La Source des Conflits - Catherine Cherix Favre - E-Book

La Source des Conflits E-Book

Catherine Cherix Favre

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Beschreibung

Mais qu’est-ce qui ne tourne pas rond dans notre monde affolé par l’obsession du politiquement correct ?

Après  La foire aux sentiments, on retrouve avec bonheur l’écriture décalée de Catherine Cherix Favre qui nous livre ici son second recueil de nouvelles. De sa plume rebelle, elle nous parle de justice, de politique, d’amour, d’hérédité... et même de la cueillette des champignons.
Des sujets à l’allure banale, traités avec beaucoup d’humour, voire de cynisme. Ainsi, Sans lune et sans espoir nous raconte les tracas d’un bourreau à l’âme trop sensible, Infidélité en voie de développement narre de façon amusante comment une femme cherche un amant sur internet. Mais il y a également chez Catherine Cherix, cette poésie qui permet de s’évader en douceur et de s’émouvoir. Dans Séquence par exemple, une vieille femme pêche ses souvenirs d’ancienne militante, tranquillement assise sur le bord du monde...
Au total, dix-huit nouvelles, comme autant d’occasions de se laisser surprendre, comme autant de possibilités de franchir la frontière séparant l’ordinaire de l’extraordinaire.

L'auteur s'empare avec une justesse sans cesse renouvelée des sujets tragi-comiques du quotidien.

EXTRAIT DE THÉO

Moche, je suis. Mal attifée, le cheveu gras, les dents proéminentes, en couches larges et successives des hanches aux genoux, rien ne sauve mon apparence. Si, je dis bien si, quelqu’un, hypocrite mais gentil, essayait de me complimenter en parlant de mes yeux — vous savez, le dernier recours devant la laideur... — je suis certaine que mon rire, un hennissement en accord parfait avec mon sourire chevalin, lui enlèverait ses derniers moyens.

CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE

Lire les dix-huit nouvelles écrites par Catherine Cherix Favre, c’est éprouver le sentiment d’assister à un concert d’éclairs. […] Ni épanchement, ni digression, la force de cette plume suisse est dans la densité et l’efficacité. - Raphaël Fleury, Les Lettres et Les Arts

À PROPOS DE L'AUTEUR

Catherine Cherix Favre est née à Bex en 1955. Elle a vécu à Chardonne avec son mari. Elle travaillait comme éducatrice auprès de personnes mentalement handicapées, dans une structure d’ateliers protégés. Elle était également nouvelliste, et avait participé à plusieurs ouvrages collectifs, publiés par les éditions de l’Aire, Publi-Libris et Campiche. Une partie d’entre eux a été primée. Elle est décédée le 8 octobre 2011.

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Seitenzahl: 124

Veröffentlichungsjahr: 2018

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Catherine Cherix Favre ou l’écriture incandescente

La Source des conflits… que voilà un titre insolite bien propre à piquer immédiatement la curiosité ! S’agit-il d’un manuel pédagogique genre « La géo-stratégie pour les nuls ? ».

Que nenni !

Bien loin des enjeux planétaires des grandes puissances tu as plongé, lecteur lambda, au cœur du quotidien des petites gens. D’obscurs héros qui auraient pu être tes voisins de palier, des passants croisés dans la rue, tes sœurs, tes frères… toi peut-être !

Dans cet univers familier où, imprudent, tu t’es aventuré sans crainte, tu as peu à peu perdu tes repères et erré sans boussole dans un paysage sans limites.

Tout d’abord tu n’as rien remarqué, affalé sur le sofa confortable des habitudes. Une touche insolite, un frisson impalpable, un élément déconcertant auraient pourtant dû t’alerter. Mais ta conscience était déjà prise au piège de l’aragne imaginaire. Tu avais passé de l’autre côté du miroir. Tu ne le savais pas, tu n’étais plus de notre monde.

Quiet impavide, tu as poursuivi ta lecture… Encore imperceptibles, les sirènes de l’ailleurs t’ont lancé de silencieux appels. Tu ne les a pas entendus, sourd encore à leur musique. A peine as-tu confusément perçu le frémissement de leurs écailles, la caresse de leurs chevelures, le troublant parfum de leurs bras nus.

Les signes d’outre-miroir se sont multipliés, ont envahi le récit, pullulé sur la page où se dessinaient d’étranges paysages…

Et soudain le météore de la folie a chuté sur la planète de la raison.

Séisme ! Alarme ! Aux armes ! Toute tentative de fuite était dérisoire. Quelle digue pourrait contenir la déferlante du rêve lorsqu’elle submerge l’insubmersible terre des certitudes ? Attache ta ceinture, cavalier dérisoire ! Déjà l’écume des océans fantastiques mouille tes chevilles, cramponne-toi à ta selle, saisis à pleines poignées la crinière de ta cavale folle, on décolle !

