Le Chasse-Ennui - Louis GARON - E-Book

Le Chasse-Ennui E-Book

Louis GARON

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Beschreibung

Libre à vous de choisir des fac-similés de piètre qualité ; le présent ouvrage a été entièrement recomposé, revu, corrigé et annoté au besoin, l'orthographe modernisée, car déchiffrer et interpréter ralentit et gâche le plaisir de lire ; bref, tout a été fait pour rendre votre lecture plus accessible et agréable. Ce Chasse-Ennui, rédigé alors que Louis Garon est cloué au lit suite à une attaque de goutte, comprend 500 contes, plus ou moins courts, divisés en 5 "centuries" de 100 contes chacune. Il s'agit d'une sorte d'almanach, comme il en était la mode à cette époque, où se rencontrent pêle-mêle des anecdotes historiques, d'autres moins, des facéties qui sont dans l'air du temps, des apologues avec une visée morale. Y sont brocardées toutes les couches de la société, depuis les Princes jusqu'au simple villageois, en passant par les bourgeois, les hommes de l'art, de lettres, ou encore de robe. Les femmes n'en sont pas exclues. Un très beau style, un esprit subtil, avec quelques formules pétillantes qu'on découvre au fil des pages. Un ouvrage, introuvable (ou quasi) en librairie, adapté en français moderne, en essayant de respecter au maximum le texte originel.

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Seitenzahl: 374

Veröffentlichungsjahr: 2022

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En relisant le conte 84 de la 3ème Centurie, me revient à l’esprit cette anecdote vécue :

Ayant fait appel un jour à un bricoleur qui faisait (au black) autant de l’électricité que de la peinture et plein d’autres choses, à un moment je laissai échapper : « Le mieux est l’ennemi du bien ». - Ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd.

En effet, quelque temps après, pour me montrer l’excellence de sa mémoire comme de sa brillante intelligence, il me fit : « Comme vous dites, le pire est l’ennemi du bien. » Ses travaux, heureusement, étaient d’un meilleur tonneau.

Sommaire

INTRODUCTION

1) L’auteur

2) L’Oeuvre

3) Le présent ouvrage

Dédicace

AU LECTEUR

Dizain Acrostiche

Avant-Propos

PREMIÈRE CENTURIE

Réponse plaisante d’un cordonnier au Pape Léon

Plaisante réponse d’un Pape à un gentilhomme

Réponse facétieuse d’un ecclésiastique au Pape

Dit remarquable d’Urbain IV à un cardinal

Un vieux villageois récompensé

Belle répartie du Pape Léon XI à sotte demande

Libéralité de Léon X envers les gens de Lettres

D’un pèlerin qui ressemblait au Pape Boniface

Titres que le Pape Jules donnait à ses serviteurs

Paroles remarquables du même Pape

Que nos rois de France ne relèvent que de Dieu

Subtilité d’un Pape pour se défaire d’un importun

Conseil ridicule d’un abbé à un cardinal

Paroles piquantes de Raphaël d’Urbino

Repartie du cardinal Salviati à François 1er

D’un cardinal qui aimait les lettres

Réponse subtile d’un villageois

Répartie d’un archevêque à son maître d’hôtel

Répartie d’un prélat à un gentilhomme

De l’évêque de Chartres et du roi Louis XI

Du même évêque et des prêtres qu’il rencontra

Un évêque voulant gausser un berger eut son paiement

Belle répartie d’un prélat

Répartie d’un bon compagnon

Réponse d’un villageois à un abbé

Simplicité d’un abbé

D’un qui doute si les escargots étaient chair ou poisson

Deux religieux se font délivrer des voleurs

D’un riche bénéficié de Lyon

Plaisantes répliques d’un cordelier à un capitaine

Plaisante rencontre d’un curé de village

Plaisante répartie d’un clerc à un évêque

Plaisante rencontre de l’historiographe du roi d’Espagne

Continence remarquable d’Alexandre le Grand

Subtilité d’un meneur d’âne devant Alexandre

Exemple mémorable de Vespasien

Réponse de Maximilien à un qui voulait se faire anoblir

Réponse du même à un qui lui demandait l’aumône

Répartie de Sigismond à Georges Fistel

De Sigismond et de son valet de chambre

Réponse notable de Frédéric III, empereur

Libéralité de Charles Quint envers Mme d’Étampes

Gracieuse réponse d’Augustin de Sesse à Charles Quint

Belle répartie de Zabate à Charles Quint

Plaisante réponse d’un villageois à Charles Quint

Jugement du sultan Soliman

Réponse d’une impératrice

Paroles remarquables de Louis le Gros

Lettre du comte d’Anjou au roi de France

Du roi Louis XI qui donna un bénéfice

Dit joyeux du même à l’archevêque de Tours

Sentence notable du même roi

Remède enseigné à Louis XI pour guérir la goutte

Propos mémorables du même roi

Plaisante rencontre

Dit mémorable de M. de Bresay au même roi

Conseil du même au roi

Réponse du seigneur de Chabannes au même roi

Histoire de la rave donnée à Louis XI

Louis XI, son astrologue, et l’âne du charbonnier

L’estime que Louis XII faisait des Vénitiens

Parole joyeuse du même au Parlement

Paroles magnanimes du même

Fable par lui récitée à quelques dames

La similitude qu’il fit au duc d’Angoulême

Dit mémorable du même seigneur

Le vers latin dont il taxa les Grecs

Ce que le même seigneur dit à des soldats balafrés

Belle réponse qu’il fit à un vantard

Dit remarquable de François 1er

Paroles remarquables d’Henri le Grand

Belle répartie de Henri IV quand après la réduction de la ville de Paris on lui fit voir les canons de l’Arsenal

