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Mila ne se connaissait pas vraiment avant de faire la rencontre d’Ambre. Travailleur du sexe et dominant; ce dernier se retrouve très vite attiré par la jeune femme et lui avoue durant un appel vouloir faire d’elle sa soumise.
Curieuse, Mila décide d’en apprendre un peu plus sur ce milieu et décide de se lancer dans une période d’essai où elle lui sera totalement soumise.
C’est ainsi qu’elle découvre une personnalité jusque là enfouie au fond d’elle; une personnalité soumise et masochiste et qu’elle se découvre de nouveaux fantasmes…
À PROPOS DE L'AUTRICE
Laüna Hold âgée de 23 ans, elle a toujours eu un esprit imaginatif et créatif, le laissant déborder lorsque elle pose ses mots. Elle écrit depuis plusieurs années mais c’est à l’âge de 21 ans qu'elle décide de se lancer dans la romance érotique, sur un coup de tête puis de publier sur Wattpad.
Militant comme elle le peut à travers les réseaux sociaux, elle essaie de mettre une grande dose de respect, consentement et valeurs dans ses histoires.
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Seitenzahl: 422
Veröffentlichungsjahr: 2024
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La fouet de la rose
Laüna Hold
Ce livre est destiné à un public majeur et averti. Il contient de nombreuses scènes pouvant choquer les personnes les plus sensibles. Le thème principal abordé étant le BDSM, voici les autres sujets sensibles pouvant se trouver entre ses pages:
Scènes de sexe explicites, torture sexuelle consentie, impact (coups consentis), punitions, marques (sur le corps), langage cru/grossier, mention de prise de sang et phobie.
Aftercare : Moment de détente entre partenaires après une séance sexuelle ou non.
BDSM : Bondage; Discipline (ou Domination), Sadisme (ou Soumission), Masochisme.
Bondage : Pratique (sexuelle ou non) dans laquelle un des partenaires est attaché.
Brat : “Sale gosse” en anglais. Une personne “Brat” va apprécier le fait de provoquer (dans le respect du contrat) la personne dominante pour s’amuser et jouer.
Contrat : Le contrat consiste à regrouper les règles des deux parties (soumise ou dominante), leurs pratiques, leurs limites… Il est aussi un moyen de prouver le consentement.
Discipline : Pratique d’une personne dominante qui entraîne la personne soumise à se comporter d’une certaine façon, une conduite précise.
Domination : Consiste à prendre le pouvoir sur la personne soumise, qui doit par ce fait lui obéir.
Funnishment : Contraction entre “Funny” (amusant) et “Punishment” (punition). Un funnishment est souvent donné sous un cadre de jeu, il peut s’agir d’une punition physique et pas très sévère lorsque la personne soumise est masochiste.
Masochisme : Terme pour designer le fait d’apprécier la douleur/souffrance ou un retrait de plaisir (souvent dans un cadre BDSM/sexuel)
Sadisme : Terme pour designer le fait d’apprécier le fait de retirer du plaisir ou infliger de la “souffrance” à la personne soumise.
Safeword (ou “mot d’alerte”) : Est un mot aléatoire qui ne doit pas faire partie du champs lexical sexuel ou BDSM et qui consiste à remplacer le “non” (qui peut parfois être utilisé lors de jeux). Les safewords peuvent être aussi des codes couleurs selon l’intensité du mal-être de la personne qui le prononce.
Soumission : Consiste à donner le contrôle au partenaire dominant, lui laisser libre-arbitre (selon ses limites et règles).
Subspace (état/espace de soumission) : Etat second physique et psychique de la personne soumise provoqué par une séance ou un échange avec la personne dominante, qui lae rend dans un état d’extase, notamment dû à l’endorphine.
Switch : Une personne dite “Switch” aime échanger les rôles, ressent le besoin d’être parfois soumise, parfois dominante.
Sa main chaude caresse ma joue en douceur, tandis que ses yeux sont plongés dans les miens. J’aurais tendance à baisser les yeux, parce que parfois son regard m’impressionne, mais cette fois, son regard est doux et attendrissant, me transportant dans un monde où tout va pour le mieux. Il se tient debout, en face de moi, tandis que je suis assise sur le sofa du salon. Très vite sa main glisse sur mon cou, qu’il caresse d’abord, me faisant vite frissonner pour ensuite le serrer, doucement, entre ses doigts. Son geste n’a rien de brutal et ne me fait pas le moindre mal, bien au contraire, puisque je sens déjà une légère chaleur m’envahir, d’un coup, et les battements de mon cœur s’accélérer, non par peur, mais par excitation. Il a ce pouvoir sur moi, celui qui fait qu’en un seul geste ou une seule parole, mon corps peut réagir de cette façon. Je suis toute à lui. Ma respiration aussi s’accélère, malgré le fait que je ne peine aucunement à respirer. L’expression dans ses yeux change pour laisser place à un regard emplis de désir, je le reconnais parce que j’y ai fait face des tas de fois, et je pense avoir le même. Il sourit tendrement puis serre un peu plus son emprise sur mon cou, j’entre-ouvre la bouche par reflex et laisse échapper un gémissement à peine audible, mais qui je le sais, s’est bien fait entendre auprès de lui.
– C’est que tu es une gentille fille, dis-moi ?
Ses paroles me font lever les yeux au ciel, parce qu’il y a de cela à peine quelques heures, nous débattions sur le fait que je refusais d’admettre que je sois comme il le dit si bien « une gentille fille ».
– Une gentille fille qui mériterait une bonne correction après ce geste insolent, certes.
Mon regard se redirige vers le sien, d’un air désolé. Mais je ne prononce aucun mot, je n’ai pas besoin de parler pour qu’il me comprenne. Nous nous comprenons souvent en un seul regard, ou en un seul geste.
– Je vais être gentil, ça va aller.
– C’est ce que vous dites tout le...
Temps.
Je suis interrompue par deux fortes claques sur chacune de mes cuisses, qui cette fois, me font gémir fortement, de douleur mais également de plaisir, parce que j’aime ça. C’est ce genre de douleur qui me fait du bien, et c’est pour ça que je l’accepte et c’est pour cela qu’il le fait. Cette douleur me transporte ailleurs, encore, dans une réalité que j’ignorais il y a de cela quelques années. Une réalité où je veux qu’il fasse ce qu’il veut de moi.
Nous sommes dans une relation Dominant/Soumise, dans un cadre BDSM, une pratique totalement consentie par nous deux.
