La parole de Dieu - Benoït de Baenst - E-Book

La parole de Dieu E-Book

Benoît de Baenst

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Beschreibung

Avec clarté et pédagogie, ce livre nous fait découvrir la Parole de Dieu dans toutes ses dimensions. La Parole de Dieu, en effet, désigne l’Écriture sainte, que l’auteur nous apprend à méditer et savourer, mais aussi le Christ lui même, avec qui nous pouvons entrer dans une relation vivante. Un guide précieux pour lire la Bible, devenir familier de la Parole de Dieu et se laisser transformer par elle.

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Seitenzahl: 150

Veröffentlichungsjahr: 2021

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Benoît de Baenst

La Parole de Dieu

Lumière pour se laisser transformer

Éditions Emmanuel

Conception couverture : © Christophe Roger

Composition : Soft Office (38)

© Éditions de l’Emmanuel, 2021

89, bd Auguste-Blanqui – 75013 Paris

www.editions-emmanuel.com

ISBN : 978-2-35389-919-7

Dépôt légal : 3e trimestre 2021

En mémoire des jésuites de l’Institut d’études théologiques qui m’ont accueilli comme étudiant et ensuite comme leur collègue, en souvenir de ces heures pleines de lumière passées ensemble à contempler le Mystère : Albert Chapelle ✝, Édouard Herr ✝, Dany Dideberg ✝, René Lafontaine ✝, Jean Radermakers, Jean-Marie Hennaux, Pierre Gervais, Pierre Piret, Jacques Rouwez, Alain Mattheeuws, Thierry Lievens, Bernard Pottier, Philippe Wargnies, Paul Favraux, Bernard Joassart, Jean-Pierre Sonnet, Benoît Malvaux, Xavier Dijon, Alban Massie, Jacques Scheuer. Qu’il me soit permis de leur associer Albert Verwilghen sbd, Noëlle Hausman scm et Paul Chapelle sj ✝, autres véritables colonnes de cet institut tant aimé.

Préface

Avons-nous déjà réfléchi à ce qu’il y a d’extraordinaire, de proprement incroyable, dans le fait que nous pouvons nous « entretenir » avec Dieu ? Avec Dieu, l’Éternel, l’Infini, l’au-delà de tout, le Père de notre seigneur Jésus Christ, qui nous a envoyé son Fils pour nous sauver, avec ce Fils lui-même qui est mort et ressuscité pour nous, avec l’Esprit qui sonde les profondeurs de Dieu ? Nous qui sommes des êtres finis, des créatures, des pécheurs ?

Dieu, qui nous crée à tout instant, qui nous engendre à tout instant, est sans cesse à notre écoute. Nous sommes l’objet d’une écoute impatiente, aimante, l’objet d’une attention infinie, toujours disponible.

Les hommes le savent d’ailleurs, car la prière est peut-être l’acte le plus spontané des hommes – je parle non seulement de nous qui sommes chrétiens, mais de tous les milliards d’humains depuis qu’il en existe.

L’homme est un être qui parle avec Dieu, pour le louer et pour l’implorer. Depuis toujours et il en sera toujours ainsi (l’athéisme est une maladie qui n’est pas naturelle).

L’homme croit spontanément que Dieu l’écoute. Et c’est pour cela qu’il parle à Dieu.

Il s’entretient avec Dieu, parce que Dieu depuis toujours l’écoute et lui parle. Il lui parle à travers les astres, à travers la création.

Cependant, Dieu a parlé d’une manière particulière à Israël, pour que celui-ci devienne pour toute l’humanité le médiateur d’une révélation plus profonde. C’est donc en Israël, que le Verbe de Dieu lui-même s’est fait chair. Et nous avons pu parler à Dieu d’une manière nouvelle, dans son Fils lui-même, comme des enfants parlent à leur Père – un Père qui n’est pas père d’une manière métaphorique, mais qui est réellement notre Père, aussi réellement qu’il est le Père de Jésus.

