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Le titre évoque la sagesse. Il s’agit de celle que transmet une mère à son enfant, en l’occurrence une chatte et son chaton. Un dialogue philosophique sur la création du monde et les comportements à tenir pour grandir comme un sage. Un livre à mettre entre toutes les mains...
À PROPOS DE L'AUTEUR
Abdelkarim Belkassem est un Franco-marocain, né à Safi au Maroc en 1963. Écrivain et professeur de littérature arabe et musicien classique, oudiste dans un orchestre arabo-andalou, également ténor en chant arabo-andalou et oriental.
Il se consacre à l'écriture de romans et d'essais, pont entre ses deux cultures.
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Seitenzahl: 115
Veröffentlichungsjahr: 2020
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Abdelkarim Belkassem
La sagesse des chats
Roman
© Lys Bleu Éditions – Abdelkarim Belkassem
ISBN : 979-10-377-1138-0
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Deux chats et des hommes, Éditions Bellier, réédition Le Lys Bleu Éditions
La Bête et le Boss, Éditions Thot
La Marche des harraga, Éditions Thot
Amina Zouri, une histoire du Maroc, Éditions Thot
La mémoire de Saghir, Éditions Thot
Un chirurgien à New York, Le Lys Bleu Éditions
Thomas Sif Espace, Le Lys Bleu Éditions
Mythomanies, Le Lys Bleu Éditions
Les énigmes du Hameau, Le Lys Bleu Éditions
Dictons de Jaddati et expressions populaires du Maroc, Le Lys Bleu Éditions
Un lycée sans foi ni loi, Éditions Thot
Maroc, les oubliés de la guerre 39-45, Le Lys Bleu Éditions
Fiston, le chat préféré de la maison demande à la Fille :
— Te souviens-tu, maman, du jour où tu as construit cette grande maison, qui ressemble à celle des hommes ?
— Arrête ta folie !
— Ne fais pas l’idiot ! Je te connais plus que toi-même, mon fils ! N’oublie pas que je t’ai mis au monde !
— Arrête, maman, toujours prête à faire la guerre. Tes griffes sont très affûtées et attendent l’attaque. On dirait que tu es devenue humaine, tu cherches la bagarre.
— Les chats ne seront jamais humains ! Encore et toujours des chats avec une belle vie. N’as-tu pas entendu Karim, ton papa, dire à Violette qu’il aimerait vivre « comme un chat » ?
— Nous sommes les rois, affirme la Fille, les seigneurs de ce monde. Les hommes nous ont acceptés et nous laissent vivre avec eux. On dort au-dessus de leurs têtes. On réchauffe leurs lits en ronronnements qui les apaisent. Voilà pourquoi, nous sommes des élus.
— Grâce à nous, les hommes sont les plus heureux du monde. On leur apporte la paix intérieure, nous les rois. La psychologie des chats est plus intense que la main des sorciers avec leur bague magique, n’est-ce pas mon petit Fifi qui pose toujours des questions de demeuré ? Ce que tu n’es pas.
— Non Madame la chatte, nommée « La Fille » par ses maîtres, je ne suis pas idiot !
— Alors tiens bon, mon cher prince de fils !
— Maman, la discussion est difficile avec toi ! Tu es toujours méfiante, même avec ta progéniture. Tu sais pourtant que je t’aime, tu es ma maman chérie. Je ne penserais jamais à te faire de mal et, maintenant, je suis devenu un grand homme ! Pardon, un grand chat ! Je me trompe ! Hé hé hé… Je suis là pour te protéger, être une épaule sur laquelle t’appuyer. Si je te pose la question, c’est simplement pour comprendre. Tu es un maître pour moi, surtout en ce qui concerne le passé, avant ma naissance ! Un chat a, comme les hommes, besoin de connaître sa descendance et ses ancêtres. On ne peut pas vivre l’instant présent et construire l’avenir sans l’histoire de notre vie.
