La transparence des bleuités - Julien Quittelier - E-Book

La transparence des bleuités E-Book

Julien Quittelier

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Beschreibung

"La transparence des bleuités" est la recherche de la forme au sein de circonvolutions toutes plus ancrées les unes que les autres dans l'égotisme, le doute ; bénis ou damnés. Ce recueil de poésie dédié à Stéphane Mallarmé, passant du dizain de Lochac au chant royal, du trisyllabe à l'alexandrin, est une création de longue haleine mêlant tirades hermétiques et versification irréprochable. Somme toute, à brebis tondue Dieu mesure le vent, la densité agonisante renvoie quelque lecteur à des entités douées de logique qui ne cessent de poser la question de la légitimité de ce cri de l'être et qui plus est forcent la réponse par cet incroyable méli-mélo cherchant le mot exact, dans l'Ophir ou dans les ténèbres les plus charnelles. En fin de compte, n'ignorant pas la théorie de l'illisibilité, il faudrait considérer ce recueil de poésie comme une pierre d'achoppement dans les rouages de références littéraires et mythologiques érudites et dans la pénombre des incongruités conscientes qui se profilent crescendo pour créer en l'autre le sentiment qu'il lit quelque chose de plus ardu de ce qu'il est apte à saisir. Entre la confession baudelairienne et la déréliction nervalienne, il s'immisce quelque chose non pas simplement de beau mais quelque chose qui véhicule un message fraternel ; d'aucuns le ressentiront et pourront se dire qu'au final ce quatrième recueil de Julien Quittelier porte bien son nom et que les fruits qui l'architecturent sont porteurs d'une extrême moralité. Le propos gnostique et philosophique sert de cliquet pour que la poésie soit de même créée en rite, la forme étant déjà principalement un rite pour fuir ce que nous pensons devoir écarter de notre champ visuel ; pour préserver la pureté, la paix, l'éden personnel, contre vents et marrées, contre le mal, l'ignominie, l'enfer, qu'importe.

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Veröffentlichungsjahr: 2020

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Du même auteur

Aux légions de l’azur, éditions EDILIVRE

Vespéral de l’être, éditions ÉLP

Sonnets du levant lacrymal, éditions Stellamaris

À Stéphane Mallarmé.

Quand par la résonance, aux tréfonds de l’affable,

Anastal vient rythmer les paris valéryens,

– Dans sa vieille commune à l’église indictable,

Viennent s’éclore bleus tels vers ultramarins.

Sommaire

Autoportrait d’une confession

Dizains de Lochac La baudelairienne

Terza rima Les résonances de l’automne

Dizains de Lochac L’éclatant mirage des soleils désertiques

Sonnets Recherche et complexe de Prométhée

Zadjal

Muzain

Triolet

Décadactyle Forme fixe inventée et exercice

Dizains de Lochac Les Empyrées personnels

Chant royal Pourquoi feus arts…

Rondeau redoublé Idiome de l’exil

Fatrasie

Villanelle I

Villanelle II

Pantoun Face de chérubin

Faux pantouns Rêves d’ici-bas et d’au-delà

Ballade Les contrées du dialecte félin

Terza rima Transparence précieuse

Virelai La lettre en jaune est un Graal

Trivers Rumeur bénigne des sens malins

Rondels Délices infernales

Madrigaux Pour tes yeux platoniques

Il n’est pas le seul frère

L’alcool d’Anastalise

Les bleuités du nom au gré d’Anastalise

Bleuités itératives

Les vierges consacrées

Psychisme et cataplasme

Lacrimosa

Creuset d’une expression

Paris versifiant nous poètes les Seine

Synesthésie de philosophie éternelle

Rumeur d’Éos à la nuit elliptique

Particules des chasses au dragon

Prince de l’alcool

Synesthète des larmes Au sel de sang

L’impénitence finale

Hélas, les noirs refrains du couplet psychotique

Bacchantes en succubes

Sonnet Éteindre le chaos

Année zéro : les étrennes du cygne

Sonnet Je sors tel Hölderlin dans sa tour cérébral

Intempestive résonance des amoureuses gens crevés

Sonnet Sous le prisme d’algèbre aux roses Mélisande

Terza rima Éden au-delà

Quand je fonds dans l’exil les Limbes-Ennéades 1ère version

L’encensoir de l’hérésie

Le Malin tend la hache

Sur l’Achéron des Hésiode

J’ai parfois cette peau qui se crève infernale

Je n’ai jamais pu croître aux ténèbres garantes

L’abîme appelle l’abîme

Résonance angélique 2ème version

Autoportrait d’une confession

J’ai toujours eu raison dans mes fléaux absinthe ;

Maintenant, à bûcher ma mémoire de saint,

Je sens comme un bourdon qui dévore ma plainte

Aux rouges boitements des névroses de Quint ;

Qu’est-ce qu’il faut que traîne un cœur si c’est le mien ?

