Le Clos - Pierre Jacquemot - E-Book

Le Clos E-Book

Pierre Jacquemot

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Beschreibung

Fontainebleau, septembre 1847. Jean de la Haye, jeune architecte parisien en quête de notoriété, arrive dans la ville, attiré par l’espoir de prendre part à un vaste projet d’aménagement qui pourrait lui donner les moyens de subvenir enfin à son existence… Sans le savoir, il court en fait vers son destin, qui va le pousser à échafauder un plan machiavélique pour assouvir son besoin démesuré de reconnaissance… et d’argent. Au cœur de ce plan, le Clos, un somptueux hôtel particulier de la ville laissé à l’abandon, n’inspirant plus aux bellifontains que jalousie et crainte. Comment Jean va-t-il parvenir, en quelques mois, à se glisser dans la peau du comte de La Haye, richissime propriétaire du Clos Saint-Edouard et à la surprise de tous, lui redonner toute sa splendeur d’antan ? Alors qu’à Paris apparaissent les prémisses de la révolution de 1848, laissant monter un soulèvement populaire qui va conduire à l’abdication de Louis-Philippe et à l’instauration de la Deuxième République, Jean ne va-t-il pas finir par être rattrapé par l’Histoire, dans sa course aux apparences ?

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Seitenzahl: 136

Veröffentlichungsjahr: 2020

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Pierre JACQUEMOT

Le Clos

Roman historique

ISBN : 378-2-37873-926-3

Collection Hors-Temps

ISSN : 2111-6512

Dépôt légal : mars 2020

© couverture Ex Æquo

© 2019 Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction intégrale ou partielle, réservés pour tous pays Toute modification interdite

Préface

L’histoire du livre que vous tenez entre les mains est un roman à elle toute seule ! Cet ouvrage fut écrit il y a 35 ans par un jeune homme de 17 ans seulement ! Il a dormi au fond d’un cartable d’école pendant tout ce temps avant de ressurgir à la faveur d’une discussion lors de laquelle l’auteur apprit que j’étais directrice de collection. C’est donc avec un immense plaisir que je vous invite à pousser les portes du Clos ! Cet endroit fantastique, à la fois maléfique et merveilleux qui va sceller le destin d’un homme. Cet ouvrage méritait d’être sorti de son long sommeil ! Vous serez surpris par la maturité de l’écriture qui sait mêler les faits historiques à l’imaginaire. Les lecteurs attentifs reconnaîtront même quelques éléments autobiographiques…

Catherine Moisand

Directrice de la Collection Hors-Temps

À mes parents, Janine et Maurice,

À mon épouse Sabine,

À Cyprien, Baptiste, Noémie, Vianney et Amicie,

« Vous êtes le sel de la terre », Matthieu 5,13

« La vie est un bien perdu pour celui

CHAPITRE PREMIER

Mardi 21 septembre 1847. Il faisait froid, ce matin-là, à Fontainebleau. Le ciel était gris, le soleil avait disparu avant même d’apparaître, les rues semblaient désertes. Seules de nombreuses feuilles mortes, avides de liberté, dansaient avec le vent en un tourbillon de poussière.

C’était déjà l’automne.

Soudain, les martèlements des sabots d’un cheval et les claquements d’un fouet brisèrent le silence glacial de ce matin sans fin.

Un coche s’arrêta devant le château.

Un homme, assez jeune, mal habillé, mal rasé, en sortit le premier. Il serrait précieusement sous son bras gauche un porte-documents respectable, tant par son épaisseur, importante, que par sa laideur, infinie. Voulant paraître pressé, il paya rapidement son dû au cocher.

Le cheval piaffa, la diligence s’en alla, et le silence revint.

Jean de la Haye, architecte depuis peu à Paris, mais déjà connu là-bas pour sa grande médiocrité, arrivait enfin à Fontainebleau. Le long voyage, d’abord dans un tortillard bruyant, ensuite dans ce coche trépidant, l’avait exténué. Et il aurait pu s’en plaindre, s’il n’avait eu une raison suffisante pour entreprendre un tel périple : il courait après l’argent.

C’était une course pénible, semée d’embêtements, d’embûches et de désenchantements ; il ne le savait que trop. Mais il n’avait pas les moyens de subvenir à ses besoins, et ne parvenait pas plus à satisfaire ses ambitions… et ses désirs. Son appartenance à l’une des plus anciennes et prestigieuses familles de France ne lui avait été en ce domaine d’aucun secours ; aussi la lutte lui semblait-elle vitale. Sa réputation ne jouant pas en faveur de ses affaires dans la capitale, il avait préféré tenter sa chance ailleurs. Quelqu’un, en qui il avait jusqu’alors entièrement confiance, lui avait fait part d’un intéressant projet d’aménagement de la ville de Fontainebleau. Jean, de nature optimiste, avait aussitôt sauté sur l’occasion inouïe qui se présentait à lui : il ne doutait pas un instant que, si une quelconque place lui était accordée dans cette fabuleuse entreprise, la célébrité — bienfaisante cette fois — suivrait naturellement, et la fortune avec. Aussi, c’est avec le cœur plein d’espoir et le portefeuille rempli de ses maigres économies qu’il avait quitté Paris, tôt le matin.

