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Comment vivre en accord avec mes aspirations les plus profondes ? Quel chemin me mènera à la joie et au bonheur ? Il existe un chemin secret pour découvrir en soi la flamme qui donne du sens à notre vie. La Quête intérieure vous embarque dans cette aventure personnelle. De manière très concrète, ce livre vous propose de prendre conscience de vos motivations souvent inconscientes, des représentations de la vie dont vous avez hérité et de mettre à jour le but que vous désirez réellement poursuivre, pour prendre vous-mêmes en main les commandes de votre vie. Éclaircissez le sens de votre vie, elle en sera changée.
À PROPOS DE L'AUTEUR
Pierre Mellot, né en 1994, est engagé dans la communauté de l'Emmanuel. Il est l'auteur de Vivre d'amour. Petit guide de l'amitié... et plus, paru en 2018.
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Seitenzahl: 123
Veröffentlichungsjahr: 2021
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Pierre Mellot
La quête intérieure
Trouver le sens de sa vie
Conception couverture : © Christophe Roger
Composition : Soft Office (38)
© Éditions Emmanuel, 2021
89, bd Auguste-Blanqui – 75013 Paris
www.editions-emmanuel.com
ISBN : 978-2-35389-912-8
Dépôt légal : 3e trimestre 2021
À mes parents.
Il y a des gens qui, à propos de certains problèmes, font preuve d’une grande tolérance. C’est souvent parce qu’ils s’en foutent.
Mark Twain
Aucun vent n’est favorable au bateau qui ne sait pas où il va.
Sénèque
[Dans la vie d’un homme, l’essentiel relève] d’une vision du sens de l’existence – de ce que l’homme ressent au fond de lui-même quand il regarde à travers ces étranges fenêtres qu’on appelle des yeux, cet étrange spectacle qu’on appelle le monde.
G. K. Chesterton
Pourquoi as-tu choisi de vivre ainsi ?
Mon cher Fred,
J’ai beaucoup repensé ces derniers temps à la discussion que nous avons eue l’autre jour dans un bar. Tu m’avais parlé de ton intérêt pour les spiritualités orientales, le bouddhisme, la méditation… Tu les voyais comme de bons moyens de prendre du recul sur sa vie, de s’arrêter pour prendre plus pleinement conscience de ce que nous vivons, de vivre plus intensément, de donner du relief à ce que nous faisons en donnant à notre vie une nouvelle dimension : la dimension intérieure.
Être plus attentif à ce qui se passe en nous, c’est aussi mieux écouter nos désirs, nos peurs, nos émotions, nos envies, découvrir ce qui nous motive, nous attire, nous donne de la joie. Sans faire de métaphysique, nous voyons alors plus clairement quel est le but que nous voulons poursuivre au long de notre vie, la personne que nous voulons devenir. Cette démarche intérieure nous rend plus lucides, me disais-tu, et donc plus capables de trouver le sens de notre vie.
De mon côté, je t’avais parlé de ma propre vie spirituelle, et nous avions donc discuté de ce qui nous anime, des forces et des idées qui secrètement nous poussent en avant, de notre vision du monde et de la vie. Finalement, un point essentiel est ressorti pour moi de notre échange : mieux comprendre qui nous sommes et ce que nous voulons vraiment, faire émerger le sens de notre vie, devient possible lorsque nous découvrons tout doucement non seulement les désirs, mais aussi les idées et conceptions qui guident notre vie, et qui jusqu’alors agissaient en nous silencieusement, à notre insu… Car ces idées sont souvent secrètes, même pour nous. Et voici donc le but de la quête intérieure que nous partageons tous : découvrir le secret de ce que nous cherchons véritablement.