C’est dans cette réalité extraordinaire et incroyable que le livre du père Benoît de Baenst nous entraîne avec autant de clarté que de profondeur.

Laissons-nous faire et nous découvrirons un chemin de lumière et de bonheur.

Jean-Marie Hennaux sj

Introduction

Le 30 septembre 2019, jour de la mémoire de saint Jérôme1, le pape François déclarait que le troisième dimanche du temps ordinaire serait pour toute l’Église celui de la Parole de Dieu. C’est dire l’importance de la Parole pour le Saint-Père. Pour lui, « la Parole de Dieu n’est pas seulement une dévotion parmi tant d’autres, certes belle mais optionnelle ; elle appartient au cœur et à l’identité même de la vie chrétienne. La Parole a en elle-même le pouvoir de transformer les vies2 ». Il dit encore ailleurs :

La Parole a en soi un potentiel que nous ne pouvons pas prévoir. L’Évangile parle d’une semence qui, une fois semée, croît d’elle-même, y compris quand l’agriculteur dort (cf. Mc 4, 26-29). L’Église doit accepter cette liberté insaisissable de la Parole, qui est efficace à sa manière, et sous des formes très diverses, telles qu’en nous échappant elle dépasse souvent nos prévisions et bouleverse nos schémas3.

Se laisser conduire par la Parole de Dieu est donc décisif. En fait, de l’Écriture sainte, qui est la Parole de Dieu mise par écrit, dépend l’évangélisation. Le pape est on ne peut plus clair :

Toute l’évangélisation est fondée sur elle, écoutée, méditée, vécue, célébrée et témoignée. La Sainte Écriture est source de l’évangélisation. Par conséquent, il faut se former continuellement à l’écoute de la Parole. L’Église n’évangélise pas si elle ne se laisse pas continuellement évangéliser. Il est indispensable que la Parole de Dieu « devienne toujours plus le cœur de toute activité ecclésiale ». La Parole de Dieu écoutée et célébrée, surtout dans l’eucharistie, alimente et fortifie intérieurement les chrétiens et les rend capables d’un authentique témoignage évangélique dans la vie quotidienne. Nous avons désormais dépassé cette ancienne opposition entre Parole et Sacrement. La Parole proclamée, vivante et efficace, prépare à la réception du sacrement et dans le sacrement cette Parole atteint son efficacité maximale (EG 174).

En instituant ainsi une journée de la Parole, le pape François faisait sienne l’importance que son prédécesseur Benoît XVI accordait à la Parole Dieu, qui lui-même s’insérait dans le sillage du concile Vatican II et sa fameuse constitution sur la révélation, Dei Verbum4. En est témoin l’exhortation apostolique Verbum Domini5du pape allemand. Celle-ci « constitue un enseignement incontournable6 », que le pape argentin a repris à sa manière dans ses exhortations apostoliques.

Les papes François et Benoît XVI faisaient écho, chacun selon son génie propre, à une conviction de saint Jean-Paul II. En effet, parmi les nombreux événements de sa vie qui dénotent une personnalité hors du commun et des convictions profondes, il en est un qui ne manque pas d’étonner et manifeste le potentiel imprévisible de la Parole de Dieu. Durant la Seconde Guerre mondiale, alors que la Pologne était occupée et subissait l’oppression nazie, Karol Wojtyla faisait en secret avec quelques amis du théâtre. Dans sa biographie, George Weigel affirme même qu’à cette époque, le jeune Karol « s’immergea dans le théâtre comme il ne le ferait plus jamais7 ».

