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Dans "La femme et le pantin: roman espagnol", Pierre Louÿs explore les thèmes de la sensualité, du désir et de la manipulation à travers l'histoire d'une passion tumultueuse entre un homme et une femme. Écrit dans un style élégamment poétique et sensuel, le roman immersifie le lecteur dans l'Espagne du XIXe siècle, où les conventions sociales et les passions humaines s'entrechoquent. Le récit s'articule autour du personnage de Don Juan et de la séduisante Dona Inès, mettant en lumière la dualité entre l'obsession amoureuse et la quête de liberté. Louÿs utilise une prose riche et évocatrice, conjuguant des descriptions voluptueuses et une introspection psychologique qui renforcent la tension dramatique tout au long de l'œuvre. Pierre Louÿs, écrivain français de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle, était fortement influencé par le symbolisme littéraire et le mouvement décadent, qui privilégiaient l'exploration des profondeurs de l'âme humaine. Son intérêt pour la sensualité et le mystère du féminin, ainsi que son admiration pour la culture espagnole, ont fortement motivé la création de ce roman. Louÿs, qui a également traduit des œuvres classiques, a su infuser son propre style poétique et sa vision unique des relations humaines dans ce texte emblématique. Je recommande vivement "La femme et le pantin" à tous ceux qui sont en quête de récits passionnés et complexes sur la nature du désir humain. Ce roman, riche en atmosphère et en émotions, enchante par sa prose ciselée et sa profondeur psychologique. Avec ses relents de mystère et d'érotisme, cette œuvre emblématique offre une réflexion fascinante sur l'amour, la liberté et les jeux de pouvoir, contribuant à en faire un classique de la littérature érotique. Dans cette édition enrichie, nous avons soigneusement créé une valeur ajoutée pour votre expérience de lecture : - Une Introduction succincte situe l'attrait intemporel de l'œuvre et en expose les thèmes. - Le Synopsis présente l'intrigue centrale, en soulignant les développements clés sans révéler les rebondissements critiques. - Un Contexte historique détaillé vous plonge dans les événements et les influences de l'époque qui ont façonné l'écriture. - Une Analyse approfondie examine symboles, motifs et arcs des personnages afin de révéler les significations sous-jacentes. - Des questions de réflexion vous invitent à vous engager personnellement dans les messages de l'œuvre, en les reliant à la vie moderne. - Des Citations mémorables soigneusement sélectionnées soulignent des moments de pure virtuosité littéraire. - Des notes de bas de page interactives clarifient les références inhabituelles, les allusions historiques et les expressions archaïques pour une lecture plus aisée et mieux informée.
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Veröffentlichungsjahr: 2021
Dans ce roman où la passion se nourrit d’obstacles, le désir devient une scène de théâtre où s’inversent sans cesse les rôles du maître et du pantin, jusqu’à faire de la conquête une captivité librement consentie et de la liberté un piège tissé de regards, de silences et de gestes qui suspendent l’assentiment, exacerbent l’attente et transforment la séduction en une épreuve de pouvoir, de patience et de mise en scène, tant il est vrai que l’obsession aime se confondre avec l’amour, et que la volonté, fascinée, se prête aux ficelles qu’elle prétend diriger.
Publié en 1898, La Femme et le Pantin, sous-titré roman espagnol, est l’un des récits les plus connus de Pierre Louÿs. Ancré en Espagne, notamment en Andalousie, le livre appartient au roman de mœurs et de passions fin de siècle, avec une construction qui emprunte au récit-cadre: un homme d’expérience confie à un interlocuteur plus jeune l’histoire d’un attachement qui l’a vaincu. Louÿs y condense un imaginaire méridional de lumière, de fêtes et de musique, mais c’est surtout la dramaturgie des rapports entre désir et pouvoir qui structure le texte et lui donne sa force singulière.
Un voyageur rencontre un homme plus âgé qui lui narre comment, en Espagne, une jeune femme insaisissable, fière et consciente de son ascendant, a organisé une relation placée sous le signe du refus, du délai et de l’épreuve. Ce jeu, fait de rapprochements suivis de retraits, d’engagements aussitôt ajournés, défait peu à peu les certitudes du narrateur et l’entraîne dans une logique où l’emprise n’a rien d’un combat frontal, mais procède de la patience, du rythme imposé et de l’art de tenir la promesse en suspens. Sans jamais abolir l’ambiguïté qui l’aimante.
