L’invraisemblable éternité de l’être - Eric Miremont - E-Book

L’invraisemblable éternité de l’être E-Book

Eric Miremont

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Beschreibung

Tous ne croient pas en la théorie de l'évolution. Une fable ludique et philosophie va tenter de prouver le contraire.L’idée de ce livre est née du constat qu’un nombre non négligeable de personnes ne croit pas en la théorie de l’évolution. Le plus simple était donc de leur présenter un témoin probant de cette évolution, un individu présent sur terre depuis des millénaires. Quitte à refuser la réalité, autant y aller au fond ! En quelque sorte, ce récit se présente donc comme le journal intime de ce témoin d’un autre âge. Mais, derrière la narration de cette vie particulière et ô combien farfelue, se dessine le contour de celle de chaque être humain au travers de son histoire, un genre de fable historique : une fable ludique sur la forme et un point philosophique sur le fond. Bref, au-delà du jeu historique, c’est la mise en question de nos sociétés actuelles qui est visée.Découvrez sans plus attendre ce roman qui retrace l'histoire de l'épopée humaine qui, surtout, remet en question nos sociétés actuelles.EXTRAITSinges nous avons été, des singes nous sommes. À tel point qu’on peut parfois se poser la question de savoir si c’est le singe qui singe l’homme en majorité, ou l’homme qui singe le singe. Je confirme d’ailleurs qu’on en retrouve plus de cette seconde catégorie de nos jours qu’il y a 17 000 BP. Au moins à l’époque nos grimaces n’étaient point empreintes de comédie. Elles avaient un sens profond, celui de la souffrance infligée par les conditions d’une vie plus que précaire.Telle est du reste la nature de mon plus lointain souvenir. La morsure du froid sur mon corps d’enfant encore frêle, à demi-couvert par une peau de bête. Je nous vois, groupe de pauvres hères que nous étions, entièrement à la merci des forces naturelles qui nous entouraient, transiter de grotte en grotte à la recherche de conditions de vie meilleures.Justement dans cette réminiscence d’un lointain passé on venait de quitter l’une d’elles. Pourquoi ? Nous y étions à l’abri des conditions climatiques extrêmes qui sévissaient au-dehors. La réponse est simple. La faim. Le garde-manger était vide. Des six rennes ramenés par la troupe de chasseurs au début du grand froid il ne restait quasiment rien, tout juste un peu de bois pour se chauffer. À PROPOS DE L'AUTEURCe livre constitue le premier roman de l'auteur Eric Miremont, né en 1980. Il a déjà écrit un petit recueil de texte intitulé J’ai demandé à la une, édité en 2012 par une maison d’édition à compte d’auteur.

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Seitenzahl: 150

Veröffentlichungsjahr: 2018

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Eric Miremont

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’invraisemblable éternité de l’être

Roman

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

© Lys Bleu Éditions—Eric Miremont

ISBN : 978-2-37877-770-8

Le code de la propriété intellectuelle n’autorisant aux termes des paragraphes 2 et 3 de l’article L.122-5, d’une part, que les copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective et, d’autre part, sous réserve du nom de l’auteur et de la source, que les analyses et les courtes citations justifiées par le caractère critique, polémique, pédagogique, scientifique ou d’information, toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle, faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite (article L.122-4). Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.

 

 

 

*

 

 

Je suis hier aujourd’hui et demain.

Je suis mon passé, notre présent, et n’en doutez point, votre futur.

Cela vous semble quelque peu exagéré ? Vous vous dites « il en fait trop » ? Un mythomane ? Un de ces illuminés se prenant pour Dieu ou toute autre forme d’intelligence universelle transcendantale que l’homme a décidé d’affubler de ce même patronyme depuis la nuit des temps ? Non rassurez-vous, rien de divin là-dedans. Où tout du moins personne ne m’a encore mis dans la confidence. Pour autant, si je ne suis pas Dieu, je n’ai rien du mauvais diable. Force est juste de constater que je ne réponds aucunement aux caractéristiques du simple être humain.