— Mon Fiston, ne t’inquiète pas. Sois rassuré, nous sommes protégés par notre papa Karim et notre maman Violette et tant qu’ils seront là, nous n’aurons rien à craindre. On a la chance de vivre dans ce monde de chats, pardon, cette société d’hommes qui aiment les chats et les respectent. La France d’aujourd’hui a décrété une loi en faveur de tous les animaux. Ils sont protégés comme les hommes et personne ne peut leur nuire. Les cruautés sont jugées et punies par la loi. Je t’assure que les chats ont un statut et une identité : un nom, un prénom et un carnet pour voyager. On ne rigole pas chez les civilisés ! Mais tu as raison, je dois te raconter ton histoire, d’où tu es venu et comment tu es ce si beau chat dans la cité que les plus jolies veulent séduire ! Quand je suis née, notre maison était déjà là. Nos « parents » furent étonnés de voir une silhouette se déplacer dans leur jardin puis entrer par la fenêtre. Ils étaient incrédules. Ils croyaient que j’étais la chatte des voisins ! Chez les hommes, on n’adopte pas le chat des autres. C’est interdit. Chacun est responsable de ses animaux, les nourrir, les soigner et les protéger. Sinon, il sera sanctionné.
— Ils sont surprenants, ces hommes ! Ils nous traitent donc comme leurs enfants ? se demande le chat dont la gueule exprime l’étonnement.
— Nous ne sommes pas leurs fils ou filles mais on a la même valeur pour eux. Et les mêmes droits ! Un chat a le droit d’hériter dans cette société civilisée.
— C’est cool. J’aimerais bien acheter une voiture et la conduire ! J’en voudrais une rouge comme celle de Karim…
— Arrête tes sottises ! explose la Fille, en colère.
Elle croit que Fiston se moque d’elle.
— Les chats ne conduisent pas, ils n’ont ni bras ni mains. En plus les véhicules ne sont pas construits pour les chats. Ce qu’on peut faire, c’est profiter de ces engins. Monter près de nos maîtres et voyager avec eux dès que l’occasion se présente.
— Moi, ce que je préfère c’est ma maison. Je ne la quitterais pour rien au monde. Je n’aimerais pas voyager et quand Karim fait tourner le moteur de sa voiture, je m’enfuis à la vitesse de l’éclair. Hop, je grimpe dans un arbre…
— Je n’en crois pas mes oreilles ! J’aurais mis au monde un peureux ? J’ai cru que ce serait un héros sans crainte. Comment seras-tu mon protecteur si tu t’éloignes si vite au bruit des moteurs ? Un vrai chat ne se sauve pas quand il entend des pétarades. Sois courageux et résiste ! La vie n’est pas facile et je ne serai pas là éternellement.
— Non, non ! Tu as mal compris. Je voulais te dire que je suis prudent car les voitures et les camions sont dangereux. Je ne veux pas que Karim vive avec un drame sur la conscience. Je sais qu’il tient à moi et qu’il fait tout pour que je reste en bonne santé. Chaque matin, très tôt, je ronronne près de sa tête pour le réveiller. Je sais bien qu’il aime ça puisqu’il me caresse pour me remercier.
— Voilà un chat de sagesse. J’aime bien quand tu es prudent, mon Fifi.
— Revenons à nos moutons ! dit la chatte. Si tu veux connaître ton histoire et celle de l’adoption de nos parents, je t’en raconterai un peu plus à chaque occasion. Les chats existaient avant l’apparition des êtres humains. Au début des temps, la terre était peuplée d’animaux, y compris des dinosaures. Elle avait une forte population mais sans hommes. Le paradis. Il suffisait de marcher et de se pencher pour manger. Tout était à portée de nos griffes. On vivait en paix malheureusement, elle ne fut pas éternelle. Un jour, l’homme apparut. On ne sait toujours pas comment mais les géants de la terre ont disparu et la force corporelle a été remplacée par l’intelligence de ce mammifère humain, exceptionnel en la matière. C’est lui qui est devenu le maître de la terre et des richesses. Celui qui tend sa main et redistribue. Il a tout possédé et est devenu un dieu sur terre, celui qui permet la vie et la mort.
Les guerres entre ces espèces d’animaux a commencé car l’un a tout pris, même sans en avoir la nécessité ni besoin, et les autres n’ont rien eu. L’homme, le roi du monde.
Il a créé des jeux et des évènements qui n’ont aucune relation avec la vie. Une richesse sans arbre, sans fruit, qu’il a appelée la monnaie. Il l’a faite avec de l’or et autres matériaux et a pratiqué des échanges. Il a possédé tous les êtres, sans exception. Il s’est approprié la terre, les plantes et les animaux qui la remplissent ! Au début, nos ancêtres ne craignaient rien, ils vivaient tranquillement puis la peur les a envahis et chacun a pris ses précautions de survie. C’était le début de notre ère. L’Histoire de la terre sous le joug des hommes. Les animaux dépérissaient. De géants ils ont rapetissé. Même si l’homme n’avait pas de besoins, il amassait tout ce qu’il trouvait, comme s’il craignait d’avoir faim du jour au lendemain. Pour le pouvoir, il a mené beaucoup de guerres. Il a distribué les rôles sur cette planète et a donné selon sa volonté. L’homme a construit sa loi et sa religion. Pas celles de la nature mais celles de l’intelligence humaine avec l’apparition du diable. Il a utilisé ses capacités pour faire le mal. La guerre n’a rien épargné, pas plus les humains entre eux, car chacun voulait le pouvoir. Quand ils sont en paix, toute la terre l’est et quand la guerre brûle la terre, les animaux et les végétaux périssent.
