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C’est une histoire classique qui s’est déroulée dans le passé ou qui pourra demain se renouveler.
Dans un Midwest américain, tout ce qu’il y a de plus West et américain, se trame la prise d’otage de Johnny McPoffin par Jérémiades, un québécois de 40 ans venu se venger.
Au fait, se venger de quoi?
D’une histoire d’abus physiques et psychologiques qu’il aurait subi. Le principe de continuité exprime généralement que la violence engendre inévitablement la violence.
Dans cette histoire, vous suivrez le parcours de deux personnages qui viennent à nouveaux se rencontrer pour régler un passé traumatisant.
Mais comment vont-ils s’y prendre, mais est-ce que la violence est la bonne solution ?
L’auteur raconte en détails leurs conversations pour en arriver … Mais Est-ce que le personnage de Jérémiades réussira..
À PROPOS DE L'AUTEUR
JAYMAN est un auteur québécois, mais aussi un humoriste de la nouvelle génération. Il a un plaisir surprenant à jouer avec le malaise et sa vision tordue du monde. Ça donne des performances intenses, sur des sujets pas toujours évidents, c’est ce qu’il fait avec l’histoire de ce livre.
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Seitenzahl: 74
Veröffentlichungsjahr: 2024
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Avant-propos
CHAPITRE UN
CHAPITRE DEUX
CHAPITRE Trois
CHAPITRE Quatre
CHAPITRE Cinq
CHAPITRE Six
CHAPITRE Sept
CHAPITRE Huit
CHAPITRE Neuf
Remerciements
Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada
Titre: Johnny / Jayman.
Noms: Jayman, auteur.
Identifiants: Canadiana 20240014456 | ISBN 9782898093715
Classification: LCC PS8619.A98 J64 2024 | CDD C843/.6—dc23
Auteur : Jayman
Titre : Johnny
Tous droits réservés. Il est interdit de reproduire cet ouvrage en totalité ou en partie, sous quelque forme et par quelque moyen que ce soit sans l’autorisation écrite préalable de l’auteur, conformément aux dispositions de la Loi sur le droit d’auteur.
©2024 Éditions du Tullinois
www.editionsdutullinois.ca
ISBN version papier : 978-2-89809-371-5
ISBN version e-pub : 978-2-89809-372-2
Bibliothèque et Archives Nationales du Québec
Bibliothèque et Archives Nationales du Canada
Dépôt légal version papier : 3e trimestre 2024
Dépôt légal version E-Pub : 3e trimestre 2024
Corrections grammaticales: Éditions du Tullinois
Illustration de la couverture : Mario ARSENAULT - Designgo
Imprimé au Canada
Première impression : Septembre 2024
Nous remercions la Société de Développement des Entreprises Culturelles du Québec (SODEC) ainsi que le Gouvernement du Québec pour son programme de crédit d'impôt et pour tous les soutiens accordés à toutes nos publications.
SODEC - QUÉBEC
JOHNNY, une autobiographie de fiction à
propos de choses qui sont réellement arrivées
à des personnages dans ma tête
Jayman
UNE HISTOIRE COMME TOUTES LES AUTRES
Cette histoire commence comme toutes les autres histoires : avec un barbu américain de 70 ans attaché tout nu sur une chaise dans une maison en décrépitude dans le midwest américain, pendant qu’un québécois de 40 ans lui fait manger de force une barre de savon.
Le barbu américain de 70 ans s’appelle Johnny. Johnny MacPoffin.
Le québécois de 40 ans, tout aussi barbu, mais beaucoup moins américain, c’est Jérémiades.
La maison dans laquelle ils se trouvent est dégueulasse. Elle a clairement été laissée à l’abandon pendant plusieurs heures, voire plusieurs décennies.
La pourriture s’est confortablement installée dans tous les interstices possibles de la maison. C’est à croire qu’elle a trouvé le moyen de prendre une hypothèque pour acheter la maison, s’y installer, s’y reproduire et y refaire la décoration. Décoration qui laisse quand même à désirer. Non, mais c’est bien beau, le noir verdâtre, mais quand c’est rendu coincé dans les fentes dentaires du seul habitant de la maison, on commence à pointer de manière peu subtile dans la direction de «l’abus».