Bien qu’elles soient floues pour nous-mêmes – secrètes – nos « idées sur la vie » influencent discrètement mais sûrement notre façon de vivre. C’est d’ailleurs aussi pour cela que j’aime les conversations comme celle que nous avons eue. Lorsqu’on a l’occasion d’échanger avec un ami sur ce qui nous semble important dans la vie, sur les raisons qui nous ont poussés à faire tel ou tel choix, par exemple dans une relation amoureuse ou dans notre parcours professionnel, ces idées, les motivations de nos choix se précisent. Ce qui était vague devient plus clair : il n’est pas rare de ressortir d’une telle conversation en ayant appris quelque chose sur nous-mêmes !
Je t’écris aujourd’hui pour cette même raison, par désir de poursuivre la conversation, en te partageant mes propres idées, ce qu’il m’a semblé découvrir au fil de très nombreuses discussions sur ce thème avec des personnes bien différentes. Je le fais en espérant que ces pistes pourront t’éclairer à ton tour pour avancer sur ton chemin, et te faire découvrir la vision qui porte ta vie. Je le fais aussi pour te partager une intuition très forte, née de ces rencontres et de mon expérience : le vrai chemin de notre quête intérieure se trouve dans une direction que nous n’attendons pas.
Nous réfléchissons rarement de façon précise à ce qu’est pour nous le but de notre vie, au sens de l’amour ou au bonheur. Pourtant, subrepticement, ces « grandes idées » occupent beaucoup de place dans notre petit dialogue intérieur, cette discussion que nous entretenons perpétuellement avec nous-mêmes au long des journées, souvent sans y faire vraiment attention. Nous avons l’impression d’être très absorbés par les activités de notre vie quotidienne. Mais en réalité, les mille émotions et pensées sur le monde qui nous traversent chaque jour ont pour nous bien plus d’importance que nos réflexions sur nos activités concrètes et pragmatiques, comme gagner notre salaire au travail, faire les courses, ou penser à vider le lave-vaisselle. J’aime beaucoup la façon dont l’exprime Chesterton, un penseur et artiste anglais très inspirant, à la fois caricaturiste, poète, journaliste, pamphlétaire, romancier, critique littéraire et essayiste dont nous reparlerons souvent :
Ce n’est pas de sa subsistance que l’homme se préoccupe le plus, mais de son existence, de l’univers où il s’éveille chaque matin, de la place qu’il y tient. Pour une fois où il se représentera clairement ce que lui rapporte son travail et ce que lui coûte sa nourriture, il lui arrivera dix fois de se dire qu’il fait beau, que le monde est bizarre, que la vie vaut d’être vécue, que le mariage n’est pas toujours rose, que les enfants sont gentils, mais que sa jeunesse était plus gaie, bref de méditer vaguement sur le mystère de la vie humaine1.
Tout au long de nos journées, nous « méditons vaguement », si bien que ces idées sont comme la toile de fond de notre vie, mais elles se montrent rarement au premier plan. On y pense sans y réfléchir.
J’aime les conversations comme celle que nous avons eue, parce qu’elles nous rappellent que ces grandes idées sur le monde déterminent nos choix de tous les jours. Elles ne sont pas des concepts métaphysiques éthérés sans importance, ni même des convictions que nous convoquerions une fois tous les cinq ans au moment d’aller voter, ou lors des interminables discussions sociopolitiques où nous refaisons le monde (qui se porte bien mieux après), ou encore une fois par semaine en se rendant à la mosquée, au temple ou à l’église… avant de les remettre au placard en attendant la prochaine occasion.
