La dame noire - Claude Rey - E-Book

La dame noire E-Book

Claude Rey

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Beschreibung

Un simple graffiti apposé sur le mur d'une façade va mettre toute une population en émoi. Mais au fait, qui est la Dame Noire ? Est-ce une femme, un homme ou un esprit ? Elle dérange bien du monde par ses écrits, surtout Monsieur le Maire Pasdevague.

Un groupe d'amis qui a l'habitude de se promener et de refaire le monde se donnera comme mission de mener une enquête, soupçonnant ainsi bien des gens... Ils vont croiser des antagonistes et protagonistes qui auront tous leurs idées préconçues concernant cette affaire.

Les textes sont remplis d'anecdotes qui vous feront sourire et vous détendront, malgré cette histoire qui va vous emmener dans des situations et des lieux vraiment intrigants.

Et vous, allez-vous élucider cette embrouille ? Alors bonne chance !



À PROPOS DE L'AUTEUR


Claude Rey étudie constamment les comportements de l’être humain. Il trouve cela fort intéressant parce que cela lui permet de comprendre et non de juger. Dans cette histoire, il a vécu le dernier chapitre lorsqu’il était en service. Les personnages de son livre sont à l'image de personnes rencontrées au Québec, ainsi il en a fait une intrigue surprenante.

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Seitenzahl: 170

Veröffentlichungsjahr: 2022

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Table des matières

Crédits

Du même Auteur :

Remerciements

Avertissement

Avant-propos

INTRODUCTION

Monsieur le Maire

Nous sommes au mois de Mars

Rimouski

Mois d'avril

Quartier Saint-Agnès

Nouvelle inscription

Le groupe

Il y avait aussi Paul dit « Triste Vie »

La saison estivale arrive enfin

Mois de Juin

Le groupe et la lune noire

Les activités estivales

La fête de quartier

Mois de Septembre

Madame Henriette FORD

Une inscription directe

ANASTASIA

Le député Beauchamps

La belle Anastasia

Le chantier

Début du mois d'octobre

La deuxième semaine d'octobre

La réparation de l'église

Le party de fin des travaux

La révélation

Le groupe en désolation

Monseigneur

Le groupe et Émilien

Vade retro me, nigra puella

Les étrangers

Émilien et la procession

Le groupe d'amis et Anastasia

Mois de Novembre

Le groupe et Ginette

La femme qui est la meilleure

Le groupe et l'incendie de Rimouski

Encore une nouvelle inscription

L'employé de mairie

Mois de Décembre

La messe de Noël

Le Noël du groupe

Cérémonie pour le départ du prêtre

L'incendie du presbytère

Épilogue

Conclusion

Crédits

Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada

Rey, Claude, 1946-

La dame noire de Rimouski

ISBN 978-2-924169-37-7

I. Titre.

PS8635.E915D35 2016 C843'.6 C2016-941725-5

PS9635.E915D35 2016

2020©Éditions du Tullinois

www.editionsdutullinois.ca

Tous droits réservés.

Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’Auteur, est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L335-2 et suivants du Code de la Propriété Intellectuelle.

Auteur : Claude REY

Titre: La Dame Noire(de Rimouski)

Révision de Textes : Florence PARENT

Infographie :Claude REY

Photos : Claude REY

ISBN papier : 978-2-924169-37-7

ISBN E-PDF : 978-2-89809-027-1

ISBN E-PUB : 978-2-89809-028-8

Bibliothèque et Archives Nationales du Québec

Bibliothèque et Archives Nationales du Canada

Dépôt légal papier : 4e trimestre 2016

Dépôt légal E-PDF : 2e trimestre 2020

Dépôt légal papier : 2e trimestre 2020

Imprimé au Canada

Première impression : Octobre 2016

Nous remercions la Société de Développement des Entreprises Culturelles du Québec (SODEC) du soutien accordé à notre programme de publication.

SODEC -QUÉBEC

Du même Auteur :

L'Esprit des Runes(Éditions du Tullinois)

ISBN : 978-2-924169-16-2

Les Superbes vacances de la Famille R.(Éditions du Tullinois)

ISBN : 978-2-9811387-1-2

Rue de la Halle(Éditions du Tullinois)

ISBN : 978-2-9811387-2-9

Nous sommes tous des BEN-HUR'S(Éditions du Tullinois)

ISBN : 978-2-9811387-0-5

Remerciements

Je remercie sincèrement :

Sylvie PERRON(Coiffure aux cheveux d'Anges, Rue Saint-Germain- Rimouski)pour avoir accepté de poser sur la page de couverture.