D’accord, simple, je l’ai été à certaines périodes de mon existence. Et il est tout à fait envisageable que cela me revienne de temps à autre. Mais une chose de sûre, même si j’en ai tous les attributs, je n’ai rien de l’individu lambda à proprement parler. Constatez-le par vous-même d’ailleurs. J’arrive tout droit du Paléolithique supérieur et entre donc, à une louche près, dans ma 17 millième année. Pour les férus de datation au trombone14 soufflant le chaud et le froid sur l’air de la précision historique, veuillez compter 15 000 ans BP auquel il ne faut surtout pas oublier d’ajouter les deux millénaires qui suivirent le fait qu’un âne et un bœuf aient soufflé du chaud et froid sur un même visage de précision historique, à quelques vaches près. Ce qui tout bien considéré est tout à fait normal, dans une étable.

Bref afin de bien visualiser la part de gâteau de votre histoire que je viens de m’empiffrer, songez que s’il n’y a que dans la grotte de Lourdes qu’il serait à peu près envisageable de souffler autant de bougies pour un anniversaire, j’ai bien passé mes premières années dans celles de Lascaux à regarder œuvrer des peintres en bâtiment. Je suis un peu dur avec les artistes qui ont coloré mon habitat d’enfant, mais à ma décharge, depuis, j’ai vu Léonard de Vinci au travail.

Néanmoins sur mon passé ainsi que le déroulement de mon existence je m’étalerai de tout mon long, et c’est long, tout à l’heure. Ce que je souhaite mettre en avant au plus tôt afin que vous ne me preniez pas totalement pour un fou, c’est le pourquoi du comment. Il y a peu, d’ailleurs, je n’en avais absolument aucune idée. Pourquoi moi ? Comment était-ce possible ? Maintenant j’ai les prémisses d’une réponse, le début d’une caution scientifique. Bien sûr c’eût été envisageable d’en disposer plus tôt mais pour rien au monde je ne voulais devenir une bête de foire, chose qui n’aurait pas manqué d’arriver si j’avais demandé à d’autres d’effectuer des analyses qu’en aucun cas je ne désirais voir s’étaler sur la place publique.

Des années et des années de travail ont donc fait de moi un scientifique digne de ce nom. Autant vous dire que la chose n’a pas été aisée. Attention ne vous méprenez pas ! Même si je n’étais pas à proprement parler une lumière au siècle des biens nommées, je ne suis pas totalement stupide non plus. C’est juste que la science ! Ainsi de redoublement en triplement j’ai obtenu le droit de disposer des clés d’un laboratoire à ma guise. Devinez un peu ?

Du jamais vu. Je parle du code génétique. Pour résumer devant mes yeux esbaudis s’entremêlaient des brins d’ADN dont les lettres ne semblaient avoir appartenu à aucun alphabet connu jusqu’ici.

Et comme souvent lorsqu’il s’agit de science une réponse peut conduire à se poser des dizaines et des dizaines d’autres questions. Pour moi ce fut dans l’ordre : suis-je originaire d’une autre planète ? Dans ce cas, comment suis-je arrivé sur terre ? Pourquoi ai-je pris – suis-je né sous - la forme d’un homo sapiens vivant sur terre il y a des millénaires de cela ? Serai-je une sorte de caméléon extra-terrestre ? Si oui, pourquoi ne puis-je pas me transformer en autre chose qu’un être humain ? Mettez-vous à ma place rien qu’un instant. Tenez, à l’aide d’un exemple concret, à l’occasion de ce magnifique évènement que constitue la soirée annuelle des voisins. Vous ne me démentirez point si j’affirme que certains ont la faculté étonnante de vous irriter en moins de 5 secondes chronomètre en main ! Alors 17 000 ans en présence d’une compagnie peu ou prou analogue, je vous laisse tout le soin d’y songer.

