Le jeu de l'amour - Roxanne Gagné - E-Book

Le jeu de l'amour E-Book

Roxanne Gagné

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Veröffentlichungsjahr: 2022

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Table of Contents

Crédits

REMERCIEMENTS

CHAPITRE UN

CHAPITRE DEUX

CHAPITRE TROIS

CHAPITRE QUATRE

CHAPITRE CINQ

CHAPITRE SIX

CHAPITRE SEPT

Double Jeu

Crédits

Catalogage avant publication de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et Bibliothèque et Archives Canada

Gagné, Roxane, 1999-

Le jeu de l'amour

ISBN  978-2-924169-44-5

I. Titre.

PS8613.A436J48 2017  C843'.6      C2017-940123-8

PS9613.A436J48 2017

©Éditions du Tullinois

www.editionsdutullinois.ca

Tous droits réservés.

Toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle faite par quelque procédé que ce soit, sans le consentement de l’Auteur, est illicite et constitue une contrefaçon sanctionnée par les articles L335-2 et suivants du Code de la Propriété Intellectuelle.

Auteure :Roxane GAGNÉ

Titre: Le Jeu de l'amour

Révision de Textes : Florence PARENT

Infographie :Mario Arsenault -Tendance EIM

Photographies:Claude REY

IBSN papier : 978-2-924169-44-5

ISBN E-PDF : 978-2-89809-032-5

ISBN E-PUB : 978-2-89809-033-2

Bibliothèque et Archives Nationales du Québec

Bibliothèque et Archives Nationales du Canada

Dépôt légal papier : 1er trimestre 2017

Dépôt légal E-PDF : 2e trimestre 2020

Dépôt légal papier : 2e trimestre 2020

Imprimé au Canada

Première impression : Mars 2017

Nous remercions la Société de Développement des Entreprises Culturelles du Québec (SODEC) du soutien accordé à notre programme de publication.

SODEC - QUÉBEC

REMERCIEMENTS

Je remercie mes Parents pour tous

les encouragements, le soutien moral et

la confiance qu'ils ont eu en moi.

CHAPITRE UN

Du haut des escaliers en béton sur lesquels se tenait Naomie, elle avait une vue panoramique sur l'ensemble de la cours du lycée, endroit très convoité lors des pauses. Sa longue chevelure noire vaguait au vent et restait, de temps à autre, partiellement coincée dans son fer à cheval, son piercing favori. Tandis que les filles à papa partaient dans leurs voitures de l'année et que les beaux gosses jouaient de leurs muscles pour draguer, Naomie attendait sagement son meilleur ami, jouant à l'observatrice. D'ailleurs, parlant d'observation, ses ongles qui pianotaient sur le bord de la rampe de métal auraient vachement besoin d'une retouche, ils en faisaient presque pitié.

— Tu sais, tu es sexy même de dos.

Au son de cette voix éraillée, un sourire se glissa sur les lèvres de l'adolescente. Elle aurait pu reconnaître cette voix par mille, s'il l'avait fallu. Faisant mine de rien, Naomie glissa une mèche rebelle derrière son oreille, fronça les sourcils puis tourna les talons en sa direction.

— En plus de savoir te faire attendre, tu mates les filles sans discrétion. Félicitations, tout un champion, cet Antoine.

— Je n'en ai pas honte, tu sauras. Les filles aiment qu'on les regarde, elles ne demandent que ça.

"Eh bien, je dois être un garçon" pensa Naomie, secouant la tête.

— Tu me ramènes chez moi, maintenant ?

Antoine se gratta la nuque avec un air agacé, passant sa main au travers de ses boucles brunes.

— Non... en fait j'ai déjà dit à Michelle que je la ramènerai chez elle ce soir. Tu me pardonnes ?

— Michelle ? Sérieusement ?

Naomie balança son sac sur le sol, rageant contre Antoine. Les bras croisés sur sa poitrine, elle ne pouvait pas croire qu'il avait pu lui faire une chose pareille. C'est vrai, quand même ! Il savait très bien que Michelle et elle ne s'entendaient pas vraiment, voire pas du tout.

— Tu me fais la gueule juste pour ça ? Et après c'est moi qui ai mauvais caractère...

Comprenant qu'elle venait de paraître ridicule, elle remit la bandoulière de son sac sur son épaule, le dépoussiérant d'un coup sec de la main, puis fit un agile doigt d'honneur à son ami qui pouffa.

— Oh, Naomie, ne le prend pas comme ça ! Tu sais que c'est toi que j'aime le plus.

Mais bien sûr, et après on apprendra que les poules ont des dents, c'est ça ? Maintenant, comment allait-elle faire pour rentrer chez elle ? La demeure des Stanton était à plus d'une demi-heure de marche, bien trop pour une lycéenne fatiguée.

