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En français moderne, non inclusif, pour une lecture plus facile et agréable. Cette pièce furieusement baroque tient son originalité de deux phénomènes : l'inversion des rôles de sexe, aboutissant à la mise aux enchères d'un prétendu comte et à son enlèvement fictif par une marquise inexistante, d'une part; ainsi que d'autre part, le fait d'avoir été la première comédie écrite et publiée par une femme, Mme Ulrich (quoique sous le nom de son amant, l'acteur Florent Dancourt), en 1691. Représentée à la Comédie Française dès 1690, avec succès, elle fut reprise l'année suivante et jouée à Versailles, devant la Cour. Dans le registre des pièces de Molière (Dancourt en était un acteur), on y dénote une sensibilité plus féminine. Une satire des moeurs et de l'hypocrisie de l'époque, mais ne touchant aucune institution, qu'elle fût religieuse ou nobiliaire.
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Seitenzahl: 58
Veröffentlichungsjahr: 2021
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Madame Ulrich
LES MONNAIES
PRÉFACE
PERSONNAGES
SCÈNE PREMIÈRE : MERLIN, CHAMPAGNE
SCÈNE II : ÉRASTE, MERLIN
SCÈNE III : ÉRASTE, LISETTE, MERLIN
SCÈNE IV : LISETTE, MERLIN
SCÈNE V : Madame ARGANTE, LISETTE, MERLIN
SCÈNE VI : Madame ARGANTE, LISETTE, JASMIN
SCÈNE VII : LISETTE, seule
SCÈNE VIII : ANGÉLIQUE, en habit d’homme, LISETTE
SCÈNE IX : Madame ARGANTE, LISETTE
SCÈNE X : Madame ARGANTE, ANGÉLIQUE, LISETTE
SCÈNE XI : Madame ARGANTE, ANGÉLIQUE
SCÈNE XII : Madame ARGANTE, ANGÉLIQUE, LISETTE
SCÈNE XIII : Madame ARGANTE, ANGÉLIQUE, LISETTE, MERLIN
SCÈNE XIV : ANGÉLIQUE, LISETTE, MERLIN
SCÈNE XV : Madame ARGANTE, ANGÉLIQUE, LISETTE, MERLIN
SCÈNE XVI : Madame ARGANTE, ANGÉLIQUE, LISETTE
SCÈNE XVII : Madame ARGANTE, ANGÉLIQUE, LISETTE, JASMIN
SCÈNE XVIII : Madame ARGANTE, ANGÉLIQUE, LISETTE, CHAMPAGNE déguisé en Marquise
SCÈNE XIX : Madame ARGANTE, ANGÉLIQUE, LISETTE
SCÈNE XX : Madame ARGANTE, ANGÉLIQUE, ÉRASTE, LISETTE
SCÈNE XXI : Madame ARGANTE, ANGÉLIQUE, ÉRASTE, LISETTE, MERLIN déguisé en vieillard, CHAMPAGNE déguisé en Marquise
SCÈNE XXII : Madame ARGANTE, ANGÉLIQUE, ÉRASTE, LISETTE, MERLIN, CHAMPAGNE, Monsieur de BONNEFOY
SCÈNE XXIII : Madame ARGANTE, ANGÉLIQUE, ÉRASTE, LISETTE, MERLIN, Monsieur de BONNEFOY
SCÈNE XXIV : Madame ARGANTE, ÉRASTE, LISETTE, MERLIN
SCÈNE XXV : Madame ARGANTE, ÉRASTE, LISETTE, MERLIN, LA FLEUR
Madame Ulrich (née vers 1665 et morte après 1707) est une autrice de théâtre et éditrice française. Elle est, avec Catherine Bernard et Charlotte Legrand, l'une des trois seules autrices à avoir fait jouer une pièce à la Comédie-Française au XVIIe siècle.
Biographie
Madame Ulrich était la fille de l'un des Vingt-Quatre Violons du roi Louis XIV. Au décès de son père, à l’âge de treize ou quatorze ans, elle fut mise en apprentissage chez un barbier. Ulrich, un maître d'hôtel du comte d'Auvergne, fit sa connaissance et décida de la placer dans un couvent en vue de l'épouser, malgré leur grande différence d'âge.
Elle fréquenta les milieux libertins de son temps, s'émancipant très vite de son statut d'épouse : elle fut amie de la duchesse de Choiseul-Praslin, eut pour amants le comédien Florent Carton, sieur d'Ancourt, dit Dancourt ; Jean de La Fontaine, le marquis de Sablé, et fréquenta le cercle du duc de Bouillon.