Répartie du même à un ambassadeur d’Espagne

Belle rencontre du même à un seigneur étranger

Répartie à un Gascon qui lui demandait récompense

Répartie du roi à un gentilhomme

Réponse du même aux députés des Églises Réformées

Du même à ceux de la Religion réformée

Du même, au sujet d’un poète français à Turin

Guérison d’un gentilhomme par un brevet

Dits de Louis XIII étant encore Dauphin

Sur un petit carrosse traîné par deux chiens

Sur la course de bagues des Français et Espagnols

Souhait du même à la curée des chiens

Répartie, étant baigné de sueur, à un gentilhomme

D’Alphonse roi d’Aragon et de Naples

Importunité d’un vieillard

Réponse qu’il fit à un songeur

Sentence vertueuse du même

Sage réponse d’Antoine Panorme

À un gentilhomme prodigue

Un soldat absous par le même roi

Acte mémorable du même prince

Répartie à un qui avait retenu ses bagues

Propos du même pour conserver ses amis

Gaillardise du fou du même prince

Répartie de Ferdinand roi d’Espagne

La vengeance de Ramire roi d’Aragon

Paroles de Solon profitable à Crésus

Un vieillard donnant quelques avertissements à Jacques IV, roi d’Écosse

DEUXIÈME CENTURIE

Comparaison touchant les avocats et médecins

Sage avis du fou du duc d’Autriche

Réponse du frère du roi d’Espagne au Pape

Réponse d’un duc de Mantoue à un importun

Dit de Marc Antoine Colonna

D’un duc de Ferrare et son trompette

Gaillardise d’un serviteur du duc de Ferrare

Réponse de Côme de Médicis à Pallas Stroffy

Proverbes italiens allégués à Ascanio Colonna

Du duc d’Urbino et d’un criminel

Charité remarquable du duc de Savoie

Imprécations de Charles de Bourbon

Acte remarquable de Laurent de Médicis

Paroles remarquables du seigneur d’Assier

Répartie du seigneur d’Assier à son fils

Acte remarquable du duc de Milan

Paroles remarquables du fils du duc de Bretagne

Acte mémorable d’une duchesse

Réponse de la duchesse de Normandie à son mari

Réponse accorte de Laurent de Médicis

Paroles remarquables du duc de Medina

Répartie de Camille Porcher à Marc Antoine Colonna

Répartie du connétable de Castille

Dits remarquables de Zinzenin Octavien

Acte remarquable de Marc Antoine Colonna

Réponse d’un pilote au prince d’Oria

Action remarquable de madame la Dauphine

Sage réponse de Julie à son père Auguste

Pisistrate excuse un jeune homme ayant baisé sa fille

Denys se moque de la sentence d’un philosophe

Acte plaisant de Denys le tyran

Comment il fit couper la langue à un flatteur

Du comte de Mâcon emporté par le diable

Sagesse d’un prince allemand

Réponse du fou du marquis de Guast

Belle comparaison de Jean de Gonzague

Comment le comte de Savoie se présenta à l’empereur

Réponse du comte d’Enghien au marquis de Guast

Réponse du prince de Nassau à la reine de Hongrie

Rencontre du perroquet du comte de Fiasque

Sentence d’un chancelier de France

Chasteté remarquable d’une comtesse anglaise

Courage mémorable d’Ennia, mère du roi d’Angleterre

Subtilité des dames de Weinsberg

Acte magnanime d’une grande dame

Belle répartie d’une grande dame

Dits de Talbot, capitaine anglais

Gaillardise d’un seigneur de Castille

À un qui s’était fait représenter en marbre

Sage répartie d’un maréchal de France

Une femme au maréchal d’Aumont

Voulant gausser un artisan en son paiement

Ignorance d’un seigneur italien

Répartie du sénéchal de Champagne

Paroles remarques de l’ambassadeur du Grand Turc

Comparaison de la force des chrétiens et des Turcs

Gaillardise d’un gentilhomme castillan

Ingratitude d’un gentilhomme

Plaisante rencontre d’un gentilhomme

D’un gentilhomme allemand à une femme d’Avignon

Réponse d’un gentilhomme à une demoiselle

Répartie d’un gentilhomme à une demoiselle

Rencontre plaisante d’un gentilhomme français

Réponse d’un gentilhomme à un ami

Rencontre subtile d’un gentilhomme

Mort mémorable d’un Milanais

D’un gentilhomme portant le deuil

Sur les beautés d’une demoiselle

D’un vantard

Simplicité d’un gentilhomme napolitain

Répartie d’une demoiselle

D’un affront d’une demoiselle

Raillerie d’une demoiselle

Réponse d’une demoiselle quant au fard

Réponse d’une demoiselle pensive

À une demoiselle vêtue de blanc

Réplique piquante d’un jeune homme

D’une demoiselle qui protestait

Réponse d’une demoiselle à son serviteur

Répartie d’une demoiselle à propos de danse

Subtile réponse d’une demoiselle

Sur l’âge d’une demoiselle

Plaisante répartie d’un capitaine

D’un cavalier qui montait un cheval maigre

Noise entre un docteur et un gentilhomme

Gaillardise d’un qui prit la croupe d’un cheval

D’un qui montait un cheval fort en bouche

Gaillardise d’un capitaine

Réponse héroïque du chevalier Bayard

Sur la mort d’un capitaine couard

À un qui louait un chef d’armée

D’un duel

D’un vieux capitaine à un grand seigneur

D’un sergent au siège d’Amiens

D’un capitaine à un commissaire des guerres

Subtilité d’un capitaine parmesan

D’un gendarme pour ravoir son cheval

Paroles hardies de la Hire à Charles VII

Gaillardise d’un soldat faisant le bravache

À un soldat qui vendait son cheval

TROISIÈME CENTURIE

D’un qui fut appelé devant un juge

Réponse subtile à un juge

D’un riche laboureur au juge son fils

D’un juge à un homme qui avait épousé cinq femmes

Subtile réponse d’un villageois à un juge

Un juge corrompu par deux plaideurs

Touchant la succession d’un âne

Sagesse remarquable d’un juge

Réponse d’un criminel à son juge

Sur la mort d’un chien

D’un avocat à une dame qui voulait le gausser

Testament de Ludovic Cortusius

Gaillardise d’un avocat

Un avocat confondit quelques gentilshommes