Je traîne assidûment l’âme en choc des deuils rauques,

Est-ce la mienne ? Il faut présager le maintien

Qui me fit en ce monde horreur et Cène glauques.

Écoutez si je pleure… Est-ce moi dans la Flandre

Qui tords mon oreiller et hurle au creux du val ?

Et l’oublieuse Écho n’est-ce pas me prétendre

Prince de l’autre amour et des mouroirs mezcal ?

Ça cuve, je le jure ! Il paraît qu’ici-bas

La naïade oméga me lègue des pensées ;

Pour me tromper si fort que je ploie en ses bras

D’imaginations loyales et nimbées ;

Qu’est-ce qu’il reste à faire ? Enlisement stellaire,

Entendez s’il le faut : je pars grêler mon corps,

Je pars et s’il le faut ressentez mon artère

Poétiser spectral le mot des Matadors :

Je vois mon nihilisme accusant tout ou rien,

Je sens ma pauvre peau trahie et pleuvinée,

J’entends des Bach bleuis de ciel et de latin

Aux Grèce de l’esprit plein de raz-de-marée.

Avouable tourment, lisez Plotin puis Dante

Vous y reviendrez las car de tout un chacun

Gisent deux soleils longs de brume antécédente,

Comme ce sont mes yeux qui se voient dans le vin.

En mon lit césuré d’asthme et de battements,

Dans les chambres opale actrices de mes larmes,

Il m’est dû de penser ces sévères déments

Qui composèrent noirs des océans de Charmes ;

Alors je supervise une œuvre mescaline

Dans le stupre inventif des voluptés du Tort,

Mal débauché j’écris le fer sous la patine ;

Poil psychanalytique et cheveu de Mentor…

J’écris un moindre mal qui ne pourra jamais

Se ressentir tel quel sur la page sans drame,

Et l’encre des futurs qu’en mon cœur je plongeais

S’image Gange et Deuil sulfureux de dictame.

Madame diabolique, écoute contentée

L’angoisse de Verlaine, et vous… Osez ce Mal ;

L’oblique honnêteté par la main commentée

Se conduit parfois diable et pond son Vespéral.

Terrifiant spirite ! Au bonheur bedonné,

Le pardessus de Thot, les chaussures d’Isée,

La bave de la mer et le front demeuré ;

Écoutez Messe d’or l’aube de la marée :

Entendez-vous ? Ça monte… Abandonnez vos châles,

Priez ou haïssez, sifflez ou bien chantez…

L’esprit crépusculaire annote ses chorales

Pour que de l’abandon vous vous enlinceuliez.

Et bien je mords ma chair, je la brûle et j’en peins

L’atome ouaté d’île et d’Érèbe et de bible,

J’en pleure (entendez-vous ?) – Tout bourgeois de tremplins

Je me plombe spectral de mélasse incessible ;

Je ne sais si je vois, je ne sais si je pense,

Je ne sais si je lis, je ne sais si je meurs ;

Il semble de tous bords que chaque résonance

Comme un feu défilé fit raisonner ses Chœurs !

Dizains de Lochac La baudelairienne

I

Elle s’était juré de réciter les psaumes

De mémoire et sans peur par la Nécessité,

De prier humblement sur son adversité,

De louer l’impassible et d’aimer les royaumes.

Elle avait promis, forte, et d’un savoir puissant,

Que l’amen de son cœur sous le prisme des paumes

Serait le seul poème en aubade agissant.

Elle s’était juré dans l’esprit ces vocables

Flamboyants dans l’après par les jadis des diables.

Elle s’était juré la voix de son étant.

II

À vingt-huit ans, elle a des pâleurs immorales,

Oréade parmi le pont continental,

Elle guette l’ébauche, un havre sépulcral,

Remplissant ses cahiers de frondes liminales.

Mille fois tragédienne en suggérant son art,

Elle y voit tous ses Dieux en bouches doctrinales

Qu’elle porte à ses doigts dans un extrême écart.

Semblable elle consacre un temps au mal terrestre,

Ressentant l’agonie en y joignant l’orchestre :

Tant son Dieu la reprend que Satan fait sa part.

III

Elle ressent qu’écrire un mal fait douter l’âme

Mais que l’alimenter creuse un puits de beauté,

Que Satan se dévore en intime entité,

Sans honte, scribe d’or – Grande Sœur, Notre Dame.

