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Beschreibung

  • Texte révisé suivi de repères chronologiques.
" J’ai simplement pensé que, à une époque où l’on s’efforce de remonter aux sources de la science humaine, afin d’y trouver la vérité à peu près impolluée, j’ai pensé qu’il était bon de représenter la source primordiale et traditionnelle de toute connaissance, le flot initial dont toute l’humanité est tributaire … 
J’ai été amené à diviser ce travail en trois parties : l’une — que je présente — relate, sous le titre de « Voie métaphysique », les principes de la Tradition et son mouvement philosophique et cosmogonique : la seconde, sous le titre de « Voie Rationnelle » relatera la systématisation de la Tradition, avec le Taoïsme, ou « Voie et vertu de la Raison », de Laotseu ; — la troisième, sous le titre de « Voie sociale », relatera l’adaptation de la Tradition, avec la philosophie politique et communiste de Kongtzeu (appelé Confucius par les missionnaires chrétiens)."

Extrait de la note explicative de La voie métaphysique(1905)

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Veröffentlichungsjahr: 2020

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La voie rationnelle

Matgioi

Copyright © 2020 Philaubooks, pour ce livre numérique, à l’exclusion du contenu appartenant au domaine public ou placé sous licence libre.

ISBN : 979-10-372-0145-4

Table des matières

La voie rationnelle (1907)

1. Laotseu

2. Les Concordances Taoïstes

3. Le Tao

4. Le Te

5. Les Actions et Réactions concordantes

6. Le Kan-Ing (Traduction)

7. Les Hiérarchies Taoïstes et les Sociétés secrètes

8. Les Sciences Sacrées

9. Le Taoïsme Contemporain

10. Appendice I

11. Appendice II

Repères chronologiques

La voie rationnelle (1907)

Chapitre 2

Les Concordances Taoïstes

La doctrine de Laotseu est un Christianisme primitif, dit l’orientaliste Pauthier. L’auteur de l’Essai sur la philosophie des Hindous déclare, de son côté, que la grande réforme du Brahmanisme, propagée par le Bouddha dans l’Inde, avait eu un grand retentissement en Chine, et ne fut pas inconnue de Laotseu, qui en trouva des éléments dans la bibliothèque du royaume de Tchéou.

Le commentateur Sou-Tong-po, illustre sous le nom de Sou-Tseu-Yeou, exilé à Yuntcheou, parmi des religieux samonéens, y puise la conviction qu’« il n’y a pas une seule proposition de Laotseu qui ne puisse s’accorder avec la doctrine de Bouddha ».

D’autre part, un missionnaire chrétien, le Père Hue, représente Laotseu comme « un précurseur des Esséniens, dont Jésus fut le révélateur » et des gnostiques philosophiques à la façon de Clément d’Alexandrie. Laotseu aurait été le continuateur de l’enseignement du principe « zoroastrien », devenu en Europe principe chrétien, dont le premier fruit fut l’anachorétisme contemplatif ; et cet anachorétisme, venu de l’Inde et de la Chine, se serait prolongé, semblable à lui-même et peu à peu occidentalisé en Perse, en Chaldée, dans l’Asie mineure, en Thébaïde et sur toute l’Europe.

Plus audacieux, Montucci déclare que : « beaucoup de passages de Laotseu sont si clairs, que quiconque aura lu ce livre ne pourra douter que le mystère de la Très Sainte Trinité n’ait été révélé aux Chinois plus de cinq siècles avant la venue de Jésus-Christ ». Enfin, le R. P. Amyot a cru reconnaître mieux encore, c’est-à-dire le nom des trois personnes de la Sainte Trinité. Et, brochant sur le tout, M. Abel Rémusat, membre de l’Institut, qui avait beaucoup travaillé, mais peu voyagé, et ne savait pas parler la langue chinoise, dont il traduisait les ouvrages les plus difficiles et les plus abstrus, a reconnu le nom de Jéhovah dans la XIVe page du Tao. Et il ajoute triomphalement : « le mot trigrammatique i-hi-weï (qui est pris par M. Rémusat, syllabe par syllabe, dans trois phrases différentes de cette page XIV), est matériellement identique au tétragramme que, suivant Diodore de Sicile, les Juifs donnaient à Dieu comme nom sacré. La transcription la plus exacte de ce nom célèbre se trouvant dans un livre chinois est un fait bien singulier. Je le regarde comme une marque incontestable de la route que les idées pythagoriciennes ou platoniciennes ont suivie pour arriver à la Chine ».

