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Alwin a un rêve depuis tout petit, il veut devenir Policier : être au service de la population, la protéger... Il intègre l'école de Police à 19 ans. Mais, du rêve, Alwin bascule dans la réalité... Alors, pour arriver à dormir le soir, il écrit ce qu'il voit, ce qu'il entend, sur des bouts de papiers... Cinq ans plus tard, il en a fait un livre et nous entraîne avec lui dans une étonnante immersion dans le quotidien d'un policier de base. Le jeune homme décrit la réalité de ce qu'il vit sans langue de bois : de mensonges en désillusions, il sera amené à rendre une décision radicale... Un témoignage de première main avec des anecdotes incroyables et pourtant rigoureusement authentiques ! Découvrez-les en lisant cet ouvrage : il se lit d'une traite !
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Seitenzahl: 146
Veröffentlichungsjahr: 2019
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Biographie
Concours d'entrée de la Police
Les anecdotes de l'école de police
Première affectation : des contacts intrigants
Visite du patron : une mascarade
Des Policiers SDF
Chasse à l'homme
L'abus de pouvoir de la hiérarchie
La course aux chiffres
Menaces de mort
Conseils d'un voyou
Coups de hache dans la porte
Humiliation d'un policier
Incident avec un usager
Intronisation d'un nouvel ego
La liberté d'un exhibitionniste pédophile
Drame familial dans un hôtel
L'agresseur multirécidiviste
Cambriolage en direct
Sanction disciplinaire
Les vices du concours de la Police
Conseils pour quitter la Police
Nouvelle affectation : le chef est un connard
Premier jour : première course-poursuite
Démission
Depuis ma rentrée en 6ième, à chaque début d'année de ma scolarité, on m'a demandé d'écrire sur ce fameux bout de papier ce que je voulais faire plus tard… J'ai toujours écrit « Policier ». Plus qu’une évidence, je sentais que ce métier était fait pour moi.
Depuis toujours, j'ai admiré cet uniforme bleu, ce devoir, cette possibilité de défendre son pays en aidant les habitants, en y faisant la chasse aux méchants. Jouer au jeu du gendarme et du voleur tout en faisant son métier, il n'y avait rien de mieux à mes yeux.
En classe de 3ième tout le monde attend avec impatience le fameux stage en entreprise, pour moi c’était une évidence : la Police. Il n'est pas simple d'intégrer un commissariat pour le stage de la dernière année de collège, voire impossible. La présence d'un mineur dans les locaux de police est souvent perçue comme gênante, je me suis donc rabattu sur l'armée, et plus particulièrement, sur l'armée de l'air : un autre domaine auquel je portais de l'intérêt. Durant le stage, j'ai pu approcher les diverses branches de l'armée de l'air, mais la vie en caserne des militaires ne m'a vraiment pas attiré…
Pour être honnête, durant ma scolarité, je n’étais pas un élève exemplaire, mais plutôt le perturbateur qui était abonné au fond de la classe contre la vitre. On me remarquait plus pour mes absences et ma bêtise que pour mes notes. Mais l'unique objectif de ma présence en cours était d'obtenir l'examen pour rentrer dans la police. Tant bien que mal j'arrive au Baccalauréat. C’est pendant les révisions de celui-ci que j'apprends l'ouverture du concours. Je savais que je n'étais pas prédestiné à poursuivre dans le système scolaire, pour autant je croyais en mes chances et pensais correspondre au profil recherché par la Police. En effet, je suis un judoka véritablement passionné depuis l'âge de cinq ans. Je suis attiré par les sports de contact et de combat. Je combats chaque année pour rester au niveau interrégional, en espérant accéder aux championnats de France 1ère ou 2ème division. Je sens que je suis prêt à tout donner pour ce métier. Un métier que j’admire et que je voudrais honorer.
Après l’obtention du baccalauréat, j'ai choisi d'arrêter l'école pour rentrer dans la police. Me voilà face à mon avenir, je m'inscris au concours et j'envoie mon dossier. Une fois mon dossier reçu et accepté, je me présente à l'examen écrit.
C'est un grand jour de stress : il y a énormément de monde, je dirais mille personnes environ. L'examen s’échelonne sur toute la journée, selon plusieurs épreuves. Elles me paraissent d'une facilité déconcertante, intégrant pour la majorité des questions de niveau secondaire. D'un côté, je me dis : tant mieux pour moi.
Je suis assez surpris qu'il n'y ait aucune épreuve physique pour l'obtention du concours… Je trouve ça étrange pour un métier comme policier qui requiert des conditions physiques convenables pour être sur la voie publique.