Je sors mon téléphone portable après une longue journée au fastfood dans lequel je travaille pour payer mes études. Je mets mes écouteurs afin de me détendre en écoutant de la musique, ce qui me change énormément du brouhaha habituel d’un restaurant rapide en plein Paris, et m’empêche d’entendre les gens du métro, surtout. La musique me transporte vite, ce qui rend l’atmosphère du métro bien moins pesante. Je n’ai jamais aimé les transports en commun, surtout lorsqu’ils sont bondés de monde aux heures de pointes. Mais comme on dit, quand on n'a pas le choix, il faut savoir faire avec. Lorsqu'une place assise se libère non loin de moi, je m’empresse de m’y installer parce qu’après mon service, mes pieds me font souffrir. Durant mon trajet, je me permets de regarder mes notifications, et découvre un message d’Ambre, un homme rencontré sur une application de rencontre.
Ambre – Aujourd’hui à 9h22. N’oublie pas de boire de l’eau aujourd’hui.
Je souffle du nez et souris, depuis qu’il sait que je ne prends pas le temps de bien m’hydrater, il m’envoie un message journalier pour me le rappeler. Manque de chance, j’ai vu son message bien trop tard, et avec la longue journée que j’ai eue aujourd’hui, boire de l’eau n’était malheureusement pas dans mes priorités. J’avoue avoir profité de la coupure que j’ai eue en milieu d’après-midi pour dormir, et seulement cela. Comme toujours, j’en avais bien besoin.
Je décide tout de même de lui répondre :
Mila – Aujourd’hui à 22h13. Oups ? Bonsoir.
Sa réponse est quasi instantanée.
Ambre – Aujourd’hui à 22h14.Bonsoir Mila.
J’en conclu donc que tu n’as pas vraiment bu d’eau ?
Mila – Aujourd’hui à 22h14.
J’ai bu du thé glacé ce midi.
Dans le thé y’a de l’eau, non ?
Je ne peux pas m’empêcher de l’embêter avec des sarcasmes, parce que je sais qu’il tombe bien souvent dans mon piège. Je souris donc, fière de moi.
Ambre – Aujourd’hui à 22h15.
Si c’est du thé glacé industriel, il y a aucune chance que ce soit vraiment hydratant…
Mila – Aujourd’hui à 22h15.
Sans blague.
Ambre – Aujourd’hui à 22h16.
Quelle insolence !
Mila – Aujourd’hui à 22h17.
C’est mon deuxième prénom parait-il.
Si ça te dérangeait tellement, tu m’aurais très vite bloquée, je suppose.
Ambre – Aujourd’hui à 22h17.
Tu supposes bien, Mila.
Mila – Aujourd’hui à 22h17.
Un talent caché.
Ambre – Aujourd’hui à 22h18.
Ça s’apprend ?
Mila – Aujourd’hui à 22h18.
Hm, pas sûre que tu puisses y arriver. C’est un talent que seuls les grands développent.
Ambre – Aujourd’hui à 22h19.Les grands, hm ?
Mila – Aujourd’hui à 22h19.
Tu sais, genre les génies de mon genre.
Ambre – Aujourd’hui à 22h20.Ah, oui, évidemment ! Je m’agenouille devant ta grandeur, attends !
Mila – Aujourd’hui à 22h20.
Oh oui, appelles-moi « maitresse ».
Ambre – Aujourd’hui à 22h20.Oui, « maitresse » !
Mila – Aujourd’hui à 22h21.Sans les guillemets, je te prie.
Ambre – Aujourd’hui à 22h21.
Je ne voudrais pas que ton égo emplisse tout l’espace, tu vois.
Mila – Aujourd’hui à 22h22.
Je suis déçue !
Ambre – Aujourd’hui à 22h22.
Tu t'en remettras, c'est promis.
Mila – Aujourd’hui à 22h23.
Il va falloir m'aider dans ce cas.
Je mets mon portable et mes écouteurs dans la poche de ma veste lorsqu'il est temps pour moi de descendre à mon arrêt et ne le sors pas tant que je ne suis pas rentrée chez moi, histoire de pouvoir marcher le reste de mon trajet sans difficulté, sans risquer d'entrer dans quelqu'un ou de me faire faucher par une voiture lorsque je traverse la route. Je ne bois pas d'eau mais je ne prends pas plus de risque que ça.
Dehors, c’est calme, et un léger vent me chatouille la peau nue de mes bras et de mon visage, ce qui est loin d’être désagréable. Ça me fait un bien fou après être restée dans la chaleur du restaurant et puis celle du métro.
Rentrée, je pose mon portable sur la table basse qui trône en face du clic-clac de mon petit salon, que je partage avec ma meilleure amie, qui est également ma colocataire. Je file prendre une douche, comme à chaque fois que je rentre du travail, parce que mes vêtements et mes cheveux sentent la friture à plein nez. Je hais ce boulot, et je compte bien en trouver un autre dès que l'occasion se présentera à moi. En attendant, je cherche, sans relâche.
Enfin lavée et dans un jogging et un t-shirt trop large qui me servent de pyjama, je trouve la motivation de me réchauffer un plat que j'avais cuisiné la veille. Je mange en étant sur mon téléphone et la seule chose que j'y fais est répondre à Ambre, encore une fois.
Ambre – Aujourd’hui à 22h23.
C'est avec grand plaisir que je t'aiderais si tu veux.
Mila – Aujourd’hui à 23h01.
J'en suis touchée !
Ambre – Aujourd’hui à 23h04.
Je suppose que tu es rentrée chez toi ?
Mila – Aujourd’hui à 23h04.
Oui.
Ambre – Aujourd’hui à 23h05.
Alors, fais-moi plaisir et va boire un grand verre d'eau, s'il te plaît.
Sa demande me fait rouler des yeux, pourtant, un petit sourire s’installe sur mes lèvres, sans que je sache pourquoi.
Mila – Aujourd’hui à 23h05.
Pfff.
Ambre – Aujourd’hui à 23h06.
Allez Mila, s'il te plaît.
Mila – Aujourd’hui à 23h08.
D'accord, ça va, je vais le faire. C’est demandé avec tant de gentillesse.
Ambre – Aujourd’hui à 23h08.
Bien.
Je lève à nouveau les yeux au ciel et vais me remplir un grand verre d'eau que je bois d'une traitre. Je le fais parce je sais qu'il a raison, j'ai besoin d'eau. Si je buvais plus, je serais peut-être un peu moins fatiguée. Boire cette eau me fait un bien fou et me rafraichi, je ne m’en rendais pas compte avant, mais j’avais bien plus soif que je ne le pensais.
Mila – Aujourd’hui à 23h11.
C'est fait.
Ambre – Aujourd’hui à 23h12.
Super Mila ! Tu devrais vraiment te prendre une gourde pour le travail.
Mila – Aujourd’hui à 23h12.
Je sais, je devrais, oui.