Le lecteur découvre cette histoire par une voix à la première personne, précise et fière de sa lucidité, dont la confession avance par nuances plutôt que par déclarations. La prose de Louÿs, souple et musicale, privilégie les détails sensibles et la suggestion, ménageant des accélérations soudaines et de longs suspens. Le réalisme des décors se double d’une stylisation qui organise la scène et fait affleurer l’allégorie sans lourdeur. Le ton demeure mesuré, parfois ironique, souvent sensuel, et tient ensemble l’immédiateté des affects et la distance critique d’un narrateur qui tente de nommer ce qui, en lui, se dérobe.
Au cœur du livre se trouvent la dialectique du désir et de la domination, la manière dont le consentement se négocie, s’ajourne, se retire, et l’emprise que confère l’art de différer. Louÿs interroge les masques sociaux, la séduction comme performance, la frontière poreuse entre sincérité et rôle, entre don de soi et calcul. Les corps y parlent autant que les mots, et les codes d’une société attentive à l’honneur, à la réputation et au paraître pèsent sur les personnages. L’Espagne romanesque sert de miroir intensifié à ces tensions, non pour les exotiser, mais pour en montrer la théâtralité.
Ces enjeux résonnent fortement aujourd’hui: la dynamique de l’attirance, les asymétries de pouvoir, la gestion du consentement, l’ambivalence des signaux et la performativité des rôles restent au centre de nos débats. Le roman met à nu la tentation de confondre le refus avec un jeu, la patience avec une victoire, et montre combien l’imaginaire amoureux peut naturaliser des rapports de force. Sans énoncer de thèse, il propose une expérience de lecture qui rend perceptible la fabrication du désir et les illusions qui l’accompagnent, invitant à interroger nos représentations, nos attentes et nos façons de nommer l’attachement.
Lire La Femme et le Pantin, c’est affronter un miroir inconfortable: celui d’un désir qui se prend pour une maîtrise et d’une liberté qui s’éprouve dans l’épreuve de l’autre. L’actualité de l’ouvrage tient à la netteté de sa construction, à la beauté sans surcharge de sa phrase et à la précision avec laquelle il met en scène les gestes, les attentes et les malentendus. Souvent réédité et adapté, le roman continue d’alimenter la réflexion sur la séduction, la responsabilité et la part de mise en scène dans l’intimité, offrant un classique bref et intensément discutable.
Publié en 1898, La Femme et le Pantin: roman espagnol de Pierre Louÿs s’organise autour d’un récit enchâssé: un homme mûr, installé en Andalousie, confie à un jeune auditeur la passion qui l’a dominé. Au cœur du récit se trouve Concha Pérez, jeune femme d’origine modeste dont la présence aimantée trouble les hiérarchies sociales et les certitudes masculines. L’Espagne sert de décor mouvant, fait de rues ardentes, de fêtes et de codes d’honneur. Dès l’ouverture, le livre pose un conflit de volontés: l’ardeur du désir se heurte à une stratégie de résistance patiente, de conditions imposées et de délais calculés.
Le narrateur raconte l’instant où, au milieu de l’animation andalouse, l’apparition de Concha inverse son rapport au monde. La jeune femme refuse d’emblée la logique de la conquête rapide, déjoue les avances trop franches, réoriente la conversation et fixe les modalités de toute approche. Sa franchise alternée avec des silences, ses départs brusques suivis de retours mesurés entretiennent une tension maîtrisée. L’homme, d’abord sûr de sa supériorité, découvre une adversaire qui ne s’offusque pas, mais déplace les enjeux: accepter la rencontre suppose désormais d’adhérer à ses règles, d’attendre, de prouver, d’apprendre à parler sur son tempo et dans ses termes.