Quelle raison poussait cet étudiant en littérature de l’université Jagellon8 à mettre sa vie en danger de la sorte ? Sa grande passion pour le théâtre offre un début de réponse, mais celle-ci demeure trop courte. N’avait-il pas mieux à faire, pendant cette période inique, que de s’occuper de littérature et de mots ? N’y avait-il pas plus urgent ? Ne fallait-il pas plutôt entrer dans la résistance ? Résister était précisément ce que le futur pape entendait faire. « Il opta sciemment, dit Weigel, pour le pouvoir de la résistance par le truchement de la culture, la force de la parole, la conviction que la parole (en termes chrétiens, le Verbe) est ce sur quoi se fonde le monde. Mettre en doute ce choix reviendrait à contester le pouvoir du Verbe et des mots9. » À l’inverse de l’impression que l’on peut avoir, Wojtyla avait hérité d’autres amoureux des lettres la conviction que « “la parole” pouvait modifier ce que le monde du pouvoir considérait comme des faits inaltérables pour autant que les mots fussent proclamés clairement, honnêtement et avec suffisamment de force10 ». En fait, dès l’adolescence, il avait été profondément marqué par la grande littérature polonaise et « avait commencé à méditer sur le pouvoir de la parole susceptible de transformer l’histoire en dépit des obstacles matériels gigantesques11 ». De Kotlarczyk qui influença profondément sa pensée, le futur pape avait entendu que

le drame était l’élément essentiel de l’existence parce que c’était « la voie de la perfection », le moyen « de transmettre la Parole de Dieu », Vérité sur la Vie. […] [Pour Kotlarczyk,] le langage […] prenait vie dans l’intimité créée entre celui qui parlait et celui qui écoutait. La tâche de l’acteur consistait à faire entrer le public dans cette intimité en minimisant son rôle au point que la vérité de la parole pût atteindre et toucher celui-ci. […]

La fonction de l’acteur s’apparentait à celle d’un prêtre : il s’agissait d’accéder, par le biais des matériaux de ce monde, au royaume de la vérité transcendantale. Son « théâtre de la parole intérieure » dévoilerait des vérités et des valeurs morales universelles qui permettraient de juger les circonstances présentes et offriraient au monde la possibilité d’une authentique transformation12.

Pour Jean-Paul II – cela se voit tout au long de sa vie –, la parole humaine est loin d’être insignifiante et inconsistante, elle n’est pas du vent. Elle possède au contraire une force peu commune. Elle est ce qui fonde le monde. Elle est capable de changer ce qui apparaît inaltérable, de modifier le cours de l’histoire, d’offrir au monde la possibilité de se transformer. Elle permet de transmettre la Parole de Dieu et d’accéder à la vérité tout en respectant réellement la liberté de chacun. Or, si telle est l’étonnante puissance de la parole humaine, la chose est encore plus vraie pour la Parole de Dieu. Celle-ci est au fondement de l’univers, le guide et le porte à son accomplissement. Elle permet à l’homme de devenir librement lui-même. Elle est le secret du bonheur, « le chemin, la vérité et la vie » (Jn 14, 6).

Le concile Vatican II a souligné l’importance de la Parole de Dieu de deux manières. Tout d’abord, comme lors de nombreux conciles avant lui, l’Évangile y était solennellement placé sur un trône au milieu des évêques lors des sessions pour signifier que c’est le Christ qui préside le concile. Ensuite, la Parole de Dieu y fut un des sujets essentiels, abordé notamment dans la constitution Dei Verbum. La Parole de Dieu fut aussi le thème que le pape Benoît XVI choisit pour le synode en 2008, année du cinquantième anniversaire de la clôture du concile Vatican II. Et l’un des fruits de ce synode fut l’exhortation apostolique Verbum Domini de Benoît XVI dont nous sommes encore loin d’avoir épuisé la richesse.

Tous ces événements disent à l’envi l’importance pour la vie chrétienne de la Parole de Dieu. L’objectif de ce livre est de mieux percevoir l’incomparable grâce qu’est cette parole unique en son genre. Il propose un chemin pour progressivement goûter à la joie de la promesse de Jésus : « Heureux […] ceux qui écoutent la Parole de Dieu et l’observent ! » (Lc 11, 27-28). Remarquons-le, le but que Jésus propose n’est rien de moins que le bonheur, la vie en plénitude.