Notre conception de la vie n’est pas un smoking des grands soirs, celui que l’on sort une fois par an, un vêtement pour riche, que seuls ceux qui en ont le luxe peuvent se permettre. Les personnes que je rencontre, et avec qui j’échange sur leur vision du sens de la vie, me disent souvent : « J’ai bien quelques vagues idées, mais je n’ai pas vraiment le temps pour me pencher dessus. J’aimerais bien pourtant ! Mais j’ai plus urgent, plus concret : j’ai une famille à faire vivre, une vie à gérer, une présentation à terminer pour demain. »
Pourtant, en réalité, ils portent eux aussi sans le savoir une vision souvent très précise du monde. Nos conceptions de la vie ne sont pas nos tenues des grands soirs, ce sont nos slips, nos culottes et nos chaussettes. Nos sous-vêtements qui nous collent au corps toute la journée, qui s’imprègnent de notre sueur et de notre odeur – et nous imprègnent de la leur. Et croyez-moi : vous feriez mieux de ne pas sortir sans ! À vrai dire, cette vision de la vie nous est même plus attachée que ces sous-vêtements : nous l’avons toujours sur nous, même sous la douche et pour faire l’amour – et peut-être surtout pour cela !
Nous portons tous, parfois inconsciemment, une vision du sens de l’existence, et nous vivons avec elle en permanence.
La plupart du temps, tout le monde – à commencer par vous – se fiche pas mal de la couleur de ses sous-vêtements – à moins que vous ne portiez des chaussettes particulièrement flashy et dépareillées comme mon regretté professeur d’histoire. En général, on ne s’en souvient plus quelques heures après s’être habillé. De même, nous ignorons souvent le détail de notre propre vision du monde, mais celle-ci s’avère en revanche bien plus déterminante !
Ces conversations où nous confrontons notre perception du monde et expliquons nos choix de vie nous rappellent que la raison pour laquelle nous promenons notre chien, choisissons tel métier plutôt qu’un autre, passons du temps avec un ami ou faisons la vaisselle a probablement beaucoup plus d’importance que la chose que nous faisons en elle-même. Ce qui donne sa couleur à notre vie, c’est n’est pas d’abord la suite des activités de notre agenda, mais bien le but que nous poursuivons à travers elles, c’est-à-dire le sens que nous leur donnons. Cela signifie que nous avons le pouvoir de choisir nous-mêmes la couleur qu’aura notre vie, en choisissant la finalité qu’elle poursuit.
Rien de plus facile à comprendre. Imaginons par exemple que demain matin tu arrives au travail, et que l’un de tes collègues vienne te voir. Il entreprend, un café à la main, de te raconter son week-end. Sa femme l’a traîné se balader dans un parc toute la journée du samedi, avant de l’emmener passer la soirée au restaurant. Lui n’aime pas beaucoup ces journées où on ne fait pas grand-chose de productif… Ils auraient pu au moins se faire une expo, aller au cinéma, rencontrer des amis (ou finir de repeindre la salle de bains). Enfin, bon gré mal gré, il a pris son mal en patience et s’est laissé conduire : « Après tout peu importe, il faut savoir lâcher certaines choses pour maintenir la paix dans un couple ! » Il a à peine fini qu’un deuxième collègue vous rejoint. Tout en se servant un café, il entreprend de vous raconter son propre week-end. Il est heureux d’avoir enfin pu passer du temps avec sa femme. Ils sont allés se promener dans un parc toute l’après-midi du samedi, et ont même pu passer la soirée ensemble au restaurant. Il tenait à offrir à sa femme et à son couple ces moments de qualité : « Je voulais passer du temps avec elle. » Vous êtes alors rejoints par un troisième collègue, qui a entendu votre conversation. Il soupire, et commence à vous expliquer qu’il a dû lui aussi prendre du temps avec sa femme ce week-end. Leur thérapeute de couple a lourdement insisté pour qu’ils se voient davantage, juste tous les deux. Poussé par le devoir, il a donc passé toute la journée de samedi avec sa femme, au parc puis au restaurant : « Que voulez-vous, je n’avais pas le choix, il fallait cocher la case. » Le programme de tes collègues était sans doute identique : tu te rends pourtant bien compte qu’ils n’ont pas tous eu le même samedi. Ils ont vécu quelque chose d’essentiellement différent les uns des autres. En réalité, la différence entre eux est bien plus importante que si tous, poussés par la même raison, par exemple suivre les conseils de leur thérapeute, avaient passé l’un le week-end au parc, l’autre en safari, et le troisième à faire la tournée des expos. Si leur motif peut être apparemment semblable, leur attitude intérieure a bien engendré trois week-ends totalement différents.