Je dois bien reconnaître mes torts et admettre qu’il a raison, au moins de temps en temps.
Ambre – Aujourd’hui à 23h14.
C'est bien si tu le sais. Que vas-tu faire de ta soirée ?
Mila – Aujourd’hui à 23h14.
Je ne sais pas vraiment, peut-être parler à cet homme qui me force à boire de l'eau, s'il est disponible.
Ambre – Aujourd’hui à 23h15.
Je suis sûr qu'il te « force » pour ton bien. Et qu'il est sûrement disponible ce soir.
Mila – Aujourd’hui à 23h16.
Oui, oui, pour mon bien.
Ambre – Aujourd’hui à 23h16.
Tu en doutes ?
Mila – Aujourd’hui à 23h18.
Non m'sieur.
Ambre – Aujourd’hui à 23h18.
« m'sieur » ?
Mila – Aujourd’hui à 23h18.
Oui m'sieur.
Ambre – Aujourd’hui à 23h19.
J'ai une vague préférence pour « monsieur », vois-tu.
Mila – Aujourd’hui à 23h19.
Mince alors.
Ambre – Aujourd’hui à 23h20.
Tu l'as dit, oui, mince. Tu serais disponible pour qu'on s'appelle à un moment ?
Mon cœur fait un bond et ma timidité décide de pointer le bout de son nez. Je pose mon portable sur la table et souffle un peu. Un appel ne va pas me tuer, c'est vrai, et si ça se passe mal, je n'aurais qu'à raccrocher en prétextant une obligation personnelle. Puis, ce n'était qu'une simple question, il n'a pas précisé à quelle heure il voudrait que l’on s’appelle, ni la date.
Allez Mila, un peu de courage.
Cela fait plus d'un mois que l'on s'échange des messages sur l'application, et j'avoue être assez curieuse d’entendre sa voix. Une partie de moi a quand même hâte de l’entendre et de voir quel timbre elle peut avoir.
Je prends mon courage à deux mains et reprends mon portable, il m'a réécrit un autre message.
Ambre – Aujourd’hui à 23h26.Si tu ne veux pas, ne te force pas Mila. Je te propose ça juste comme ça, parce que j'aime les discussions à l'oral, elles sont plus fluides et
tu ne peux pas modifier ce que tu veux dire, c'est instantané, mais je ne te force pas, il faut que tu le saches.
Je prends un coussin qui traine sur le canapé et fourre mon visage dedans pour y hurler. Je suis bien contente d’être seule chez moi ce soir. Je n’aurais pas voulu inquiéter ma meilleure amie ou alors qu’elle se moque gentiment de moi lorsqu’elle aurait su la raison de ma légère panique.
Je reprends mon courage à deux mains ainsi que mon portable dans la même occasion, et lui réécris.
Mila – Aujourd’hui à 23h28.
Oui, je sais, je ne suis pas obligée de faire quoi que ce soit. Mais c'est d'accord, je veux bien.
Je veux entendre à quoi ressemble ta voix. Je suis juste un peu timide.
Ambre – Aujourd’hui à 23h30.
Je vois, ne t'inquiètes pas, tu ne seras pas obligée de tout le temps parler si ça ne va pas, prends ton temps. Quand es-tu disponible ?
Je termine de manger avant de lui répondre, histoire de pouvoir lui parler librement ensuite, sans devoir faire de pause.
Mila – Aujourd’hui à 23h36.
Tout de suite ?
L'appel s'affiche quelques secondes après sur mon écran, et ma panique s’étend. Je regarde mon téléphone sonner de longues secondes avant de souffler pour me détendre et réponds après avoir enfilé mes écouteurs. Il ne va pas me manger, je vais survivre.
– Hey, dis-je en premier.
– Hey.
Un rire nerveux me prend lorsque sa voix parvient à mes oreilles.
– Je suis désolée, c'est nerveux !
– Tout va bien, prends ton temps Mila.
Sa voix est légèrement grave, mais il sait l'utiliser avec douceur. Je veux dire par là qu'elle ne me brusque pas. Je la trouve par ailleurs très jolie, et l'entente de mon prénom ne me laisse pas indifférente, je dois l'avouer.
J'expire encore une fois pour me détendre, mes mains sont moites.
– Tout va bien ? me demande-t-il.
– Euh, oui, tout va bien, je vais m'y faire !
– Je crois en toi !
– Merci.
Je l'entends souffler du nez.
– Tu as une jolie voix Mila.
Dit-il ! Mais son compliment me perturbe, et je peine à articuler ma réponse.
– Euh, je, oui, tu... Toi aussi, tu as une jolie voix, je trouve.
– Dans ce cas nous sommes faits l'un pour l'autre !
Je manque de m'étouffer, et le rire nerveux me reprend.
– Je plaisante. Respire, tout va bien se passer, je ne vais pas te manger.
– Je- ça ne me dérangerait pas, murmure-je.
Mais à peine mes mots dits, je regrette déjà de les avoir prononcés. Mes joues chauffent et j’ai très envie de fuir en raccrochant. Il ne me laisse pas le temps de prendre la fuite et répond :
– Qu'est-ce que tu as dit ?
– Je passe dans un tunnel, désolée, je capte super mal…
Un petit rire lui prend et il me semble être une des plus belles choses que j’ai pu entendre jusqu’à présent.
– J'ai quand même entendu ce que j'ai entendu.
– Je n'ai rien dit !
– D'accord, je vais faire semblant de te croire.
– Merci m'sieur.
– Oh là en revanche tu touches à un point sensible.
– Ah oui, pardon, c'est « monsieur » !
– Tu apprends vite.
– Toi pas vraiment, tu oublies de m'appeler « maitresse », tu as déjà oublié le fait que je sois un très grand génie ?
– Oh, non, je n'ai pas oublié, je n'en doute pas une seule seconde, mais appeler quelqu'un par ce titre n'est pas vraiment dans mes habitudes.
– C'est quoi tes habitudes du coup ?
Il se racle la gorge avant de me répondre quelques secondes plus tard.
– Tu n'es pas encore prête pour ça.
– Oh, monsieur est tellement dark qu'il essaie de me préserver ?
– Ta timidité est déjà partie, à ce que je vois.
Je me sens rougir et ne réponds pas. Je lève les yeux pour regarder mon plafond, qui me semble à présent parfait pour me distraire.
– Bah alors Mila ?
– C'est toi qui n'as pas répondu à ma question.
Je l'entends encore souffler du nez.
– Je n'essaie pas de te préserver, et non, je ne me considère pas comme un type trop dark. Je considère juste que chaque chose a son temps, et la réponse à ta question sera prononcée lorsque ce sera nécessaire.
