Le cœur de Lea - Chantal Meyer - E-Book

Le cœur de Lea E-Book

Chantal Meyer

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Beschreibung

Une saga familiale dans le monde de l’édition, rythmée et pleine de rebondissements.

A peine diplômé d’une grande école et aussitôt nommé Directeur Général des éditions Sulyvane, Maxence Parentin a tout pour être heureux : un physique à faire pâlir d’envie la gent masculine, des conquêtes féminines, des amis fidèles et une famille bienveillante. Une vie merveilleuse dans un monde de privilégiés ? Ce serait sans compter quelques ombres au tableau…
L’emblématique entreprise familiale, illustre et historique dans la ville de Metz va être éclaboussée par un scandale sans précédant. Entre sexe, drogue, tensions familiales et secrets, Maxence va se brûler les ailes et y laisser des plumes… jusqu’au jour où Léa entre dans son bureau, dans sa vie, dans son cœur. Léa, jeune auteur se révèle être son miroir.

L'emblématique entreprise familiale est éclaboussée par un scandale : Maxence va-t-il réussir à y faire face ?

EXTRAIT

Les yeux rivés sur mon ordi, voici près de deux heures que je ne parviens plus à me concentrer sur mon travail, la cause : trois jours merveilleux.
L’amour se présente à nouveau, il est là qui résonne. Rencontrés par hasard au détour d’un regard, les yeux vert amande, ceux de Léa.
Une semaine s’est écoulée, j’ai soif de la retrouver. De nombreuses fois je me remémore la scène. J’ai l’impression d’être redevenu un gamin, un jeune puceau. J’ai peur, j’en deviens presque fou. Comme par magie, Léa a levé mon regard à la vie.

À PROPOS DE L'AUTEUR

C’est à cinquante ans que Chantal Meyer découvre le don du « Slam ». Elle le pratique au gré de ses rencontres et parfois le met en page. Dire que Chantal est une éternelle sentimentale… Elle a cette générosité de donner, partager… Piquée par le virus de l’écriture, cette autodidacte se met à écrire sa biographie La Chrétienne en Terre d’Islam.
A présent l’aventure d’un roman lui est apparue comme une évidence.
Gageons que vous soyez nombreux à rêver de retrouver par cette histoire, votre histoire.

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Seitenzahl: 217

Veröffentlichungsjahr: 2017

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Table des matières

Résumé

PROLOGUE

MES RACINES

LA RENCONTRE

MES AMIS

MA FAMILLE

NOUVELLE ÈRE…

ERREUR DE PARCOURS

DOMINE, DOMINANT

MISES AU POINT

COMME DANS UN RÊVE

UN DÉSACCORD UNE FOIS ENCORE…

LE RÊVE CONTINUE

L’ENQUÊTE

PRISE DE CONSCIENCE ET RECONNAISSANCE

TROUBLES

À CŒUR OUVERT

NOUVEAUX DÉPARTS

RÉVÉLATIONS

À LA DÉRIVE

LA VIE REPREND SES DROITS

ENFIN

ÉPILOGUE

Du même auteur

Dans la même collection

Résumé

Une saga familiale dans le monde de l’édition, rythmée et pleine de rebondissements.

A peine diplômé d’une grande école et aussitôt nommé Directeur Général des éditions Sulyvane, Maxence Parentin a tout pour être heureux : un physique à faire pâlir d’envie la gent masculine, des conquêtes féminines, des amis fidèles et une famille bienveillante.

Une vie merveilleuse dans un monde de privilégiés ? Ce serait sans compter quelques ombres au tableau…

L’emblématique entreprise familiale, illustre et historique dans la ville de Metz va être éclaboussée par un scandale sans précédant.

Entre sexe, drogue, tensions familiales et secrets, Maxence va se brûler les ailes et y laisser des plumes… jusqu’au jour où Léa entre dans son bureau, dans sa vie, dans son cœur. Léa, jeune auteur se révèle être son miroir.

C’est à cinquante ans que Chantal MEYER découvre le don du « Slam ». Elle le pratique au gré de ses rencontres et parfois le met en page. Dire que Chantal est une éternelle sentimentale… Elle a cette générosité de donner, partager… Piquée par le virus de l’écriture, cette autodidacte se met à écrire sa biographie « La Chrétienne en Terre d’Islam ».