Pour mieux comprendre la richesse de la Parole de Dieu, notre réflexion s’est laissé guider par trois questions : Qu’est-ce que la Parole de Dieu ? Comment l’interpréter ? Comment y demeurer ? Développons. L’expression « Parole de Dieu » est familière. Nous peinons cependant souvent à définir ce qu’elle désigne. Et cette difficulté vaut également pour la parole humaine tout court. Nous chercherons donc à préciser en quoi consiste la parole et ensuite ce qu’est la Parole de Dieu. Cela établi, nous nous pencherons sur son interprétation. Car bien souvent, on ne sait comment s’y prendre ou l’on craint de se tromper. Comment, de fait, éviter de tomber dans le fondamentalisme ? Comment demeurer fidèle à la lettre et à son esprit ? Enfin, nous essaierons d’expliquer comment s’approprier cette Parole divine, prier avec elle, se laisser spirituellement guider par elle. Autrement dit, nous verrons comment devenir soi-même demeure de la Parole de Dieu et, par là, étonnamment, soi-même demeurer en elle.

Toutes ces questions structurent ces pages réparties en quatre chapitres. Le premier consistera en une réflexion sur la parole de l’homme. Que pouvons-nous en dire à partir de la raison humaine ? Le deuxième cherchera à mieux comprendre ce qu’il faut entendre par Parole de Dieu. Le troisième se penchera sur la question de son interprétation. Il offrira quelques clés pour oser se lancer dans l’Écriture sainte, pour la lire sans se tromper tout en gardant une véritable audace. Le dernier expliquera ce que signifie demeurer dans la Parole de Dieu et comment s’y prendre. Il tâchera de montrer comment écouter la Parole et la mettre en pratique, afin de parvenir au bonheur qu’elle promet. Il précisera comment nous pouvons la garder et goûter la joie qu’elle offre. Le premier chapitre propose donc une réflexion de type plutôt philosophique. Les trois autres déploient ce que Dieu nous a révélé. Elles seront théologiques au sens large.

1. Ce Père de l’Église a consacré la majeure partie de ses forces à l’étude et à la traduction de l’Écriture sainte.

2. PAPE FRANÇOIS, Exhortation apostolique Gaudete et Exsultate [GE] sur l’appel à la sainteté dans le monde actuel, 19 mars 2018, n° 156.

3. PAPE FRANÇOIS, Exhortation apostolique Evangelii Gaudium [EG] sur l’annonce de l’Évangile dans le monde d’aujourd’hui, 24 novembre 2013, n° 22.

4. CONCILE ŒCUMÉNIQUE VATICAN II, Constitution dogmatique Dei Verbum [DV] sur la Révélation divine, 18 novembre 1965.

5. BENOÎT XVI, Exhortation apostolique Verbum Domini [VD] sur la Parole de Dieu dans la vie et dans la mission de l’Église, 2010.

6. PAPE FRANÇOIS, Aperuit illis, 30 septembre 2019, n° 2.

7. GEORGE WEIGEL, Jean-Paul II. Témoin de l’espérance, Paris, Lattès, 1999, p. 84.

8. Au-dessus de l’entrée de la Grande Salle du Collegium Maius de l’université se trouvait l’inscription suivante : « Plus ratio quam vis », c’est-à-dire : « La raison plutôt que la force ».

9. GeorgeWEIGEL, Jean-Paul II. Témoin de l’espérance, op. cit., p. 90.

10. Ibid., p. 89.

11. Ibid., p. 56.

12. Ibid., p. 55.

Chapitre 1

Qu’est-ce qu’une parole ?

Avant de considérer comment écouter la Parole de Dieu, demandons-nous ce que c’est. Qu’entend-on d’ailleurs par parole ? Qu’est-ce qu’une parole ? La parole humaine, et donc le langage, est une réalité à la fois simple et extraordinairement riche et complexe. Nombre d’études ont été faites pour mieux la cerner, mais ce n’est pas le lieu d’entreprendre une telle réflexion. Nous nous contenterons ici d’en souligner quelques aspects, en veillant toujours à les tenir ensemble : forme, enracinement, rapport à la réalité. Nous donnerons enfin quelques conséquences de ce que nous aurons compris, dont la plus importante consiste en ce que le langage est en soi révélation. Ainsi, nous montrerons que la compréhension de la parole et du langage est décisive pour celle de la Parole de Dieu.