Plaisante répartie d’un larron

Gaillardise d’un jeune avocat

La demoiselle au perroquet et le médecin

Gaillardise d’un médecin

Répartie d’un médecin à une demoiselle

D’un gausseur voulant se moquer d’un médecin

Réponse d’un médecin à un facétieux

Belle répartie d’un médecin

Savoir si les médecins sont nécessaires ou non

Réponse d’un médecin à une demoiselle

Réponse d’un fébricitant à son médecin

D’un maréchal et d’un médecin

Répartie faite à un médecin

D’un qui contrefaisait le médecin

Répartie d’un médecin à un détracteur

Touchant les femmes

D’un chirurgien

D’un qui fut blessé

Acte plaisant de Dantesieu

Dit mémorable de Socrate

D’un philosophe qui avait chassé son fils vicieux

Du philosophe Anacréon

Thalès moqué par une vieille

D’un qui faisait l’entendu

Sage réponse de Jovian Pontan

Subtilité du philosophe Pitton

Subtile réponse d’un philosophe

Sage réponse faite à un astrologue

Prédiction d’un vieux notaire de Lyon

Mauvais tour du duc de Milan à un astrologue

D’un poète comique à un qui voulait le gausser

Réponse d’un poète

Répartie de Dante à un sot

D’un poète ignorant

D’un poète italien

Subtile requête de Jean de Meung

Quatrain donné à un trésorier par Ronsard

Gaillardise d’un musicien

D’un jeune musicien jouant du luth

Un musicien à deux banquiers de Lyon

D’une demoiselle peinte en Vierge

Gaillardise d’un peintre et d’un anobli

De Raphaël d’Urbin à une demoiselle

Rencontre plaisante d’un sculpteur milanais

D’un pédagogue visitant ses disciples

D’un qui avait appris toute sa science à son disciple

D’un pédant facétieux

D’un pédant latiniseur

D’un autre latiniseur

Rencontre plaisante du maître et du disciple

D’une femme voulant gausser des écoliers

D’un paysan dauphinois à des écoliers lyonnais

Gaillardise d’un écolier

D’un écolier ayant perdu ses cahiers

D’un écolier à une femme impudique

D’un villageois déniaisé de deux chapons

Excuse d’un écolier

Réponse d’un jeune amoureux

Sage réponse d’une demoiselle

Sage réponse d’une jeune fille

Honorable réponse d’une villageoise

Accorte réponse d’une demoiselle

D’un amoureux à sa maîtresse

Fourbe faite à un gentilhomme

D’un gentilhomme à une demoiselle

D’un gentilhomme à celle qu’il aimait

D’un gentilhomme et d’une vieille demoiselle

Sottise d’un amoureux

D’un qui ne trouvait femme à sa fantaisie

Gaillardise d’un tailleur

De Caussarara qui coupa deux paires pour une

Du même Caussarara

Désastre qui arriva à un sergent

Un débiteur poursuivi s’échappe

Sagesse des Égyptiens

Les Spartiates et l’ivrognerie

Sage réponse de Démosthène

Sagesse de Socrate

Que la vertu et la noblesse doivent avoir de quoi s’entretenir honorablement

Réponse d’un Florentin à un noble

Sage réponse d’un galant homme

D’un jeune fils malade à son père

D’un riche devenu pauvre

Belle remarque touchant le jeu

Dernières paroles d’un jeune homme mourant

Gaillardise d’un mari masqué

QUATRIÈME CENTURIE

De Théodore de Bèze à sa Candide

Du même Bèze se mariant pour la troisième fois

Quatre actions remarquables de Cuzin

D’un ministre qui ne se contentait pas de ses gages

D’où vient le proverbe Tout le monde n’est pas Pinaut

D’un qui cherchait sa femme noyée

D’un qui battait sa femme tous les ans

D’un mari qui tua sa femme pour son obstination

Obstination d’une autre femme

Facilité d’un bon mari

La première nuit des noces

Gaillardise d’un fiancé

D’un mari qui battait sa femme

Gaillarde réponse d’une nouvelle mariée

Gaillardise d’un nouveau marié

Galanterie sur le même sujet

Autre

Autre

Autre

Les Turcs jaloux de leurs femmes

Jalousie et cruauté d’un mari

Gaillardise d’un nouveau marié

D’une fille à son père, désirant être mariée

Gaillarde répartie d’une fille

De deux fils

D’un père mourant

Un fils exhorte son père à se préparer à bien mourir

Une jeune fille châtiée par son père

D’un laquais ayant soif

D’un serviteur ennuyé de servir

Balourdise d’un Vénitien montant à cheval

Excuse d’un serviteur

Subtile excuse pour couvrir une affaire

Gaillardise d’un acheteur de fromage

D’un maître d’hôtel rendant compte à son maître

Subtilité d’un villageois

Sottise d’un villageois

Belle réponse d’un villageois à son fils

Plainte d’un villageois à un juge

Réponse plaisante d’un villageois

D’un villageois qui vend sa grande métairie

D’un bourgeois et d’un villageois

D’un villageois malade

Répartie d’un villageois à un gentilhomme

Réponse d’un villageois à un juge

Réponse d’un villageois à un gentilhomme

D’un villageois attrapé en vendant des asperges

Gaillardise d’un villageois

D’un laboureur voulant se mettre à étudier

Réponse subtile d’un villageois

Belle répartie d’un villageois

Un villageois confond le fils d’un docteur

Plaisante fourbe d’un juif mené au supplice

Gaillardise d’un criminel

D’un criminel oyant lire son procès

D’un larron échappé du gibet

D’un qui avait dérobé en une boutique

D’un qui avait dérobé une bride

D’un criminel qui craignait de prendre la gravelle

Gaillardise de deux coupeurs de bourse

Plaisantes réponses d’un coupeur de bourse

D’une femme impudique

Effronterie d’une femme impudique

D’une femme riche et chaste

Clairvoyance d’un forgeron

Rencontre d’une femme impudique

D’un jeune homme à une courtisane

Plainte d’une courtisane

Réponse d’un gentilhomme à une demoiselle

Plaisante rencontre d’un bon compagnon

Deuil d’une femme sur son mari

D’une femme pleurant malicieusement

D’un jeune homme aux dents tombées

Un fainéant se fait ermite

D’un qui estimait plus la vie que l’honneur

Poltronnerie remarquable

