9,99 €
Le récit sensible d'une redécouverte sonore du monde...
Que comprend-on quand on n'entend pas ? Comment vit-on et vous écoute-t-on ? Et que ressent-on quand toutes sortes de bruits, de l'eau sur la vaisselle à la sonnerie de porte, reviennent dans le quotidien ?
Isabelle Fruchart, comédienne, a consigné avec finesse et humour l'histoire de ses oreilles, de la perte quasi-totale de l'ouïe à 14 ans à l'appareillage, à 37 ans. On se laisse emporter et toucher par cette odyssée autobiographique qui mène à la redécouverte des sons – à commencer par sa propre voix – comme à la redécouverte de soi.
Le texte, adapté et mis en scène par Zabou Breitman, a été créé au Théâtre du Chêne Noir à Avignon en 2013. Il a reçu le prix Agir pour l'Audition en 2014 et a été joué en juin et juillet 2015 par Isabelle Fruchart au Théâtre du Rond-Point à Paris.
Un parcours initiatique pétri d'humour et d'émotion.
EXTRAIT
À l'âge de 14 ans, j'ai cessé de comprendre les paroles des chansons et je me suis mise à copier sur ma voisine pendant les cours, non que je sois devenue subitement nulle en orthographe mais je ne comprenais plus ce que dictait la prof. Ma sœur partageait ma chambre et quand le soir à table elle racontait à nos parents ce que je comprenais quand nous parlions dans le noir, c'était si drôle qu'ils étaient persuadés que je faisais le clown pour me faire remarqué.
CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE
Le monologue d'Isabelle Fruchart bruisse de vie et de tendresse. De réalisme aussi - grâce à un subtil jeu sonore, elle nous fait revivre son expérience. -
Philippe Chevilley, Les Échos
La singularité de ce parcours se double d'une grande qualite d'écriture, sensible et pleine de malice. À travers plusieurs anecdotes cocasses (irrésistible directeur de casting qui croit que la comédienne le drague alors qu'elle tente juste de lire sur ses lèvres), Isabelle Fruchart, seule en scène, raconte sa renaissance, ses progrès comme ses déceptions, avec légèreté et fantaisie. -
Charlotte Lipinska, Têtu
Un texte sincère, précis, scientifique, truffé de notations cocasses de faits et de sentiments. -
Armelle Héliot, Le Quotidien du Médecin
À PROPOS DES AUTEURES
Née à Paris,
Isabelle Fruchart s'est formée à la musique (en famille), ainsi qu'à la danse et au théâtre.
Après un DEA de lettres modernes consacré à Paul Claudel, elle a choisi la scène. Elle a joué, depuis 1996, au sein de la compagnie Opaline, en solo –notamment à travers son personnage Divine Devine qui pratique la magie mentale – et sous la direction, entre autres, d'Antoine Campo, Sophie Akrich, Hélène Cinque, Serge Noyelle. En parallèle, elle a écrit et co-écrit des spectacles.
Journal de ma nouvelle oreille est sa deuxième pièce.
Zabou Breitman tourne au cinéma sous la direction, entre autres, de Gérard Mordillat, Diane Kurys, Pierre Schoeller, Rémi Besançon, Michel Deville et Coline Serreau. En 2001, elle réalise son premier long métrage Se souvenir des belles choses, pour lequel elle remporte trois Césars en 2003. En 2006, elle réalise son second long métrage
L’Homme de sa vie puis, en 2009,
Je l’aimais, adapté du roman d’Anna Gavalda. En 2010, elle adapte le roman de Delphine de Vigan,
No et moi.
Das E-Book können Sie in Legimi-Apps oder einer beliebigen App lesen, die das folgende Format unterstützen:
Seitenzahl: 46
Veröffentlichungsjahr: 2018
À propos
Début du texte
Chez le même éditeur
Mentions légales
Le spectacle Journal De Ma Nouvelle Oreille a été créé le 6 juillet 2013 au Théâtre du Chêne Noir à Avignon.
Texte et interprétation : Isabelle Fruchart
Adaptation, mise en scène et scénographie : Zabou Breitman
Décor : Simon Stehlé
Conception sonore : Laury Chanty
Lumières : André Diot
Costumes : Amina Rezig
Musique finale :Entendre la forêt pousser du Chapelier Fou
Collaboration à la chorégraphie : Sarah Zoghlami
Regard sur la magie : Alexandra et Dominique Duvivier
Assistante de production : Diane Derosier
Production : Théâtre Vidy-Lausanne
Co-producteurs : Théâtre National de Nice, Théâtre de Châtillon, Théâtre Liberté de Toulon
Co-réalisation : Théâtre du Chêne Noir
Diffusion et administration : Prima Donna
Le spectacle Journal De Ma Nouvelle Oreille a reçu le prix Agir pour l’Audition 2014
Née à Paris, Isabelle Fruchart s’est formée à la musique (en famille), ainsi qu’à la danse et au théâtre. Après un DEA de lettres modernes consacré à Paul Claudel, elle a choisi la scène. Elle a joué, depuis 1996, au sein de la compagnie Opaline, en solo – notamment à travers son personnage Divine Devine qui pratique la magie mentale – et sous la direction, entre autres, d’Antoine Campo, Sophie Akrich, Hélène Cinque, Serge Noyelle. En parallèle, elle a écrit et co-écrit des spectacles. Journal de ma nouvelle oreille est sa deuxième pièce.
