme coulait en moi, et coule encore, sa couleur éternellement adolescente que pâlit le Soleil de cet été-là. Elle sèche comme la toile du Maître tahitien. Quelques dernières passions nitides et idolâtres m’obnubilent de temps à autre. Traversant leurs salons, je prends les pierreries des lustres pour des yeux de femmes. Je bois la coupe que leur saison brise en mille éclats fins comme des pupilles d’oiseaux. Le séjour clair de l’enfant qui fut peint reste quant à lui inviolé par elles : il déteste les idoles et défait la saison.

Quand les scientistes auront vaincu le temps, la matière leur semblera étrange.

AU PARC

Je suis passé ce soir au bord de ces allées,

Celles, t’en souviens-tu, où nous avons tant joué,

Lentes allées du parc rehaussées d’azalées :

Tous les enfants y jouent et j’en sais qui sont doués !

Certains à cache-cache en criant se découvrent,

Les autres, turbulents, ont déjà les genoux

Cerclés, mais vite, allons ! Là-bas, le glacier ouvre ...

– La nuée en un instant s’envole dans les ouh !

Des messieurs assoupis tombent à la renverse.

Assises, des mamans cousent à l’infini

– Et causent tout autant ... La basse ramée berce

Des landaus rebondis bruissant comme des nids.

Nous, à quoi jouions-nous, nous que le temps accable ?

Où sont les joies d’avant et les chagrins d’un jour ?

Entre deux jeux puérils, tu traînais mon cartable.

Quand passait la maîtresse, on lui disait bonjour.

Quelques instants encore, imprudents, autour d’elle,

Des enfants s’amusaient avant de déguerpir.

– Ô chant tardif et doux de quelque tourterelle !

C’est bientôt l’heure où l’on songe qu’il faut partir.

Plus frais, un souffle fend l’air et défait les rondes.

Quelque part un petit a oublié son seau.

Il est temps de rentrer, un papi déjà gronde :

« Clémence, viens ! Pressons ! Et reprends ton cerceau ! »

LES CHEMINS CREUX

à Roger G.

On arrive, il est tard, la maison dort, paisible.

Il aura fait bien froid, le cœur et les soucis

Au fond des poches sont des compagnons rassis ...

Tiens, on en pleurerait si ce n’était risible.

Les agglomérations noires et drolatiques

Qu’on a laissées derrière, après dix-mille pas,

Sont loin comme sont loin Trappes et Maurepas.

– Des bois, vers Rambouillet, s’élève une musique.

Dans la besace danse un bien maigre violon

Qui sait faire oublier le chemin qui est long.

– Ce soir, le vin, enfin ! et la bonne fredaine

Sauront ragaillardir le voyageur glacé.

La maisonnée s’ébroue dans le jour violacé

Et quelques amis font votre fin de semaine !

LES PARFAITS