La forme du langage

Par « forme du langage », on entend la manière dont celui-ci se structure. Le langage, en effet, possède comme différentes strates. La philosophie du langage distingue la langue, le discours, la parole et le langage. Développons ces aspects l’un après l’autre.

Langue

La première caractéristique du langage est qu’il est une langue. Depuis la nuit des temps, il en existe de très nombreuses : le français, l’anglais, l’italien, le latin, le grec, l’hébreu, le chinois, le xhosa… Le propre d’une langue est de se composer de vocables, qui forment un lexique, et de règles, ce qu’on appelle la grammaire. C’est donc un ensemble de différences structuré par des vocables et des règles. Les vocables possèdent une certaine plasticité régulée par la grammaire. Prenons par exemple le verbe « manger ». La plasticité du verbe se constate dans sa conjugaison : le verbe « manger » peut devenir « ils mangent », « nous mangerons », « mangez » ! Le sens profond reste toujours le même. En fonction de la personne, du genre, du nombre, du temps et du mode, il y a cependant une certaine variation. Celle-ci obéit à des règles précises, qui doivent être respectées, sans quoi le mot ne signifie plus rien. Si l’on écrit « mangu », la signification du mot devient incertaine. Et si l’on arrive à deviner grâce à la position du mot ou au contexte qu’il s’agit du verbe « manger », on ne sait pas comment il est conjugué, ni à quoi il s’applique.

Les vocables possèdent aussi un certain caractère arbitraire sans pour autant que celui-ci soit absolu. Une même réalité peut être désignée de différentes manières, en fonction des langues notamment. Par exemple, « table » se dit Tisch en allemand, tavola en italien, tafel en néerlandais, ou encore mensa en latin. Mais c’est toujours la même réalité qui est signifiée. Par contre, une fois que le vocable est choisi, on ne peut plus le changer (à moins de s’être mis d’accord auparavant). En effet, si l’on dit « gable », personne ne comprendra qu’il s’agit d’une table. Seul le contexte permettra peut-être de le deviner. Ainsi, plusieurs mots peuvent signifier une même chose. Nous l’avons vu pour le mot « table » en différentes langues, mais cela vaut aussi à l’intérieur d’une même langue. Les mots « canapé », « divan » et « sofa » signifient la même réalité. C’est pourquoi on distingue classiquement entre le signifiant (le vocable, le mot) et le signifié (la réalité désignée). Ainsi, différents signifiants peuvent avoir un même signifié. Inversement, un même signifiant peut avoir des sens différents. La locution « prendre un verre » ne veut pas dire la même chose selon que je suis en train de dresser la table ou de proposer de prendre un apéritif avec des amis. Et le mot « vers » peut être compris comme une préposition qui indique la direction ou comme un substantif qui désigne des lombrics.

Dans le même sens, on perçoit combien ces aspects sont importants pour une juste compréhension de la Parole de Dieu. Le sens d’un vocable peut varier avec le temps. Le mot « cœur », par exemple, ne signifie pas la même chose dans la Bible et dans notre culture. Dans l’Écriture sainte, il signifie l’intériorité de la personne, « une réalité […] qui inclut toutes les formes de la vie intellective, les affects, les émotions et le domaine inconscient où s’enracinent toutes les activités de l’esprit13 ». C’est donc à la fois les sentiments, les passions (dont l’amour), les désirs, mais aussi la mémoire, l’attention, l’intelligence, le savoir, l’intention, la volonté, l’esprit. Pour l’homme contemporain occidental, il désigne surtout et souvent uniquement le sentiment de l’amour.

Discours