Gaétan BÉRUBÉ(Rimouskois), Auteur jeunesse pour avoir participé aux dialogues avec le groupe de la Promenade de la Mer.

Et

Tous ceux qui sans le savoir m'ont fait connaître leurs histoires drôles, que j'ai insérées dans cette intrigue.

Avertissement

Ce livre est romancé. Les propos prêtés aux personnages, les personnages eux-mêmes ainsi que les lieux et situations que nous décrivons sont imaginaires.

Toute ressemblance de lieux, de décors, de situations, de faits évoqués ou encore de faits historiques avec ceux-ci, ne seraient que le fruit du hasard. Par ailleurs, toutes ressemblances avec des personnes ou des événements réels sont possiblement inévitables. Ils ne pourraient en aucun cas engager la responsabilité de l'Auteur.

Avant-propos

Ce livre est composé d’intrigues mais aussi de mes chroniques, en tant qu'auteur. Les personnages se rencontrent et bien sûr émettent des commentaires sur l'actualité et plus spécifiquement sur « La Dame Noire ».

J'interviens donc comme un acteur en analysant les réactions et comportements de toutes ces personnes. J'ai rédigé cette histoire pour vous faire plaisir, ainsi qu’à moi-même.

INTRODUCTION

Vous prenez n'importe quelle ville du monde et ce genre d’histoire narrée peut se dérouler dans des lieux des plus discrets. Un récit banal d'évènements qui ont sans doute un lien, une raison, une motivation, voire, un sentiment tel que la jalousie entre des personnes. Est-elle issue d’une relation ambiguë entre un homme et une femme ? Serait-ce tout simplement une énigme rocambolesque ? Parle-t-on ici d’une ou de plusieurs conspirations politiques ? Etc.

Chacun d’entre nous allons interpréter et imaginer le déroulement de ce récit dans un autre contexte, soit en relation avec notre propre vie, nos ambitions, nos relations et notre compréhension.

J'ai donc utilisé le nom de la ville de Rimouski parce que je la connais suffisamment pour la décrire. Nous allons ainsi parcourir ses rues, les magasins et discuter avec les Rimouskoises et Rimouskois. Il s’agit d’une très belle ville située sur le bord du fleuve Saint-Laurent, aux portes de la Gaspésie.

Qui dit fleuve, dit port en eau peu profonde permettant seulement aux barges et aux cargos légers de venir s’y accoster. Une navette transportant les passagers avec leurs véhicules effectue régulièrement la traversée vers la rive nord. Il est même possible d'aller à l'île Saint-Barnabé qui se trouve en face de Rimouski. L'activité est régulière, ce qui fait que les infrastructures de ce lieu sont assez bien entretenues par les autorités portuaires du pays. Il y a une imposante marina qui accueille très souvent de nombreux voiliers, des régates, des bateaux à moteurs. La majorité de ces embarcations sont à voile parce que le vent est très présent, ce qui en fait un lieu idéal pour ce type d'activités.

Lorsque nous quittons cet endroit, nous prenons une route qui nous mène vite au centre-ville. Les voies sont larges et l'artère principale longe la côte. Une voie de déambulation et une piste cyclable serpentent harmonieusement en bord de mer, a été baptisée « La Promenade de la Mer ». Puis, nous repérons les clochers des églises qui nous rappellent que la religion a profondément marqué ce lieu et sans doute son histoire. Le lieu de culte principal est situé sur la rue de la Cathédrale. Cet édifice patrimonial délimite l'est et l'ouest comme le méridien de Greenwich. De plus, elle a été construite dans la direction nord-sud, ce qui est un bon repère. La rue Saint-Germain reflète plus lepassé surtout en raison de ses activités commerciales. Elle semble être faite à l'image des habitants, parce qu'elle nous apparaît sobre et harmonieuse, dans un style Nord-Américain.

L’endroit a d’ailleurs été choisi comme étant la « Ville du Bonheur » (2012-2013) avec un indice IRB de 82.10, du jamais vu depuis la création de l'observatoire social indépendant. Ses habitants sont fiers et ils le font savoir chaque fois qu’on leur demande où ils habitent. Après avoir nommé leur ville, ils rajoutent toujours avec le sourire « La Ville du Bonheur ».

C'est ici, dans ce lieu paisible, qu'un jour, à la grande stupéfaction de la population, une histoire des plus intrigante a pris vie...

Mais d’abord, laissez-moi vous parler de certains personnages.

Monsieur le Maire

Nous ne pouvons pas commencer cette intrigue sans parler de Monsieur le Maire, noblesse oblige.

