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Jiji est infirmière dans une clinique psychiatrique pour enfants et adolescents. En dehors de son métier qu'elle aime plus que tout, sa vie est monotone et elle commence sérieusement à avoir peur de finir vieille fille. Elle décide alors de se reprendre en main afin de chercher l'amour. Et si son prince charmant arrivait plus vite que ce qu'elle pensait ? Est-elle prête à l'accueillir ? L'amour, le suspense et l'humour sont une combinaison gagnante qui saura vous tenir en haleine !
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Seitenzahl: 325
Veröffentlichungsjahr: 2017
Tout est réalisable si on s’en donne les moyens.
Ne perdez pas espoir, croyez en vos rêves et surtout, ne laissez personne décider pour vous.
Prologue
Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5
Chapitre 6
Chapitre 7
Chapitre 8
Chapitre 9
Chapitre 10
Chapitre 11
Chapitre 12
Chapitre 13
Chapitre 14
Chapitre 15
Chapitre 16
Chapitre 17
Chapitre 18
Chapitre 19
Comment savoir si la personne que nous aimons sera celle qui partagera le reste de notre vie ?
Comment peut-on accorder notre pleine confiance à cette personne ?
La confiance, est-elle synonyme de naïveté ?
Qui n'a jamais été déçu en voyant qu'il s'est trompé, pensant avoir trouvé sa moitié alors que ce n'était pas le cas ?
La vie met un tas d'obstacles sur notre chemin. Parfois, ils nous aident à avancer et d'autres fois, ils nous obligent à faire marche arrière. Dans tous les cas, ces obstacles utiles nous permettent d'évoluer. Il faut seulement savoir les utiliser à bon escient.
Quand Jiji a décidé de reprendre sa vie en main, elle ne s'attendait pas à devoir franchir autant de barrières. La feront- elles avancer ou reculer ?
Un dicton dit qu'il faut reculer pour mieux sauter.
Un autre dit qu'on fait toujours un pas en avant, deux pas en arrière.
Voyons lequel dit vrai...
Mon nom est Jennifer March. Mes proches m’appellent Jiji. Je suis petite et un peu ronde, j’ai vingt-sept ans et je suis assez discrète, même si j’ai énormément de joie de vivre. Je n’ai pas beaucoup de vrais amis, peut-être parce que je n’ai pas la langue dans ma poche. Seulement, je préfère être franche avec les gens, je déteste l’hypocrisie.
Je ne rencontre personne la semaine puisque je ne sors de chez moi que pour aller travailler ou faire les courses et je profite de ma famille le week-end.
J’ai une sœur de trente-deux ans et un frère de vingt-quatre ans avec qui je m’entends très bien. Nous sommes tous les trois très complices. Ma sœur a deux enfants, Alicia, ma filleule qui a neuf ans et Léo, qui a trois ans. Ce sont des petits monstres surexcités, mais ils me remplissent de joie.
Mes parents sont mariés depuis trente-cinq ans et je trouve que c’est énorme. J’ai du mal à imaginer qu’une de mes relations puisse durer aussi longtemps, mais ils s’aiment comme au premier jour et c’est un bon exemple pour moi.
Je suis infirmière dans une clinique psychiatrique pour adolescents et j’adore mon métier. Je fais souvent rire mes patients, je les rassure et les aides à aller de l’avant. C’est le seul endroit où je suis complètement épanouie et je m’y sens utile.
J’ai aussi un chat, Croquette, il est sauvage avec les autres, mais très câlin avec moi, c’est mon bébé.
Ohlala ! Quelle vie, ça craint, je crois que si je ne me remue pas pour que ça change, je finirais vieille fille...
Nous sommes en plein mois de mars, la journée est plutôt ensoleillée alors pour une fois, je décide d’aller courir après le travail.
J’aime beaucoup le sport, mais je n’en ai pas fait depuis un bon moment. Habituellement, je suis plutôt branchée sport de combat, mais je ne peux pas me battre avec mon chat...
Plus je me regarde et plus je remarque qu’il faut que je me reprenne en main, ce n’est plus possible, je suis trop grosse. Il faudrait que je perde au moins dix kilos et ce n’est pas avec ces foutus bourrelets que je trouverais l’homme de ma vie.
Pff, l’homme de ma vie... je n’ai eu que deux copains et chacun m’a fait souffrir à sa façon.
Jérôme, mon « premier amour » était mignon, grand et beau parleur. Il m’a promis monts et merveilles et dès que j’ai eu le dos tourné, il m’a trompé avec ma cousine Selena...
Le second, Thomas, avait l’air très amoureux. Nous avons vécu ensemble un peu plus de dix-huit mois. Mais un matin, il est parti sans raison apparente pendant que j’étais au travail en emportant toutes ses affaires. Je ne l’ai jamais revu et il m’a seulement envoyé un texto disant : « Désolé, je ne te mérite pas... »
Après cette relation, j’ai repoussé les hommes de peur d’être déçue. Mais aujourd’hui, je m’ennuie et j’ai besoin de construire une vraie relation ou même de m’amuser un peu. Je me sens seule et j’ai peur de vieillir sans être aimée.