Plaisante excuse d’un paresseux

Poltronnerie de quelques Calabrais

Tour que fit un ivrogne à sa femme

Gaillardise d’un Flamand

Instruction d’un ivrogne

D’où vient l’expression Cela est bien pis

Choix d’un bon buveur

La perte d’Huguchio de Fagioles

D’un gourmand avare

Gaillardise d’un gourmand

D’un gourmand attrapé

D’un lourdaud à souliers

D’un nouveau marié

Simplicité de quelques villageois

Sottise d’un cosmographe ignorant

D’un jeune homme libéral à un usurier

D’un usurier s’étant pendu

Les écus cachés de l’usurier

D’un gentilhomme avare et peu courtois

D’un qui louait les usuriers

D’un avaricieux à son confesseur

Plainte d’un avaricieux

D’un jeune bourreau

D’un bourreau et d’une vieille maquerelle

CINQUIÈME CENTURIE

D’un aveugle né

Braguette attrapé par Pancerotte

Répartie d’un charpentier à un marchand

D’un Florentin vendant la mule d’un pendu

Ignorance du caissier d’un banquier

Répartie à un nouveau marié

Gaillardise sur la naissance d’un enfant

Ignorance d’un notaire

D’un notaire qui couchait un contrat de vente

À un borgne qui voulait gausser

D’un villageois cherchant l’âne de son père

De deux ennemis à Florence

D’un procureur à un Conseiller de Grenoble

D’un qui se mourait

D’un qui aimait mieux manger qu’acheter des habits

Instruction d’une mère à sa fille

Sur le trépas d’un borgne

D’un bourgeois de Lyon à quelques demoiselles

D’un ayant passé une rivière sans rien payer

D’un Romain à un Barbare

Réplique joyeuse et piquante

D’un jeune homme et du guet

Gaillardise sur le même sujet

Gaillardise récréative

Sottise d’un Bressan

D’un marchand Lucquois

D’un jeune homme à trois filles

En se gaussant d’un qui avait un archi-nez

D’un qui donna plus à son bâtard qu’à son fils légitime

D’un à qui on avait donné les manches sans le pourpoint

Conseils ridicules de maître Marin

D’un qui ne connaissait pas son père

D’un qui avait prêté deux écus à un ami

D’un qui reprochait à un autre d’être fils de putain

D’un goutteux auquel on prêchait l’abstinence

De deux frères riches, l’un avaricieux, l’autre libéral

D’un maître lanternier

Subtilité d’une dame napolitaine

Raillerie subtile

Touchant la beauté ou laideur d’une femme

Plaisante rencontre d’une pie

D’un fébricitant

Répartie d’un juif

D’un jeune homme allé voir une courtisane

Refus de prêter un âne

D’un bon compagnon à une hôtesse

D’un qui avait fait bâtir une maison avec une devise

D’un maître péteur

Sottise d’un qui menait un âne chargé de blé

D’un Siennois à un Florentin

D’un Calabrais à une demoiselle de Naples

Réponse subtile à un lourdaud

D’un qui se vantait d’être plus fort qu’un autre

Gaillardise d’un gausseur

Réponse joyeuse

D’un riche et d’un pauvre

À un attrapeur de bénéfices

D’un boulanger

Pourquoi une pauvre femme faisait tant d’enfants

D’un qui avait consommé son bien

Plaisante encontre d’un fou

Gaillardise d’une femme

Répartie d’un homme gras et replet

Défi de deux soldats à l’épée

D’un nouveau marié

Proposition d’un citoyen de Florence

Cause plaisante du tremblement de terre

D’un qui faisait le bravache

D’un bon compagnon

Un médisant confus

Instruction plaisante à un prodigue

D’une chèvre qui prit un loup

D’un singe qui jouait aux échecs

Invention subtile de trois bons compagnons

De deux amis intimes devenus ennemis

D’un qu’on voulait marier

D’un marchand voulant acheter des pourceaux

Réponse à la demande d’un hypocrite

Harangue de Timon l’Athénien

D’un coupeur de bourse et d’un bourreau

Répartie d’un cuisinier à son maître

D’un qui demanda à emprunter cinquante écus

D’un soldat à deux gentilshommes

D’un prédicateur qui taxait les gros culs des dames

Sur le même sujet

Tour que fit un libraire de Lyon à Grenoble

D’un imprimeur de Lyon qui buvait volontiers

D’un imprimeur de Paris étant malade

D’un Savoyard et la pyramide de la Croix de Confort

D’un voiturier savoyard

D’un Savoyard dînant chez le marquis d’Aix en Savoie

D’un charretier passant le pont du Rhin

De deux Dauphinois

Gaillardise de deux mariés

Réponse d’un libraire bolognais

D’un mendiant ivre

D’un gentilhomme voulant parler à un seigneur

D’Engoulevent voulant débaucher une femme

Un notaire, sa femme et deux écoliers

D’une femme ayant une horloge dans le corps

NOTICE

BIBLIOGRAPHIE

INTRODUCTION

1) L’auteur

Louis Garon est un écrivain lyonnais né à Genève en novembre 1574 et mort en 1631.

Voici ce qu’en dit la notice très sibylline de la BNF : A aussi traduit de l’italien en français. – Auteur de pièces de circonstances en prose et en vers et de traductions de l’italien. – A travaillé comme correcteur d’imprimerie à Lyon. – Né à Genève, de parents calvinistes, vint à Lyon vers 1598, se convertit au catholicisme vers 1610.

Wikipedia, curieusement, n’est guère prolixe : 4 lignes en tout et pour tout pour expédier et le bonhomme et l’oeuvre.

Pour ne pas alourdir cette introduction, je vous invite vivement à consulter, en Annexe, une retranscription de la Notice sur Louis Garon, d’Antoine Péricaud.

2) L’Oeuvre

Il est l’auteur, entre autres, d’un volume de « facéties » intitulé Le Chasse-ennuy. L’ouvrage comprend cinq « centuries », c’est-à-dire cinq groupes de cent courts récits, regroupés selon un classement plutôt thématique, en fonction notamment des corps professionnels des personnages (rois, empereurs et grands seigneurs ; hommes de loi, médecins, hommes d’Église ; étudiants ou paysans, etc.). Cette oeuvre hybride emprunte à différentes traditions, qu’il s’agisse de la littérature facétieuse, de l’anecdote, ou de la littérature morale.