De fil en aiguille, la poursuite se transforme en apprentissage. Concha exige constance, discrétion et sacrifices, tout en gardant l’initiative sur les lieux, les heures et les limites. Le narrateur consent à des dépenses de temps et de prestige, accepte des contretemps, subit des reports qui exacerbent son impatience. Les présents, invitations et promesses ne résolvent rien: parfois accueillis, souvent repoussés, ils révèlent l’ambiguïté d’une relation où la preuve d’amour devient une monnaie instable. À mesure que la liaison se noue sans se conclure, s’impose l’idée que l’accès à Concha n’est jamais un dû, mais un passage contingent par son seul assentiment.
Le cadre social espagnol pèse sur cette danse. Les regards du voisinage, la réputation, l’honneur de chacun imposent des précautions. Concha, ancrée dans un milieu populaire, sait le prix d’un faux pas et n’ignore pas la force des rumeurs; elle s’en sert parfois comme d’un écran, parfois comme d’une pression. Processions, promenades, fêtes et soirées deviennent autant de scènes où l’on observe et s’observe. Le narrateur, habitué à agir à découvert, apprend à composer avec l’ombre, les pauses et les demi-teintes. Le roman fait de la ville un théâtre moral où chaque geste public infléchit la relation privée.
Le jeu entre avancées et retraits s’intensifie. Concha accueille des confidences puis se tait, accorde une promenade puis disparaît, laisse planer l’idée de préférences rivales sans confirmer ni infirmer. La jalousie, que l’homme jugeait méprisable, devient une épreuve qu’il ne domine plus. Les rencontres manquées, les lettres attendues, les rendez-vous différés creusent une dépendance nouvelle. La métaphore du pantin s’installe: il n’obéit plus tant à son désir qu’au rythme imposé par l’autre, se surprend à régler sa vie, son travail et ses amitiés sur la possibilité d’une faveur. Le pouvoir a changé de mains, sans éclat, par infimes décalages.
Un épisode décisif survient lorsque le narrateur tente de reprendre l’ascendant, croyant fixer enfin des conditions à son tour. La confrontation révèle les limites de sa maîtrise: ce qui devait clarifier les rôles ouvre une crise. Les mots, les gestes, la scène sociale qui encadre l’instant confèrent à l’échange un relief inattendu. Le risque de scandale, les malentendus et l’orgueil blessé menacent d’emporter l’ensemble. Sans dévoiler la suite, le roman fait voir, à ce point de tension, que ni la contrainte ni la générosité ne garantissent l’accord, et que l’emprise peut se retourner en impuissance.
La portée de l’ouvrage tient à la lucidité avec laquelle il interroge le désir comme rapport de forces et de récits. Louÿs met en crise la figure masculine de la maîtrise, mais refuse de réduire Concha à un symbole univoque: sa tactique révèle autant une défense qu’une souveraineté. L’Espagne du roman, stylisée et sensuelle, devient un miroir de projections fin-de-siècle sur l’altérité et le féminin. Sans conclure par une morale explicite, le livre laisse une empreinte durable: il éclaire la fabrique des illusions amoureuses, la fragilité des serments, et a inspiré de nombreuses relectures et adaptations, preuve de la vitalité de ses questions.
Publié à Paris en 1898, La Femme et le pantin situe son intrigue dans l’Espagne de la Restauration bourbonienne (1874–1931). La Constitution de 1876 rétablit la monarchie, consacre le catholicisme comme religion de l’État et organise l’alternance contrôlée des partis conservateur et libéral (turno pacífico), fondée sur le caciquisme. Le suffrage masculin universel est instauré en 1890, sans abolir l’influence des notables. Dans ce cadre hiérarchisé, la respectabilité publique et l’autorité masculine sont des repères puissants. Le roman exploite ce décor institutionnel pour mettre à nu les tensions entre ordre social affiché et impulsions privées, sans discours politique explicite.
Divers passages se déroulent en Andalousie, notamment à Séville, capitale d’une sociabilité urbaine rythmée par les processions de la Semaine sainte, les confréries (cofradías) et la Feria de Abril. La plaza de toros, institution majeure, attire toutes les classes et façonne un imaginaire de courage, d’honneur et de spectacle. Au XIXe siècle, l’Andalousie est aussi un foyer artistique célébré par les voyageurs européens. En utilisant ces lieux publics – rues, arènes, fêtes – le roman inscrit le jeu de la séduction dans un théâtre social où chacun est vu, jugé et codifié, accentuant l’écart entre apparences rituelles et désirs individuels.