Bonne nouvelle, je suis directement reçu à l'oral. De ce que j’ai entendu, le plus difficile est la confrontation avec les policiers mais le plus déstabilisant reste le face-à-face avec le psychologue, présent pour analyser tous nos faits et gestes. En plus du stress, ils essayent de nous déstabiliser pour connaître nos réactions et notre répartie, choses essentielles dans le métier.
Le jour de l'examen, le stress est à son comble. Je vois sur la liste que je suis le dernier de la journée à passer devant le jury… Bonne ou mauvaise chose, je ne sais pas.
Chaque candidat qui sort nous raconte brièvement comment s’est passé son oral : les habituelles questions qualités / défauts et visiblement pour tout le monde ce sont deux questions de mise en situation sur la voie publique. Il n'est pas évident de se mettre dans une situation que l'on n’a jamais rencontrée, mais bon, c'est le jeu ! Quoiqu'il en soit, c'est à mon tour, et il va falloir assurer.
Je fais ma présentation, tout se passe bien, les questions s’enchaînent. Ce ne sont pas moins de sept mises en situation qui me sont demandées… Contrairement aux autres, j'étais plus inquiet par le fait de répondre à toutes ces questions plutôt que par la difficulté des questions elles-mêmes.
A contrario de l'écrit, c'est avec un peu de scepticisme que je quitte cet oral, sans savoir si j'avais fait bonne impression, et pourquoi cette pluie de mises en situation…
La lettre arrive, je suis affecté en école de police le mois prochain. Soulagement !
Mon rêve d'enfant va enfin se réaliser.
C'est un peu comme toutes les rentrées dans une nouvelle école, un nouveau cycle, tout le monde s'observe, sans trop dire un mot. Nous sommes une cinquantaine. Ce matin-là, il fait plutôt froid. Nous sommes tous rassemblés, les visages enfoncés dans nos cols, en attendant que quelqu'un nous donne les consignes.
Un moniteur arrive vers nous avec deux feuilles à la main, il demande notre attention et annonce les deux sections. La première devra se mettre sur la gauche et la seconde sur la droite. Je me retrouve dans la section 1, je suis satisfait, je suis tombé avec deux mecs avec qui j'avais déjà sympathisé. Le premier s'appelle Thomas, joueur de poker, peu bavard au premier abord, le corps visiblement déjà entamé par les tatouages. Le second, c'est Kevin, d'origine laotienne, amateur de boxe Thaï, beaucoup plus bavard et déconneur que l'autre. Une fois les sections fondées, - nous sommes vingt-cinq par section -, les langues se délient et les discussions naissent.
Au premier abord, les âges varient entre 18 et 25 ans. Pour ma part ; je n’en ai que 19 mais il y a des choses qui me choquent ; je me demande déjà ce que certaines personnes font là, elles semblent plus dérangées qu'autre chose… Sans trop parler du physique, oublions les petits, les grands mais par contre ceux qui sont en surpoids, - pas quelques petits kilos en trop -, les très fortes corpulences voire les obèses qu'est-ce qu'ils font là ? Nous verrons bien à la première séance de sport.
Les chambres sont attribuées, je me retrouve avec Thomas. Quant à Kevin, il est dans la chambre voisine, seul un mur nous sépare. Le premier soir, nous décidons d'aller boire une bière, nous le proposons à toute la section. Seule une dizaine de personnes nous accompagne.
La première semaine touche à sa fin et déjà les premières amitiés se lient, les premières histoires aussi.
La première séance de sport est d'une forte intensité, basée essentiellement sur la course à pied. Il n'y a finalement pas de surprise, déjà que très peu suivent la cadence imposée par la foulée du moniteur, toutes les personnes en mauvaise condition physique n'ont pas tenu les dix premières minutes… Ça promet.
Après quelques semaines de formation, durant une matinée, nous sommes tous reçus par une psychologue pour un très bref entretien. L'après-midi, notre moniteur nous annonce qu'une élève de notre section (qui semblait effectivement bizarre depuis le début), a fini sa formation après l'entretien avec la psy. Nous ne l'avons jamais revue en cours… Elle a dit à la psychologue qu'elle était rentrée dans la police pour tuer son ex-copain.
Je veux bien que tout le monde ait droit à sa chance… Mais comment être passé à côté de cela, lors de l'entretien à l'examen, alors qu’un un psychologue est présent ? En soi, ce n'est pas dramatique qu'elle soit passée entre les mailles du filet. Nous avons commencé les séances de tirs et elle a donc déjà eu une arme entre les mains, elle a commencé à apprendre à s'en servir, et ce n'est qu'après ça que le diagnostic est fait ?