Mais il est vrai toutefois que je me suis astreint sur quelques décades éparses, notamment à la suite de périodes sanglantes de l’histoire, à des stages vitaux de solitude en haute-montagne ou devrai-je dire à des stages de haute-solitude en montagne, où le froid envers la nature humaine prenait à chaque fois le pas sur celui du bout de mes orteils. Et en quelque sorte, j’y étais contraint et forcé. Vous ne pouvez pas côtoyer le même entourage durant des décennies sans subir comme tout un chacun les affres du temps qui passe, une insulte à la ride qui a largement de quoi rendre la multitude aride.

Comme vous l‘apprendrez d’ailleurs au détour d’une des multiples circonvolutions de mon existence au cours des millénaires précédent je me suis déjà fait prendre la main non ridée dans le sac des années qui passent et ne trépassent jamais et, pour tout vous dire, ça n’a pas été joli à voir. Heureusement pour moi, c’était il y a fort longtemps. Vous imaginez aujourd’hui ? La mamie de 99 ans avec son I-Phone me prenant en photo ?

« — Mais c’est toi Pierre ? Non ce n’est pas possible ?

— C’est à moi que vous parlez très chère ?

— C’est moi, Henriette. Non, je dois me tromper. Mais pourtant ? Le même que lors de cette nuit magique avant que tu ne t’enrôles en 39 ! »

Bien entendu je ne m’étais pas enrôlé en 1939, cela faisait belle lurette que je ne me sentais plus concerné, de près ou de loin, par les guerres des hommes. Pour ce qui était de la nuit magique en revanche, oui, il est tout à fait possible que j’y aie contracté une belle suée, une fois n’est pas coutume, au front.

« — À coup sûr vous vous trompez, madame

— Comment, mais comment diable ? »

Alors certes, même avec une hypothétique photo en noir et blanc à sa disposition, les gens l’auraient à coup sûr pris pour une folle :

« Oui d’accord il lui ressemble, mais…

— je vous assure que c’était lui !

— mais bien sûr !!! ».

Comme vous pouvez le constater il est de plus en plus compliqué pour quelqu’un comme moi de passer entre les gouttes. À la moindre circonstance tu te dois de montrer patte blanche, difficile de disparaître une fois pour toute des écrans radars. Autant vous dire que ma présupposée immortalité coûte bonbon et si je suis en quelque sorte tombé dans une fontaine de Jouvence étant petit, je ne me suis malheureusement encore jamais cogné sur un obstacle ressemblant de près ou de loin à la pierre philosophale. La pierre pile sur l’orteil, oui, mais la philosophale, que nenni !

Reposons maintenant les pieds dans mon laboratoire si vous le voulez bien. Pourquoi ne puis-je me transformer en autre chose qu’un être humain ? Est-ce dû au fait que mon génotype se calque sur celui de l’espèce dominante, celle qui s’est rendue maître de la planète ? Enfin quand je dis « maître » de la planète, tout du moins de ses habitants, car lorsque cette dernière décidera de se révolter à nouveau, salut la compagnie. Et moi dans ce cas ? Si elle se retrouve à nouveau totalement envahie par les océans, me transformerais-je en requin au bout de quelques décennies ? À n’en pas douter je deviendrai tout du moins marteau si les délires continuent à se succéder comme en cet instant de nette divagation.

Oui je sais ô combien tout ceci peut paraître complètement délirant, mais que voulez-vous ? Je me sens on ne peut plus seul au monde, et le seul de mon espèce assurément. Comment poser des limites à toutes tentatives d’interprétation dans ce cas ? Pour les hommes qui m’entourent, c’est la société dans laquelle ils vivent qui les fixe. D’ailleurs, même avec des règles énoncées depuis belle lurette, la folie des hommes parvient encore à filtrer et à éclairer d’une triste pâleur ce monde qu’on est censé, je le rappelle, partager à plusieurs.

Un symptôme évident de cette folie ? On vient d’en parler. Regardez ce que vous avez fait de votre planète ! Moi, je vous en reparlerai plus tard, je compte bien m’échapper. Mais vous ? Je suis tout bonnement et simplement écœuré par tant de bêtises.