A Présent l’aventure d’un roman lui est apparue comme une évidence.

Gageons que vous soyez nombreux à rêver de retrouver par cette histoire, votre histoire.

Chantal Meyer

Le cœur de Lea

Roman

ISBN : 9782359629200

ISSN : 2111-6725

Collection : Accroch’Cœur

Dépôt légal mars  2017

© couverture Ex Aequo

© 2017 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de

traduction intégrale ou partielle, réservés pour tous pays.

Toute modification interdite.

Éditions Ex Aequo

6 rue des Sybilles

88370 Plombières les bains

www.editions-exaequo.fr

À ma fille Claudia :

Le fruit de l’amour…

Le commencement de la vie.

À Fabienne Mott :

Si l’amitié se veut un sens, c’est avec elle,

qu’elle a pris naissance.

À Fabienne Lambrey :

Lorsqu’elle s’est avancée vers moi la beauté de son âme m’a littéralement subjuguée.

PROLOGUE

Les yeux rivés sur mon ordi, voici près de deux heures que je ne parviens plus à me concentrer sur mon travail, la cause : trois jours merveilleux.

L’amour se présente à nouveau, il est là qui résonne. Rencontrés par hasard au détour d’un regard, les yeux vert amande, ceux de Léa.

Une semaine s’est écoulée, j’ai soif de la retrouver. De nombreuses fois je me remémore la scène. J’ai l’impression d’être redevenu un gamin, un jeune puceau. J’ai peur, j’en deviens presque fou. Comme par magie, Léa a levé mon regard à la vie.

Comment ne pas être rêveur après tant d’années d’oubli. Depuis Olivia, les femmes pour moi sont toutes des menteuses qui se donnent un plaisir à trahir la gent masculine par pur égoïsme, l’égalité des sexes… Celles qui portent le fruit de la vie sont devenues le fruit de bien des mépris. Comment moi, Maxence Parentin Sulyvane pour l’état civil, appelé sous le nom Sulyvane tout comme papa, proche de la trentaine, beau gosse, sans être vraiment irrésistible, ai-je pu me faire avoir ? Sans en faire des trophées, les femmes ont jalonné ma vie, des relations sans réelles histoires sauf… Olivia. Avec elle, je me suis brûlé les ailes. Telle une prédatrice elle a pris mon cœur. De ces moments de bonheur, je garde une cicatrice, témoin de beaucoup de rancœur.

Désillusions… Ma rencontre avec Léa, ce 25 septembre 1995, encore des illusions ?

MES RACINES

Après avoir décroché avec brio le triplé d’un master en informatique, communication et philosophie, c’est à vingt-huit ans que je prends place en qualité de directeur au sein de la maison Sulyvane, fondée par mon grand-père.

Je suis le cadet de cinq ans d’une sœur qui se prénomme Nina. Elle ressemble trait pour trait à notre père, Pierre Parentin y compris son caractère impulsif.

Quant à moi, j’ai hérité des yeux bleus et des cheveux bouclés de Kassy, mon adorable mère, fille des éditions du même nom.

Si pour l’état civil je m’appelle Maxence Parentin, pour ma famille, je suis avant tout un Sulyvane…

Aujourd’hui, Nina est mariée à Paul, un architecte dont le cabinet d’études est situé à Montigny-lès-Metz, une périphérie de la ville. Ils ont un fils, Pierrick, mon filleul âgé de huit ans.

Ma sœur est vétérinaire, son cabinet se situe place de chambre, à deux pas de la cathédrale Saint-Étienne.

Depuis l’enfance, Nina a toujours été en osmose avec les animaux. Le métier de vétérinaire est pour elle une véritable passion. Lors de son orientation scolaire, ma sœur s’est farouchement opposée à papa. Il n’était pas question pour elle de se diriger vers un bac littéraire. Nina brise le vœu le plus cher de papa, voir sa fille accéder au siège de directrice. Alors, c’est sur moi que l’on a tout misé.

LA RENCONTRE

L’été s’achève. Je savoure mes derniers jours de liberté avant mes nouvelles responsabilités. Et toujours cette même angoisse :

 Serai-je à la hauteur ?