Je cours pendant une vingtaine de minutes en pensant à ce que je vais faire samedi soir. J’ai prévu de sortir avec ma meilleure amie Mélissa, une jolie créature qui attire tous les regards. Nous allons danser toute la nuit en évitant de nous soucier de quoi que ce soit, c’est déjà un grand pas en avant pour moi.
Quand j’arrive devant l’immeuble où je vis, épuisée par ma petite course, je traîne les pieds pour aller jusqu’à mon appartement. En pénétrant dans le salon, je remarque que Croquette a encore arraché un rideau, c’est son jeu préféré quand je le laisse seul. Je prends donc une douche et file chez MyDéco&Me pour me ravitailler en rideaux de rechange.
C’est en me garant sur le parking du centre commercial que ma journée tourne au cauchemar. Je suis prise d’une crampe au mollet qui me paralyse et je percute un véhicule qui sort de son emplacement.
— Et zut !
Je me maudis de ne pas avoir fait de sport pendant aussi longtemps, maintenant mes muscles me le font payer.
Une jeune femme sort de la voiture que je viens de tamponner en hurlant tandis que je me sens complètement honteuse. S’il y avait un trou de souris, je m’y cacherais. Je l’ai déjà vue quelque part, son visage me dit quelque chose, mais je ne me souviens pas où. Je n’ai pas le temps d’y réfléchir, elle s’approche de moi et attend des explications.
Après de nombreuses excuses de ma part, elle finit par se calmer et m’invite à la suivre chez elle pour faire un constat. Je laisse tomber mon idée d’acheter ces foutus rideaux et la suis.
Elle roule vite et slalome entre les voitures, j’ai un mal fou à la suivre. Elle gare sa voiture devant un immeuble et en sort. J’en fais autant et la rattrape alors qu’elle traverse le parking. En approchant du bâtiment, nous sommes sifflées par une bande de jeunes qui n’ont rien d’autre à faire que de tenir les murs de l’entrée. Elle leur jette juste un regard et ils arrêtent, c’est dire comme elle est agréable...
Elle habite un petit appartement au deuxième étage, il est bien décoré, je dois avouer qu’elle a du goût. Nous nous installons à table et commençons à remplir ce fichu constat. Je n’ai jamais vu de document aussi complexe à remplir !
Elle me fixe pendant que je dessine ma voiture et détourne les yeux quand je relève la tête. Je lui laisse mon numéro de téléphone au cas où il y aurait un problème et rentre chez moi.
Je suis tellement énervée contre Croquette que je m’enferme dans ma chambre sans le laisser entrer. C’est moi que je punis au final, mais j’ai besoin d’une sieste et lorsqu’il est dans mon lit, il fait ses griffes sur moi. D’habitude ça ne me dérange pas, mais là ce n’est pas le moment !
Après une sieste d’une heure, je suis encore plus fatiguée, mais je me force à me lever. Mon portable clignote, j’ai un SMS : « Excuse-moi de te déranger, j’ai renversé du café sur le constat, on peut se voir pour en refaire un ? »
Je ris en me disant que d’habitude c’est à moi que ce genre de chose arrive et lui réponds : « Pas de problème, tu peux venir chez moi, mon adresse est sur le constat. C’est encore lisible ? »
Je ne reçois pas de réponse, je commence donc à faire du shopping sur internet, mais vingt minutes plus tard, ma sonnette retentit. C’est cette fille, Stéphanie, avec son document taché et un deuxième exemplaire propre. Elle s’excuse d’avoir à le recommencer et nous remplissons à nouveau ce satané constat.
Il est dix-neuf heures trente quand nous terminons, alors par politesse, je lui propose un verre espérant intérieurement qu’elle refuse, son air supérieur m’agace. Mais évidemment, elle accepte et commence à lancer la discussion. Maintenant, je sais d’où je la connais, c’est l’institutrice de ma filleule.
J’essaie de me montrer sympa avec elle en lui proposant de commander des pizzas, priant encore une fois pour qu’elle décline, mais elle accepte volontiers.
Agrrr ! Pourquoi je suis bien élevée ? Bon, allez Jiji, fais bonne impression pour Alicia, sinon elle va lui faire la misère pour le reste de l’année scolaire.
Je commande donc les pizzas, livrées une demi-heure plus tard et nous mangeons en buvant une bière et en parlant boulot. Je remarque qu’elle aime autant son métier que moi et d’après ma sœur, c’est une excellente institutrice.
— Bon, je vais te laisser, j’ai encore du boulot avant de me coucher. Merci pour le repas !
— Il n’y a pas de quoi, bonne soirée, à plus tard !
— Oh, elle sera parfaite, j’en suis sûre ! Heu... je peux te poser une question ? demande-t-elle d’un air timide qui ne lui correspond pas.
— Oui, bien sûr !
— T’as quelqu’un ? Enfin... je veux dire... t’es en couple ?
— Heu... non, personne depuis des mois, je réponds en riant.