Je fais une mine boudeuse, et je suis bien contente qu'il ne puisse pas me voir, parce que je lui connais déjà un côté très taquin et sais bien qu’il pourrait s’en servir pour se moquer gentiment de moi.
– D'accord...
– Pas trop frustrée ?
– Si.
– Mince, je dois faire comme si ça ne me plaisait pas.
– Attends, quoi ?
– À mon tour de passer dans un tunnel, désolé !
– Ce n'est pas sympa !
– Je m'inspire d'une grande personne !
– Aaaaah, mon égo Ambre ! Je le vois ! Il devient plus gros que moi !
– Mince ! Enferme le dans le tiroir le plus proche !
– Je ne pense pas y arriver, il me dépasse !
– Mais comment va-t-on faire ?
– Je l'ignore !
– Je pense qu'on va devoir faire avec, dans ce cas.
– Je crains bien que oui.
Je me lève et prends ma vaisselle que je mets dans l'évier, pour aller dans ma chambre.
– Mila ?
– Oui ?
– Qu'est-ce que tu fais ?
– Je vais dans ma chambre.
– Tu as pris de quoi t'hydrater ?
– Genre, de l'eau ?
– Oui, genre de l'eau, surtout de l'eau en fait.
– Euh, c'est à dire que...
– Non, n'est-ce pas ?
– C'est ça.
– Va prendre de quoi t'hydrater Mila. Tu as une gourde ou une bouteille ?
Sa voix est devenue légèrement autoritaire, sans perdre sa douceur, mais autoritaire tout de même. Le pire, c'est que ce n'est pas quelque chose qui me dérange, bien au contraire, en réalité. Je ne comprends pas vraiment pourquoi, mais j'aime ça.
– Oui, j'ai une bouteille d'eau.
– Va la prendre, tu veux ?
– Oui.
– C'est bien.
Je fais demi-tour jusqu'à la cuisine et prends la bouteille, puis retourne dans ma chambre où je m'allonge sur mon lit.
– Tu as la bouteille ?
– Je l'ai.
– Parfait.
– Oui m'sieur.
– Oh, Mila...
– Oups.
– Qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire de toi ?
Je frisonne et cache mon visage avec mes mains, même s'il n'est toujours pas là pour voir ça.
– Je... Je ne sais pas.
– On trouvera peut-être un jour !
– Peut-être bien que oui !
– Dis-moi, comment s'est passée ta journée ?
– Elle était totalement épuisante. J’ai eu les deux rushs du midi et du soir, même si j’ai eu une grande coupure, ça me fatigue. Faut vraiment que je trouve autre chose, parce que là, j'en peux plus.
– Quel genre ?
– Je ne sais pas, un truc plus calme.
– Oui, ça se comprend.
– Et toi, ta journée ?
– Ça a été.
– Tu fais quoi déjà dans la vie ?
– Je suis créateur de contenu.
– Ah oui ? Quel genre de contenu ?
– Des...vidéos.
– Quel type ?
– Je te montrerai plus tard, petite curieuse.
– T'es pas drôle !
– Je sais, mais on ne peut pas tout avoir !
Je roule des yeux.
– Gnagnagna...
– Quoi, je te fruste déjà alors que c’est même pas le but ?
– Comment ça déjà ?
– Oh bah ça...
Il laisse en suspend sa phrase d'un ton taquin. Je fronce les sourcils.
– J'aimerais bien voir la tête que tu fais à chaque allusion que tu ne comprends pas, tiens.
– On ne peut pas tout avoir Ambre !
– C'est vrai que pour l'instant, je ne peux pas tout avoir.
– Parce que tu penses qu'un jour tu pourras tout avoir ?
– Si c'est ce que tu veux, pourquoi pas.
– Dans le sens où je voudrais que tu aies tout ?
– Oui.
– Dans quel sens ?
Il laisse un petit silence s’installer avant de me répondre.
– Que tu t'abandonnes totalement à moi.
Intriguée, j’incline légèrement la tête sur le côté.
– Comment ça ?
– Écoute Mila, ce n'est pas quelque chose qui convient à tout le monde.
Sa réponse pique davantage ma curiosité.
– Explique-moi de quoi tu veux parler.
– Tu as raison... Il va bien falloir que je t'explique oui, étant donné que c'est mon type de vie. Tu as déjà entendu parler du BDSM ?
Mon cœur fait un nouveau bond et un autre rire nerveux me prend. Oui, j'en ai déjà entendu parler et ce n'est pas quelque chose qui me repousse, bien au contraire. À chaque fois que j’essaie de me calmer, un autre petit rire me prend et cela dure plusieurs dizaines de secondes.
– Mila ?
– Oui, Ambre.
– Quoi, oui ?
– Je connais. Je me suis déjà renseignée sur la chose.
– En tant que soumise, switch, dominante ? Autre chose ? Ou tu es totalement vanille ?
– Je n'ai jamais trop pratiqué. J'ai déjà fait quelques jeux, avec mes exs, au lit, mais c'est tout. Et j'étais la personne soumise.
– Je vois. C'est déjà ça. Je veux être honnête avec toi Mila. Ton comportement me plait beaucoup, tu es taquine, mais tu sembles très réceptive à certains ordres, ou suggestions...
– Certains ordres ?
– Si je te dis d'aller boire de l'eau, là tout de suite, tu le ferais Mila ?
– Euh...
– Réponds-moi honnêtement.
– Oui, je le ferai sûrement.
La réponse me vient toute seule, sans même que je n’ai à y réfléchir.
– Pourquoi ?
– Parce que je sais que si tu me dis d'aller boire de l'eau, c'est pour mon bien.
– C'est exactement ça ma belle. Tout ce que je te demande de faire, c'est pour ton bien.
Je ne réponds pas. Je fais le lien avec beaucoup de choses. Je comprends son comportement parfois autoritaire, mais également le fait qu'il soit doux et protecteur.
– Mila ?
– Oui… ?
– Bois de l'eau.
Je prends ma bouteille d'eau sans lui répondre et bois quelques gorgées d'eau.
– C'est bien.
– Si je comprends bien...
– Oui ?
– Tu veux faire de moi ta soumise ?
– Je veux qu'on apprenne à se connaitre d'abord, genre beaucoup plus. Je ne fais rien à la va vite, il est hors de question qu'on se fasse, ou pire, que je te fasse du mal parce que je ne te connais pas assez bien. Je dois apprendre à te connaitre toi, tes limites, tes fantasmes, tes envies, tes attentes, tes besoins, tes appréhensions... Tout ce qui fait que tu pourrais t'abandonner à moi, sans risquer que je te fasse mal, aussi bien physiquement que mentalement. Si tu es bien renseignée sur la chose, tu sais que mon but n'est pas de te rendre entièrement à ma merci, sans que tu aies ton mot à dire, tu es un être humain, tu as tes opinions, tes émotions...