 Serai-je ce fils capable de répondre aux exigences de son père ?

Je prends une première initiative : faire appel à une décoratrice d’intérieur afin de relooker mon bureau.

Cet entretien coïncide justement avec le retour de vacances de mes amis, Mathias, Sacha, Axel, Hylan, Ariane et Anaïs. Nous avons prévu de nous retrouver à dix-neuf heures trente à la terrasse en vogue, le Bleu Marine où Axel travaille. Inutile de dire mon impatience.

Dans mon bureau, je n’ai de cesse de faire les cent pas quand soudain, Bérangère m’informe que mon rendez-vous est là. Aussitôt la porte s’ouvre, s’avance alors vers moi un superbe mannequin à la longue chevelure d’un blond vénitien, tractant une énorme valise à roulettes, sa plastique de rêve moulée dans une robe, un vrai canon !

— Bonjour, monsieur ! Olivia Ebsman, décoratrice de la maison Biplo de Paris.

Sa poignée de main est pleine d’assurance, ses yeux noisette me fusillent. Déstabilisé, j’oublie de me présenter.

— Monsieur Sulyvane. Je vois que vous aimez le style contemporain !

Surprise, la jeune femme laisse échapper :

— Oh ! Mais… vous avez là une vue magnifique !

J’invite cette ravissante créature à venir découvrir le panorama de plus près, lui détaille les édifices aux alentours de la ville. Chacun de nous est emballé, mais probablement pas pour les mêmes raisons.

Nous nous installons dans la salle de réunion. Sans plus tarder, deux catalogues de papiers peints sont déployés et recouvrent le marbre de la table. Mon choix est rapide. Mademoiselle Ebsman est quelque peu déconcertée. Oui, mais, je ne vais pas m’en tirer à si bon compte. Elle tient à me faire voir la toute dernière nouveauté. Un éventail de stores japonais.

Mes yeux ne savent plus où regarder. La jeune femme tente de me rassurer. Sa main effleure mon dos. À ce moment précis, deux solutions : soit je lui saute dessus, soit je lui propose un café, c’est plus sérieux.

Je suggère de nous installer dans le coin salon de mon bureau. Un lieu tenu presque secret par un rideau à fils qui se fond dans l’espace. Alors que Mademoiselle Ebsman s’avance, je tente de la surprendre et faire de cet instant, un moment magique. D’une simple pression de mon pied, j’actionne l’interrupteur. Chaque fil s’illumine. La jeune femme semble rêveuse et moi avoir des ailes. Mon côté mâle me titille et ça me plait ! Je profite de cette pause-café pour en savoir un peu plus sur ce canon et pourquoi pas la séduire. Nous évoquons nos dernières vacances, quelques détails sur son travail à la maison Biplo, je tente de m’aventurer sur un ton plus léger vers le domaine de la vie privée, mais sans succès. La professionnelle veille, elle me rappelle de faire un choix sur les stores. La jeune femme argumente la multiplicité de son produit, elle vante le style nouveau d’une déco sans précédent.

De mon côté, je persiste, revendique qu’aucun store ne sera suspendu de part et d’autre de la baie.

Exaspérée, la jolie blonde joue sa dernière carte.

— Monsieur Sulyvane, je peux vous assurer que cette nouvelle déco va faire des envieux... Vous serez dans l’obligation de m’inviter dans le plus prestigieux restaurant de votre région.

 Son aplomb me déstabilise quelque peu. Une poignée de main signe l’accord de son engagement.

Mademoiselle Ebsman prend congé. Il me faut passer à l’action. Alors qu’elle me tend la main pour me saluer, je l’attire à moi et l’embrasse sur la joue en la félicitant pour ses conseils avisés. Bien sûr, je ne maîtrise pas mes mains qui se mettent à lui caresser le dos, le bas du dos… et vlan ! Furieuse, elle me repousse. Comment me dépêtrer de cette situation ? Le plus simplement du monde, avec des excuses. Je lui avoue qu’elle est attirante, belle, telle un aimant, et puis ses yeux… La belle farouche se détend, elle comprend… Je ne tente pas pour autant une deuxième approche, je la joue plus « conventionnel » et l’invite, en guise de pardon, à découvrir un des coins les plus sélects de Metz. Elle hésite, mais décline mon offre. Et là, je sais que cette femme finira par céder, je l’aurai… En attendant, je reconduis Mademoiselle Ebsman jusqu’au parking. Dans le couloir, nous rencontrons papa. Le charme de cette fille ne le laisse pas insensible. Les présentations faites, il n’hésite pas à mettre en avant son côté charmeur.

