La Sorbonne - Antoine De Latour - E-Book

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Antoine De Latour

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Beschreibung

Extrait : "Au mois d'octobre 1832, il a été écrit au-dessus d'une porte, sur la place de Sorbonne : ÉGLISE CONSTITUTIONNELLE DE FRANCE. Le jour où pareille inscription est venue paisiblement se graver en face de la Sorbonne, celle-ci a cessé de vivre. Son histoire désormais commencera par une oraison funèbre. Mais dans l'enceinte obscure de ce temple de la théologie a pris naissance une Sorbonne littéraire et philosophique..."

À PROPOS DES ÉDITIONS LIGARAN

Les éditions LIGARAN proposent des versions numériques de qualité de grands livres de la littérature classique mais également des livres rares en partenariat avec la BNF. Beaucoup de soins sont apportés à ces versions ebook pour éviter les fautes que l'on trouve trop souvent dans des versions numériques de ces textes.

LIGARAN propose des grands classiques dans les domaines suivants :

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• Première guerre mondiale
• Jeunesse
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Seitenzahl: 44

Veröffentlichungsjahr: 2015

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Note de l’éditeur

Paris, ou le Livre des Cent-et-Un publié en quinze volumes chez Ladvocat de 1831 à 1834, constitue une des premières initiatives éditoriales majeures de la « littérature panoramique », selon l’expression du philosophe Walter Benjamin, très en vogue au XIXe siècle. Cent un contributeurs, célèbres pour certains, moins connus pour d’autres, appartenant tous au paysage littéraire et mondain de l’époque, ont écrit ces textes pour venir en aide à leur éditeur qui faisait face à d'importantes difficultés financières… Ainsi ont-ils constitué une fresque unique qui offre un véritable « Paris kaléidoscopique ».

Le présent ouvrage a été sélectionné parmi les textes publiés dans Paris ou le Livre des Cent-et-Un. De nombreux titres de cette fresque sont disponibles auprès de la majorité des librairies en ligne.

La Sorbonne

Au mois d’octobre 1832, il a été écrit au-dessus d’une porte, sur la place de Sorbonne : ÉGLISE CONSTITUTIONNELLE DE FRANCE. Le jour où pareille inscription est venue paisiblement se graver en face de la Sorbonne, celle-ci a cessé de vivre. Son histoire désormais commencera par une oraison funèbre.

Mais dans l’enceinte obscure de ce temple de la théologie a pris naissance une Sorbonne littéraire et philosophique, qui a continué, au nom de la pensée et de la raison, l’empire que son aînée exerça tant de fois sur les hommes, au détriment de la raison et de la pensée. Aussi, quand nous avons entrepris de remonter jusqu’au règne de saint Louis, pour demander ensuite à l’histoire la part que, dans chaque époque, elle a faite à la science théologique, une espérance lointaine nous soutenait dans nos recherches. À chaque fois que nous sentions notre courage défaillir, venait à nous la pensée de cet heureux progrès des temps qui a changé la Sorbonne en une école de libre savoir et de populaire éloquence, et sa chaire délaissée en une puissante tribune pour les idées nouvelles.

Si vous allez par hasard visiter les Thermes de Julien, quand vous serez sorti par l’hôtel de Cluny dans la rue des Mathurins, suivez l’étroite et longue rue qui se présente. Le pâle édifice qui s’allonge tristement sur la gauche jusqu’à l’église qui le termine, se nomme la Sorbonne.

Robert, né le 9 octobre 1201 au village de Sorbon, dans le diocèse d’Amiens, prit le nom de son village, et le donna à l’école qu’il fonda. Cependant au mois de juillet 1748, une voix s’éleva pour revendiquer en faveur de Robert de Douai la gloire de cette institution, et l’on crut un moment que la faculté de théologie allait avoir son Améric Vespuce. Le Mercure de France fut le champ de bataille où se rencontrèrent Piganiol de la Force et l’abbé Ladvocat. La victoire demeura à Robert Sorbon, et au médecin de Marguerite de Provence l’honneur de s’être associé à l’exécution de l’entreprise. Robert s’était acquis par sa science et son talent une haute réputation.

« Or, advint par une fois, dit le sire de Joinville, que pour la grant renommée qu’il oyt (saint Louis) de maistre Robert de Sorbon, d’être preudoms, il le fit venir à lui, et boire et manger à sa table. »

Ce fut donc à la cour de saint Louis que maistre Robert conçut le dessein de son institution. Se voyant si haut placé, lui venu de si bas, il se souvint de ses humbles amis d’enfance, que la fortune n’avait pas faits assez riches pour aspirer à la science, et il eut la généreuse pensée d’ouvrir aux pauvres une école où ils n’eussent à apporter d’autre richesse que le talent.

« Le saint roy, dit encore Joinville, fut ung jour de Pentecouste à Corbeil, accompagné de bien trois cents chevaliers, où nous estions maistre Robert de Sorbon et moy. Et le roi après disner se descendit au praël dessus la chapelle, et ala parler au comte de Bretaigne, père du duc qui à présent est, de qui Dieu ait l’âme. Et devant tous les autres me print ledit maistre Robert à mon mantel, et me demanda, en la présence du roy et de toute la noble compagnie : – Savoir mon, si le roi se seoit en ce praël, et vous allissiez seoir en son banc plus hault de lui, si vous en seriez point à blasmer ? auquel je répondis que oui vraiement. – Or doncques, fist-il, faites vous bien à blasmer quand vous estes plus richement vestu que le roy ? et je lui dis : – Maistre Robert, je ne vois mie à blasmer, sauf l’honneur du roy et de vous ; car l’habit que je porte, tel que le te voyez, m’ont laissé mes père et mère, et ne l’ay point fait faire de mon anctorité. Mais au contraire est de vous, dont vous estes bien fort à blasmer et à reprendre ; car vous qui estes fils de villain et de villaine, avez laissé l’habit de voz père et mère, et vous estes vestu de plus fin camelin que le roy n’est. Et lors je prins le pan de son surcot et de celuy du roy, que je jongny l’un près de l’autre, et lui dis : Or regardez, si j’ay dit voiz. »

Le roy vint au secours de son chapelain ; mais quand celui-ci se fut éloigné, il appela les princes ses fils et le sire de Joinville qui ajoute :

« Et lors il me va dire qu’il nous avoit appelés pour se confesser à moy de ce que à tort il avoit défendu et soustenu maistre Robert contre moy. »