– Est-ce qu'il y a d'autres filles ?
Ma réponse n’a pas grand-chose à voir avec son récit, mais je ressens le besoin de le savoir. Je ne veux pas me faire de faux espoirs. Je ne veux pas espérer une relation de ce genre s’il voit d’autres personnes. Je ne veux pas me sentir en compétition avec qui ce soit. Et surtout, je ne veux pas prendre le risque de m’attacher pour qu’il se volatilise ensuite.
– Comment ça ?
– Est-ce que tu es intéressé par d'autres filles ?
– Non. Lorsque je parle et flirte avec une femme, ou un homme d’ailleurs, je ne parle pas aux autres dans le but de faire la même chose. Je ne vois pas l'intérêt. Surtout si plusieurs personnes sont intéressées, je ne veux pas faire de mal.
– Tu as vraiment l'air d'être quelqu'un de bien.
– Et toi, tu as plusieurs hommes ou femmes pour lesquelles tu es intéressée ?
– Non, je suis tombée que sur des connards, et les femmes ont l'air trop bien pour moi.
– Je ne pense pas qu'elles soient trop bien pour toi, juste que tu n'as pas pris le temps de les connaitre. Mais, je suis ravi de savoir que je suis le seul aussi, et que je ne suis apparemment pas un de ces connards.
– Tu as vraiment l'air de quelqu'un de respectueux et nos conversations me font beaucoup de bien. J’aime... J’aime voir tes messages s’afficher chaque jour sur mon écran.
– Je peux en dire tout autant Mila.
Je ne peux pas m'empêcher de sourire.
– Ambre...
– Oui ?
– Si on apprend à se connaitre comme il faut, devenir ta soumise, ça m'engage à quoi ?
– Ça t'engage à respecter le contrat, tout comme je m’y engagerais également.
– Et il y aurait quoi dans ce contrat ?
– Nos limites, nos safewords, ce que nous acceptons tous les deux, ce que tu devras respecter en tant que ma soumise et ce que je devrais respecter en tant que ton dominant.
– C'est nos conversations qui feront que l'on saura ce qu'il faudra y mettre, si j'ai bien compris.
– Tu as très bien compris.
– Et... Le « m'sieur » je vais devoir le jeter à la poubelle, n’est-ce pas ?
– Avec moi, oui.
– D'accord, m'sieur.
Il souffle à nouveau du nez, je devine clairement que c'est quelque chose qu'il fait souvent lorsque quelque chose l'amuse. Mais à part ça, il ne laisse rien passer.
– Mila.
Son ton est un peu plus dur cette fois, je grimace presque à son entente et une légère angoisse me prend au ventre, mais encore une fois, je ne comprends pas, mais c'est quelque chose qui au fond, me plait.
– Oui... ?
– Tu vois, si nous avions un contrat, je te punirais.
– C'est comment les punitions ?
– Elles respectent toujours tes limites, ça peut être physique si tu acceptes d'avoir mal, ou tu peux copier des lignes ou aller au coin, par exemple.
– Comme quand on est petits ?
– Exactement.
– Comment tu choisis une punition ?
– Ça dépend. Si la bêtise est un manque de respect, tu risques de ne pas aimer, si la bêtise est moins grave, enfin, si elle est dans le cadre d'un jeu, ça sera tout autre chose.
– Je peux aimer une punition ?
– On appelle ça un funnishment, c'est un mélange de funny, et punishment. C'est utilisé dans le cadre où la personne soumise taquine bien plus qu'elle désobéit. Pas si la faute est grave.
– Une punition fun ?
– Si tu es masochiste, tu peux vraiment aimer ça.
– Si j'aime ça, ce n'est pas vraiment une punition...
– C'est pour ça qu'on appelle ça un funnishment.
– Hm...
– Mais ce n'est pas pour autant que tu ne risques pas d'avoir mal.
– Pourquoi ?
– Ça dépend de toi. Si tu es masochiste, je te ferai mal avec grand plaisir. La douleur a un pouvoir apaisant sur certaines personnes, les détendent, j'ai déjà eu une soumise qui réclamait les punitions pour pleurer et se détendre.
– Je ne sais pas si c'est quelque chose pour moi.
– C'est pour cela que la communication est la clé, ma belle.
– Mais je veux bien essayer.
– Tu as déjà pratiqué quelques trucs, dis-moi quoi ?
– J'ai déjà eu des fessées.
– Tes impressions ? Je veux que tu me dises tout.
Un flashback me vient. Je me souviens de fessées bien trop douces pour ce que je souhaitais. Mais je n’osais pas en réclamer davantage, craignant que mon partenaire me juge.
– J'aime. Mais parfois, j'en voulais bien plus que ce qu'on me donnait.
– Intéressant. Autres choses ?
– De la stimulation avec les yeux bandés et attachée aux barreaux du lit.
– Tes impressions, Mila.
– C'était excitant.
– Tu sais pourquoi ?
– Je me sentais vulnérable et à la merci de mon partenaire, je crois que c'est ça qui m'a excitée.
Je l'entends écrire sur un clavier d'ordinateur pendant que je lui dis tout ça.
– Est-ce que tu es en train d'écrire ce que je te dis ?
– Tout à fait, il faut que j'écrive ça, afin de le relire et réfléchir à tout ce que tu me dis.
– Comme un entretien de travail...
– Afin de rédiger un potentiel contrat, par la suite.
– Incroyable.
– Tu as pratiqué d’autres choses ?
– Les glaçons.
– Mila, ne me fais pas répéter, je veux tes impressions, à chaque fois.
– Oui m'sieur.
– Mila.
– Pardon, monsieur.
– C'est bien.
Je sens une chaleur envahir mon visage, puis mon corps tout entier. Je me mords la lèvre inférieure avant de reposer mes mains sur mon visage et souffler doucement.
– J'attends Mila.
– Euh, je... Je n'ai pas arrêté de me débattre. C'était... froid. Mais me savoir vulnérable parce que j'étais attachée et que mon partenaire pouvait jouer avec ce glaçon sur mon corps comme il le souhait, ça m'excitait...
– Est-ce que tu serais contre l'idée de recommencer ?
– Non, ce n’est pas une limite.
– D'accord. Autre chose ?
– Non, je crois que c'est tout.
– Si d'autres choses te reviennent, tu pourras m'en parler, quand tu le souhaiteras.
– D'accord.
– Tu as parlé d'être attachée, c'était avec quoi ?
– Une ceinture ou un foulard.