— Mademoiselle, permettez-moi de vous dire que je vous trouve ravissante, si vos créations ont autant de personnalité que vous, le bureau de mon fils promet d’être à l’image de votre élégance.

Dans l’ascenseur, le miroir ne retient guère l’attention d’Olivia, ce sont plutôt les dernières paroles de mon père qui la troublent.

— Maxence. Vous permettez que je vous appelle par votre prénom n’est-ce pas ?

— Je trouve votre père adorable, d’un charme franchement… Il sait parler aux femmes, sans zèle, simplement avec son cœur. De nos jours c’est plutôt rare. Sans connaître votre mère, je comprends qu’elle en soit tombée amoureuse.

Face à la défaite de tout à l’heure, je préfère ne pas rétorquer le sujet me semble trop risqué. Conscient de n’avoir plus que quelques minutes en sa présence, je tiens à m’acquitter d’un resto.

— Dites-moi, vous ne lâchez pas facilement prise ! Sans être le portrait de votre père, vous lui ressemblez étrangement.

La vitre de sa voiture baissée, je me rapproche davantage.

— Dois-je prendre ces paroles pour un compliment ?

— Hum, à vous de voir. Je vous appelle… Bye Bye, Maxence.

— Vous avez intérêt ma belle, lui criais-je !

— Comment ! Comment ! s’écrie-t-elle.

Déjà le bruit du moteur de sa Volvo interrompt notre conversation. La voiture s’éloigne. Mon cœur se prépare à traverser une tempête. Je reprends l’ascenseur, le parfum d’Olivia y est encore. La porte s’ouvre, je tombe nez à nez avec mon père.

— Ah papa ! Je viens juste de raccompagner Olivia !

— Olivia ?…

— Arrête de te payer ma tête, tu veux.

— Es-tu satisfait des conseils de cette jeune personne ? As-tu trouvé quelque chose qui te plait dans toute sa panoplie ?

— Tu parles de sa plastique parfaite, de son humour, son charisme, ses yeux, son sourire…

— Je crois fiston, que le charme de cette demoiselle ne t’a pas laissé indifférent. Je dirais même qu’elle t’a mis sens dessus dessous !

— Avoue, cette fille ne t’a pas laissé insensible ?

— Oui, mais moi, fiston… Je n’ai aucune chance !

— Mais ! Je croyais que tu aimais maman comme au premier jour !

— Exact, mon fils, c’est pourquoi je n’ai aucune chance ! Mais toi. Je parie qu’on en reparlera de cette petite Olivia…

Comme cet insubmersible dans le brouillard de la nuit face aux énormes icebergs, je suis pris de panique.

… Olivia, de toute évidence les panneaux japonais me conduisent inéluctablement dans un panneau, celui de l’Amour…

MES AMIS

Dire qu’il y a quelques heures encore, je me réjouissais de retrouver ma bande de copains. Mais depuis la rencontre avec cette fille… C’est hallucinant de voir à quelle vitesse celle-ci a fait de moi son instrument. En un mot, elle m’a littéralement envoûté. Les fantasmes plein la tête, je file chez moi me changer. Son souvenir me poursuit.

Serais-je en train de tomber amoureux ? Ça n’a aucun sens. J’ai toujours eu beaucoup d’assurance avec les femmes. Cette réalité me fait sourire.

Un verre de whisky m’aidera à y voir plus clair. Je m’installe profondément dans mon canapé.

Sans être dans ma bulle, je suis comme un funambule sur son fil, poussé par le vent, avançant dans le vide. Mon corps se désarticule et devient aussi léger qu’une marionnette. Mon fantasme est là qui me chahute. Je mordille mes lèvres, mais... Ouah, je bande !