Monsieur le Maire se nomme « Pasdevague ». Un homme dans la cinquantaine, toujours bien mis. Il a des cheveux grisonnants qui laisseraient penser que la sagesse l'a possédé. En fait, cela ne veut rien dire puisque ses actions seront différentes de ce que l'on attend d'un « Sage ».

Ce dernier a épousé en juste noce madame Duversant. Le couple n’a pas eu d’enfant. On ne voit cette femme uniquement que lors des grandes occasions. Soit, son mari la cache, soit elle ne s'intéresse pas à la vie politique municipale. Pourtant, la dame sait être là quand il le faut.

Cette dernière est propriétaire d'un magasin de fournitures pour les artistes. On y trouve du matériel pour les peintres, notamment des toiles, des tubes de peintures, des pinceaux et de nombreux outils pour d'autres activités.

Ce monsieur porte bien son nom puisqu’il veut continuellement étouffer les affaires dérangeantes qui se déroulent dans sa ville. Tout doit aller comme sur des roulettes parce qu'il craint les remarques de la population, mais plus que tout, le verdict des urnes.

Sa position comme premier magistrat lui permet de prendre des décisions, à condition que celles-ci arrangent ses intérêtspersonnels, ainsi que ceux de ses proches amis. Soit dit en passant, il en a peu.

Son meilleur allié, monsieur Beauchar, n’est pas moins que son bras droit et parfois même, son confident. En plus d’être son adjoint, cet homme d’affaires aguerri est aussi un prolifique concessionnaire automobile dont le commerce se situe dans la zone industrielle. Un type silencieux, réservé, avec un regard froid à qui on évite de trop faire des commentaires. Bref, il ne faut surtout pas le contrarier.

Souvent, c'est chez-lui que plusieurs projets et autres affaires courantes se règlent.

Madame Ford, l'épouse de monsieur Beauchar invite souvent le maire à un repas dit « entre amis respectables de la ville ». Tant l’un que l’autre, les dirigeants demeurent assez secrets dans leurs discussions et passablement flous dans toutes leurs décisions. Cette façon de faire exaspère certains citoyens qui n'apprécient guère les cachotteries. Bien évidemment, quand monsieur Pasdevague est confronté, c'est toujours la faute des autres.

L'histoire de « la Dame Noire » qui suit va, comme vous le constaterez, le mettra dans tous ses états...

Nous sommes au mois de Mars

L'hiver est passé et l'arrivée des premiers oiseaux migrateurs annonce enfin le printemps. Certes, il n'est pas encore très vigoureux alors il donne, tantôt des signes de chaleur, tantôt il cède la place au froid. De fait, la météo joue au yo-yo, et c'est de même concernant le moral des gens.

Comme chaque matin, la plupart des Rimouskois arpentent les artères pour vaquer à leurs occupations. Certains profitent du lever du jour pour déjeuner avec des amis dans de petits restaurants, mais aussi parler affaires. Le temps est précieux et chaque minute compte. Telle est la société d'aujourd'hui.

Nombreux sont ceux et celles qui laissent leursauto-mobilessur le stationnement le long des boulevards. Pour aller se rassasier, ils doivent utiliser les escaliers d'une petite ruelle, avant de rejoindre la rue Saint-Germain. Les uns parlent de la météo, les autres de leur santé ou encore de leurs commerces. Plusieurs ont hâte de rentrer, car en ce matin de printemps, il fait encore un peufrais. À la radio, on annonce des giboulées. Le vent, en ce début de matinée, est assez fort, ce qui oblige les gens à porter des mitaines et une tuque. Personne ne reste dans la rue à contempler le ciel et les nuages décoratifs, même pas les promeneurs habituels. Les retraités se rendent là où ils peuvent boire un café, lire le journal et discuter ensemble paisiblement. Puis, vers la fin de la matinée, ceux-ci céderont la place aux travailleurs qui viendront manger un repas en vitesse avant de retourner au boulot. Ainsi va la vie. Presque rien n'échappe aux citoyens de cette ville. La majeure partie semble fière de la nomination de leur leader et c'est normal. Certes il peut être un peu chauvin à ses heures mais qui ne le serait pas ?

Dire qu’avant que j'arrive à Rimouski,quelques montréalaisme disaient qu'Hydro-Québec n’avait pas fini d’installer les poteaux et les fils électriques et que les citoyens s'éclairaient à la bougie. On me racontait même qu’il n'y avait que des points d'eau formés de bassins en bois où coulait une source. L'eau potable n'arrivait pas encore aux maisons. Il fallait faire des portages et « bonjour l'hiver » pour une telle corvée.