En fait, la maison est aussi décrépite que le pays d’états plus ou moins unis dans laquelle elle se trouve.
Heureusement pour la sensibilité des esthètes qui respirent sur cette planète, la maison est isolée dans le milieu d’un désert. Il est donc pratiquement impossible de la voir, sauf si on utilise de très fortes jumelles qui ont assez de force dans les bras pour nous lancer suffisamment prêt de la maison pour la voir de suffisamment prêt.
Autour de ladite maison, on ne retrouve que d'immenses champs de sable, où Dame Nature s’amuse à faire pousser des squelettes d’animaux.
Il y a également un joli cactus, qui donne à l’endroit son air vaguement rococo, quoique marqué d’une solide influence danoise.
Fait notoire, le sable est sablonneux à la perfection.
Johnny et Jérémiades sont dans la cuisine, où Johnny a la particularité d’être attaché nu sur une chaise. Situation qui est relativement plutôt nouvelle pour lui. Je ne voudrais pas que tu penses qu’il est le genre de gars à s’attacher nu à toute heure du jour ou de la nuit. C’est contre sa nature. Pas d’être nu. Ça, il l’est souvent, principalement quand il se douche, et très brièvement lorsqu’il se change. C’est d’être attaché à une chaise de cuisine qui est une nouveauté.
Il n’a toujours pas déterminé s’il aime ça ou s’il devrait en faire une crise d’urticaire.
Johnny est un homme sans histoire… enfin, sans histoire… je sais bien que tout le monde a une histoire, mais celle de Johnny est aussi palpitante qu’un après-midi passé à regarder pousser la poussière dans un champ de pomme grenade. Il est né dans le Midwest américain, d’une mère et d’un père obscuranto-catholiques, dont le plus grand accomplissement a été de figurer comment on fait des enfants sans avoir suivi de cours de sexualité à l’école.
Le père de Johnny était un alcoolique de profession. Sa mère était de la tapisserie, une femme passée maître dans l’art de se faire invisible tandis que son mari battait ses enfants, son chat, sa face.
Je sais, ça semble sauvage à première vue, et à la deuxième, et à la troisième, et en fait à toutes les vues… zut. C’est vraiment sauvage… En plus, Papa MacPoffin n’avait aucun effort à faire pour cacher la violence, puisqu’il ne permettait jamais à Maman MacPoffin de quitter la maison.
C’est dommage pour elle, car elle n’a jamais rien fait pour mériter toute cette violence. Mais pas besoin de ne rien faire pour avoir de la violence quand elle est gratuite.
Johnny a grandi avec un nombre impair de frères et de sœurs, ce qui, pour l’instant du moins, n’a absolument aucune incidence sur le fait de se retrouver attaché à sa chaise de cuisine.
À l’âge de 16 ans, Johnny s’est enfargé dans la marine américaine, qui traînait par terre au détour d’un kiosque de recrutement. C’est à ce moment qu’il s’est découvert une passion pour les nœuds. Mais pas les nœuds de scout. Seulement les nœuds de bateau. Pas qu’il ait quoi que ce soit contre les nœuds de scout, mais c’est bien connu que les nœuds de bateau sont beaucoup plus solides.
Quoiqu’il faudrait un jour qu’on m’explique comment on fait des nœuds avec des bateaux.
Et à partir de ce moment, la vie de Johnny s’est passée sur les bateaux. D’abord, les bateaux de guerre, puis les bateaux de pêche. Puis encore les bateaux de pêche. Puis toujours les bateaux de pêche. Il y a si peu de possibilités d’avancement dans le monde des bateaux.
Un matin, alors qu’il est en train de monter la proue à bâbord, Johnny apprend qu’il existe un coin de pays fantastique : le Québec (- au moment d’écrire ces lignes, le Québec n’est toujours pas un pays. Si la situation venait à changer, bin… déjà, bravo. Mais ça ne changera rien à ce qui s’ensuit).