Ce soir, Olivia a fait de moi son esclave, un pauvre type en état d’abandon, un mec en mal d’amour tout simplement. Je reste là à flemmarder un long moment avant de regarder ma montre. Ma conscience me dicte de faire un effort si je ne veux pas me taper la honte envers mes copains, surtout Axel qui n’en loupe pas une quand ce n’est pas sa bêtise qui le rattrape et lui ordonne d’appuyer là où ça fait mal.

Mathias, Gaylord et Hylan ont comme moi un caractère calme et discret. Sacha, lui, a parfois un côté électrique. Au premier abord on a du mal à saisir son impulsivité que l’on comprend mieux lorsqu’on connaît son passé.

À l’âge de cinq ans, il est le seul rescapé d’un accident de la route dont ont été victimes ses parents. Depuis ce jour il a été recueilli et élevé par sa grand-mère maternelle. Mathias et moi l’aidons dans les mauvais moments, ceux où l’absence, le vide, le manque l’agitent. Aujourd’hui encore, sa douleur est restée vive.

De ma bande d’amis, Mathias est le seul avec qui j’ai le plus d’affinités. Il est vrai que nous nous fréquentons depuis la sixième.

Vingt-heures-trente lorsque je retrouve mes copains. Ma mine blasée surprend. Normal, après trois semaines de vacances, tous s’attendent à plus d’enthousiasme. Mon manque d’entrain fait des vagues. Heureusement arrive Hylan, le dernier de la bande. Celui-ci nous confie avoir été embauché dans une PME à Dijon. Avec augmentation et voiture de fonction à la clé. Voilà là, l’occasion de faire la fête. Sans le savoir, notre ami vient de me sortir d’un bien mauvais pas.

La chaleur écrasante de la journée faiblit. La nuit, le souffle d’un petit vent léger flotte dans l’air comme une caresse. Le brûlant du jour s’échoue et meurt.

Nous arpentons la ville à pied. Ce soir nous allons nous immerger dans les airs musicaux les plus fous et côtoyer les danses les plus folles dans l’une des discothèques du quartier gare, un côté huppé de la ville.

Le Beaulieu. Nous pénétrons dans le feutré d’un rouge velours où l’essence de la nuit va gagner la jeunesse que nous sommes. Là, nous retrouvons Ariane et Anaïs.

La Macarena de Clos. Del Rio plafonne à plein tube, mais aussi Alexandra, Alexandrie de Cloclo convie toutes les filles ce soir à devenir des Clodettes.

La fièvre du samedi soir bat son plein.

Quatre heures quarante-cinq… Le crépuscule se déleste peu à peu de son manteau sombre, mais quelques étoiles font encore les belles dans la toile du ciel. Le chant des oiseaux se rit de notre jeunesse qui déambule dans Metz à moitié endormie.

Le cours de cette nuit blanche touche à sa fin, le sentiment de gaieté m’échappe… Bonjour tristesse.

Mathias, qui a remarqué mon manque d’entrain durant la soirée, s’invite à venir dormir chez moi.

La fatigue m’a quitté, mais le mal d’aimer me ronge toujours avec la même vigueur. Plus que jamais je me déclare la guerre. Je suis aux premières loges de cet ennemi, lequel m’a transpercé de sa lame. Ce coup de foudre.

Devant ma tasse de café, j’essaie de relativiser. Mais déjà, Mathias me presse de questions. Je fais semblant d’être ailleurs. Il insiste.

— Je t’ai dit vouloir refaire la déco de mon bureau et faire appel à une décoratrice d’intérieur. Elle est venue vendredi après-midi.

— Et ?

— Je te résume la situation : je me suis retrouvé en présence d’une bombe ! Et je n’ose pas te parler de sa plastique. Même mon père a été séduit.

— Eh bien…

— Franchement, celle-ci sort du lot !

— En quelque sorte, tu es tombé dans le panneau…

— Tu n’as jamais si bien dit.

— Comment s’appelle cette beauté ?

— Olivia Ebsman.

— Tu crois qu’elle en pince pour toi ?

— Je sais que je lui plais. L’ennui c’est qu’elle n’a pas l’air facile à approcher…

Est-ce que tu as ses coordonnées ?

— Mathias, réfléchis un peu. Évidemment que j’ai ses coordonnées puisque c’est moi qui ai fait appel à elle !

Bientôt huit heures du matin. À l’heure où la ville s’éveille, nous décidons d’aller nous coucher.