Heureusement pour moi, je ne les ai pas cru. Aujourd’hui, je vis en un lieu magnifique, agrémenté de tous les services. Il y a des cadres de verdure qui sont forts appréciés par la population, où la nature a tous les droits. Quant aux quelques médisants Montréalais qui m'avaient apostrophés, qu’ils restent avec leurs bruits, leur métro et leur pollution.

Rimouski

est une ville moyenne de près de 47 000 habitants. D’ordinaire, il ne s'y passe que peu d'histoires. Cependant, cela va changer le jour où tous vont découvrir qu'en haut d'un passage situé entre un stationnement et la rue Saint-Germain Est, quelqu’un a apposé un simple graffiti écrit en noir :

La Dame Noire

Dans un premier temps, peu de monde a observé ce gribouillage qui était écrit assez petit, seulement d'une quinzaine de centimètres de haut. Il faut dire clairement que les passants sont tellement centrés sur leurs préoccupations que personne, mais vraiment personne, ne s’est vraiment attardé à ce message. Vraisemblablement, il y a bien eu quelques sourires au bord deslèvres, sans plus. Toutefois, ce sont surtout des retraités qui passaient par là avec leur journal pour rejoindre leur restaurant habituel, qui s'arrêtèrent devant l'inscription. Ils s'en donnaient à cœur joie en passant des commentaires et en y allant de leurs propres hypothèses. Tout un chacun émettait ses idées sur les motivations de la personne qui avait écrit cela. Pourtant, tout en ronchonnant sur la génération d'aujourd'hui, ils continuèrent leur chemin. Bon an mal an, les aînés interpellaient leurs connaissances et leurs faisaient part de leur découverte. Cela devenait le scoop de la journée, mais avant tout, une information qui changeait le train-train quotidien. La routine était ainsi tombée aux oubliettes, pour le moment.

Ce graffiti resta plusieurs jours, jusqu'à ce que le propriétaire du bâtiment décide de le faire effacer. Pour ce faire, le brave commerçant demanda à une entreprise spécialisée de venir nettoyer cette griffe qui masquait son mur, mais surtout, qui faisait ombrage à son ego. Il fallait le comprendre. Les gens marquaient un temps d'arrêt, mais n’entraient pas dans sa boutique pour acheter. Évidemment, l’homme tenait à faire savoir à qui voulait l’entendre, qu'il n'était pas concerné par ces mots. Sans doute s’agissait-il de l’œuvre d’une personne ayant un problème psychologique ou une frustration quelconque. Venant d'un homme normal, c'était l'évidence même. Par contre, de l’avis de la gente féminine, ce n'était pas nécessairement le cas.

D’ailleurs une plainte fut déposée auprès de la police. Des patrouilleurs se déplacèrent et prirent quelques photos. Les services de la Mairie furent également informés et prirent note de ce fait.

Notre commerçant, qui avait appelé l'entreprise de nettoyage, vit arriver l'employé qui était affecté à ce travail. Ce jour-là, le vent était glacial, ce qui ne le rassurait pas, le passage étant dans l'axe du vent. Le nettoyeur se présenta alors au propriétaire et lui demanda un peu d'eau chaude. Ce dernier lui recommanda de faire le travail correctement, sans trop massacrer la peinturedefond. L'ouvrier repartit donc avec son seau et le posa sur le trottoir. Il avait des admirateurs pour le voir travailler. Ce qui l’agaçait le plus, c'était les commentaires ironiques des Anciens. Les passants lui demandaient pourquoi c’était signé « La Dame Noire » ? Pourquoi ? Et encore pourquoi ?

Le pauvre était incapable de donner une réponse claire et précise car lui aussi se posait la même question. « C'est étrangecomme signature » se demandaient les citoyens. « C’était la première fois que cela arrivait. »

Avec une éponge et seulement de l'eau chaude, il semblait impossible de laver l'inscription. Comme elle ne voulait pas s'effacer, l'homme comprit que c'était une peinture spéciale. Il lui fallut utiliser un racloir qu’il frotta avec force contre la croûte colorée.

Certains morceaux s'enlevèrent mais il resta encore quelques traces. Hélas, impossible de faire disparaître tout le spectre du graffiti parce que le mur était trop poreux. La peinture s'était infiltrée dans les cavités du ciment. Son travail terminé, les gouttes d'eau avaient gelées et avaient rendu le sol glissant. Il dut mettre du sel et un peu de sable afin d'éviter un accident. Fait à noter, aujourd'hui encore, il est possible de distinguer quelques traces incrustées du message.