L’édition originale porte l’étrange mention « 1600 - trop-tost », qui signale que la date de parution est vraisemblablement fausse : certaines anecdotes semblent en effet appartenir à une époque plus tardive ; par exemple, le § II de la cinquième centurie, commence ainsi : « En l’année 1621, que Braguette estoit à Lyon… » Cela sur un ton qui fait penser que cela était bel et bien révolu, avec donc un laps minimum de 3 à 4 ans, ce qui nous porterait vers la fin des années 1620. Michel Simonin, lui, est plus catégorique : il avance la date de 1628 pour le premier volume, objet de cette publication, et 1631 pour le second (que je n’ai hélas pas su trouver1).

Le texte sera réédité en 1633, 1645 (Paris, C. Grisot) et 1652 (Rouen, J. Cailloué). Selon Stéphane Macé, l’indication d’une date erronée est sans doute volontaire, car l’insertion de « fausses pistes », de plaisanteries ou de clins d’oeil ironiques correspond à une pratique courante chez les auteurs de littérature facétieuse.

Le texte est une salade composée, certes, bien dans l’air du temps, mais une salade aromatique, composée d’herbes aux vertus cathartiques ou curatives.

Selon Stéphane Macé, le texte est conçu comme un objet complexe, « à géométrie variable », pouvant viser plusieurs publics : il s’agirait à l’origine d’un texte intime, destiné à son seul auteur, et présenté comme un « médicament littéraire » élaboré pour contrarier les ennuis de la goutte – maladie physique plus que morale, a priori. Mais dès lors que le livre s’adresse à Maître Jean Durand, le rire thérapeutique devient pur « divertissement » (au sens étymologique du terme) et permet de congédier les tracas du quotidien : c’est en ce sens, probablement, que, dans son introduction, doit être comprise la métaphore du lotus, fleur de l’oubli depuis les Lotophages de l’Odyssée. Enfin, destiné à un public plus large, le rire récupère ses vertus proprement médicinales, et devient un antidote privilégié contre la mélancolie.

Le rire est aussi quelque chose de foncièrement ambigu : il peut être un indice ou un révélateur de la diversité humaine, se démultipliant en fonction des individus en d’infinies variations ; il est le signe extérieur d’un état d’âme tout intérieur ; il se situe à la frontière du verbal et du non verbal ; il appartient en propre à l’homme, et peut à ce titre constituer une marque de sa supériorité par rapport aux autres animaux ; mais dans le même temps, le rire peut devenir incontrôlable, et être perçu comme un signe de possession diabolique (le Christ est réputé ne pas avoir ri).

Chaque petit récit – qui excède rarement une page entière – est accompagné d’un titre, qui peut simplement signaler le thème traité (« L’estime que Louys XII faisoit des Venitiens », « D’un qui cherchoit sa femme qui s’estoit noyee »), mais aussi orienter la lecture : lecture amusée et admirative dans le cas d’une « belle repartie », d’une « response subtile » ou d’un « dict remarquable & picquant », lecture railleuse très souvent (« response d’un Duc de Mantouë à un importun », « Belle response qu’il fit à vn vanteur »…).

De façon générale, que l’on interprète cela comme un défaut ou une qualité, Garon penche pour l’explicitation maximale. De ce fait, je me suis abstenu d’annoter, estimant que les détails et explications étaient généralement suffisants.

Enfin, il convient de noter que, de même que le Sieur d’Ouville privilégiait quelque peu les Normands ses compatriotes, même s’il ne les épargnait point, de nombreuses anecdotes de Louis Garon voient leur action se dérouler en région Lyonnaise, ou encore en Italie proche et familière, serait-ce par la langue (il est traducteur, rappelons-le).

Par ailleurs, malgré les nombreuses répétitions que je lui reproche – mais cela semble un trait commun à de nombreux auteurs de cette époque –, j’ai eu l’occasion de goûter un style bien moins lourd ainsi que le sel de son esprit, avec quelques formules pétillantes que je vous laisse découvrir au fil des pages.

3) Le présent ouvrage

Je me répéterai, hélas ! (mais comme se plaisait à seriner un de mes anciens chefs, bis repetita placent, aphorisme tiré d’un vers d’Horace, Haec decies repetita placebit).

Une introduction, donc – ou une préface – pourquoi faire ? La plupart des gens ne les lisent pas, pressés d’aller le plus rapidement possible à la rencontre directe de l’auteur ; sauf peut-être ceux tenant absolument à rentabiliser leur acquisition, et qui liront même in extenso les mentions légales obligatoires.

D’ailleurs, très souvent, elles sont longues et assommantes pour le commun des mortels. En outre, elles servent essentiellement à démontrer que le – souvent obscur – préfacier est un personnage important, un sachant (à défaut de savant), qui a fait de longues études universitaires, et donc est digne du club auquel il appartient. Il en est ainsi de certains auteurs mentionnés dans ma bibliographie, qui n’en sont pas à une approximation près, affirmant des choses là où une modeste prudence s’imposerait.

En ce qui me concerne, passionné de livres et de littérature depuis mon plus jeune âge, il se trouve que les hasards et vicissitudes de la vie ne m’ont pas permis de réaliser des études pourtant ardemment désirées, et qui, tout compte fait, se seraient avérées plus ou moins stériles en termes de résultat et de carrière, sauf à considérer le fait de végéter en tant qu’enseignant de seconde zone dans un quelconque CET de banlieue défavorisée ou de province comme un succès.

En effet, mon ex et feue belle-mère a eu un cri du coeur lorsqu’elle apprit que j’avais réussi mon concours d’agent des impôts (niveau BEPC pourtant), à la fin du siècle passé, et à l’aube de ma quarantaine : « Vous avez enfin réussi dans la vie ! », s’est-elle exclamée, croyant me faire un compliment, ne me voyant pas plisser du nez face à l’affront.