Tellement que pour une fois, moi qui n’ai jamais récité une seule prière de toute mon existence, je dérogerai à cette règle. Je ne prierai pas pour vous, encore moins pour moi comme il va de soi, mais pour cette terre qui a fait office de compagne fidèle depuis tant et tant d’années, que j’ai connu luxuriante dans ma jeunesse et en tout point agonisante à l’heure actuelle :

 

Notre Terre on t’est odieux

Que ta sphère soit protégée,

Que la Nature tienne,

Que ta robustesse soit tel qu’on puisse voir encore Soleil.

Donne-nous le détail de ce qu’on risque un d’ces jours.

Pardonne-nous nos errances,

Même si on en veut à ceux qui t’ont dépecé.

Ne nous soumets pas aux inondations,

Mais délivre-nous des ânes.

 

Amen… toi qu’on retourne sur elle juste un instant.

 

Étant donné que les dernières questions relevées étaient plus d’ordre métaphysique que scientifique, il semble finalement plus judicieux de laisser ce laboratoire derrière nous. Et comme il me sied souvent de passer du coq à l’âne, passons maintenant de la métaphysique au physique, si vous le voulez bien.

Enfin que vous le vouliez ou non, je suis ce qu’on peut communément appeler un beau gosse. Surtout à l’époque… j’étais hors-norme, un géant ! De nos jours je surnage dans la moyenne basse, mais autant dire que l’ensemble reste agréable à l’œil.

Dans mon malheur d’éternité je remercie toutefois le fait qu’homo sapiens d’il y a 17 000 ans avait sensiblement les mêmes caractéristiques que celui de nos jours. Les cauchemars que j’ai pu faire avec ça, me réveillant en sursaut et imbibé de sueur, tremblant de m’être imaginé sous la forme de notre glorieux ancêtre l’australopithèque sur terre depuis plus de trois millions d’années. Glorieux il l’était peut-être mais il n’en gardait pas moins les caractéristiques premières du singe et je me voyais, dans ces terreurs morphéennes, enfermé dans la plus petite et minable cage de zoo qui puisse exister, à attendre qu’on veuille bien me lancer des bananes, d’autant plus que je déteste ça, les bananes à la merci des humains pour ô combien de temps encore !

Certes quand je me réveillais j’avais toujours la mienne, de cage, la temporelle, mais c’est bien l’addition de toutes qui faisait vraiment froid dans le dos.

Je disais donc beau gosse, aperçu toutefois ces derniers temps en compagnie de sa petite amie la bedaine. Il faut dire que notre époque actuelle s’y prête tout particulièrement. Dans ma prime jeunesse on courait ventre à terre sur des kilomètres et des kilomètres pour attraper notre dîner. Maintenant, avec toute la publicité qui en est faite, ce sont les pizzas qui nous pourchassent et ont la bonne idée d’arriver par leurs propres moyens dans nos assiettes. Seul subsiste le côté ventre à terre, mais on le met où on peut, entre la table basse et le canapé.

Dernière particularité physique n’étant assurément pas en faveur de la vieille carne que je suis, j’ai nommé la dimension du cerveau. Effectivement ce dernier s’est considérablement agrandi depuis notre ancêtre primate jusqu’à avoir cette taille qu’on lui connaît aujourd’hui : quand on voit ce que certains en font ? Non si je dis ça c’est avant tout pour me rassurer, car par la force des choses, ma boîte crânienne est d’un rien plus petite.

Mais si l’on tient compte du fait qu’un être humain normalement constitué ne peut utiliser qu’entre 1 et 16 % de ses neurones à un moment donné et dans une région donnée du cerveau, peut-être, je dis bien peut-être que certains branchements sauvages ont pu s’effectuer au fil des millénaires, et que mon pourcentage s’en est potentiellement retrouvé accru.

Et une ou deux fois, si je me souviens bien, j’ai pris la foudre, ce qui a sensiblement et très certainement dû en augmenter le voltage. Et non tout griller, comme certains d’entre vous semblent le suggérer en pensée à la lecture de ces mots.