Depuis mon premier jour à l'école, je demande à participer aux championnats de France de Judo Police, sans jamais obtenir de réponse positive. À deux jours du championnat, le Major me convoque enfin, il m'informe qu'il m'a inscrit pour cette compétition et que le responsable régional passera me récupérer le lendemain pour m'y amener.
C'est une chose nouvelle pour moi, le judo dans le milieu professionnel, et là, en l'occurrence, uniquement contre des policiers… Nous sommes six judokas de la région à partir, plus le coach. Nous faisons cinq heures de bus, puis nous sommes reçus à l'hôtel avec un grand buffet à volonté à notre arrivée. Mais pour des sportifs au régime ça n'est pas la meilleure idée qui soit, la plupart des combattants montent dormir sans manger… Le lendemain matin c'est le jour J, première étape la pesée, pour moi en catégorie moins de soixante-treize kilos, ça passe à une centaine de grammes près, ensuite la journée se déroule comme une compétition normale, de la partie éliminatoire jusqu'aux demi-finales le matin et les phases finales en fin d'après-midi. C'est le même engagement, la même intensité et combativité pour tous les combattants.
Après une longue journée et cinq combats, je termine troisième. C'est mon premier podium national. Une longue et belle soirée avec tous les compétiteurs est organisée. Puis, tôt le lendemain matin, c'est le chemin du retour pour réintégrer l'école. Je suis félicité par tous mes moniteurs. J'ai l'impression que cette médaille me donne du crédit à leurs yeux. Ça me rend assez fier d'avoir dignement représenté mon école.
Au bout de deux mois de formation, les amitiés sont faites, les habitudes s'installent, et certains comportements sont toujours aussi étranges. On peut déceler des leaders, des personnes plus en retrait et des vicieux. Il y en a un en particulier qui sort du lot, il passe son temps à créer des histoires et à empiler les mensonges pour diviser les groupes, c’est peut-être dans le but de combler ses lacunes physiques et scolaires…
À l'occasion d'une discussion avec les moniteurs de sports, conscients du problème, ils nous expliquent qu'il existe aussi des collègues dans le même esprit dans la police, donc qu'il faudra faire avec. Ce n'est donc pas plus mal d'en rencontrer un dès maintenant pour s'y habituer et s'y adapter. Du moins, c’est ce que je pense, même si ça me désole au premier abord.
En ce qui concerne le niveau des cours, pour moi qui ai eu une scolarité des plus banales, avec une position annuelle au fond de la classe, je ne trouve pas le contenu de la formation compliqué. À vrai dire, il suffit d'écouter les nouvelles choses pour les assimiler. C'est un peu plus difficile pour certains, il est donc mis en place un soutien pour les personnes ayant des lacunes en français ou en maths et pour apprendre les connaissances théoriques de police. J'ai la surprise de voir que certains savent à peine écrire leurs noms et prénoms… C'est difficile à croire au vu de leur réussite au concours mais il s'agit malheureusement d’une vérité.
La scolarité approche de son terme, je sais qu'à la veille de rentrer pour de bon dans la Police, j'y vais accompagné par de vrais copains comme Thomas et Kevin.
La cérémonie est belle, rythmée par la Marseillaise, tous en uniforme, je pense que l'émotion est palpable. J'ai du mal à quitter tous ces bons mecs pour partir dans mon futur service… Après quelques accolades, la cérémonie touche à sa fin. Nous nous promettons de prendre soin les uns des autres, puis de garder contact avec les collègues affectés aux quatre coins de la France.
La formation de douze semaines est intense mais aujourd'hui, je ne sais pas si je suis vraiment capable d'aller sur la voie publique, face à la vie et à l'hostilité du terrain. Je me suis toujours porté volontaire pour les exercices de simulation mais je ne sais pas si c'est suffisant. Je pars au moins avec de très bons souvenirs de ma formation.
Ce matin-là, je m’apprête à rentrer dans la vie active, celle dont j’avais tant rêvé, gamin. C'était ma première journée dans mon poste de police.