Mais le ciel se couvrait, le temps se gâtait, l’orage menaçait. Et Jean courait, pour éviter les premières gouttes de pluie et les rafales de grêle.

Il se rendit d’abord à l’hôtel de ville. Et là, surprise, on fit mine de ne pas comprendre ce qu’il désirait. On l’envoya, à tout hasard, voir au château. Il s’y précipita, l’esprit troublé par un doute cruel, pour y apprendre, de la bouche d’une mégère sans doute préposée au gardiennage, que le projet avait été abandonné, s’il avait seulement existé un jour. Il s’insurgea, cria jusqu’à s’étouffer, faillit exploser de rage, menaça même de brutaliser la pauvre vieille, supplia enfin qu’on lui amène le régisseur du domaine. Elle lui répondit qu’il pouvait toujours, si toutefois il se calmait, l’attendre là.

Il attendit donc ; la salle était froide, le plafond très haut, les murs humides, et le silence pesant. Vers onze heures, la vieille s’en alla, sans dire un mot. À midi, personne n’était revenu. À une heure, Jean dut bien se rendre à l’évidence : c’était l’échec, total et irrémédiable.

Dire ce qu’il ressentait lui était impossible : tous ses plans, tous ses rêves surtout, venaient de s’écrouler là, devant ses yeux ; on les avait détruits. Dans sa tête, un nombre immense de pensées s’entrechoquaient, mais aucune ne s’installait vraiment. Il n’était plus qu’un vaste chaos, sur un fond d’amertume.

Dans un ultime sursaut de folie rageuse et de désespoir contenu, il obéit à son corps : il avait faim.

Il choisit une auberge à l’écart de la ville, au bord de la Seine, et s’y fit conduire en coche. C’était une charmante bicoque, sans originalité aucune, sauf peut-être une certaine ressemblance avec les fermes normandes : les colombages semblaient particulièrement remarquables, et l’architecte qu’était Jean put les apprécier à leur juste valeur. Son regard se posa également sur les magnifiques saules pleureurs qui, avec beauté et nonchalance, laissaient retomber leurs branchages dans le fleuve.

Cette vue le réconfortait un peu, et le bruit répétitif et lassant de ses pas raclant le gravier achevait de le calmer ; les voix étouffées des convives et les tintements des couverts sur les assiettes, qui parvenaient jusqu’à ses oreilles, le poussèrent finalement à entrer.

L’intérieur était celui, non très luxueux, mais chaleureux, d’un relais de voyageurs ; ceux-ci, lorsqu’ils se sentaient fatigués, pouvaient s’y arrêter et discuter à leur aise autour d’un bon plat, devant un beau feu. On y mangeait bien, et pour peu cher. L’ambiance était sympathique et calme, même si quelques joyeux lurons avaient un peu abusé des plaisirs de l’alcool… Jean ne déplorait pourtant pas leur présence, car ils étaient amusants à voir : cela l’aidait à oublier légèrement la terrible déception du matin.

Le jeune homme se trouvait à la fois gêné et content d’être là. Gêné, car il avait devant ses yeux l’image même de ce qu’il était, lui : si quelques rares bourgeois ou notables prenaient leur repas dans ces lieux, les autres clients n’étaient pour la plupart que des laissés pour compte, des minables. Et, même s’il ne le souhaitait pas, Jean, en s’asseyant à leur table, ne pouvait qu’être des leurs, en apparence. Content, car il se trouvait seul dans cette assemblée de solitaires. L’auberge ne présentait pas un caractère familial, et Jean ne vénérait pas particulièrement sa famille. Il avait certes bien connu son père, mais beaucoup moins sa mère. Le seul souvenir qu’il conservait encore précieusement d’elle, était celui d’une belle femme aux cheveux blonds et éclatants, se penchant le soir vers son front pour y déposer un délicat baiser.

Il n’avait pas cinq ans lorsqu’elle mourut. Il devint alors un objet. Son père se remaria, et on le trimbala. Dès qu’on le put, on s’en débarrassa dans l’une de ces pensions qui servent toujours de prétexte à un quelconque abandon. À la mort de son père, on l’avertit qu’Henri de la Haye, fils issu du second mariage, son demi-frère dont il ne soupçonnait pas même l’existence, était légataire universel de son père. Il avait hérité, lui, son cadet de six ans, de la banque, des immeubles, de toute la fortune qui aurait pu être sienne.