Trop tard. Les rênes se sont échappés de tes mains. Tes pieds ont quitté l’étrier. Ton cheval de bois a henni, s’est cabré, emballé, a couru ventre à terre vers d’improbables horizons.

Le vertige t’a saisi, tu as serré les cuisses sur ta monture rebelle.

Tu la croyais inerte jouet d’enfant, elle était cavale de chair. Impétueuse, elle t’entrainait vers de nouvelles terrae incognite qu’aucun cartographe jamais n’a repérées.

Et ce rire malicieux dont stupéfait tu as entendu l’écho, c‘est celui de l’auteure, ravie d’avoir joué un tour à sa façon. Car on peut faire confiance à Catherine Cherix Favre, il allait t’arriver des bricoles, ô naïf lecteur embarqué malgré toi dans un univers que tu ne soupçonnais pas.

« Séquence », « Sans lune et sans espoir », « Hydne à la joie », « Infidélité en voie de développement », « Théo », « Fuite », « La Saint-Valentin », « Médecine à boîte automatique* », « Enigme », « La tombola », « La source des conflits », « Les loups », « Histoire d’Å », « Le miroir aux alouettes », « Lettre d’amour ? », « Le tribunal », « Loterie », « L’invitation » …

Dix-huit nouvelles composent cet ouvrage, dont on salue le style résolument original et parfaitement maîtrisé. Toutes témoignent de l’écriture incandescente frappée au coin d’un humour décalé qui est la marque de leur auteure.

Avec une ironie douce-amère couleur anthracite, elle éclaire au fil de ces récits, délicieusement drôles et parfois cruels, les bas-fonds de la méchanceté ordinaire, débusque les hypocrisies, traque les faux-semblants, tire à boulets rouges sur la bêtise avec une sauvage jouissance.

Une vision pourtant transcendée par une authentique humanité et une profonde empathie. En témoigne par exemple l’extraordinaire récit sobrement intitulé « La tombola ». A sa lecture on frémit. J’en ai frémi. Tu en as aussi frémi. Irrésistiblement.

Chacune de ces nouvelles aurait pu être, chez de plus sages porteurs de mots, le point de départ d’un roman. Situations et personnages auraient été soigneusement décrits pour que se noue quelque intrigue convenue. Rien de tout cela chez Catherine Cherix Favre. En un style lapidaire où n’est dit — et de quelle magistrale façon — que l’essentiel, chaque récit va droit au but : la chute. Etonnante, imprévisible, vertigineuse ! Impossible de la soupçonner avant la fin de l’histoire, truffée de subtils jeux de mots et contée avec un brio décoiffant.

Intrigué, captivé, stupéfait, ravi… quatre étapes par lesquelles, innocent lecteur, tu as passé en empruntant l’itinéraire totalement inattendu qui te guettait. Parti en randonnée vers un but que tu croyais défini, tu as cheminé sans défense à travers les méandres de l’action, se délestant à chaque contour du sac de tes idées préconçues. Pour parvenir, abasourdi, à un sommet que tu n’avais pas entrevu. Tant il est vrai que chez Catherine Cherix Favre la conclusion se révèle toujours aux antipodes de ce qu’attend le lecteur.

Voici donc enfin l’imagination au pouvoir ! Sous les pavés, la fantaisie… qui se tapit à l’ombre des mots pour jaillir comme un diable hors de sa boîte au moment où l’on ne s’y attend plus.

Contrairement à l’héroïne de sa première « Séquence », Catherine Cherix Favre n’est pas assise au bord du temps. Elle est debout au milieu du fleuve. Elle ne regarde pas passer les flots. Elle marche. A contre-courant.

Après La Foire aux sentiments ( Editions Plaisir de lire, 2009 ), La Source des conflits est son deuxième ouvrage. On attend avec impatience les suivants. Tant il est vrai qu’une telle authentique personnalité littéraire est loin d’être monnaie courante.

Simone Collet

ISBN 978-2-940486-17-5

© 2013 Editions Plaisir de Lire. Tous droits réservés.

www.plaisirdelire.ch

CH-1006 Lausanne

Illustration de couverture : Jean-Marc Favre

Version numérique : NexLibris – www.nexlibris.net

À Jean-Marc,

mon amour

ÉNIGME

Frustrant. Trois heures que je tournais cette phrase dans ma tête pour y découvrir une signification, sans résultat.