Une voix lui dit qu’il doit absolument se rendre à Québec, quitte à en payer le prix. Le prix d’un billet d’avion. Mais Johnny n’a pas les moyens pour un billet d’avion. Il décide donc de prendre possession du bateau de pêche sur lequel il travaille. La lutte qui s’ensuit est violente et sanglante, mais heureusement pour lui, il est seul à bord.
Il programme donc la voile du bateau en direction de Québec et vogue paisiblement en se demandant ce qu’il va trouver dans cette terre inconnue.
Ce qu’il trouve, il le trouve immédiatement en mettant pied à terre dans le Vieux-Québec. C’est la première affaire qu’il trouve. C’est Huguette, une femme en criss, qui traîne le petit Jérémiades, 8 ans, qui pleure en criss.
Leurs regards se croisent. Celui de Huguette et de Johnny, là. Le regard du petit Jérémiades est trop occupé à être plein de larmes et de bave pour croiser quoi que ce soit.
C’est l’amour instantané. Le coup de foudre du fond du cœur fondu. Johnny et Huguette se marient sur le champ, qui est en fait un port, et qui a donc la particularité d’avoir beaucoup de Capitaines qui peuvent dire des phrases telles que «Je vous déclare mari et femme», ou encore «Par la pipe du Cyclone!», mais seulement si on est prêt à leur offrir une compensation adéquate.
Johnny abandonne son bateau sur le champ, qui est en réalité le même port où il a touché terre et s’est marié. Pour vrai, on est dans le Vieux-Québec! Il n’y a aucun champ.
Bref.
Une fois abandonné, le bateau vivra une courte phase dépressive où il découvrira les drogues hallucinogènes. Il se convertira ensuite en salon de power-yoga, avant de finir sa vie en trappe à touriste qui vend des chats en porcelaine sur lesquels c’est écrit :
J’ai été a-CHAT-té à Québec!
JÉRÉMIADES
Je disais donc que Johnny est attaché nu à sa chaise de cuisine, pendant que Jérémiades lui fait manger de force une barre de savon.
«Kin, mon Johnny. Comme ça, tu vas avoir unebelle p’tite gueule toute pro-propre pour la visite!»
Mais Johnny, qui mange la barre de savon à contrecœur, et soyons honnêtes, à haut-le-coeur, est trop occupé à s’autoflageller mentalement en se disant «avoir su, j’aurais investi dans un savon fait de grains de café et de pâte de mangue, ou n’importe quelle autre niaiserie fancy que les niaiseux fancy s’achètent pour se laver le cul» pour rétorquer à Jérémiades.
Et bon, si on se porte à la défense de Johnny avec le même élan dont il a fait preuve pour se porter à la défense de son pays, le blâme de la situation revient en bonne partie à Jérémiades, qui s’est pointé ici sans avertissements. Même pas un coup de téléphone.
Même pas un télégramme chanté!
Quel culot!
Avoir su ce qui s’en venait, Johnny se serait préparé autrement. Il aurait mis une chemise. Il se serait léché les cheveux vers l’arrière. Il se serait sauvé bien loin sans laisser d’adresse en semant la confusion ici et là avec ses bonnes vieilles graines de fausses pistes qu’il traîne avec lui depuis mai 1982, l’année où il a inventé l’agriculture. C’est lui, en passant, qui prétend avoir inventé l’agriculture en 1982, mais c’est potentiellement un mensonge.
Sauf qu’on peut aussi jouer le jeu de la défense en faveur de Jérémiades qui, lui non plus, au moment de sa naissance, n’avait aucune idée qu’il se retrouverait ici, à 40 ans, à torturer ce pauvre vieux Johnny.
Alors, oui, au jeu du blâme tout le monde gagne.
Pauvre Jérémiades. Le jour de sa naissance, il n’était nulle part, puis «pouf