Ainsi, les Chrétiens prétendent que Laotseu fut inspiré par les Chrétiens ; les Bouddhistes, par les Bouddhistes ; les Gnostiques et les Esséniens, par les Thérapeutes ; et les Catholiques par les Juifs, par Pythagore et par Platon.

Bien entendu, la chronologie ne fait rien à l’affaire, et la philologie officielle s’inquiète peu, quand elle fait des spéculations, des dates les plus précises de l’histoire. Nous ne voyons, dans cet empressement à dépecer l’héritage intellectuel d’un homme, qu’un hommage solennel, universel et imprévu à l’intelligence de cet homme ; et très humblement, pour tâcher de nous rapprocher de la vérité, laquelle est certainement plus simple et moins stupéfiante, nous nous en référons à l’aveu sans artifice de Laotseu lui-même : « Je ne fais qu’enseigner ce que les hommes ont déjà enseigné avant moi » (Tao, 42e page).

Nous rappellerons ensuite que Laotseu écrivit ses préceptes dans le royaume de Tchéou, et que c’est avant de quitter la Chine qu’il leur donna la forme sous laquelle nous les connaissons aujourd’hui. Et pour le reste, nous renvoyons les amateurs de rêveries aux tableaux synoptiques de l’histoire universelle.

Il est d’autres commentateurs et traducteurs de Laotseu qui, non contents d’avoir défiguré ses centons par des additions occidentales, et sa pensée même par les observations de certains rhéteurs et compilateurs chinois (car la Chine, comme tout autre sol, produit aussi cette race spéciale de savants), veulent que Laotseu ait tout pris de son propre fonds. G. Pauthier, qui cependant est, de tous les Européens, celui qui, jusqu’à ce jour, a le mieux saisi l’esprit du Maître et de ses livres, dit que « ses doctrines ne tiennent au passé de son pays par aucun lien traditionnel, par aucun antécédent historique ». M. Stanislas Julien abonde aussi dans le même sens.

Je crois, à lire la très savante, et surtout très intuitive étude que Pauthier a consacré à Laotseu, qu’il entendait par là faire au philosophe qu’il commentait, le plus grand des éloges. En quoi il s’est bien trompé. Quand on dit d’un savant chinois qu’il a rompu tout lien traditionnel, on lui adresse la pire des injures, et, de plus, on a toutes chances de ne pas dire la vérité ; car il n’existe pas un Chinois qui puisse — même s’il le mérite — acquérir la gloire, s’il ne fait pas remonter expressément son enseignement à celui de ses ancêtres ; si donc il est un écrivain chinois qui ait osé cela, il est chez lui considéré comme un fou bizarre ; on fait autour de lui la conspiration du silence ; et ainsi nous ne le connaissons point, soit que nous soyons demeurés en Europe, soit même que nous ayons tenté d’aller découvrir la vérité en Chine. Le respect des ancêtres et la piété pour leurs idées sont des pierres angulaires de la philosophie et de l’érudition chinoises, et nul ne songerait à bâtir un système sur d’autres bases. Même en sociologie, même en politique, les réformateurs et les révolutionnaires chinois d’aujourd’hui — que l’on peut cependant soupçonner de peu d’enthousiasme pour la poudreuse et immobile antiquité — ne s’aviseraient pas de présenter comme une nouveauté leurs projets de réforme, car ils n’y trouveraient pas un adhérent. Ils les présentent, au contraire, comme un retour à l’ancien état de choses, et un « recul » vers des temps passés et meilleurs ; et, à tout prendre, si l’on veut bien étudier l’histoire des vieilles dynasties, on verra que ces révolutionnaires n’ont point tort, et qu’ils connaissent aussi bien le passé de leur race que l’âme de leurs contemporains.