La haine pour sa famille ne s’en était qu’accrue : jamais plus Jean ne l’avait revue. Et c’était bien mieux ainsi, car il avait pris goût à la liberté.

Il allait entamer son escalope à la crème, lorsqu’un homme, se frayant difficilement un passage à travers les nombreux convives — la salle était bondée — vint s’installer à sa table. Il était grand, mince, et habillé avec raffinement. Une jaquette de velours noir côtelé laissait juste apparaître la blancheur éclatante de sa chemise de soie, son pantalon assorti cachait à demi de fines bottines de cuir noir, proprement astiquées.

Jean classa l’homme qui se tenait en face de lui au premier regard : c’était un bourgeois ; ce qu’il aurait pu être lui-même, et ce qu’il espérait encore — sans doute vainement — devenir. Pour cela, les sentiments qu’il éprouvait à son égard étaient un mélange de jalousie, de haine, de mépris, mais aussi d’admiration. Le jeune homme sentait naître et grandir en lui le besoin de lui adresser la parole, et, au prix d’un effort véritable, il inclina sa tête et accompagna cette courbette d’un traditionnel « bonjour, Monsieur ! ».

L’autre avait posé sa coiffe et déplacé sa chaise. Les paroles de Jean semblaient n’avoir eu aucun effet sur lui ; il fit donc une seconde tentative, pensant que l’homme ne l’avait pas entendu.

Ce dernier leva cette fois la tête, et fixa le jeune homme droit dans les yeux. Jean sentit alors peser sur lui l’expression de la plus grande indifférence qu’un homme peut avoir pour un autre. Le regard dédaigneux du bourgeois était insoutenable, et il ne pouvait s’en détourner sans se déshonorer un peu plus. Pour mettre fin à cette comédie, mais non pour soulager Jean, l’autre interposa entre eux un grand journal déplié, qu’il lut à l’occasion.

Cela rendait le dialogue impossible, mais ce n’était pas chose nouvelle. La jalousie et la haine s’étaient réveillées chez Jean, et c’était chose courante. Les apparences créent la différence — mais seulement au premier abord.

L’escalope à la crème ne passait plus : le jeune homme avait horreur d’être contrarié. Il ne regardait plus l’autre que par de rares et furtifs coups d’œil et rageait de ne pouvoir se venger.

Le départ du bourgeois le soulagea donc fortement. Il avait abandonné sur la table le journal qu’il n’avait sans doute que parcouru ; cela témoignait, à l’avis de Jean, d’une quelconque richesse, mais également d’une frivolité certaine.

Le jeune homme demanda l’addition, et la régla ; puis il se leva de table et regarda minutieusement autour de lui, pour s’assurer qu’il n’était vu de personne ; il s’empara rapidement du journal laissé là par le bourgeois et le glissa aussitôt sous son pardessus : il ne voulait pas passer pour un voleur.

Dehors il faisait froid. Des bourrasques soufflaient et le vent sifflait. Jean fit quelques pas, les yeux à demi fermés et la tête baissée. Partout, des feuilles tournoyaient ; partout, la poussière se répandait. Il la sentait meurtrir son visage déjà endurci par l’air glacial ; sans cesse, il avait l’affreuse impression que des milliers d’aiguilles le piquaient. Le vent, aussi, freinait sa progression : tantôt précipité en avant, tantôt poussé en arrière, il avançait à pas hasardeux. Mais il avançait quand même.

Il s’assit sur un banc, sous un érable. Les branches craquaient, grinçaient, l’arbre gémissait. Lui aussi souffrait. Jean prit le journal dans ses mains rougies par le froid, puis il le déplia laborieusement. C’était L’Abeille de Fontainebleau, le journal local. Le jeune homme le feuilleta ; les avis de deuil, de représentations, les annonces y profusaient. Des articles sans grand intérêt se succédaient. Pourtant, il continua à le lire ; à l’avant-dernière page, un passage retint son attention : on y relatait des faits mystérieux survenus dans un hôtel particulier de la ville. « Encore une invention d’un vieux bourgeois qui veut faire parler de lui », pensa-t-il.

Mais le vent redoubla de force et lui arracha le journal des mains. Jean ne se leva pas ; il regarda simplement les feuillets blancs disparaître au loin. Il n’en saurait pas plus.

Commença alors une longue attente. Le jeune homme ne savait pas quand le coche passerait le prendre ; il était deux heures passées.

Il contempla la Seine : elle était calme, trop calme même. Et sombre surtout. Il contempla le ciel : il était noir et menaçant. Si menaçant qu’il se mit à pleuvoir.

Et Jean restait assis sur le banc, seul.