— Hé, qu'est-ce que tu fais là ? Tu n'es pas avec Antoine ?

Anna, la meilleure amie de Naomie, venait de la rattraper sur le long et étroit trottoir qui menait à la rue. Son sac en jean bleu sur les épaules, elle semblait débordante d'énergie, pas étonnant pour une sportive.

— Non, il est avec Michelle.

— Oh, son nouveau coup d'un soir ?

— Évidemment, il est prêt à tout pour une récompense. Un vrai chien.

La jolie rousse gloussa, dévoilant ses fossettes et ses dents blanches dont Naomie avait toujours été jalouse.

— Si tu veux, tu peux venir chez moi ?

— Tu n'y vois pas d'inconvénient ? Enfin, je veux dire, ça ne dérange pas tes parents ?

— Ils ne seront pas là, de toute façon, alors contente-toi d'accepter mon offre, tu veux ?

Le ton froid et encourageant d'Anna força Naomie à accepter. De toute façon, elle aurait été seule pour une bonne partie de la soirée, c'est ainsi d'avoir des parents trop absents. C'est vrai, quoi, avec une mère officière de police et un père assistant-gérant d'un magasin de chasse et pêche, les chances de croiser des gens autres que son petit frère Thomas et sa gardienne se résumaient à zéro.

— Wow, ta mère a refait la déco de la cuisine ?

Naomie et Anna venaient d'entrer dans la demeure des Beaulieu, et déposèrent leurs sacs sur le comptoir de la cuisine.

— Oui, il faut dire que ces temps-ci, elle a beaucoup de temps à tuer.

La mère d'Anna était en arrêt de travail pour un temps non déterminé. Après s'être déchiré un muscle dans le dos, elle souffrait énormément, mais visiblement pas assez pour ne pas refaire la décoration de la cuisine.

Des portraits souriants étaient accrochés aux murs du salon : ceux d'Anna et de son ignoble petite sœur. Pas qu'elle était laide, mais seul Dieu sait à quel point elle pouvait être énervante, quand elle le voulait.

— Tu viens ? On descend.

Les chambres de tous les enfants de la maison se trouvaient au sous-sol de la maison, l'endroit le plus frigorifiant de la demeure. Sur les murs du couloir, la peinture blanche commençait à s'écailler par-ci par-là, mais rien de dramatique. Toutes les portes étaient fermées, sauf celle d'Anna.

— Elle est ENCORE venue fouiller dans ma chambre !

— Qui ça ?

— Ma sœur, qui d'autre ?

L'adolescente se sentit tout aussitôt idiote d'avoir posé la question. Après une inspection rapide, elles en vinrent à la conclusion que rien n'avait bougé. En effet, Naomie connaissait la chambre de sa meilleure amie comme si c'était la sienne.

— Tu veux quelque chose à boire ? Du jus, de l'eau... ou de la bière ?

Cette dernière offre se fit sur un ton enjoué, un sourire au coin des lèvres.

— Si tu es sérieuse... je prendrais bien une bière.

— C'est comme si c'était fait !

Cette Anna enjouée ne ressemblait en rien à cette Anna frustrée d'il y avait quelques secondes. Suffisait de parler d'alcool et elle changeait complètement..

Tandis qu'elles sirotaient leurs bières, sagement allongées sur le lit d'Anna, le téléphone de Naomie retentit, annonçant un appel entrant. Plutôt étrange, puisque habituellement les gens se contentaient d'envoyer un texto.

— Qui c'est ? demanda Anna.

Il était aux alentours de 20 h 30, c'était plutôt curieux. Ça ne pouvait qu'être sa mère.

— Allô ?

— Naomie, c'est Antoine.

Éloignant suffisamment le téléphone de sa tête pour qu'il n'entende pas, Naomie chuchota à Anna :

— C'est Antoine !

— Mets sur mains-libres !

Craintive qu'il n'ait pu entendre, elle ramena le téléphone entre elles, sur mode haut-parleur.

— Qu'est-ce qui me vaut cet appel ? Tu n'as donc pas oublié ta meilleure amie ?

— Oh ça va, arrête de faire ta victime. Je voulais juste m'excuser pour cet après-midi.

— D'accord, au revoir.

Anna regarda Naomie avec de gros yeux, fronçant les sourcils. L'adolescente venait de parler un peu trop sèchement à Antoine au goût de sa meilleure amie.

— Non, attends, j'avais quelque chose à te demander en même temps.

— Je t'écoute.

— J'aimerais juste que tu ailles dans un endroit éloigné, juste pour être sûre que personne n'entendra.

— Eh oui, d'accord.

L'adolescente haussa les épaules au dépit de sa meilleure amie, s'éloignant de la chambre et enlevant le monde haut-parleur par le fait-même.