Je crois que la bière m’est montée au cerveau, je n’ai plus les idées claires et visiblement, elle non plus. Il faut dire qu’on n’en a pas bu qu’une !
— Pareil pour moi, c’est le désert depuis que mon ex m’a trompée !
— Ah ! Désolée...
— Tu fais quelque chose samedi soir ?
— Oui, je sors avec une amie.
— Oh, dommage, on aurait pu aller boire un verre entre célibataires...
— Tu peux venir si tu veux, on a prévu d’aller en discothèque !
Mince, pourquoi je lui ai proposé ?
— Ça serait cool, je veux bien, vous sortez où ?
— À la Grotte.
— Cool, alors j’ai hâte d’y être ! dit-elle avec un large sourire.
Le lendemain, je raconte ma mésaventure à Alan, mon collègue et ami. Il se marre et me demande que je lui présente cette nouvelle « copine » puisqu’il est également célibataire. Je l’invite donc à se joindre à nous, puis je préviens Mélissa et Stéphanie de l’heure du rendez-vous. Mélissa m’invite à manger et boire « un » verre pour commencer la soirée. La connaissant, je sais d’avance qu’on ne s’en tiendra pas à ça.
* * * * *
Samedi, début de soirée :
— Waouh, t’es toute jolie dans cette robe !
— Merci. J’ai apporté de la vodka et des boissons énergisantes !
— Cool, on va se faire un bon petit cocktail avec ça ! Je crois bien qu’on va devoir appeler un taxi !
— Laisse tomber, je vais demander à Alan de venir nous chercher, il ne boit pas d’alcool.
Après trois cocktails, nous mangeons les lasagnes qu’elle a préparées. Ce n’est pas comme ça que je vais faire fondre mon popotin, je n’ai pas beaucoup de volonté et je dois avouer que j’ai besoin de me motiver pour y arriver. Autrement, je vais continuer à gonfler et finir par être aussi grosse qu’une baleine.
À la fin du repas, je suis complètement ivre. J’ai la tête qui tourne à cause des deux verres de vin et l’Irish coffee que je viens de boire en plus de l’apéritif.
Alan arrive pour nous emmener à la discothèque et il s’arrête net en entrant dans le salon.
— Wow, mais qu’est-ce que t’as bu ? T’as vu ta tronche ? dit-il en se moquant de moi.
— Oh ça va, j’aiiiiii pas bu grannnnd chose, j’suiiiiiis en forme pour aller danser touuuuute la night !
— Ok, si tu le dis. Et ta copine, elle nous rejoint là-bas ?
— Ouaiiiiiis, d’ailleurs elle doit nous attendre depuis au moins une heuuuuuure !
— Alors, allons-y, en voiture, hop hop hop ! dit-il en tapant dans les mains.
— T’es bien pressé ! T’as hâte de tirer ton coup ? je lui demande en lui tapant l’épaule.
— Très charmant ! T’es dévergondée quand t’es saoule ma chère amie, mais pourquoi pas !
En arrivant à la Grotte, Stéphanie est furax, elle attend au bar et nous jette un regard noir quand elle nous aperçoit.
— Salut, désolée pour l’heure, ça fait longtemps que tu nous attends ?
— Oui, au moins une heure et demie ! dit-elle, les sourcils froncés.
— Salut, moi c’est Alan, enchanté !
— Steph, répond-elle sèchement.
— Bon ! Qu’est-ce qu’on boit ? je demande en l’ignorant.
— Allez, mojitos pour les filles et cocktail sans alcool pour moi, c’est ma tournée, dit Alan toujours si gentil.
— Merci loulou ! crions Mélissa et moi.
Steph, quant à elle, regarde dans le vide, elle a l’air pensive.
La musique est entraînante et l’alcool aidant à me mettre à l’aise, je commence à m’enflammer sur la piste.
Un bel homme m’approche et danse avec moi. Il n’est vraiment pas mal, nous sommes collés, serrés l’un contre l’autre, c’est chaud, je dirais même très chaud... Quand je prends conscience que je suis sur une piste bondée de monde, à danser avec un inconnu de façon très sexy, je regarde autour de moi et cherche mes amis qui sont bien plus calmes à l’autre bout de la piste. Avec regrets, je laisse tomber le super beau gosse et retourne auprès d’eux.
J’entame alors une danse avec Mélissa, celle qui rend fous tous les hommes. Parce que oui, deux nanas qui dansent ensemble, ils n’en peuvent plus et tombent comme des mouches !
Mais ce qui me met mal à l’aise, et je n’avais jamais vu ça avant, c’est le regard de Steph, elle nous dévore des yeux. Je ne sais pas ce qui lui prend mais elle est vraiment bizarre. Je pensais qu’elle s’éclaterait avec Alan, il est mignon et plutôt bon danseur, mais au contraire, elle est à deux mètres de lui. Il lui est impossible de s’approcher d’elle, qui est hyper distante et froide avec lui. Bref, je m’en fiche, moi je m’éclate ! J’entre en transe quand j’entends une musique de David Guetta. Je me déhanche et me retrouve sans m’en rendre compte, face au bel inconnu de tout à l’heure qui devient un peu plus entreprenant. Il est très sexy et sent sublimement bon... oh, j’ai chaud.