Voici une autre histoire. Trois amis viennent te donner un coup de main pour monter jusque chez toi ton nouveau canapé. Sitôt terminé, l’un d’eux s’en va. Tu ne lui en veux pas du tout : tu le connais bien, et tu sais qu’il a été éduqué dans une culture du service extrêmement forte. Quoi qu’il arrive, si on lui demande quelque chose, il est toujours là pour accomplir la tâche demandée. Tu l’as appelé, il a répondu, il n’y a rien d’autre à comprendre ! Un gars sûr. Le deuxième reste tchatcher un bon moment : maintenant qu’on l’a monté ce canapé, autant le tester – tant qu’à faire, on pourrait se commander des pizzas, non ? Ça lui fait tout simplement plaisir d’être là et de rendre service à un ami : les potes, c’est fait pour ça ! Le troisième, pendant ce temps, se fait discret derrière son portable… Mais te saute dessus à peine le second parti. Un peu gêné, il t’explique que lui aussi déménage la semaine prochaine : puisqu’il est venu te donner un coup de main aujourd’hui, il espère que tu puisses peut-être lui rendre la pareille – mais « sens-toi très libre surtout » ! Tes trois amis ont beau avoir participé rigoureusement à la même activité, tu auras probablement une impression très différente dans chaque cas. En réalité, ils n’ont pas fait la même chose.
Ces exemples nous montrent que la raison pour laquelle nous agissons n’est pas anodine : elle marque nos actes, leur donne leur relief déterminant. Le visage que prendra notre vie n’est pas dessiné seulement par le contenu de notre agenda, mais d’abord par les motivations qui nous l’ont fait remplir. Selon le but ou le sens que nous poursuivons, notre agenda se remplira différemment, mais de lui-même. Ce qui a l’impact le plus puissant sur notre vie, ce sont les lunettes que nous choisissons de porter, et qui peuvent colorer notre vie de mille façons différentes. Si je veux trouver le sens de ma vie, la première question à me poser n’est pas « que fais-je de ma vie ? », mais :
Quelles sont les lunettes que je porte ?
C’est-à-dire : à travers quel prisme est-ce que je regarde ma vie et le monde ?
Dire que c’est une histoire de lunettes revient à poser une affirmation très enthousiasmante : nous avons le pouvoir de changer la couleur de notre vie. Si certaines choses nous semblent parfois ne pas être ce qu’elles devraient être dans notre vie quotidienne, c’est peut-être simplement parce que nous ne la regardons pas encore avec les bonnes lunettes… Personnellement, cela m’arrive assez régulièrement ! Par exemple en vacances quelqu’un vient me demander un coup de main : je l’accompagne, souvent en étant un peu frustré de perdre ce temps, parce que les lunettes à travers lesquelles je lis la situation sont « je serai heureux si j’ai un maximum de temps où je fais ce que je veux ». Je passe de bien meilleures vacances lorsque j’échange ces lunettes pour d’autres, selon lesquelles « je serai heureux si je saisis les occasions de faire du bien aux autres » ! Pourtant, pas si facile de faire le changement…
Nous touchons là à quelque chose d’essentiel. Bien souvent, nous ne portons pas des lunettes colorées, mais des lentilles. Elles sont plus difficiles à changer, mais aussi infiniment plus discrètes, au point que même celui qui les porte peut oublier qu’il voit le monde à travers elles. Si je portais des lentilles depuis ma plus tendre enfance, peut-être n’aurais-je même pas conscience d’en avoir. Les couleurs bigarrées du monde qui m’entoure me sembleraient être les couleurs naturelles, indépendantes de ma volonté. Je n’imaginerais pas qu’elles dépendent en réalité essentiellement du teint rose fuchsia de mes lentilles…