En 1690, elle écrivit puis publia une comédie de travestissement, La Folle Enchère. Créée le 30 mai 1690 à la Comédie-Française, elle fut représentée à Versailles, devant le roi. La pièce fut longtemps attribuée à son amant Florent Dancourt1. L'accord au féminin dans la rédaction de la préface et le style de la pièce ont permis d'attester l'auctorialité de Madame Ulrich. Selon André Blanc, "la composition soignée, le rôle considérable des déguisements et leur résolution finale, une certaine confusion parfois, une intention romanesque, l'attaque même de la comédie, fort brillante, ne ressemble guère à la manière de Dancourt de cette époque".
Après la mort de son ami Jean de La Fontaine, Madame Ulrich publia en 1696 ses Œuvres posthumes : elle composa une préface et une épître dédicatoire au marquis de Sablé, pour rendre hommage à la mémoire du poète, et y inclut des œuvres inédites (dont le conte des Quiproquos, de nouvelles versions de certaines fables, dont elle possédait les manuscrits, des vers, et deux lettres que La Fontaine lui avait écrites). Un portrait de La Fontaine lui est également attribué.
Cependant, à partir de 1699, la liberté de mœurs de Madame Ulrich déplaît au pouvoir. Les plaisirs et divertissements du début de règne de Louis XIV ont laissé place à l'austérité et à la dévotion. Le contrôle de la société et des conduites transgressives s'intensifient. Après la répression de la prostitution, on met sous surveillance les courtisanes qui ont fui le puritanisme de la Cour pour les plaisirs de Paris et de ses salons libertins. Pour discipliner ces épouses ou filles rebelles qui s'affranchissent de la tutelle maritale ou paternelle, on les enferme aux Madelonnettes2. À la demande de Louis XIV et de Madame de Maintenon, les faits et gestes de Madame Ulrich sont surveillés. D'abord envoyée avec sa fille Thérèse dans un couvent en vue de sa repentance, elle est ensuite régulièrement arrêtée et enfermée aux Madelonnettes, dont elle s'évade, au Refuge, puis à l'Hôpital général. À partir de 1707, on ne trouve plus sa trace. D'après sa biographe Aurore Évain, « il semble qu'elle ait vécu les dernières années de sa vie en se faisant entretenir, sombrant peu à peu dans la prostitution ».
Loin de la « courtisane débauchée, mère indigne et muse vénale » à laquelle l'Histoire l'a longtemps réduite, Aurore Évain conclut que « les quelques éléments biographiques et littéraires que nous détenons permettent aujourd'hui de rétablir le portrait d'une femme libre, cultivée, écrivaine prometteuse [...], mais dont la reconnaissance auctoriale et la création littéraire furent violemment contrariées par les conditions sociales et morales imposées aux femmes ».
La Folle Enchère
Éraste aime Angélique, qui le lui rend bien. Ils sont jeunes et veulent se marier. Mais la mère d’Éraste s’y oppose : Madame Argante, bourgeoise fortunée, vieille coquette refusant d’assumer son âge et ses rides, va pourtant tomber à pieds joints dans la machination, ourdie depuis quelque temps déjà. Ainsi, Angélique, grimée en jeune comte, fait la cour à Mme Argante, qui se voit remariée.
Aidés par les valets d’Éraste, Merlin et Champagne, ainsi que de Lisette, soubrette de la mère, ils lui concoctent une fourberie à la Scapin, l’amenant à lâcher bien plus qu’elle n’aurait voulu devant notaire, face à un faux beau-père et une fausse marquise, qui s’évanouissent dès le tour joué.
La pièce multiplie sur un ton burlesque les travestissements et offre une peinture très cynique des mœurs de l'époque, où les rapports sociaux se résument à des jeux de dupes. Le travestissement d'Angélique est l'occasion de faire une satire du comportement des jeunes hommes à la mode, qui se définissent par leur capacité à jurer, à se battre et à multiplier les conquêtes3. Le titre est une référence au dénouement, qui conduit à la mise aux enchères, puis à l'enlèvement du faux comte par une fausse marquise.
La création de la pièce a lieu le 30 mai 1690 et est jouée 9 fois jusqu'au 16 juin. Une reprise a lieu les 14 et 16 janvier 1691, puis le 14 novembre à la Cour. La distribution comprenait Florent et Thérèse Dancourt, Mlle Beauval, Mlle Durieu, M. Du Périer, M. Raisin, M. Desmares, M. Beauval, et le comédien La Grange, spécialiste des rôles travestis, qui interpréta le valet Champagne déguisé en marquise.
Il est à préciser que Florent Dancourt est un habitué des pièces de Molière. Le ton de la comédie ne dépare pas de son registre habituel, avec une intensité dramatique croissant jusqu’aux enchères, pour finir un peu en queue de poisson.