Qui l'eut cru ? Les mouettes tournoyaient dans le ciel en poussant des cris stridents comme par moquerie et également pour surveiller le bon déroulement des opérations. En réalité, elles cherchaient plutôt quelques morceaux de pain tombés des sacs de nourriture. Il faut dire que ce petit travail se déroulait près de commerces de restauration rapide, leurs lieux de nourriture préférés.

Après concertation avec le propriétaire, la décision fut alors prise de repeindre le mur, étant donné que le résultat escompté n'était pas à la hauteur de ses attentes. L'employé revint donc quelques jours plus tard, par une température plus clémente, pour refaire le panneau complet de la façade.

Le soir venu, notre homme, qui avait nettoyé l'inscription, se rendit dans un bar. Il y allait de temps en temps pour y rencontrer ses amis autour d'une bière et d'une portion de pizza. C'était pour lui l'occasion de parler de sa vie, de ses déboires, de ses aventures, de ses misères et, bien sûr, de hockey. Il fallait à tout prix qu'il trouve quelques personnes pour vider son sac. C'était un célibataire, endurci par la vie, mais à la fois aussi quelqu'un d’assez ouvert et fort sympathique. Or, ce dernier raconta le labeur de sa journée, au froid, pour effacer une inscription qui, de son propre aveu aurait pu attendre tranquillement le printemps pour être enlevée. Bref, il ronchonnait un peu, comme à l'accoutumée, et ses amis se moquaient de lui pour le faire baver.

—Bois ta bière, elle est la meilleure et elle va te radoucir toncerveau en bois d'érable.

En deux mots : dur à la compréhension, et ses amis en rigolaient de bon cœur.

—Raconte-nous ta journée en détail, tu vas nous faire rire.ditl’un d’eux.

Il leur fit aussitôt un résumé de sa journée et de ses déboires avec le graffiti.

—Il fallait que cela tombe sur moi. De plus, ce qui m’a dérangé le plus, ce sont les commentaires et questions des passants.

Tous parlèrent de cette « Dame Noire » qui ferait bien une prétendante à notre célibataire.

Tout le monde en riait sans la moindre retenue. Tout était tourné en dérision et surtout, ils commençaient à voir leur ami fantasmer.

Une « dame noire », comment cela pouvait-il exister ? Est-ce un nom de plume ou un nom qui ne veut rien dire.

Et c'est ainsi que la soirée se termina en chansonnettes, mais avec une note sans voix concernant l'histoire de « La Dame Noire ».

Mois d'avril

Le printemps faisait un beau clin d’œil via un soleil magnifique dont les rayons commençaient à chauffer à la fois le corpset lemoralde la population. La végétation laissait apparaître les premiers bourgeons, signe de la montée de la sève et du retour à la vie.

Pendant ce temps, les jours s'écoulaient comme à l'accoutumée. Ici, les gens vivent au rythme du fleuve. Les marées et la brume les rendent calmes et sereins. Pourtant, un certain matin du mois d'avril, sur un mur de la rue Belzile, une nouvelle inscription était bien visible :

Mort ! La Dame Noire

La population avait complètement oublié cette histoire d’inscriptions. Cette fois, les lettres étaient beaucoup plus grosses et l'emplacement du graffiti bien à la vue de tous les passants. Toutes les personnes circulantsurla rue ne pouvaient pas dire qu'elles ne l’avaient pas vue. Il y en avait deux, unede chaque côté de la rue. Parcequ'elles étaient situées à hauteur de fenêtre de voiture, donc facilement repérables. Par surcroît, la vitesse étaitralentie par des travaux en cours sur les trottoirs. Que de sourires moqueurs aux lèvres des hommes, refoulant sans doute des pensées sensuelles !

Tout compte fait, elle avait été trop vite oubliée au goût de son auteur ou auteure. Sans doute que cette personne avait compris qu'il fallait qu’elle se manifeste de nouveau, question de ne pas tomber dans l’oubli.

Ce personnage mystérieux devait avoir un but très précis pour recommencer à se manifester. C'était la première fois qu'un événement de cette nature se présentait ici, dans cette ville. La plupart des gens pensaient qu'il y avait de plus en plus de dérangés sur la planète. Ici même, cela ne faisait pas exception. Les voisins américains ont des tireurs fous, alors pourquoi n’aurions-nous pas des peintres fous sur notre territoire, tant qu’on y est, pensaient certains.