Il était presque quatre heures, le coche arriva enfin. Le cheval, avec rage, frappait de ses sabots le sol trempé et boueux. Deux coups de fouet le firent s’arrêter en bord de route. Jean se leva et marcha vers la diligence. Il grimpa à bord : il était seul. Il s’installa confortablement, content d’être enfin à l’abri des intempéries. Le cocher l’interpella :

— Je vous ramène à la gare de Corbeil, comme convenu ?

— Non ! Conduisez-moi en ville.

Jean s’était stupéfait lui-même : pourquoi venait-il de donner cet ordre ? Il n’avait aucune raison de retourner à Fontainebleau, vraiment aucune ! Alors ? Était-ce seulement pour contredire le cocher, ou bien était-ce… autre chose ? Sa réaction constituait, à ses yeux, une véritable énigme : c’était comme si un autre avait parlé à sa place, comme si un autre avait, pour un instant, pris son identité. Et cet autre aurait choisi pour lui ? De toute façon, Jean ne pouvait revenir sur ces paroles : le cocher l’aurait trouvé ridicule. Et puis la ville n’était plus très loin, l’architecte finit par penser que son voyage n’aurait pas été totalement inutile s’il prenait le temps de la visiter.

Et c’est comme poussé par cette envie mystérieuse, qu’il entra à nouveau dans Fontainebleau.

La voiture le déposa non loin du château, près de l’église. Il congédia le cocher : il se faisait tard, la nuit allait bientôt tomber. Aussi venait-il de décider qu’il reportait au lendemain son retour dans la capitale. Personne ne l’attendait, là-bas.

Il ne prit pas la direction du château : cela lui rappelait de trop mauvais souvenirs, et y retourner aurait été conjurer le sort. Il passa devant l’église, mais ne s’y arrêta pas : qu’aurait-il été faire chez quelqu’un qui l’ignorait complètement, lui et ses déboires ? D’ailleurs, il fallait qu’il se trouve un hôtel, c’était plus important.

Plus difficile aussi. Il en dénicha bien un, dans une rue étroite et sinueuse, qui était dans ses prix tout en préservant sa dignité : il ressemblait peu à un taudis. Là, on s’étonna fort de ce qu’il n’avait aucun bagage ; on se demanda s’il n’était pas un vagabond fantaisiste, en mal de dormir sous un vrai toit ; on le soupçonna même de ne pas avoir assez d’argent pour payer.

On douta de lui. Et finalement, on lui fit comprendre que l’hôtel était complet.

Il se rendit dans trois autres endroits. Chaque fois, quelqu’un accourait au bruit de la porte qui s’ouvrait. Les questions étaient chaque fois les mêmes. Et chaque fois, l’hôtel était complet.

Jean se résigna à viser plus bas. Il trouva une chambre sombre et exiguë dans une pension douteuse ; il ne resterait heureusement là qu’une seule nuit, tout cela était donc sans grande importance.

Après avoir réglé à l’avance sa chambre, il partit errer dans les rues de la ville. Certains boutiquiers n’avaient pas encore rentré leurs étalages ; Jean s’arrêta chez un libraire pour se procurer le journal qu’il avait eu entre les mains, à midi. Le vieux monsieur prit un air de circonstance et lui dit qu’il n’en restait plus un seul : les gens se l’étaient arraché.

Les autres boutiques ne l’intéressaient pas ; il décida donc de se diriger vers les beaux quartiers.

Un peu à l’écart du centre de Fontainebleau, non loin de la forêt, noyés dans de vastes parcs, foisonnaient des hôtels particuliers, des gentilhommières, des somptueuses demeures bourgeoises, des châteaux en miniature…

Ils étaient tous aussi éblouissants et pourtant si différents ! Chacun avait une originalité certaine qui le distinguait des autres et lui conférait un caractère unique. N’importe qui passant pour la première fois par-là croyait à tout instant avoir trouvé le summum de la beauté en matière d’architecture. Mais quelques mètres plus loin, il fallait bien se rendre à l’évidence : l’erreur était totale. Ces demeures d’apparat semblaient toutes plus sublimes les unes que les autres, comme si chaque propriétaire avait voulu surpasser son voisin. Jean se demandait quel pouvait bien être l’aboutissement d’une telle lutte, et à quel chef-d’œuvre — ou monstruosité ? — elle donnerait finalement naissance.

Quelques fois, ces habitations majestueuses s’offraient ouvertement à la vue des passants. Mais le plus souvent, seul le portail d’entrée s’apercevait depuis la rue. Cependant, les grilles étaient si élégantes et paraissaient si lourdes, les murs les soutenant étaient si hauts, et les statues posées sur les imposants pilastres semblaient si précieuses, que l’on osait à peine imaginer la magnificence de ce qui pouvait se cacher derrière.