Non tout n’a pas grillé, loin de là ! Preuve en est l’aventure, celle de ma vie, que je vais vous narrer maintenant. Autant dire que pour revenir sur 17 000 ans d’existence votre mémoire se doit à minima d’être en bon état de marche. Même si ça n’a pas empêché la mienne de se prendre de temps à autre les pieds dans les nœuds de l’histoire pour mieux s’étendre de tout son long sur le fil du temps qui passe.

Ainsi du temps de mon enfance seules des bribes diffuses et confuses me parviennent. A contrario les deux ou trois derniers millénaires ont été comme qui dirait assez faciles d’accès, des points de repère étant fidèlement retranscrits dans vos livres d’histoires. Entre les deux les faits et les périodes se déclarent et s’arriment à ma conscience avec beaucoup moins de netteté, mais bon, tout travail méritant galère, j’ai mis grand cœur à l‘ouvrage de celle-ci.

Et puis que dire exactement ? Comment s’y prendre ? Sur le fond d’abord, il est clair que je ne pouvais pas tout raconter, sous peine de m’infliger la rédaction ainsi qu’à vous la lecture d’une centaine de tomes à coup sûr exponentiellement indigeste. Non il fallait rester en tout point précautionneux avec le fait de revenir saucer trop longuement dans l’amas d’ères. Cela induisait par voie de fait un long travail de réflexion sur la forme à donner à ce court récit autobiographique. J’ai donc décidé dans une linéarité toute chronologique de faire coïncider les périodes de mon existence qui étaient en phase, ou à l’inverse en opposition assez marquée pour que je m’en souvienne, avec la culture et la société prédominante à un moment donné de notre histoire commune. Et encore là, la chose n’a pas été aisée. Je me suis maintes et maintes fois perdu dans les méandres de l’histoire pour essayer d’y trouver un sens, et par là même, un sens à ma vie.

Mais force est de constater que mon postulat de base était erroné. Quelle était cette épine déposée au pied de mes neurones ? En fait, il s’agissait de l’expression consacrée selon laquelle la vie est un éternel recommencement. OK ! je vous l’accorde, elle est peut-être en partie vraie, mais seulement en partie. Croyez-en ma longue expérience, la vie n’est rien d’autre, pour être en tout point concis, qu’un éternel et irrémédiable commencement. Alors, commençons.

Zut ! Dernier point avant de débuter.

Il n’a pas la moindre importance à mes yeux mais pourrait en toute probabilité être susceptible de vous interroger tout au long de l’esquisse de ce portrait. Je veux parler de l’absence de patronyme me concernant lors de cette narration. Pourquoi, me direz-vous ? La réponse la plus proche de la vérité, c’est que je n’en sais rien. J’aurais évidemment pu utiliser le nom que je porte au moment où j’écris tout ça, mais ça n’a pas plus de sens que si j’y écrivais en lieu et place le gargarisme, sous forme phonétique bien entendu, dont m’affublaient les hommes préhistoriques partageant ma vie dans les grottes. Pourquoi celui-là et pas l’autre ? Pourquoi pas un autre des centaines, que dis-je, des milliers de pseudonymes que j’ai eu à travers les âges ? Peut-être aurais-je dû utiliser pour chaque époque le nom que je portais au moment précis où je décris les faits qui s’y passent. Mais non, c’était bien trop complexe. De surcroît je ne me souviens que de très peu d’entre eux. Et comme qui dirait, dans le doute, abstiens-toi. Je m’abstiens donc.

 

 

 

 

 

Premiers pas

 

 

 

L’humanité mime un arbre dont le faîte altier

Est campé par un singe : Oh l’obscur symbole,

Que l’homme noie sous de vaines paraboles,

Un subterfuge à nos regards bien familier.

Comme de longs échos, les religions se confondent

À doter l’être humain du divin pedigree ;

Si le fils de Dieu en singe était incarné,

Les prières en grimaces seraient bien sûr fécondes.

En ferait les frais la piété de nos enfants

De manger des bananes lorsqu’ils prient :

Un régime pour Carême, c’est toujours tentant.

Alors qu’évidemment nos divins petits

N’implorent pas que des cadeaux à l’évidence.

Ils retombent sur leurs pattes : des singes, en un sens.