L'Avenir est passé - Joël Gissy - E-Book

L'Avenir est passé E-Book

Joël Gissy

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Beschreibung

Des profondeurs de la psyché, au-delà des lieux et du temps, les symboles et les mythes structurent le réel. Après Les Coquecigrues et les sept recueils précédents, ce poème se veut l'achèvement d''un cycle où le passé se construit dans l'avenir.

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Seitenzahl: 35

Veröffentlichungsjahr: 2021

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L’Avenir est passé

Poème

Se penchant sur l’abysse céleste, un Lion

Remire entre les eaux sa constellation.

Des profondeurs de l’inconscient, l’origine,

Finitude infinie s’accroissant, s’imagine.

L’individuation de chaque unicité

Se réalise en l’universelle entité.

Par les détours douloureux de la connaissance,

La permanence s’épand à chaque naissance

Où le présent se recompose en l’avenir.

Le passé se nourrit d’un futur souvenir.

Le Chaos rassemblé dans l’Univers respire,

Insufflant l’esprit à chaque âme qu’il inspire.

Et chaque goutte d’eau reflète sa voisine

Sur la toile géométrique où s’illumine

Un réseau de couleurs aux sonores métaux

Ainsi qu’en une rosace au nord étoilée.

Les pensées se coagulent des animaux,

Spirituels échos de cercles concentriques

Amplifiés de réincarnations génétiques.

Le rocher moussu rêve une plante animée

Du fond des océans miroitant cette Archée.

Mais l’arche psychique ouvre son cube de cèdre

Tel du réel éclosant le dodécaèdre,

Combinaison d’une rose au creux cruciforme

Où mue le serpent songeur avant qu’il ne dorme.

Se débattant, écorché, parmi ses douleurs,

Coupe renversée, le cœur se retourne en pique.

Le Dragon transmué de l’œuf philosophique,

Tiers de la conscience, a surgi des profondeurs.

Plongeant dans l’abîme terre, le déchu

Saisit le feu du savoir, de son bras tendu.

Et la géométrie éclaire les ténèbres,

Répercutant la lumière en cette rosée

Où sombre en abyme l’œuvre de l’araignée,

Par un enchaînement de successions funèbres.

Mais le souffle ardent, prisonnier de la matière,

Se débat comme une hydre astrale en septénaire.

Le génie vengeur s’enferme en sa lampe d’or

Telle une momie rêvant par-delà sa mort

Le voyage onirique d’une autre naissance.

Se mord la queue le python de la connaissance.

La Pythie, enivrée des lauriers de la gloire,

Parle sagement des mille aspects de l’Histoire

Comme en un jeu de glaces où tout se confond.

Seul un détail fait basculer, colimaçon,

De l’unique en soi la fatale expansion.

Le félin se regarde en l’onde reflétée ;

L’illusion de l’infini l’autre a créée.

Le Cosmos bat, cœur d’un Démiurge omniscient

Comme un ouroboros sans fin s’élargissant

Vers l’intérieur où se pénètre son regard

En son sein, lune d’argent, croissant sur le tard.

Songe réminiscent de Caraïbes vertes,

Le pauvre chevalier se voit en pirate.

Vivre dans le rêve en accumulant ses pertes,

Extériorisant l’hypostase du primate.

Ironise, muet, le sourire des crânes

Hurlant comme un carnyx la sagesse des ânes.

Par un fond de cale en passage souterrain,

L’initié rencontre un invisible parrain.

Mais de sa main, le miroir infime et fractal

En porte d’airain le téléporte, soudain,

Osiris emporté qui tout à coup s’éveille

En un corps étranger à la lueur vermeille

Comme un souverain infirme gardien du Graal.

L’astre des deux Seth se décapite par sept.

Tête de mort, du pavillon de Baphomet

Flotte de l’Œuvre au noir le crâne en papillon.

Le sphinx silencieux s’envole dans la nuit.

Paniquée par sa structure architecturale,

En abyme s’inversant en rose fractale,

L’Atlante du labyrinthe enfoui s’enfuit.

Le petit myosotis au cœur du dédale

Scintille en une infime lueur idéale.

L’amour envolé d’une petite fée pâle

Volette telle une âme gracile égarée.

L’esprit hagard erre, angoisse désespérée,

Et s’étrangle, de ses pleurs jamais étouffée.

Dans l’obscur, se réveille encor le cauchemar,

A nouveau plus affreux, prophétique et blafard.

De sa crinière, un soleil recrache le feu

Ainsi que le souffle ardent d’un idéal bleu,

Colère du Dragon rougeoyant d’impatience

Face à l’immensité sans fin de la sapience.

Mais l’aura s’inversant s’embrase d’indigo,

Nimbe unifiant en abyme son égo.

La rose se souvient de son vert pistil

Où l’ophidien se dresse au calice viril

Quand retombe au creux sa fontaine de jouvence.

De Longin saigne au dos de son Siegfried la lance.

Achille est tatoué ainsi qu’un bœuf Apis

Dont la pupille couvre l’insondable iris,

Passage ignoré dont s’ouvre la voie royale.

Le serpent tire sa langue en lame martiale.

Vénus descend au fond du val, tertre utérin.

Un orbe, de l’œil, semble saluer au coin.

Mais les loups viennent au rêveur solitaire

Quand près de la caverne enchevêtrée de lierre

S’ouvrant du bleu profond d’un souterrain mystère

Il revient errer dans la forêt vivante

Qu’assèche à l’orée une maison malveillante.

Tels les cinq pétales de la rose sauvage

D’un buisson hermaphrodite apaisant leur rage,