Alors que j’imagine ce qu’il peut penser de moi, il me prend par surprise et m’embrasse. Il sait y faire dis-donc ! J’ai tellement bu que je pourrais le laisser faire tout ce qu’il veut. Reprends-toi Jiji, reprends-toi...
— C’est quoi ton prénom princesse ?
— Jiji !
— Enchanté, moi c’est John, dit-il avec une voix rauque.
— Enchantée John ! Désolée, je ne suis pas dans mon état normal... j’ai un peu trop bu !
— Oh, ce n’est rien ! Tu veux qu’on s’éloigne un peu, il y a moins de bruit près de l’entrée. Je t’offre un verre ?
— Hé ! Ne profite pas de ma copine éméchée toi, dégage ! crie soudain Stéphanie.
— Je ne lui ai rien fait, je lui propose juste un verre, ne sois pas jalouse !
— La ferme connard et lâche-la !
— C’est bon Steph, ça va, il est cool !
Je sais que je ne suis pas dans mon état normal, mais je n’ai pas besoin qu’elle vienne se mêler de mes affaires. Je suis tout à fait consciente de ce que je fais.
— Mais toi tu t’es vue ? T’es complètement défoncée ! Va à la voiture, je vais chercher les autres et on se casse ! Putain de soirée de merde, crie-t-elle en partant à la recherche de Mélissa et Alan.
— Laisse tomber tu as raison, elle doit être jalouse. Je suis encore capable de prendre mes décisions toute seule. On pourrait partir d’ici ? je demande toute gênée sur un coup de tête.
— J’habite à quelques rues d’ici. Si tu veux, on peut aller finir la soirée chez moi. Mais je ne veux pas te forcer, c’est toi qui vois...
— C’est d’accord, je te suis, mais ne crois pas qu’il se passera quelque chose entre nous ce soir. Je ne suis pas une fille facile !
— Parfait, pour être honnête, moi non plus je ne suis pas un garçon facile, dit-il en s’approchant de mon oreille pour que je l’entende malgré la musique.
Ce rapprochement m’a provoqué des frissons et je ne suis plus très sûre de ce que je viens de lui dire, il me met dans un état second. Je ne le connais pas, mais j’ai un sentiment de sécurité à ses côtés et j’ai confiance en lui. Je sens qu’il ne me veut aucun mal. J’arrive difficilement à croire ce que je fais, je vais à l’encontre de mes propres règles en suivant un inconnu jusqu’à chez lui. Maintenant, c’est trop tard pour reculer, je dois assumer ma décision jusqu’au bout. Il me prend la main et nous marchons environ dix minutes. Je titube et j’ai honte d’avouer que j’ai manqué tomber au moins trois fois en chemin. Nous arrivons ensuite devant une jolie maison au bord d’un quartier résidentiel huppé. Il se dirige vers la porte puis glisse sa clé dans la serrure.
— Entre, je t’en prie, dit-il.
— Merci, c’est joli chez toi ! Dis-je en entrant dans le séjour à la déco épurée.
— Oh ! ne fais pas attention, il y a encore des cartons à déballer. J’ai emménagé il y a seulement trois semaines.
— Tu plaisantes, c’est nickel ! Tu ne serais pas un peu maniaque ?
— Mmmh, légèrement, répond-il en riant. Tu veux boire quelque chose ?
— Oui, sans alcool s’il te plaît, je crois que j’en ai un peu trop abusé ce soir.
— Alors, va pour une tournée de limonade !
Nous buvons et tout en discutant nous faisons connaissance. Il est vraiment drôle et a l’air de m’apprécier. Il me propose de continuer notre discussion dans le canapé et en profite pour se rapprocher de moi.
Il me parle de près et me regarde dans les yeux. Il n’a pas besoin de le dire, je lis dans ses pensées : je vais t’embrasser et te faire l’amour comme on ne te l’a jamais fait.
Je commence à avoir trop chaud, mes mains sont moites et je me sens rougir...
Des millions de petites bulles me chatouillent le ventre. C’est agréable, mais en même temps, je suis gênée. Je n’ai jamais été aussi rapide et facile à charmer. Je ne sais pas pourquoi, mais cet homme m’attire beaucoup et je n’écoute plus la petite voix qui me dit de faire attention et de me méfier des inconnus.
— Tes yeux sont magnifiques, je vais me noyer dans ton regard, souffle-t-il d’une voix chaude.
— Merci, mais ne me complimente pas trop, je vais jouir... heu… rougir, je voulais dire rougir !
Merde, merde, merde, mais qu’est-ce qui me prend ?
— Oh, les deux me conviennent ! dit-il en éclatant de rire.
Jiji, reine de la gaffe, parle plus vite qu’elle ne pense ! Que va-t-il imaginer maintenant ?
Lorsque le calme s’installe entre nous, je suis soudainement intimidée. Je n’ai jamais été aussi perdue tandis que lui est super à l’aise. Il met ses mains sur mes joues et m’embrasse tendrement.