Comme il ne sert à rien de se lamenter dans la vie, ni sur les occasions ratées, ni sur les choix opérés ou contraints, j’ai choisi de devenir autodidacte, m’ouvrant à plusieurs disciplines, lisant toujours plus, me documentant, regardant des documentaires. En fait, non, je n’ai pas vraiment choisi ; cela a plutôt été un mode de fonctionnement, apprenant à faire tout seul du vélo, du patin, du ski, etc. C’est d’ailleurs ce qui m’a permis de réussir ces fichus concours de l’administration, face à des bêtes à concours bardées de diplômes (je me souviens d’une agrégée de philo faisant une scolarité préparatoire de contrôleur des impôts – comme si on pouvait s’épanouir ainsi dans le monde aride des chiffres et des réglementations mouvantes).

Aussi, je n’ai pas la prétention d’en remontrer à quiconque en me targuant d’argument fallacieux. Mon ambition est, tout simplement, de faire partager des trésors des siècles passés (surtout le Moyen-Age tardif et la Renaissance), dans un domaine très humain et que j’ai choisi, celui de l’humour, et que j’ai commencé avec les aventures d’un héros oriental, Nasr Eddin Hodja, que l’on retrouve sous différents avatars, depuis la Corse, où il se nomme Grossu Minutu, via le Maghreb avec Joha/Jeha et ses différentes graphies et prononciations possibles, Ch’ha chez les hébreux, Afendi ou Afanti en extrême Orient, Inde et Chine, en passant par l’Allemand ou Flamand Till l’Espiègle, Hitar Petar dans les Balkans ou Csaloka Peter en Hongrie ; sans oublier Giufà dans le sud de l’Italie. J’ai d’ailleurs trouvé dans ce volume plusieurs anecdotes rapportées chez Nasr Eddin (ou inversement?).

À ce propos, il convient de noter que, non seulement l’humour n’a pas de frontières, et s’adapte, grâce à une tradition orale, aux caractéristiques des diverses nations ; mais aussi que les divers auteurs n’ont pas hésité à se copier entre eux, voire à se plagier. En effet, comment expliquer que certaines anecdotes, se retrouvent, au mot près, d’un auteur à l’autre ? On retrouve, par exemple du Pogge dans quelques contes ici présents, et certaines histoires se retrouveront notamment chez le Sieur d’Ouville (1651), objet d’une précédente publication.

Je voudrais enfin, avant d’en venir aux considérations et contraintes purement techniques, revenir sur une critique qui m’a été faite : « C’est cher », m’a-t-on dit, à propos de mes publications. Certes, je peux l’entendre ; mais qu’il me soit permis d’y répondre.

D’une part, je tiens à rappeler que je suis auto-publié. En d’autres termes, je ne bénéficie pas, derrière moi, de la puissance des groupes tels que Gallimard, Flammarion, ou encore Hachette, qui peuvent se permettre des tirages en livre de poche notamment, à des milliers d’exemplaires, faisant baisser les coûts de revient essentiellement à celui du papier, de l’encre, du façonnage, du transport, ainsi que de leur marge (minime certes à l’exemplaire, mais à multiplier par le nombre d’ouvrages vendus). C’est le premier point dont il faut rester conscient, que cela plaise ou non.

En second lieu, il convient de rappeler (sans entrer dans les considérations sur ces « éditeurs » indélicats dont le client-cible n’est pas l’acheteur-lecteur final, mais l’auteur voulant publier, à des tarifs parfois prohibitifs – j’ai notamment évoqué la question dans mon blog personnel, avec des exemples plus qu’éloquents), qu’en tant qu’autopublié, je paye les diligences de mon éditeur pour un service, qui me paraît somme toute légitime, de publication et de référencement ; ainsi que de transformation en document électronique, lisible aussi bien sur des liseuses en epub qu’au format kindle propre à Amazon. - Quand je vois le prix que certains éditeurs facturent rien que pour la diffusion en document électronique, l’opération me paraît plus que rentable – et j’en remercie au passage mon éditeur (qui, j’en suis certain, s’en fout de ma considération).

Or je ne suis ni subventionné d’aucune manière, ne bénéficie ni d’aide, ni d’aucune facilité quelconque. Les frais d’acquisition des documents originels m’incombent, et on ne me fait pas de cadeaux. Ensuite, il y a un travail de traduction, le langage et la graphie étant surannés (on y reviendra). À titre d’exemple, le présent ouvrage varie entre 568 (éd° de 1633) et 626 (éd° de 1628) pages selon les éditions, ce n’est donc pas une question à torcher en 5 minutes. Il y a ainsi un travail de traduction, de documentation, d’annotation souvent, de commentaires.

J’assure enfin moi-même la correction (regardez les tarifs en ligne, il y a de quoi réfléchir, sinon refroidir), la mise en page, l’illustration, la conception de la couverture (idem) ; enfin le renseignement des éléments nécessaires au référencement, mon éditeur se bornant à enregistrer, vérifier grossièrement, puis transmettre tel quel. De toutes ces économies, finalement, je vous en fais profiter.

Or, que je sache, tout travail mérite salaire. J’en suis tellement convaincu qu’à titre personnel, je m’oppose au concept de faire travailler 15 à 20 heures par semaine les titulaires du RSA, comme l’idée flotte en ce moment et semble si évidente à certains, créant un sous-prolétariat et cassant le SMIC, déjà pas très vaillant – mais le lieu n’est pas ici d’en débattre.

Je voudrais bien vous assurer cette prestation gratuitement, mais mon éditeur se fait bien payer, lui (et grassement) au passage, comme le libraire, qui encaisse un tiers du prix final pour simplement commander, recevoir le carton, puis vous remettre votre achat. Lorsqu’ils le feront gratis pro Deo, j’en ferai autant, promis ! En attendant, rassurez-vous, je ne moisis pas dans des îles exotiques, paradis terrestres.