Les normes de genre qui dominent la fin du XIXe siècle en Espagne sont renforcées par le catholicisme social et par le Code civil de 1889, qui place les femmes mariées sous l’autorité maritale et limite leur capacité juridique. La respectabilité féminine est associée à la modestie et à la surveillance familiale, tandis qu’un double standard tolère davantage les écarts masculins. Dans les grandes villes, un système de réglementation de la prostitution et des spectacles coexiste avec une morale stricte. Le roman exploite ce paysage normatif pour interroger l’emprise du désir masculin et la résistance féminine, sans rompre avec la vraisemblance sociale.
L’Andalousie de la Restauration est marquée par de grands domaines (latifundia), une main-d’œuvre rurale précaire et, périodiquement, des conflits sociaux. Dans les villes comme Séville, la petite bourgeoisie, les commerçants et les ouvriers cohabitent avec une élite locale liée à la terre et au négoce (vins de Jerez, exportations). La Guardia Civil, créée en 1844, symbolise l’ordre public, tandis que cafés, théâtres et promenades structurent les loisirs urbains. En traversant ces milieux, le roman juxtapose ostentation et vulnérabilité matérielle; il montre comment l’attraction et la réputation circulent entre classes, sous le regard constant de la communauté et des autorités morales.
Écrivain français du fin de siècle, Pierre Louÿs s’inscrit dans un climat littéraire marqué par le symbolisme et le goût du décor « exotique ». La France lit depuis longtemps une Espagne fantasmée, popularisée par Carmen de Mérimée (1845) et l’opéra de Bizet (1875), où corrida, musique et passion structurent l’imaginaire. En publiant en 1898 un « roman espagnol », Louÿs dialogue avec ces modèles tout en s’adressant à un public parisien friand d’érotisme raffiné. Le livre met à profit cette médiation culturelle: il convertit rites, paysages et accents locaux en ressorts dramatiques qui éclairent la fabrication européenne des stéréotypes ibériques.
L’année 1898, date de parution, coïncide avec la guerre hispano-américaine et la perte de Cuba, de Porto Rico et des Philippines par l’Espagne, événement appelé « Désastre de 98 ». Cette crise provoque un débat intellectuel intense, porté notamment par la « Génération de 98 », sur la décadence, l’honneur national et la refondation morale. Bien que le récit de Louÿs ne traite pas de politique internationale, son décor espagnol paraît à ses lecteurs contemporains à l’heure d’une Espagne scrutée et commentée en Europe. Le roman réfracte ainsi, par le prisme des relations de pouvoir intimes, des inquiétudes fin-de-siècle autour de la domination et de la fragilité.
Depuis le milieu du XIXe siècle, les cafés cantantes d’Andalousie structurent des formes de spectacle où se codifient le chant et la danse flamenca; des danseuses et guitaristes y acquièrent une célébrité urbaine. Ces scènes, comme les théâtres populaires, offrent un espace ambigu, à la fois public et érotisé, que surveillent autorités municipales et morale catholique. Dans les villes de corrida, l’arte torero ajoute une grammaire du risque et de la parade. Le roman mobilise ces univers de performance pour penser la visibilité des corps, la mise en scène du désir et la circulation de l’argent, révélant les ambivalences d’une société du regard.
Enfin, le texte appartient au climat européen décadent, où l’esthétique, la sensualité et le fétichisme interrogent les limites de la maîtrise de soi. En cadrant son drame dans l’Espagne de la Restauration — monarchique, catholique et ritualisée —, Louÿs fait apparaître les contradictions entre piété publique, honneur viril et économie du désir. Sans dévoiler l’intrigue, on peut dire que le roman met à l’épreuve les prétentions masculines à gouverner sentiments et personnes. Il reflète et critique son époque en montrant comment structures sociales et fantasmes esthétiques se nouent, jusqu’à transformer les individus en acteurs d’un jeu dont ils ne commandent pas toujours les règles.