Il respire de plus en plus vite et j’ai de plus en plus chaud. Je crois que j’ai envie de lui, mais cela doit venir du fait que je suis encore sous l’effet de l’alcool. Je ne comprends pas trop ce qui se passe, je ne suis pas du genre à coucher avec le premier venu. Cependant, il fait monter toutes les petites billes de bonheur du bas de mon ventre vers mon cœur. Mon cerveau ne répond plus de rien. Il se couche délicatement contre moi, me forçant à m’allonger, puis m’embrasse avec délicatesse.
Allez Jiji, fonce, après tout on s’en fiche ! Il faut que tu te lâches, même si tu ne le revois pas après cette nuit, il n’y a pas de mal à se faire du bien !
Il passe ses mains un peu partout sur mon corps et je sens son jeans se tendre lorsque ses doigts trouvent mon sein.
— T’es sûre que c’est ce que tu veux ? me souffle-t-il.
— Oui...
— Je ne veux pas que tu te sentes obligée, je...
— Oui, oui et oui, c’est ce que je veux ! Je sais encore prendre une décision ! Et oublie ce que j’ai dit tout à l’heure, dis-je en faisant référence au fait de ne pas espérer qu’il se passerait quelque chose entre nous ce soir.
— OK, viens par là.
Il m’aide àme lever, commence àme déshabiller et reprend ses caresses. Il est doux, avenant, tendre et ultra sexy. Je suis encore plus gênée d’être nue devant lui alors qu’il me dévore des yeux. Pourtant, il parvient à me mettre à l’aise en me faisant des compliments. Je glisse maladroitement ma main dans son boxer tandis qu’il enlève son pantalon. Il m’embrasse maintenant sauvagement, nos gestes deviennent rapides et je sens que j’ai besoin plus.
Lorsque nous sommes nus tous les deux, il enfile un préservatif, me pousse sur le canapé et va à la rencontre de mon intimité. Ses va-et-vient sont d’abord doux et réguliers puis se font de plus en plus rapides.
Waouh, il sait ce qu’il fait !
Il y a des mois que je n’ai pas eu de rapport sexuel, alors je ne sais pas si c’est le manque, l’alcool ou le fait qu’il fasse l’amour comme un dieu, mais j’arrive au point de non-retour en un temps record. Il me suit et s’écrase sur moi, des gouttes de sueur coulent de son front pendant qu’il m’embrasse encore.
J’ai l’impression que mon cœur s’est envolé en même temps que mon orgasme, je me sens libre.
— Tu passes la nuit avec moi ?
— Heu, je ne sais pas, je ne veux pas déranger !
De toute façon, je suis incapable de rentrer chez moi...
— M’embêter ? Mais pas du tout, je ne t’ai pas emmené ici juste pour coucher avec toi ! Allez viens, allons-dans mon lit.
Ah bon ? Je croyais...
Il me tend la main et m’emmène dans sa chambre. Elle est spacieuse, le lit est fait au carré, ça manque un peu de déco, mais ce n’est pas mal.
— Tiens, enfile ça, tu seras plus à l’aise pour dormir, dit-il en me tendant un t-shirt propre, parfaitement plié.
Je prends son vêtement et vais l’enfiler dans la salle de bain. Je ne sais pas quel est son métier, mais ce qui est sûr, c’est que ce mec a du pognon. Il a un dressing et une salle de bain attenante à la chambre. Sa maison est belle et semble très grande.
Timidement, je reviens vers lui. Il est allongé sur son lit et regarde dans ma direction.
— Mmmh, t’es sexy dans cette tenue !
— Merci...
— Viens, je ne vais pas te manger ! Bien que ce n’est pas l’envie qui me manque...
Je souris en allant me coucher à ses côtés. Il me prend dans ses bras et m’invite à poser la tête sur son torse. Très vite, je m’endors, totalement épuisée par l’alcool qui s’évapore et la partie de jambes en l’air qu’il vient de m’offrir.
Quand j’ouvre les yeux le lendemain, je suis seule dans sa chambre. Je m’assois et regarde autour de moi, me sentant perdue et surtout mal à l’aise. J’ai couché avec un inconnu et je suis chez lui. Des images de la soirée repassent dans ma tête. Soudainement, je me rends compte à quel point j’ai été inconsciente de suivre cet homme. Mais aussi comme c’était bien.
La porte s’ouvre. Il est là, en boxer, tenant un plateau. Il m’apporte le petit déjeuner au lit, quel gentleman !
— Bonjour ! Bien dormi ?
— Salut, oui merci. Et toi ?
— Très bien. Il faut dire que j’étais en très bonne compagnie ! dit-il en se penchant sur moi pour m’embrasser. Alors, je ne sais pas ce que tu aimes, donc j’ai fait du thé, du café et du chocolat chaud. Tu as le choix. Et voici des croissants frais !
— Merci, t’es génial. J’aime les trois, mais après une soirée arrosée comme celle d’hier, j’ai bien besoin d’un café, je réponds gênée.