Actrice dès l’enfance, Zabou Breitman passe derrière la caméra en 2001 pour réaliser son premier long métrage, Se souvenir des belles choses (3 Césars en 2003). Depuis, elle n’a cessé de naviguer entre télé, cinéma et théâtre où elle a joué, adapté et mis en scène de nombreux spectacles salués par le public et la critique. Parmi ceux-ci, L’Hiver sous la table de Roland Topor (Molière du meilleur metteur en scène et meilleur spectacle en 2003) ou Des Gens d’après Raymond Depardon (Molière du Théâtre privé et de l’adaptation en 2009).
Émoticourt est une maison d'édition numérique dédiée aux textes courts, inédits et de langue française. Lancée en mars 2012 à Paris, elle publie les œuvres d’auteurs reconnus (dont certains couronnés par le Goncourt de la Nouvelle) ou celles de nouveaux talents, avec une même exigence de qualité littéraire. Ce choix du numérique lui permet de publier nouvelles, recueils, carnets, nanoromans qui ne trouvent pas, en raison de leur format, leur place dans l’univers de l’édition papier.
Une femme, chapeau melon, grand pantalon et petite veste, arrive elle aussi, parfaitement synchrone avec Charlie Chaplin, et exécute une partie de la danse avec lui.
Cut.
Chaplin disparaît, et le drap léger est aspiré dans un petit coffre posé par terre.La femme ôte son costume en scène. Dessous, elle porte une robe fleurieTandis qu’elle apporte un tabouret de piano et un pupitre à musique au milieu de la scène, elle commence à parler.
À l’âge de 14 ans, j’ai cessé de comprendre les paroles des chansons et je me suis mise à copier sur ma voisine pendant les cours, non que je sois devenue subitement nulle en orthographe mais je ne comprenais plus ce que dictait la prof. Ma sœur partageait ma chambre et quand le soir à table elle racontait à nos parents ce que je comprenais quand nous parlions dans le noir, c’était si drôle qu’ils étaient persuadés que je faisais le clown pour me faire remarquer.
Ce n’est que bien plus tard, à l’âge de 26 ans, qu’on m’a diagnostiqué 70 % d’audition en moins à chaque oreille. Les cellules avaient disparu, ce n’était pas évolutif, mais aucune chirurgie ne pouvait me les rendre et j'ai cru que l’appareillage risquait de me faire perdre le peu d’audition qui me restait.
Puis l’outil numérique a révolutionné l’aide auditive. À point nommé. J’étais épuisée de faire tant d’efforts pour comprendre les autres.
À l’âge de 37 ans, j’ai décidé de m’appareiller.
Elle va chercher un cahier d’écolier dans le coffre. Elle l’ouvre, s’assied, et lit.
Mes nouvelles oreilles sont 100 % numériques. Branchées sur vingt canaux hertziens, elles promettent de gérer automatiquement le larsen, de s’adapter au milieu sonore et de reconnaître la voix parlée. L’initiation se fera en quatre paliers.
Elle lâche son cahier.
Aujourd’hui, au laboratoire, l’audioprothésiste les règle au niveau 1. Je les enfile. Derrière l’oreille, le micro, une incisive en habit de peau, et à l’intérieur, l’écouteur, molaire transparente taillée sur mesure pour mon conduit auditif. J’ai les mains moites, le cœur battant. Je ne sais pas à quoi m’attendre.
Silence…
(voix amplifiée) Une voix parle et c’est la mienne. J’entends ma voix. En Dolby Stéréo à traversles micros. J’entends ma voix. (diverses formes vocales « J’entends ma voix ») Je chuchote. Je m’amuse à chuchoter. (chuchoté) Je n’ai aucun souvenir de m’être déjà entendue chuchoter.
Mais alors, avant, je ne m’entendais pas ? Je vais enfin pouvoir m’écouter. C’est la première chose que je me dis.
Mes conduits auditifs me donnent l’impression d’être élargis, forcés, j’ai un pont suspendu entre les oreilles.
L’audioprothésiste conseille de retirer mes nouvelles oreilles le temps de rentrer chez moi pour éviter d’être agressée par les bruits de la rue. J’obéis… à regret. Dehors, je me sens étrangement démunie, estropiée. Déjà ? Comme si, avec elles, au bout d’une heure à peine, je me sentais en sécurité.
Sitôt chez moi, (voix amplifiée) je les remets.
Musique.