Malgré mes trente minutes d'avance, je cherche péniblement une place pour stationner mon véhicule dans les rues surchargées du centre-ville. Il reste quinze minutes, je me décide à y aller. Accompagné de mon gros sac de sport rempli de vêtements de Police, je marche quelques centaines de mètres jusqu'à me retrouver devant la porte du poste. Ça ressemble plus à une vieille habitation, qu'à un commissariat…
Les quatre volets en bois sont fermés, la porte aussi visiblement. Je ne sais pas trop quoi faire. Pourtant je suis sûr de moi, il s’agit bien du lieu de ma convocation. Tant pis, je frappe à la porte. Aucune réponse. J'attends, sans vraiment me poser de question, mais stressé de commencer ce si beau métier. Je réalise à peine que mon rêve d'enfant se trouve derrière cette porte.
Au loin, je vois arriver d’un pas décidé, très certainement un futur collègue, puisqu'il porte son pantalon de service, ses Rangers et un maillot de la Nouvelle Zélande.
Il paraît assez costaud et imposant. À quelques mètres de moi, il s'arrête et me dit : « Le poste n'ouvre qu'à 9 heures, il va falloir attendre jeune homme ».
Moi en souriant : « Bonjour, mais je suis affecté aujourd'hui, ici. »
L'homme, étonné, me répond : « Ah bon ? Nous ne sommes pas au courant… » Puis sans hésiter rajoute : « Allez, je t'ouvre, entre ! »
Moi, tout en lui serrant la main : « Je m'appelle Alwin, enchanté »
Lui : « Moi, c'est Stéphane, mais tout le monde m'appelle Steph ».
J'avance dans ce poste, il s’agit d’une vieille bâtisse en pierre qui fait office de poste de police. Je me présente aux collègues déjà là, assis devant leur café.
Stéphane me propose de visiter les locaux, j'en profite pour me mettre en uniforme. L’excitation m’envahit.
Le chef de poste arrive, pas de présentation, il me dit d’un ton autoritaire : « Bon, tu vas à l'accueil, c'est toi qui vas tenir l'accueil aujourd'hui ! »
Moi : « Il y aura quelqu'un avec moi pour m'expliquer un peu ? »
Chef : « Non, il va falloir que tu gères tout seul, la personne qui s'occupe de l'accueil est absente. C'est également notre premier jour dans ce poste à l'adjoint et moi-même. Je suis le Chef Cracière, ça risque d'être un peu le bordel aujourd'hui ! Donc lorsque tu ne sais pas, tu trouves un collègue et tu lui demandes. »
Là, je me demande où je suis tombé. À l'école, on ne nous avait jamais parlé de ce genre d’imprévus… Le stress reprend alors le dessus.
Il reste cinq minutes avant que le poste ouvre ses portes, je vais m'installer et prendre mes marques. Je suis en place, j'entends la porte s'ouvrir, c'est mon premier « client », c'est pour un vol de poubelle. Je dois avouer que je n'ai aucune idée de ce qu'il faut faire ou dire. Le même problème va se répéter tout au long de la journée lorsque des personnes se présentent pour un contrôle judiciaire, pour des dégradations de véhicules, des vols de documents et diverses demandes d'informations ou autres histoires farfelues…
Aux alentours de onze heures, la patrouille rentre pour faire une pause au poste, Stéphane en profite pour venir discuter un peu avec moi. Avant de repartir, il me dit : « Sache que tu es le bienvenu ici et si tu as un problème, tu viens me voir, peu importe que ce soit professionnel ou personnel. Si tu as des questions, des doutes, tu viens me voir, je t'aiderai et on essaiera d'améliorer ça, je te laisse mon numéro de téléphone, n'hésite pas à m'appeler ».
Ses mots me touchent, c'est ce que je voulais entendre en rentrant dans la police, en intégrant cette grande famille. Étant méfiant de nature, je reste tout de même sur mes gardes, mais ce mec m'a tout l'air d'être un super collègue.
Je profite de la pause repas pour faire plus amples connaissances avec mes nouveaux collègues, ils ont tous l'air tous sympathiques. La radio les appelle, en renfort de collègues chez les gens du voyage où un coup de feu aurait été tiré… Ils partent tous en courant. J'aimerais tellement partir avec eux, un mélange de sentiment d’excitation et de frustration s’empare alors de moi. Me voilà tout seul à table, entouré d'assiettes non terminées et de plats encore fumants…
Le chef Cracière et son adjoint, le brigadier Erismoff me rejoignent dans la pièce pour prendre un café. Le chef ferme la porte et se met en face de moi, il me regarde fixement. De ses deux mains il tient son café et me dit : « Alwin, c'est ça ? Tu sais dans la police, si tu veux avancer va falloir que tu sois du bon côté… »
Moi : « J'ai pas l'intention d'être un ripou ! »