Mais elle craint que l’art puisse en Enfer mener…

Qui du blasphème peut s’extirper de la flamme

En vantant que l’éden se délie au bûcher ?

Caresse filandreuse, encre de théorème,

Charnier, meurtre, poison : nœuds du plus pur poème.

Elle chante indolore et l’art se fait archer.

IV

« Quelle portée ? Un vers naturel pianote,

Il devient réceptacle, in extenso, puis il

Balbutie, il dépend d’autres lettres d’exil,

Il s’efface et revient… en vraie, en fausse note. »

Elle admet son sursis, l’absurdité des riens,

Le soleil grossissant est digne de litote,

Elle en fait sa pensée au leste des demains.

Dans l’inutilité des miasmes secourables,

Elle tente une valse, un long passé de fables.

Se sentir presque exacte, à même les lointains.

V

« J’ai parfois dans le cœur ce nuage de honte,

Je confonds le concret et l’abstrait de ceci,

J’écris car je ressens ce fond à la merci

Des histoires de nonne ou de l’horreur qui monte.

Je tente de nommer l’heure de l’au-delà,

Et me laisser mourir en écoutant le Ponte

M’avouer mes erreurs de lettres ça et là.

L’écriteau des blancheurs me presse et me subjugue,

Chaque mot est exode : impersonnelle fugue.

Virginale démone : Ave Maris Stella ! »

VI

Et puis, sans trop savoir, fière, elle poétise,

La même qui plus tard bercera son néant,

Mère des voluptés et de l’encens restant,

Elle-même pareille au mouroir sans hantise.

Elle ajoute des mots dont le bleu-nuit dépeint,

Recouvrant des amours sans plus d’art que d’église,

Se sachant destinée au Graal du lendemain.

Quand elle se formule on croirait les rouages

Du plein ciel terrifique aux Seines d’azurages.

En sachant qu’elle crée un saphir dans sa main.

VII

La peinture est en elle, en onirologie

Elle rêve de soi, l’inconnu qui devient,

De maelstrom en maelstrom l’oracle la prévient

De sens et chants chrétiens par blanche analogie.

Elle s’enivre où l’ère est de bloc et de deuil,

Admirant les tracés d’une Babel bouffie,

Aimant le ver plutôt que l’être du cercueil.

Les éclis idéaux sont peines parisiennes

Fortes du grand ennui par lances diluviennes.

Mais elle sait qu’ici le mal fleurit l’orgueil.

VIII

Les gants roses du spleen la bercent suivante Ève,

Ses seins sont des tissus des chocs baudelairiens,

Et pour semblable amour des mots de galériens

Flattent de ses beautés les vertèbres en grève.

Le fond de sa parole est un palais d’art bref,

« Ô morte animez-moi, la stance me soulève…

J’en destine mes cils en bleus d’oblongue nef !

Ô morte animez-moi de lave féminine

Et la vôtre à mes doigts sera l’ode marine ! »

Songeant ainsi que va l’encens sans relief.

IX

« On ne se connait pas, je vous écris des lames

Qui blanches vers le Sud sont l’abîme des mers,

Dès le millier de mots, Sirène des enfers,

Je vous suggère une île en foudroyants coups d’âmes.

Je vous parle de mots d’automne et d’au-delà,

Plus que pleurer, je veux l’harmonie et ses flammes,

Je veux juste être au gré de l’automnal éclat.

Quand on meurt il faut lire un sentiment profane

Comme l’avènement d’un détour qui vous fane.

Je veux être pareille en lice d’une aura. »

X

Dans son amour pour l’art, cénacle des sorcières,

De poème en poème et de sens en passé,

Elle admet que son sein au fin cache-corset

Est seule muse en graph de surnoms de civières.

Elle admet les bas-fonds, les fantasmes crasseux,

Que pour pleurer elle a des larmes de princières

Au secours de ses vers sans soleil et sans cieux.

Au parvis des damnés, elle brandit ses germes

Pour jurer que péché n’est pas l’ange des termes.

Les mots couleur de lune azurent l’art givreux.

XI

« Le deuil est exprimé, peurs, amours, paysages,

Lacs, fantômes, péchés, gnoses, religions,

Didactismes, logis, fêtes du feu, raisons,

Folklores, mythes, ciels, aveux de tous les âges.

J’ai de moi quelques vers de mondes incréés,

Tout Mercure et Saturne et de glaces d’ancrages,

Et de mes mots savants ma faucheuse de blés.

Il semble qu’il me reste à rechercher le meurtre :

Le meurtre de moi-même en exprimant ce meurtre.

Sur un lit de basalte aux rêves présumés. »