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Extrait: "Voici un sujet de théâtre, sur lequel il est impossible de faire de l'érudition. Les Romains et les Grecs, toujours cités en fait de choses d'art, et toujours admirables quand il s'agit de l'art en lui-même, n'avaient pas l'idée d'une ouvreuse de loges. Comment auraient-ils compris cette mesquine invention de nos siècles d'argent, eux dont la magnificence large et éclairée ouvrait un cirque à vingt mille spectateurs..."
À PROPOS DES ÉDITIONS LIGARAN
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Seitenzahl: 24
Veröffentlichungsjahr: 2015
Paris, ou le Livre des Cent-et-Un publié en quinze volumes chez Ladvocat de 1831 à 1834, constitue une des premières initiatives éditoriales majeures de la « littérature panoramique », selon l’expression du philosophe Walter Benjamin, très en vogue au XIXe siècle. Cent un contributeurs, célèbres pour certains, moins connus pour d’autres, appartenant tous au paysage littéraire et mondain de l’époque, ont écrit ces textes pour venir en aide à leur éditeur qui faisait face à d'importantes difficultés financières… Ainsi ont-ils constitué une fresque unique qui offre un véritable « Paris kaléidoscopique ».
Le présent ouvrage a été sélectionné parmi les textes publiés dans Paris ou le Livre des Cent-et-Un. De nombreux titres de cette fresque sont disponibles auprès de la majorité des librairies en ligne.
Voici un sujet de théâtre, sur lequel il est impossible de faire de l’érudition. Les Romains et les Grecs, toujours cités en fait de choses d’art, et toujours admirables quand il s’agit de l’art en lui-même, n’avaient pas l’idée d’une ouvreuse de loges. Comment auraient-ils compris cette mesquine invention de nos siècles d’argent, eux dont la magnificence large et éclairée ouvrait un cirque à vingt mille spectateurs, et faisait applaudir Aristophane ou Térence à tout un peuple, assis sans distinction sur les vastes dalles de leurs théâtres géants ! Dans ces jeux des hommes forts, où l’arène rugissait avec des tigres, étincelait du fer des gladiateurs, puis se changeait en lac immense où combattaient des vaisseaux, où trouver place pour ces petites restrictions fiscales, pour ce privilège qui nous talonne partout, et se déploie avec tant d’empire dans nos salles de carton doré ? Hélas ! en vieillissant, le monde se polit et se rapetisse. Les anciens avaient des grilles de fer à leurs cirques, et pour gardien un belluaire aux cheveux crépus, aux bras tachés de sang ; nous avons des ouvreuses élégantes et polies, portant aux mains des bouquets de fleurs, et leurs clefs au bout d’un ruban !