– Aimais-tu la sensation ?
– Oui.
– Bien.
Malgré le fait que la discussion soit intéressante, je ne peux malheureusement plus lutter contre le sommeil qui m'envahit et mes yeux qui se ferment tout seuls. Je lâche, malgré moi un bâillement.
– Tu es fatiguée ?
– Oui...
– Qu'est-ce que tu attendais pour me le dire ?
– La discussion est intéressante...
– Mais peut être décalée au lendemain, nous avons tout notre temps.
– Oui mais je...
– Oui mais quoi ?
– Je voulais continuer aujourd'hui...
– On ne va pas pouvoir parler de tout aujourd'hui dans tous les cas.
– Je sais mais...
– Il n’y a pas de mais qui tienne. Je vais te souhaiter une agréable nuit, et tu vas dormir Mila.
– Mais, Ambre !
– Mila.
– Pardon ! Oui, je vais dormir...
– Tu as déjà quelques réflex très intéressants.
– Mhhh...
– Bonne nuit Mila.
– Bonne nuit Ambre...
– Je t’enverrais un message demain matin, tu ne travailles pas demain, c’est ça ?
– Oui...
– Bien. À demain.
– À demain.
C’est lui qui raccroche. Je regarde le plafond en pensant à notre conversation. J’ignore dans quoi je m’embarque, j’ai une once d’appréhension mais une très grande excitation qui m’envahit. Je retourne sur son profil et regarde ses photos. Il a les cheveux mi longs décolorés, qui sont d’un gris clair, une mâchoire légèrement carrée, des yeux bleus qui me font rêver, une barbe de quelques jours, et je le trouve atrocement sexy. Il n’est pas trop vieux, ni trop jeune, il a quelques années de plus que moi, vingt-huit ans, tandis que j’en ai vingt-deux. Il dit aimer lire, et sortir se balader, en forêt particulièrement, mais qu’il aime aussi beaucoup rester chez lui, où il se sent bien. Il apprend à cuisiner en faisant des plats simples et rapides, parce qu’il est un peu nul. Il aime chanter, mais chante faux. Il a un chat, qui s’appelle Croquette.
Je souris en relisant sa description. Je souris d’autant plus lorsque je me souviens que je n’ai aucune concurrence, parce qu’il est intéressé par moi, et qu’il ne parle pas à d’autres personnes lorsque qu’il en a une avec qui il flirte.
Je me lève et vais me brosser les dents avant d’aller me coucher. Et pour une fois, je n’oublie pas de boire de l’eau avant de fermer les yeux et de m’endormir.
Je me réveille sans réveil, aux alentours de neuf heures, ce que je considère être une grasse matinée. Comme toujours lorsque j’ai le temps, je traine sur mon portable, reculant encore et encore mon levé, parce que je n’ai aucun courage à sortir de mon lit, aucune motivation ni aucune obligation. J’aime ça.
Un nouveau message d’Ambre s’affiche sur mon écran.
Ambre – Aujourd’hui à 9h25.
Bonjour Mila, j’espère que tu as bien dormi, n’oublies pas de boire de l’eau. Je me disais que maintenant que nous avons eu cette discussion hier soir, nous pourrions nous voir prochainement, si tu le souhaites, évidemment. Comme toujours prends ton temps.
Cet homme veut vraiment que ma timidité me tue ? Je pose un instant mon portable sur le matelas et me cache sous la couette.
C’est lorsque j’ai trop chaud que je sors de là et que je reprends mon portable. Je relis son message plusieurs fois afin de trouver ma réponse et j’inspire profondément avant de taper mon message et de lui envoyer.
Mila – Aujourd’hui à 9h39.
Bonjour Ambre, j’ai parfaitement bien dormi, et d’accord, j’essaierai de me souvenir qu’il faut que je boive de l’eau. Et toi, comment s’est passé ta nuit ? Je ne suis pas contre le fait qu’on se voit, je suis juste atrocement timide lorsque je ne connais pas encore les personnes en face, surtout si ces personnes m’impressionnent...
Cette fois, sa réponse n’est pas instantanée. Je change donc d’application afin de regarder les diverses actualités du monde. Je tombe ensuite dans la spirale infernale de TikTok, où je passe le plus de temps, jusqu’à ce qu’une envie pressante d’uriner me prenne et me force à quitter mon lit. Lorsque je suis debout, je me refuse de me recoucher, malgré le fait que je sois très tentée par l’idée.
Je décide de me prendre un verre de jus d’orange et de me faire deux tartines de pain avec de la pâte à tartiner au chocolat. C’est lorsque je mange que la réponse d’Ambre apparait sur mon écran.
Ambre – Aujourd’hui à 10h28.Ma nuit s’est passée à merveille. Est-ce que tu veux dire que je t’impressionne ?
Je souris puis prend mon visage entre mes mains, encore une fois. Je me demande encore une fois pourquoi je lui ai envoyé une chose pareille avant d’y réfléchir.
Mila – Aujourd’hui à 10h33.
Euh, c’est que... Un peu. Surtout après notre conversation d’hier soir et ton petit ton autoritaire que tu as parfois employé.
Ambre – Aujourd’hui à 10h34.
Est-ce que c’est quelque chose qui te met mal à l’aise ?
Mila – Aujourd’hui à 10h36.
Pas du tout. J’ignore pourquoi mais j’aime ça.
Ambre – Aujourd’hui à 10h37.
Intéressant, vraiment. Peut-être parce que tu es une soumise qui s’ignore encore ?
Mila – Aujourd’hui à 10h37.
Je ne peux pas l’affirmer.
Ambre – Aujourd’hui à 10h39.
En effet, nous ne pouvons pas encore l’affirmer. C’est pour cela qu’on va devoir avoir de longues discussions toi et moi, et qu’on se voit.
Mila – Aujourd’hui à 10h39.
Oui...
Ambre – Aujourd’hui à 10h39.
Je te promets de ne pas te manger tout de suite.
Mila – Aujourd’hui à 10h40.C’est pas comme si c’était quelque chose qui me dérangeait.
Ambre – Aujourd’hui à 10h40.
Oh ça, je n’en doute pas. Mais nous allons prendre notre temps.
Mila – Aujourd’hui à 10h40.
Oui, bien sûr.
Ambre – Aujourd’hui à 10h41.
Quand es-tu disponible ?
Mila – Aujourd’hui à 10h41.
Euh... jeudi après-midi.
Jeudi, c'est dans trois jours. Ma timidité me fait déjà regretter d'avoir parlé de ce jour beaucoup trop proche. Si j’avais le coussin dans lequel j’ai hurlé hier soir sous la main, je m’en serais à nouveau servi.
Ambre – Aujourd’hui à 10h42.