— Tu m’étonnes, j’avoue m’être demandé si tu te souviendrais de moi...
— Bien-sûr, comment oublier... j’étais quand même consciente !
— Cool... t’as prévu quelque chose aujourd’hui ?
— Oh, oui je suis invitée chez mes parents pour le déjeuner et il faut que j’appelle mes amis, ils ne savent pas où je suis !
— Alors là, tu es sacrément en retard ma belle, il est treize heures ! Je comprends mieux pourquoi ton portable vibre depuis tout à l’heure dans ton sac !
— Merde, merde, merde ! dis-je en me levant pour aller chercher mon sac.
— Calme-toi, prends le temps de boire ton café, tu les appelleras ensuite ! Tu n’auras qu’à dire que tu es malade !
— Tu ne connais pas Mélissa, elle est capable d’avoir appelé la police et tous les hôpitaux de la région ! Je suis désolée, mais je vais au moins leur envoyer un SMS pour les rassurer.
— OK, je t’attends ici.
Je vais dans le salon, où j’ai laissé mon sac hier soir et sors mon téléphone. J’ai vingt-cinq appels en absence, huit messages vocaux et dix textos de Mélissa, Alan, ma mère et... Steph.
J’envoie un message à mes amis pour les prévenir que je vais bien et que je les appellerai ce soir. Puis, je mens à ma mère en écoutant le conseil de ce charmant jeune homme, lui expliquant par texto que je suis malade.
Dans quelle situation me suis-je mise ? Je déteste mentir. Je devrais partir, j’ai tellement honte de mon comportement… je n’ai plus rien à faire ici…
Je retourne dans la chambre de John pour récupérer mes affaires et le trouve allongé, occupé à regarder quelque chose sur son téléphone.
— Alors, t’es portée disparue ? me demande-t-il en souriant.
— J’ai été harcelée, ma messagerie était pleine, bref, je les ai tous rassurés ! Je vais rentrer chez moi…
— Tu peux prendre une douche avant de partir si tu veux, on peut même la prendre ensemble !
— C’est tentant, mais je n’ai pas de vêtements de rechange. Puis, il faut vraiment que je rentre nourrir mon chat et appeler mes amis pour m’expliquer. Je ne suis pas du genre à les laisser en plan au beau milieu d’une soirée pour fuir avec un inconnu.
— Dommage, on aurait pu reprendre là où on s’est arrêtés cette nuit... dit-il d’une voix sensuelle.
— Désolée, on se reverra plus tard, je suis fatiguée, j’ai mal à la tête et j’ai besoin de me reposer...
— C’est un moyen de me jeter gentiment, hein ?
— Non, pas du tout ! J’aimerais vraiment de te revoir. J’ai juste besoin de rentrer chez moi.
— Alors, laisse-moi te raccompagner, je prends une douche rapide et on y va.
— D’accord, merci...
Pendant qu’il est dans la salle de bain, je me démaquille avec une des lingettes que j’ai toujours dans mon sac et mâche un chewing-gum à défaut de me brosser les dents. Quand il revient dans la chambre, je regrette immédiatement de devoir rentrer. Il est magnifique, c’est le mot. Il porte un jean bleu brut et une chemise bleu ciel. Ses cheveux bruns sont bien coiffés et il sent divinement bon.
Ferme ta bouche Jiji, arrête de baver, ne craque pas...
— On peut y aller, je suis prêt.
— Heu, oui, allons-y...
Je le suis dans son garage et monte dans sa voiture, une sublime Mercedes-Benz coupé cabriolet noire. Je suis émerveillée par le luxe de cette bagnole, elle est vachement différente de ma Twingo.
Sur la route, nous discutons et c’est là que j’apprends qu’il est chirurgien orthopédique. Il a trente-deux ans, il est divorcé et a un fils de quatre ans. Je lui parle de mon métier et évite de lui raconter ma vie personnelle, je ne veux pas qu’il sache à quel point je suis désespérée.
Lorsqu’il me dépose sur le parking de mon immeuble, nous nous embrassons longuement et je lui laisse mon numéro de téléphone avant de rentrer chez moi. J’ignore s’il va m’appeler, mais je l’espère. J’ai passé la meilleure nuit de ma vie, il m’a fait me sentir belle pour la première fois et je regrette déjà d’avoir dû le quitter.
À peine rentrée, je donne à manger à Croquette et file sous la douche. Je repense à cette nuit où il était parfait. Si je m’écoutais, je l’appellerais déjà pour lui proposer de dîner ensemble ce soir.
Non, ne t’attache pas Jiji, tu ne le connais pas...
J’enfile un short de sport et un t-shirt, je sèche mes cheveux sans les coiffer et prends mon téléphone pour appeler Mélissa et Alan.
J’ai encore trois appels manqués et un message vocal, tous sont de Stéphanie. Dans son message, elle dit : « Salut, rappelle-moi s’il te plait, j’espère que tu vas bien, je m’inquiète... »
Cette fille est bizarre, hier elle a complètement pété les plombs et aujourd’hui elle se fait du souci pour moi. Je lui dois quand même une explication, alors je compose son numéro et comme si elle attendait mon appel, elle répond dès la première sonnerie.