MA FAMILLE

Dimanche, quinze heures. Le téléphone me tire de mon sommeil. J’enfouis ma tête sous l’oreiller. Le répondeur s’enclenche.

— Maxence mon chéri... On attend plus que toi.

Je ne comprends rien au message, seule la voix de maman m’est perceptible. Je me lève d’un bond…

— Merde… Mathias, lève-toi !

— Quelle heure il est ? 

— Quinze heures !

— Quoi !

— Tu as bien entendu…

— Pas possible. J’ai rencard avec Rachel. Quelle galère !

Je fonce sur le téléphone. Au bout du fil, ma sœur. Je la rassure sans plus d’explications.

Au volant de ma berline, je file en direction du Mont Saint-Quentin où mes parents ont acheté leur maison quelques mois après la naissance de ma sœur. Celle-ci se trouve sur les hauteurs au fond d’une impasse. Ici et là, chênes, sapins, bouleaux cohabitent en parfaite harmonie même les ronces et autres herbes sauvages ne dénaturent en rien le paysage. Je connais les moindres recoins pour y avoir joué à cache-cache durant mon enfance avec Nina et grand-père. L’endroit est idyllique. Le portail ouvert, je pénètre dans la propriété familiale. Pierrick mon filleul joue au ballon. À peine la voiture a-t-elle franchi l’allée qu’il accourt, s’empresse d’ouvrir la portière, se jette dans mes bras et s’écrie :

— Parrain ! Tu en as mis du temps ! Tu sais, grand-père dit que tu es amoureux d’une très belle dame.

Je fais mine de ne pas entendre.

D’une voix persistante, papa me demande :

— Toujours sens dessus dessous fiston ?

—… Un peu moins. Satisfait ?

— Content pour toi, voilà tout.

— De quoi s’agit-il Pierre ? s’étonne maman. 

— Rien qui ne puisse t’intéresser ma chérie. C’est juste un point de vue entre ton fils et moi.

Avant de m’embrasser, Nina m’adresse un large sourire, je la soupçonne d’être dans la confidence.

Pierrick a tout juste le temps de souffler les bougies et d’ouvrir ses cadeaux que déjà les conversations vont bon train. Chez les Sulyvane, la politique reste le sujet qui anime.

Nina me fait signe de la rejoindre. Je m’éclipse en laissant Paul et papa réinventer le monde.

— Il paraît qu’une fille t’a fait perdre la tête ?

— Les nouvelles vont vite à ce que je vois.

— Au-delà de l’élégance de cette fille, papa a même ajouté que vous formiez un très beau couple.

— Il a dit ça ! Cette fille a une énergie incroyable.

Tu te rends compte, elle est parvenue à me convaincre d’installer des stores japonais dans mon bureau ! 

— Quoi ! Eh bien, p’tit frère, c’est le coup de foudre ! Dis-moi, si ce qu’elle te conseille est à l’image de sa beauté, la facture promet d’être salée.

— Papa me tient le même propos.

— Permets-moi de te rappeler que tu n’as pas choisi n’importe quelle référence.

— J’ai choisi la maison semblable à nos exigences. Si tu me disais où tu veux en venir ?

— Olivia est une commerciale.

— Oui et alors, je ne vois pas où est le problème.

— Pour vendre, certaines personnes n’hésitent pas à recourir à plusieurs stratagèmes. Si tu vois ce que je veux dire…

— C’est un comble. Tu fais fausse route sœurette ! Tu viens de dire il y a deux minutes que tu ne doutais pas du sérieux de cette maison.

— Je veux juste te mettre en garde p’tit frère. On en rediscute si tu veux bien ?

À présent la famille a pris place au salon d’été de la véranda. Ce soir chacun s’exprime librement sauf papa, il s’est gardé de tout commentaire. Ce n’est pourtant pas dans ses habitudes.

Confortablement installé dans son fauteuil, un verre de digestif à la main, Paul évoque son travail. Suite à un appel d’offres lancé par la ville de Roubaix, il a été retenu pour réaliser les plans et la maquette d’un complexe sportif. On l’assaille de questions. Il propose de nous faire un croquis. C’est alors que papa sème le trouble.

— ...Maxence, pourquoi t’intéresses-tu à Monsieur Burger ?