Je pense être disponible aussi. Si on se dit quatorze heures, quelque part, dans un endroit public évidemment, ça te va ?
– Eh merde, murmure-je.
Mais malgré mon stress, je ne peux pas m’empêcher de lui répondre positivement. Je veux le voir.
Mila – Aujourd’hui à 10h43.
Oui, bien sûr. Un café, un parc ?
Ambre – Aujourd’hui à 10h43.
C'est comme tu veux.
Mila – Aujourd’hui à 10h44.
Un parc c'est bien. Il fait beau en ce moment, sans faire trop chaud, c'est cool.
Ambre – Aujourd’hui à 10h44.
Celui de ton choix dans ce cas.
Mila – Aujourd’hui à 10h44.
Monceau ?
Ambre – Aujourd’hui à 10h45.
On n'est pas encore en période de vacances, il n'y aura pas beaucoup de monde normalement, ça me va.
Mila – Aujourd’hui à 10h45.
Tu n'aimes pas le monde ?
Ambre – Aujourd’hui à 10h45.
On pourra parler librement sans que les murs aient des oreilles.
Mila – Aujourd’hui à 10h46.
Dit comme ça, c'est pas faux.
Ambre – Aujourd’hui à 10h46.
On va juste devoir se donner rendez-vous quelque part avant d'y aller, afin d'éviter qu'on ne se trouve pas là-bas.
Mila – Aujourd’hui à 10h46.
Tu vois l'arrêt de bus Malesherbes-Courcelles ?
Ambre – Aujourd’hui à 10h47.
Pas du tout, mais google va m'aider !
Mila – Aujourd’hui à 10h47.
Ahah, parfait !
Ambre – Aujourd’hui à 10h48.
Je vais donc voir à quoi ressemble celle qui m'appelle “m'sieur” dans quelques jours...
Mila – Aujourd’hui à 10h48.
Et moi celui qui me perturbe tellement au point de me le faire appeler “monsieur”. Perturbant.
Ambre – Aujourd’hui à 10h49.
Tu vas t'y faire.
Mila – Aujourd’hui à 10h49.
Je vais être obligée de t’appeler comme ça si je deviens ta soumise ?
Ambre – Aujourd’hui à 10h49.
C'est probable, et c'est probable que tu aimes ça aussi.
Mila – Aujourd’hui à 10h50.
Mouais, m'sieur.
Ambre – Aujourd’hui à 10h50.
Oh, Mila. Profites-en tant que je ne peux pas poser les mains sur toi pour te punir.
Mila – Aujourd’hui à 10h51.
J'ai compris le truc, pas de contrat, pas de punition. Je me sens puissante et invincible.
Ambre – Aujourd’hui à 10h51.
Pour l'instant tu ne risques rien, oui.
Mila – Aujourd’hui à 10h51.
J'aime ça.
Ambre- Aujourd’hui à 10h52.
Mais si tu as un goût du “risque” prononcé, tu aimeras beaucoup plus le fait de ne plus être invincible.
Mila – Aujourd’hui à 10h52.
Hum, ça se tient.
Ambre – Aujourd’hui à 10h52.
Bien sûr, et tu ne serais pas la première soumise à chercher pour se faire recadrer.
Mila – Aujourd’hui à 10h53.
Pour l'instant je ne sais pas si je fais partie de celles-ci.
Ambre – Aujourd’hui à 10h53.
C'est vrai que tu peux tout aussi bien être une soumise super sage qui fait tout bien comme on lui demande.
Mila – Aujourd’hui à 10h53.
Bien évidemment !
Ambre – Aujourd’hui à 10h54.
Allez, le travail m'appelle ! On se reparle plus tard si tu es disponible. Passe une bonne journée Mila, et tu sais ce que tu dois faire ?
Mila – Aujourd’hui à 10h54.
Boire de l'eau ?
Ambre – Aujourd’hui à 10h55.
Madame apprend vite.
Mila – Aujourd’hui à 10h55.
Je sais, je sais. Bonne journée à toi aussi !
Je pose mon portable et vais me prendre un verre d'eau que je bois. Pour l'instant, tout ce que je dois faire c'est prendre soin de ma santé en m'hydratant et j'avoue que ce n'est pas si difficile que ça.
Ambre a l’air extrêmement protecteur et d’avoir envie de prendre soin de moi. J’avais déjà lu ça sur un forum. La pratique du BDSM n’est pas seulement sexuelle, et la personne dominante n’exerce pas seulement un pouvoir constant d’autorité ou de domination sur la personne soumise. Il peut prendre soin d’elle, et faire très attention à sa santé, comme lui obliger à boire de l’eau ou lui interdire toute forme de drogue, si elle n’est pas déjà sous dépendance. Je sais que certains dominants peuvent aussi passer du temps à faire des câlins, à être affectueux comme jamais. Je dois avouer que j’ai besoin de ça. Je reprends mon portable pour lui renvoyer un message.
Mila – Aujourd’hui à 11h02.
Si je deviens ta soumise, j’aurais des câlins aussi ?
Ambre – Aujourd’hui à 12h36.
Bien sûr Mila. Des tas de câlins. Des câlins comme ça, sans contexte particulier parce qu’on en pas besoin pour en faire, et après une séance, ou une punition. Ou pour des tas d’autres raisons.
Mila – Aujourd’hui à 12h40.
Aftercare, c’est ça ?
Ambre – Aujourd’hui à 12h41.
Oui, mais il n’y a pas que les câlins qui marchent.
Mila – Aujourd’hui à 12h41.
D’accord ! Merci pour ta réponse !
Je souris à l’idée d’avoir des câlins, parce que c’est quelque chose que j’adore dans une relation. Je pourrais y passer des heures tant cette chose me fait du bien. J’ai hâte de pouvoir le serrer dans mes bras, ou d’être serrée dans les siens.
Aujourd’hui c’est jeudi. J’ai fini le travail à midi. J’ai une heure et quelques minutes pour prendre une douche et me préparer pour aller voir Ambre. Le stress monte au fur et à mesure que le temps passe. Je m’habille simplement d’un jeans noir et d’un chemisier gris clair. Pour ce qui est du maquillage, je fais ce que je fais la plupart du temps, un teint léger, un trait d’eyeliner, du mascara et du baume à lèvres. Je mets du parfum à la vanille. Je laisse mes cheveux ondulés détachés. Aucun bijou parce que je n’ai pas l’habitude d’en mettre, une veste en jeans trop grande, et des bottes montantes. Je me trouve jolie et c’est le principal.