— Allô !
— Salut, c’est Jennifer. Ça va ?
— Si ça va ? Tu plaisantes ? Je me suis inquiétée toute la nuit ! Qu’est-ce que t’as foutu bordel ?
— Oh, calme-toi, je suis juste allée finir la soirée ailleurs, je suis vivante !
— Et t’as pris ton pied, t’es contente ?
— PARDON ? Je t’interdis de me parler comme ça ! Je fais ce que je veux, je suis majeure, célibataire et je n’ai rien fait de mal ! Pour qui te prends-tu ? On se connaît à peine, qu’est-ce que ça peut te faire ?
Elle raccroche après ce qui me semble être un sanglot. J’appelle sans plus attendre Mélissa.
— Hey, la starlette est de retour ! Alors raconte, comment c’était ?
— Hey, heu... comment te dire ? Waouh, c’était top ! Il est super sexy, beau comme un dieu et expérimenté... je réponds en rougissant lorsque je prononce ce dernier mot.
— Oh ! Je suis ravie de voir que tu t’amuses enfin ! Tu vas le revoir ?
— Je pense, enfin, j’espère ! Je lui ai laissé mon numéro. Je ne sais pas trop ce qui m’a pris de partir avec lui au beau milieu de la soirée. Je suis désolée si t’as flippé... mais je dois avouer que je n’ai aucun regret !
— Super, je suis contente pour toi, tu as eu raison, on était là pour s’amuser ! Par contre, c’est qui cette copine que tu as invitée ? Elle est trop bizarre !
— C’est clair ! Elle m’a hurlé dessus et m’a presque insultée parce que je suis partie avec un mec. Je crois qu’elle pleurait quand elle a raccroché !
— Je crois qu’elle est amoureuse !
— Ben si elle le voulait, elle n’avait qu’à le dire !
— Non, pas de lui idiote, de toi ! répond-elle en riant.
— Quoi ? Mais t’es folle !
— Non sérieusement, elle t’a matée toute la soirée et quand t’es partie, elle était paniquée, elle pleurait, elle a appelé sur ton portable sans arrêt jusqu’à ce qu’on la dépose. Elle était hystérique !
— Beurk... tu crois que j’attire les filles maintenant ?
Je continue à lui raconter ma nuit, puis je m’installe confortablement devant la télé. Je zappe sans rien trouver de bien jusqu’à ce que la sonnette retentisse. Je n’attends personne, j’entrouvre la porte pour voir qui vient à l’improviste un dimanche.
— Salut, désolé de venir sans prévenir, je m’ennuyais et je me demandais si tu étais libre pour prendre un café.
Merde, il ne manquait plus que ça, John ! Je suis horrible, j’ai de grosses fesses dans mon short, je n’ai pas mis de sous-vêtements et je ne suis pas maquillée...
— Non entre, tu ne me déranges pas ! Installe-toi, je vais préparer du café.
Il entre, m’embrasse, puis s’assoit dans le canapé. Je suis gênée, je ne sais pas comment me comporter avec lui, il m’embrasse et fait comme si nous étions en couple, mais le sommes-nous ?
— Tu as prévu quelque chose pour le dîner ?
— Je songeais à me faire livrer un repas indien, tu veux te joindre à moi ?
— Pourquoi pas, j’adore cette nourriture et... pour tout te dire, j’ai très envie de passer la soirée avec toi.
Je souris et dépose timidement un baiser sur ses lèvres en guise de réponse. Puis je cherche le menu du traiteur indien sur internet et passe la commande. Croquette vient chercher quelques caresses auprès de John et retourne dormir sur mon lit. Je me love dans les bras de mon beau docteur tandis nous nous embrassons tendrement. Il me caresse la joue et fait le tour de mon visage du bout de ses doigts.
La sonnette fait éclater la bulle dans laquelle nous nous étions réfugiés. Je vais ouvrir, m’attendant à voir le livreur, mais ce n’est pas lui.
— Steph ? Qu’est-ce que tu fais ici ?
— Et lui qu’est-ce qu’il fout là ? demande-t-elle en montrant John du doigt.
— Ça ne te regarde absolument pas ! Quel est ton problème à la fin ?
— J’étais venue m’expliquer, mais visiblement ce n’est pas moi que tu attendais !
— Non en effet, j’attends mon repas donc la prochaine fois que tu veux me parler, appelles avant de venir, à plus !
Je lui claque la porte au nez et souffle un bon coup. John reste bouche bée devant ma réaction.
— Quoi ? Je veux une soirée tranquille, ce n’est pas pour m’embêter avec elle. Elle est complètement cinglée cette fille !
— Non rien, je ne croyais pas que tu étais capable de t’énerver aussi vite !
— Attends, t’as vu comment elle me parle ? Je la connais à peine. Qu’elle aille se faire voir ! En plus, elle se permet de me demander ce que tu fais là. Tout à l’heure, elle m’a pratiquement insultée au téléphone et maintenant elle se pointe sans prévenir pour m’engueuler ! Mélissa, mon amie qui était avec nous hier, pense que cette fille est homo et amoureuse de moi, beurk...