Au début de la création, un seul être comme dieu mais l’homme s’est mis à réfléchir en bête féroce alors la vie est devenue amère, le bonheur impossible. L’homme n’a rien laissé en paix, ni les vivants ni les morts. Tous souffrent de ce désir sans limites.
Je ne dis pas « bête féroce », pour diminuer l’animal, mon fils ! Mais pour qualifier l’animal que l’homme a créé pour remplacer ce qu’il est. Naturellement, doux, plein d’amour et d’amitié. C’est une bête sans autre existence que dans l’imaginaire de ce diable d’homme. On le trouve et on le voit partout dans les écrits et dans les récits.
Chacun des hommes le décrit avec une image différente selon sa culture mais il est identique. C’est lui l’enfer sur cette terre, initialement paradisiaque, où l’homme avait seulement à tendre la main pour subvenir à ses besoins.
Chez les anciens Chinois, un dragon ; chez les Américains un immense loup; ou encore un grand oiseau qui crache le feu du ciel. Un nuage qui déverse des pierres brûlantes à la place des eaux faisant vivre toute la nature dont les êtres vivants.
Toute cette misère est une imagination perturbée des hommes !
On dirait qu’ils le font exprès et si c’est vrai, c’est pervers, mon fils, car l’homme est capable de faire le mal pour en jouir.
Qui peut le faire le plus ? se demande la chatte avant de transmettre ses pensées à Fiston.
L’homme, qui se croit fils de cette terre, n’est plus. Avec son imaginaire, il vit ailleurs, sur une autre planète que la nôtre. Peut-être veut-il vivre dans un monde qui n’existe que dans ses rêves ! Mais, mon fils, on aime ce qui est onirique plus que la vie réelle. La vraie, celle du bonheur, du temps heureux, à boire et à manger. Le monde des mots que l’homme a créé ne fait pas couler l’eau du ciel, ni pousser les fruits, ni jaillir le miel d’une abeille. La parole des hommes n’est qu’une illusoire interprétation de la vérité. Une fausse piste qui éloigne du chemin de la vérité, de la nature originelle.
La vérité puis la perversité intérieure. Un labyrinthe sans sortie. Seulement une porte imaginaire laissant les hommes se fracasser les uns contre les autres en roulant à toute vitesse sur une route sans issue. Un suicide pour ceux qui connaissent la ruse et la mort pour les innocentes victimes !
Ne crois pas à tous leurs dires ! Ce n’est plus un animal, comme nous. Il s’est échappé de sa nature et son instinct a été remplacé. L’homme n’est pas un singe, ni un ours, ni un lion comme dans les grandes histoires mythiques. S’il l’a été, c’est fini ! dit la chatte en baissant les yeux pour cacher ses larmes. L’animal, le vrai, comme nous, ne changera pas. Il restera tel qu’il a été créé, mon fils.
Ensuite, l’homme a régné comme un cancer rongeant tout sur son passage.
L’homme a modifié sa nourriture, ses cueillettes de fruits, a ajouté la chasse, sacrifiant ceux qui n’étaient pas assez forts pour résister.
L’homme a justifié ses actes, même criminels. Tout était autorisé, y compris le martyre lors de rites imaginaires ! Sacrifier un être vivant pour une pierre, un totem.
Les hommes se sont ligués contre la vie. Abattage des arbres pour construire des chaumières et des animaux pour leur viande et leur fourrure. Chair et énergie pour les neurones. Mais de quels neurones parle-t-on ? Pour quoi faire ? Des misères autour de lui ?
Les bêtes peuplaient la terre avant les hommes ! Pourquoi ces derniers hériteraient-ils de cette planète et même des cieux ? Nous les animaux, nous n’avons jamais regardé les étoiles ni pensé à quitter ce bel astre vert et bleu. L’homme veut voler plus haut que les oiseaux et il est surpris de se fracasser. Il fonce, cela lui est arrivé de multiples fois mais il n’a rien appris de son histoire.