Enfin, dernier argument. Piqué au vif, je dois bien le reconnaître, j’ai fait un tour de marché. Vous pourrez d’ailleurs aisément répliquer ma démarche, si vous ne me croyez pas – ce qui est votre droit le plus strict. Pour cet ouvrage de base, je répète, entre 568 et 626 pages (en fonction de l’édition originale), les prix actuels (avril 2022) s’étagent entre 27,49 et 34,92 € pour un livre broché, et 34,92 et 45,73 € pour le même titre relié. Or la plupart, si pas tous, sont des fac-similés de l’édition originale (vu leur pagination, et d’après un échantillon vu en ligne). Aucune prestation complémentaire ne semble y être assurée ; ou si peu.

En d’autres termes, c’est comme le Canada Dry qui faisait sa pub dans les années 1980 : l’odeur de l’alcool, le goût de l’alcool, mais pas d’alcool. Pour ce prix-là, vous avez une simple reproduction, en version originale – parfois parfaitement aride à déchiffrer, il faut bien le dire, sauf pour quelques spécialistes – de cette période.

En d’autres termes, et c’est là un clin d’oeil à ceux qui se prétendent bibliophiles, vous avez le message mais pas le support : du vulgaire papier à base de cellulose, de lignine, de poudre de marbre ou de kaolin (voyez le vieillissement avec des livres de poche des années 1960), et non le papier-chiffon des éditions originelles, qui a bien mieux résisté au temps et à l’hygrométrie. Aucun supplément, je me répète.

Bien évidemment, je n’ai pas les moyens de vous offrir du papier-chiffon, mais je souhaite simplement relever là, et que vous en soyez conscient, qu’à qualité a priori égale, je vous en propose bien plus pour bien moins cher finalement. C’est un peu – toutes proportions gardées, tant j’estime cette édition –, comme les ouvrages de la Pléiade. Au prime abord, ça semble cher, et il est vrai que ce n’est pas vraiment donné ; mais si vous prenez la peine de comparer ce qui est proposé à la somme des mêmes titres en parution poche, par exemple, vous constaterez que vous y êtes gagnant, et avec une qualité bien supérieure. Enfin, le moindre torchon paraissant actuellement dépasse la vingtaine d’euros – là, ça ne choque personne. Bizarre.

Voilà mon ambition : vous en offrir plus, bien plus accessible, à un prix moindre en définitive. Car je ne perds pas de vue, étant moi-même (gros) lecteur, qu’un livre doit être avant tout agréable, plaire en un mot. S’il me tombe des mains au bout de 50 pages – c’est la li - mite que je me suis personnellement fixée – j’abandonne.

J’insiste : la lecture doit rester un plaisir et non un pensum ; on a déjà assez subi les diktats rébarbatifs de Lagarde et Michard (pour ceux de ma génération) qui ont rendu la lecture et la culture si arides, qu’on s’étonne aujourd’hui que les jeunes ne lisent plus !

On en arrive donc à la dernière partie de ce propos. Un livre, pour moi du moins, est fait pour être lu, et non servir de décoration dans une bibliothèque. J’ai ainsi un défaut : quand je vais chez quelqu’un que je ne connais pas ou très peu, s’il arbore une bibliothèque, je regarde cette dernière, qui est censée m’en dire bien plus sur lui que n’importe quel de ses discours. Si je constate qu’il ne les a pas lus, je lâche l’affaire : le personnage est dans le montrer, dans l’avoir, et non dans l’être.

Ainsi, mes publications sont destinées avant tout : 1) à être lues et 2) à faire plaisir, en étant relues, commentées, et servant de support à une réflexion constructive. Pour donc les rendre agréables, traduttore traditore, je tente de les adapter à la graphie et au sens contemporains, m’efforçant de respecter au maximum l’esprit du texte, conservant quelques formulations originelles, mais adaptant quelques pans de phrases, pour rendre le texte plus lisible. Sans plaisir, pas de gain.

Certains mots ont vieilli, comme voleries, poltronnerie, galantise, etc. Je me suis efforcé de les garder, sachant que leur sens était aisé à comprendre, même si ne respectant pas les « normes » de notre époque. En revanche, certains passages, délicats d’appréhension, ont été réécrits, mais toujours a minima, pour rester au plus près du texte originel.

J’ai par ailleurs réduit au strict minimum les notes de bas de page, pour serrer le nombre de pages et le coût.

Enfin, je me suis permis d’un côté de rajouter une notice rare, en fin de volume ; de l’autre, de vous faire grâce d’un Sizain et sept pages de Stances d’un certain Condential, un peu boursouflés, qui ne m’ont pas paru absolument opportuns.

Bonne lecture !

Christophe Noël,

Bibliophile vulgarisateur

Quelques dates (rappel) :

Le Pogge (1380-1459)

Arlotto Mainardi (1395-1484)

Bonaventure des Périers (ca 1510-ca 1543)

Philippe Le Picard, dit d’Alcripe (1530-1581)

Louis Garon(1574-1631)

Le Métel d’Ouville (ca 1589-ca 1656)

1 Bonne nouvelle ! si, je l’ai trouvé – 625 pages à nouveau, soit un volume comme celui-ci, à quelque chose près.

Monsieur,

Ce ne sont pas des ennuis que je vous présente ; votre humeur toute sincère ne les pourrait supporter, ni trouver de bon goût. Ce sont plutôt des Verveines consacrées à la joie, dont vous êtes le Dieu tutélaire ; ou des Angéliques odoriférantes d’allégresses, dont vous remplissez les coeurs de ceux qui ont le bonheur de vous aborder. Mais je dirai mieux ; c’est un Lotus, un Chasse ennui, qui vous pourra donner quelque divertissement, ou plutôt quelque agréable récréation aux heures perdues de vos sérieuses occupations (si tant est que vous en puissiez avoir de perdues parmi tant d’emplois qui tiennent votre esprit attaché aux affaires qui vous sont commises). Vous n’y pourrez rien perdre, comme je crois, en le lisant et relisant ; puisque vous y verrez des points d’État fort remarquables, tels que vous maniez et des réponses subtiles et aiguës des plus Grands de tous les temps ; mais surtout du nôtre, entremêlés de diverses galantises fort récréatives, qui pourront, comme je le promets, donner de la joie et du contentement aux plus mélancoliques, et leur servir d’Hellébore pour déchasser les mornes humeurs de la tristesse. Votre bel esprit qui n’ignore rien, et cette facilité qui vous rend accostable de tout le monde, me fait accroire que vous ne dédaignerez point l’OEuvre qui vous est due de devoir, ni l’Auteur qui d’affection est entièrement,