Je sors de chez moi à treize heure vingt, et prends directement le bus qui me conduira à l’arrêt auquel nous avons rendez-vous. J’arrive à trouver une place assise. Ma jambe tremble de stress. J’essaie de me concentrer sur ma respiration pour me calmer, mais c’est quelque chose qui fonctionne que quelques secondes.
Je jette des regards aux gens présents dans le bus pour essayer de penser à autre chose, mais plus je les regarde et plus j’entends les bruits qu’ils font et plus mon anxiété s’accroit. Je fouille dans mes poches pour récupérer mes écouteurs et soupire lorsque je me rends compte que je ne les ai pas pris avec moi. Je vais devoir affronter le trajet seule sans la musique qui puisse me détendre.
Je jette alors mon dévolu sur le trajet défilant à travers les vitres.
Lorsque le bus s’arrête au dit arrêt, je le vois qui attend. Je perds la notion du temps pendant quelques secondes et descends du bus sans réfléchir. Je baisse les yeux sur le sol, puis prends mon courage à deux mains pour le regarder dans les yeux. Il s’approche de moi et sans réfléchir, je lui fais un câlin. Il sent bon. Il me sert contre lui, et j’ai déjà envie de rester dans ses bras durant des heures s’il le faut. Ambre fait ce genre de câlin qui fait du bien.
– Salut, Mila.
Mon dieu, sa voix est encore plus belle en vrai. Je me sens faiblir, mais pas dans le mauvais sens du terme. Sa voix me fait de l’effet, et je me sens presque honteuse de ressentir cela alors que c’est notre tout premier contact.
– Hey...
– Tu trembles, est-ce que ça va ?
– Stressée.
– À ce point ? Je ne vais pas te manger, je te le jure.
– Je sais...
Je me décolle de son corps, puisqu’il le faut bien et le regarde dans les yeux.
– Tu es super jolie.
– Je- Merci ! Toi aussi, tu es... wow.
En effet, il est exactement comme sur les photos, sauf qu’en vrai, on voit à quel point il est grand. Il me dépasse de plus d’une tête.
Il me sourit.
– « Wow », c’est un compliment ?
Je hoche la tête.
– Et tu sens bon, continue-je.
– Toi aussi, j’aime beaucoup la vanille.
Je sens une chaleur me monter aux joues, je me cache le visage avec mes mains. Là, je ne peux plus cacher mon geste, je suis en face de lui, il ne peut que le voir. Je l’entends souffler du nez.
– Mais non, ne te caches pas, tu es encore plus jolie quand tu rougis.
– Mais !
Je sens ses deux mains se poser sur mes poignets, je frisonne à son contact. Il les tire doucement afin de retirer mes paumes de mon visage, je ne lutte pas, et son regard entre à nouveau en contact avec le mien. Je baisse les yeux.
– Oh non, ne baisse pas les yeux... Tu auras tout le temps pour le faire plus tard.
Je veux remettre mes mains sur mon visage mais il tient toujours mes poignets qu'il caresse doucement avec ses pouces. Cet homme veut définitivement ma mort, j’en suis sûre.
– Mais, mais, mais !
– Oh, tes poignets, pardon.
Il me les lâche et me sourit.
– Ça ne me dérangeait pas tant que ça... C'est juste que... Je ne pouvais plus me cacher du coup...
– Hum, pas tant que ça...?
– En fait pas du tout, même... Mis à part le fait que je ne puisse plus me cacher de toi, de ton regard.
Il sourit à nouveau. Son sourire me fait craquer. Je détourne la tête.
– Allez, allons-nous poser au parc, dit-il. Est-ce que tu as mangé ?
– Hein, quoi ?
– Est-ce que tu as mangé Mila ?
– Allons au parc.
– Mila.
Il utilise à nouveau le ton autoritaire. Mon cœur s'accélère. Il sait que je ne prends pas la peine de manger lorsque je n'ai pas le temps, parce que j’ai été un jour trop honnête. Au fond de lui, il connaît déjà la réponse à sa question.
– Euh...
– Mila.
– Mais je n'ai pas faim, je t'assure.
Il fait claquer plusieurs fois sa langue sur son palais avant de me répondre :
– Mauvaise réponse.
– D'accord, j'avoue tout, je n'ai pas mangé.
– Je te paye quelque chose à manger dans ce cas.
– Il en est hors de question !
Il s'approche de moi, sa bouche contre mon oreille et murmure :
– Ma très chère Mila, contrat ou pas, là ce n'est pas quelque chose pour laquelle tu as le choix, je te paye à manger, point final.
Tout mon corps frisonne. Le fait qu'il soit si près de moi et qu'il murmure à mon oreille ne me rend pas indifférente. Malgré mes frissons, une drôle de chaleur s’installe dans mon ventre.
– Mais je…
– Tu ne vas pas discuter.
Je hoche la tête, par automatisme, sans vraiment y réfléchir. Ce geste de ma part me surprend.
– Bien.
– Oui mais dépenser de l'argent pour moi c'est...
– Mila, m'interrompt-il, qu'est-ce que je t'ai dit ?
Je ne réponds pas. Je ne veux pas lui donner raison aussi facilement.
– Mila.
Il utilise à nouveau son ton autoritaire, et je chavire.
Tricheur, pense-je.
– Que je n'avais pas le choix...
– Et ?
– Que je n'allais pas discuter...
– Bien.
Je suis perturbée par le fait que j'aime ce léger contrôle qu’il exerce sur moi à cet instant. Il se recule.
– J'ai un souci...
– Je t'écoute.
– J'aime bien.
– Qu'est-ce que tu aimes bien ?
– Le fait que tu ne me donnes pas le choix et l'autorité que tu exerces...
– Et c'est un souci ?
– C’est quelque chose que je ne connais pas...
– Tu n'as aucun souci à te faire Mila. Écoute ton instinct, tout simplement.
Je hoche la tête, il a probablement raison.
– Allez, on va à la boulangerie la plus proche, tu choisis ce que tu veux manger et on va au parc.
– D'accord monsieur.
– Est-ce que j'ai bien entendu ?
– Je crois bien.
Je lui souris timidement, tandis que lui sourit aussi, bien plus intensément. Et ce sourire m’attaque de plein fouet, je ne vais pas pouvoir y résister bien longtemps.
– Je peux te prendre la main Mila ?
– Euh, mon cœur va faire un arrêt mais on peut essayer.
Il rigole doucement et prend ma main dans la sienne. Mon cœur va exploser, j’en étais sûre. Sa main est chaude contre la mienne. Un sentiment que je ne connais pas vraiment s’installe en moi.
– Alors... Une boulangerie...
Il sort son portable de sa main libre et tape sur son écran.
– On va passer devant le parc, aller à la boulangerie puis revenir sur nos pas, ça ne te dérange pas ?