 Cette question me surprend néanmoins elle n’est pas posée au hasard.

— Je sais, je n’ai pas encore pris mes fonctions et déjà je mets mon grain de sel. Ça te dérange ? J’ai suggéré de revoir le contrat de cet auteur, car je trouve que la vente de son livre est en constante progression. Nous venons de le rééditer. On est à 1500 exemplaires en 3 mois de parution. Reconnais que seuls les plus grands sont plébiscités, a fortiori cette trempe d’écrivains ne se repose-t-elle pas essentiellement sur l’éditeur ? Pour ces grands, les contacts radio sont anticipés, pour quelques-uns, même la télé ! Qu’en est-il pour Monsieur Burger ? Rien !

— Tu y vas un peu fort. Être publié apporte une certaine reconnaissance.

— Ah ! Je te l’accorde et tu estimes qu’il doit en rester là. Il est grand temps d’innover papa. Le bouquin de cet homme n’est sans doute pas un best-seller, j’en conviens, mais nous devons reconsidérer son contrat. Accepte de le recevoir.

— Tu dis que Monsieur Burger fait le maximum pour promouvoir son livre, avons-nous des retombées de la part des lecteurs ? Au fait son livre c’est quel genre ?

— Un thriller. Et cet homme a un autre ouvrage à son actif. J’insiste pour qu’on le reçoive. Il est temps de se bouger.

Papa ne l’entend pas de cette oreille.

Kassy sort enfin de sa réserve.

— Pierre, je pense que notre fils a raison. Il faut que tu acceptes d’être plus ouvert. Il est vrai, notre maison a une certaine réputation. Il n’empêche qu’une nouvelle ère se dessine. On doit accepter d’évoluer avec cette jeunesse. Mon père l’aurait déjà fait, il était tourné vers le futur.

Papa réagit aussitôt. D’après lui, n’avais-je pas dû bosser un certain nombre d’années pour obtenir mon triple master ! Il en profite pour me rappeler que je dois éviter de prendre de telles décisions sans lui en parler. Je veux réagir, mais maman tient à éviter tout débordement.

 Comment dévoiler aux yeux de tous que tout ceci n’est que pur stratagème…

Désormais, plus aucun doute, il sera toujours en travers de ma route. Rester objectif m’est difficile.

L’aube se lève sur un autre jour, lequel se nourrit de rêve souvent impossible, mais essentiel

NOUVELLE ÈRE…

 Six mois se sont écoulés depuis ma prise de fonctions. Au fil du temps, je me suis familiarisé avec l’ensemble du personnel, d’où l’envie de créer un bureau des ressources humaines.

Il me fallait une aide... Elle était toute trouvée. Bérangère, notre fidèle secrétaire.

Lors d’un dîner en tête à tête, je lui raconte que mon père est hostile à mon projet. Pour Bérangère papa est de ces hommes qui ont pour habitude de diriger. Cette opportunité, il la doit essentiellement à mon grand-père qui lui a laissé le droit de manœuvrer à sa guise. Depuis il n’a jamais cessé de donner le meilleur de lui-même.

Ma secrétaire est surprise de m’entendre dire que mon père n’est pas prêt à me donner ma chance. Elle me suggère d’être patient. Il était trop tôt pour que je lui apporte des preuves.

Elle reconnaît que seul, papa prend les décisions. Maman ayant choisi de se retirer voici quelques années déjà. Elle ajouta :

— Inutile de te tracasser mon garçon, ta mère est ton alliée. Efforce-toi d’écouter ses conseils. Quant à ton père, malgré ses défauts, il est loin d’être ton ennemi. 

Je reparle alors de la déception de papa lorsque ma sœur a préféré poursuivre la carrière de vétérinaire.

Bérangère ne voit pas réellement où je veux en venir. Je lui avoue que le rêve de papa était que ce soit Nina qui accède au poste de directeur. Ma secrétaire est sidérée. Rapidement je précise ne pas être jaloux de Nina. Ma sœur à toute ma considération… Bérangère finit par déceler ma souffrance. Sans doute l’ai-je occultée ? Il est vrai que je me suis toujours plié à toutes les volontés de ma mère. Une erreur sans doute. Quoique, être le modèle de son père ne suffit pas non plus alors…