MONSIEUR,

Votre très humble, et très

obéissant serviteur,

L. GARON

AU LECTEUR

Ami lecteur, la Vertu ne peut demeurer oisive, ni croupir sous la fainéantise d’un ingrat repos. Quoiqu’elle soit travaillée, elle est toujours vive et vigoureuse ; les incommodités de cette vie lui donnent de l’ennui, mais parmi ses détresses elle ne laisse pas de se réjouir, et de se donner de l’allégresse au milieu de ses disgrâces, pour faire voir qu’elle est autant maîtresse de ses incommodités comme elle est sujette à beaucoup de traverses. Je puis dire de moi-même que durant la calamité d’une furieuse maladie de goutte, ou environ, si mon corps a été affligé, mon âme n’en est pas demeurée moins vigoureuse. Je souffrais d’un côté, et me consolais ; et si le mal m’a porté quelques fois jusques aux derniers termes de la patience ; j’ai tâché d’autre côté de combattre ces misères par des moyens qui m’étaient entièrement inconnus. Cet aiguillon m’a été fort sensible ; mais aussi m’a-t-il été (comme je crois) aucunement favorable ; car cherchant à chasser mes Ennuis, j’ai dressé un Chasse Ennui, pour me servir à me désennuyer ; et crois-je qu’il pourra servir à beaucoup d’autres, qui pourront prendre de la consolation en mes consolations, et comme moi faire état de rire de tout ce que le monde peut nous représenter de bon, ou de mauvais goût. Je peux donc dire que durant ce temps-là, je me suis entièrement plongé comme dans un bain salutaire en la lecture de plusieurs bons Auteurs, où j’ai trouvé beaucoup de remèdes pour adoucir mes douleurs ; mais entre tous je n’ai rien trouvé qui ait tant contenté mon humeur mélancolique, ni ragaillardi mes esprits, que les réponses aiguës et promptes, sans aucune préméditation, de plusieurs rares esprits en des rencontres inopinées ; mais surtout de ceux de notre temps, et qui n’ont point encore été vues. Nous faisons parler les Papes, les Cardinaux y tiennent leur rang, les Archevêques y ont leurs réparties ; les Évêques, les Abbés, et les autres personnages plus signalés en l’Ordre Ecclésiastique y font voir la pointe de leurs esprits. Et quoi davantage ? Les Empereurs y rendent leurs oracles, les Rois leurs réponses subtiles, les Princes, les Potentats, les grands Seigneurs ; les gens de Justice, les Médecins, les hommes lettrés et jus-qu’aux plébéiens, et ceux de plus basse étoffe n’y sont point épargnés. Enfin il n’y a aucune sorte de condition de personnes qui n’y soient appelées ; et le tout avec les pointes plus subtiles que j’aie pu rencontrer, tant en la lecture des quelques livres grecs, latins, français, italiens, espagnols, allemands et autres langues, que de ce que j’en ai pu apprendre de vive voix, et d’en avoir ouï moi-même de mes propres oreilles, comme je peux sans flatter y en avoir beaucoup tissu. Enfin, mon cher Lecteur, je vous présente une salade composée de plusieurs sortes d’herbes ; il ne tient qu’à vous d’y apporter du sel et de l’huile pour les faire mieux venir à votre goût. Je ne doute point qu’il ne se trouve beaucoup d’esprits dégoûtés, et difficiles à contenter, qui rejetteront ce mien petit oeuvre, comme ne revenant à leur palais ; mais pourvu que j’aie l’approbation et l’acclamation des gens de bien, ce m’est assez. Adieu, et attendez une seconde partie, si vous recevez celle-ci de bon coeur.

Les fruits de tes divers écrits

Ont par leur saveur agréables

Versé au coeur des beaux esprits

Je ne sais quoi de délectable ;

Si bien qu’on tient par l’Univers

GARON profitable en ses vers,

Admirable en sa docte prose,

Rare sans ses traductions,

Où son bel esprit se dispose,

Nous louons ses inventions.

CL. FLESSARD

Les philosophes pour distinguer l’homme d’entre les animaux irraisonnables l’ont appelé Animal risible, sans préjudice de son usage de la raison, reconnaissant que cette qualité n’appartient qu’à lui seul. Or puisque le rire est toujours témoin d’une certaine réjouissance que nous sentons intérieurement, qui de sa nature nous attire au plaisir, et nous fait désirer la récréation ; de là vient que plusieurs gaillardises ont été inventées par les hommes ; et ce n’est pas sans cause que les plus beaux esprits, et les plus illustres personnages ont parfois donné trêves à leurs plus sérieuses occupations pour chasser l’ennuyeuse mélancolie par quelque entretien joyeux. Car non seulement les artisans, les laboureurs, les mariniers, et ceux dont les oeuvres manuelles sont pénibles, quittent leurs outils et leur besogne pour se réjouir quelquefois ; mais encore les plus dévots religieux ne refusent pas de se recréer honnêtement ; voire jusqu’aux pauvres prisonniers, qui d’heure à autre attendent que la sentence de mort leur soit prononcée, vont néanmoins recherchant les moyens plus faciles pour submerger leurs ennuis dans quelque douce allégresse. Et pour preuve plus assurée que la joie nous est très utile, écoutons le Sage qui dit : Le coeur qui se réjouit rend l’âge florissant, mais l’esprit triste dessèche les os. Et Sénèque sur le même sujet : Quel acquêt y a-t-il d’anticiper les maux qui ne viendront que trop tôt, et perdre le bien présent pour la crainte du mal à venir ? Je ne veux pas dire pourtant que la joie ne doive être modérée, et que nous ne devions la tempérer au milieu de nos plus grandes prospérités, ne faisant comme Polycrite, qui ayant fait recouvrer la ville de Milet à ses citoyens, mourut de joie à la porte. Les mal-avisés se débordent en leurs douleurs, aussi bien qu’en leurs joies