Je me targue pourtant d’être un fin connaisseur de mes concitoyens. D’une allusion, d’une expression, je parviens toujours à tirer une conclusion logique, à reconstruire un contexte, à situer la personne dans son environnement, à percer les non-dits. Je m’amuse. Je suis fier de moi. La sommelière me dit souvent que je souris aux anges. C’est vrai que dans ces moments-là, lorsque je réussis à mettre un point sur le i, un sentiment de bien-être m’envahit et s’exprime sur mon visage. Mes voisins de table habituels interrompent leur geste pour me lorgner, puis posent leur carte avec douceur. Communion. Après quelques secondes évidemment, le jeu reprend ses droits, et eux leurs vociférations.

Aujourd’hui rien n’est allé. J’ai rabroué Sonia pour la première fois depuis six ans qu’elle me sert avec gentillesse. J’ai eu honte, mélanger saccharine et aspartame n’est pas une faute professionnelle, c’était trop tard, le mal était fait. Elle m’a évité tout le reste de l’après-midi et a confondu mon air navré avec fâcherie. Et tout ça pour un mot que je n’arrivais pas à mettre en lien avec ces jeunes BCBG, assis près de la porte à l’heure du dîner. Ils étaient partis rapidement et je n’avais plus eu la possibilité d’intercepter un élément susceptible d’éclairer ma lanterne. Rageant. Faisaient-ils allusion à un dancing ? J’en connais un, le 3-5, qui, de par sa forme, aurait pu correspondre. Ou de l’hypothétique musée des beaux-arts de Lausanne ? J’avais rapidement écarté le sens premier d’ouvrage militaire, ils n’étaient pas en uniforme et les soldats n’ont pas de permission en semaine. Bon, peut-être se référaient-ils à un passé lointain, mais je n’y croyais pas. J’étais presque certain que le fait remontait à hier, au pire à avant-hier. Par déduction, il ne pouvait s’agir d’une boîte de nuit, nous étions mardi. Dimanche et lundi, jours de fermeture, si mes souvenirs sont exacts, donc… Le musée ? Ils n’utilisaient pas le futur. Etait-ce un néologisme, un code pour désigner le cerveau ou un état lié à la drogue ? J’étais épuisé. Mes idées s’embrouillaient, des larmes me brûlaient les yeux — cela me vient quand je me concentre trop longtemps. Ma journée était gâchée à cause de ces petits cons abscons. J’ai dû me résoudre à rentrer chez moi, n’emportant qu’un bref signe de tête de ma douce Sonia blessée et une amertume inhabituelle.

Je franchissais le seuil de mon appartement quand une idée lumineuse a jailli. Et c’était là : Fossé rempli de sable qui entoure généralement un green. Avec un dictionnaire sous la main, j’aurais immédiatement compris. Quand on est sorti du bunker, disaient-ils, bien sûr, ils parlaient de leur partie de golf !

Si j’avais su, je n’aurais pas eu besoin d’en faire toute une histoire !

FUITE

Figé au milieu de la clairière, sans arbre pour se cacher, sans issue pour s’échapper, fait comme les lapins qui pendaient autour de sa taille, Lucas avait le regard apeuré de la proie qui se sait piégée. On était loin de l’habituelle caricature du braconnier sans scrupule, mi-brigand mi-sorcier. Ce n’était qu’un brave mignot, poussé par la faim, qu’un rabatteur avait pris en chasse, confondant sa course avec celle d’une biche. Délesté promptement de ses prises à longues oreilles, le gamin hoqueta quand la corde mouillée encercla ses poignets aussi solidement que l’eût fait un bracelet de fer. Rien ni personne n’aurait pu changer son destin. Aucune parole ne fut échangée, à peine une moue de mépris — de celui qui prend à l’égard de celui qui s’est fait prendre.

Le cheval s’élança, entraînant dans son sillage le corps bien vite désarticulé du petit chapardeur.

Lucas fut pendu comme tant d’autres, pour l’exemple, car il était mort bien avant d’arriver à destination, sa tête ayant heurté maints obstacles aux angles émoulus.

La famille loqueteuse recroquevillée dans un coin sombre de la place, grise de teint et d’habits, accompagna d’une prière le balancement mortel de son aîné. Parents et petiots n’attendirent pas les réjouissances qui suivaient ordinairement les exécutions mais profitèrent de la cohue pour se glisser furtivement dans une ruelle adjacente, priant pour échapper à la malveillance de quelque villageois. S’ils atteignaient la forêt, ils seraient en sécurité pour quelques heures.

— Faim, grenouilla le ventre de l’un des marcheurs.

— Soif, fit la langue desséchée de son frère.

— Nous n’irons pas plus loin, constata la mère, épuisée par le poids additionné de ses jumelles.