— Ah ouais ? dit-il en éclatant de rire. Je la comprends !
— Quoi ?
— T’es belle, marrante, sexy et gentille. Tu fais des choses incroyables avec ton corps et ta langue... je comprends qu’elle soit attirée !
— Mais arrête, je ne suis pas bi ni homo ! Et puis elle ne sait pas ce que je fais avec... Aghhh, elle ne me connaît pas, dis-je écœurée.
— C’est bon, je plaisantais ! Je crois qu’on a sonné, tu veux que j’aille ouvrir ?
— Non, ça doit être le livreur cette fois. Je vais juste chercher de l’argent, j’arrive.
Je reviens avec mon portefeuille, mais il a déjà ouvert la porte et réglé l’addition. Je lui tends un billet de vingt euros.
— Range ça s’il te plait, dit-il fermement en repoussant ma main.
— Très bien, alors merci pour ce repas !
Je lui fais un smack et range mon argent.
Est-il macho ou gentleman ?
Nous mangeons en parlant de nos études, de nos familles, nous apprenons à nous connaître et je me détends un peu plus. Puis il me caresse la main et entrelace nos doigts sans me quitter des yeux. Il est vraiment très beau.
Il me tire vers lui et me fait asseoir à califourchon sur lui pour m’embrasser. Sa respiration est de plus en plus rapide et saccadée. Il caresse mon visage, descend sur ma poitrine, puis mes fesses et me bascule sur le canapé pour se mettre au-dessus de moi et glisser sa main sous mon t-shirt.
Il bouge son bassin contre moi et je sens que son jean est tendu. Je caresse son torse tandis qu’il passe sa main sous mon short et m’embrasse dans le cou. J’ai chaud, mon cœur s’emballe et je tremble d’excitation quand quelque chose se met à vibrer dans sa poche. Son bipeur...
Non ! S’il vous plaît, laissez-le finir ce qu’il a commencé...
— Hé merde, c’est l’hôpital. Désolé, il faut que j’y aille. Je te promets de revenir très vite terminer ce que j’ai commencé.
— D’accord, à bientôt alors, je réponds déçue.
— À plus princesse.
Il se lève et pose ses lèvres sur les miennes, puis il emporte sa veste et part. Je reste à la porte jusqu’à ce qu’il disparaisse de ma vue. Lorsque mon cœur reprend un rythme normal, je retourne dans le canapé. Son odeur flotte dans l’air et je reste là à penser à lui. Il me trouble, je ne sais pas ce qu’il veut et j’ai peur de m’accrocher à lui. Il est gentil, doux et attentionné, mais j’ai peur qu’il n’ait pas les mêmes intentions que moi. Il faut que je me calme, j’ai besoin d’y aller mollo. Je crois que je m’emporte un peu trop.
* * * * *
Lundi matin :
Je me prépare à aller travailler quand je reçois un SMS : « Bonjour ma belle, je te souhaite bonne journée, je t’embrasse. »
C’est trop mignon, j’ai un canon à confettis qui explose dans le ventre et je souris comme une idiote. Je ne sais pas quoi lui répondre et je vais être en retard, alors je range mon portable et pars à la clinique.
Alan m’accueille avec un sourire jusqu’aux oreilles.
— Hello, ça va ? T’as passé un bon week-end ? demande-t-il en me tendant un café.
— Merci, je vais... très bien.
— Raconte, je veux tout savoir !
Je lui raconte mon week-end en omettant quelques détails un peu trop chauds et lui parle de Stéphanie. Lorsque je lui confie ce que Mélissa m’a dit à propos d’elle et il éclate de rire.
— Mais bien sûr qu’elle est folle de toi ! Elle t’a matée toute la soirée, j’ai essayé de la faire danser, elle m’a repoussé et te cherchait sans arrêt du regard.
C’est quoi ce délire, y’a que moi qui n’ai rien remarqué ?
— C’est dégueu, je ne veux plus jamais la voir !
— Oh si, ne déconne pas Jiji, ça pourrait être chaud ! se moque-t-il.
— Dégage, tu m’écœures ! dis-je en riant.
Nous commençons notre journée de bonne humeur, jusqu’à ce que j’arrive dans la chambre de Nathan, un patient particulièrement agité et très attachant.
Il est énervé et cogne sa tête contre le mur. J’essaie de le calmer pendant qu’Alan termine de soigner un autre adolescent, mais il se débat et me donne un coup de poing dans l’épaule. Je crie de douleur et de surprise, ce qui le fait s’arrêter. Je le fais asseoir sur son lit et le prends dans mes bras pour le calmer. Il pleure, tremble et son front saigne.
— Elle m’aime pas, elle m’aime pas...
— Calme-toi Nathan, qu’est-ce qu’il y a ?
— Ma mère, elle me déteste.
— Bien sûr que non. Qu’est-ce que tu racontes ?
— Elle ne vient pas me voir...