Le père ne répondit pas, il posa sa besace, vide de viande mais riche de larmes versées pour son fils, avant de s’enfoncer plus avant sous la futaie. Il revint presque aussitôt, le soulagement se mêlant à la souffrance dans ses yeux pers. Il n’avait pas eu à aller loin pour trouver l’abri d’une nuit. Il indiqua la direction à sa femme et à sa progéniture, puis ferma la marche en effaçant leurs traces à l’aide d’une branche de conifère.

— Crois-tu qu’ils vont se mettre à nos trousses ?

— Je ne crois pas, comment sauraient-ils que Lucas n’était point isolé ?

— Quelqu’un a pu le leur dire ?

— Qui ? Tous nos compagnons de route ont fui, personne d’autre ne connaissait notre existence. Soyons tout de même prudents, gardons-nous des rôdeurs !

— Nous ne sommes qu’un bilboquet dans la main de Dieu et obligés de nous en remettre à Sa volonté.

— Aie confiance, Il ne nous abandonnera pas ! La frontière doit être proche. Demain ou le jour d’après, nous serons à l’abri des dragonnades. Nul ne nous molestera plus dans la Cité de Calvin.

— Nous serons en lieu sûr mais notre fils ne nous sera pas rendu.

— Je comprends ta tristesse, femme. Louons plutôt le Seigneur d’avoir préservé quatre de nos enfants et surtout l’essence de notre Foi ! Dormons maintenant, bientôt nous quitterons cette terre qui nous rejette ainsi que des parasites ! Au bout du souterrain, j’entrevois la lumière !

A quelques lieues de là, ce même jour, après des discussions acharnées, l’ordre fut donné de fermer les portes de la ville et de refouler le flot de réfugiés pro-testants. En arguant de l’impossibilité de loger, nourrir et faire travailler ces hordes malodorantes, les bien-pensants bourgeois les condamnaient, sans état d’âme, à la répression sanglante de Louvois et de ses fidèles dragons.

Genève pouvait bien faire le bon apôtre : Agir ainsi qu’il est dit et non ainsi qu’il est fait !

Quelques siècles plus tard, elle chassera ceux que, tout bas, les notables désigneraient sous le nom de racaille d’Annemasse. Cette dénomination allait s’appliquer à toute écharde humaine considérée comme irritante par la classe privilégiée de la ville.

HISTOIRE D’Å

— Sir, it’s dangerous !

Bon Dieu, comme si je ne le savais pas ! Je l’enverrais sur les roses malgré mon anglais limité si je pouvais. Je ne peux pas. Les deux mains en appui sur le porte-manteau, le corps basculé par-dessus le bastingage, je suis occupé à vomir mes canapés au saumon à l’aneth dans les eaux amères. Depuis le départ de Svolvær, je me maudis d’avoir accepté ce voyage, le cœur au bord des lèvres et les lèvres comme une Grande Dixence lézardée prête à rompre. Si je m’en sors, je ne garderai pour tout souvenir du trajet côtier des Lofoten jusqu’à la pointe de Å, que celui de ma mort imminente sur fond de Oh ! et de Ah ! produits par un melting-pot de touristes s’extasiant devant la beauté et la créativité des aurores boréales. Eux regardant le ciel, moi étant sûr de le rejoindre au terme de mon calvaire.

La rumeur veut que l’on voie défiler sa vie avant de mourir, entre deux hoquets, je ne ressasse que la courte séquence qui m’a condamné à vivre cet instant de désespoir absolu, en boucle, avec toujours, point d’orgue, mon acceptation finale.

Je hais la mer, ses vagues traîtresses, sa couleur trompeuse, son amertume en miroir. Je hais les bateaux, leur tangage, leur roulis et la ligne d’horizon fuyante. Je hais ceux qui ont le pied marin et les marins qui prennent leur pied. Mais par-dessus tout, je hais le fait de me retrouver en compagnie de ces gens-là, sur un bateau qui monte, descend, penche à gauche, penche à droite sur des eaux maelströmiques infestées de méduses. Je honnis ce : « Pourquoi pas ? » timide sorti de ma bouche le jour de mon soixantième anniversaire, synonyme de oui pour ma famille, très fière de son coup fumant.

Je suis né à la montagne. J’y ai grandi, j’y ai appris tout ce que je sais, j’y ai aimé, procréé, travaillé. J’en ai apprivoisé les saisons. J’ai escaladé ses rochers. Je me suis extasié sur ses paysages, sa faune, sa flore. Je me reconnais dans sa rudesse, son austérité, dans la retenue de ses habitants. Si je quitte rarement ma vallée, ce n’est pas par manque de curiosité mais parce que j’y trouve tout ce à quoi je crois et aspire. Alors qu’est-ce que je fous là ?