— C'est bon, tu peux me parler.

Ce long et pénible silence au bout de la ligne fit frissonner Naomie : quelque chose lui faisait croire qu'il allait dire quelque chose d'idiot.

CHAPITRE DEUX

— Je n’arrive toujours pas à croire que vous allez jouer au "Love game !"

C'était le lendemain matin et le soleil se faisait plutôt timide derrière les nuages. Habillée d'une petite jupe noire qui s'arrêtait au-dessus des genoux et d'un chandail blanc sans manche ni bretelle, par-dessus lequel elle portait un cardigan crème, Naomie avait retrouvé le reste de la bande dans l'un des nombreux corridors du lycée. Étrangement, celui-ci était plutôt désert pour un matin de cours, c'était à croire qu'ils avaient tous trouvé un meilleur endroit pour se rencontrer. Tandis que les garçons attendaient Antoine en faisant mine de réviser pour un certain examen d'anglais, l'adolescente avait pris sa meilleure amie en otage entre deux rangées de casiers.

S'empressent de mettre sa main sur la bouche de sa meilleure amie, l'adolescente se fit menaçante avec de gros yeux et les sourcils froncés. Ce n'était pas comme si elle voulait que tout le monde soit au courant, au contraire, si elle avait pris la peine de prendre Anna seule dans un coin reculé, ce n'était pas pour rien.

— Désolée, je me suis peut-être emportée un peu. Mais qu'est-ce qu'il t'a dit, au juste ? Raconte-moi dans les détails !

La meilleure amie de Naomie était toujours aussi avide de potins croustillants, quoi qu'il arrive, même si c'était un cas sérieux. Le plus pire dans tout ça, c'est qu'elle n'avait pas pu refuser ; dans le cas contraire elle aurait eu l'air d'avoir peur de perdre d'avance.

Anna savait pertinemment ce qu'était le "Love game", qui pourrait se traduire par le "Jeu de l'amour". C'est un jeu qui se joue idéalement à deux et le principe est simple : les deux participants doivent tenter le tout pour le tout afin que leur adversaire tombe amoureux de lui. Le premier qui tombe amoureux perd et doit vivre avec l'humiliation d'être lâchement tomber amoureux. C'était l'une des principales raisons qui n'enchantait guère Naomie, car elle allait avoir beaucoup de difficulté à cacher son intérêt pour lui. Elle savait qu'elle avait déjà perdu d'avance, mais pour qu'il ne se doute de rien, il fallait jouer le jeu, et ici c'était le cas de le dire.

— Je te l'ai déjà dit ! J'ai eu beau lui dire que c'était stupide, mais tu connais Antoine…

À cette affirmation, Anna haussa les sourcils ; effectivement elle savait qu'Antoine avait la tête dure.

— Penses-tu pouvoir résister ? chuchota la meilleure amie de l'adolescente, guettant les alentours.

— Eh... Oui, je crois. Pourquoi ?

Haussant les épaules, Anna eut ce sourire en coin qui en disait long. À l'évidence, elle n'y croyait pas. C'est certain qu'elle était bien placée pour savoir qu'il y avait des risques qu'elle flanche, à en entendre la façon dont elle lui parlait de lui. "Antoine est si beau", "t'as vu son chandail aujourd'hui ? Ça le met tellement en valeur !". Non, vraiment, il n'y avait pas de quoi s'inquiéter, elle allait résister. Toussotant comme pour se dégager d'un certain chat dans sa gorge, Anna secoua la tête.

— Tu ne me crois pas, pas vrai ?

— Non, pas du tout. Tu devrais apprendre à mentir !

Sa réponse fut accompagnée d'un clin d'œil et d'un sourire en coin. Elle avait probablement raison : Naomie était une mauvaise menteuse.

— Mais je t'assure que même s'il le voulait vraiment, il n'arriverait pas à me faire tomber amoureuse de lui.

"T'es déjà amoureuse de lui, idiote" pensa intérieurement l'adolescente en levant les yeux au ciel.

— On parle encore de moi ?

Antoine venait d'arriver derrière elles, son cartable dans les bras. Ses cheveux étaient en bataille, il n'avait probablement pas eu le temps de les arranger, c'était ça ou il ne connaissait pas l'existence de la brosse à cheveux. Mais la première hypothèse était beaucoup plus plausible.

Honteuse de s'être fait prendre à parler de lui comme ça, Naomie passa par toutes les teintes de rouge possibles. Elle ne pouvait pas se retourner, elle était beaucoup trop gênée.

— Antoine ! Quelle surprise, on ne t'avait pas vu arriver, s'occupa de répondre Anna.

— Je vois bien ça. Ça va, Naomie ?

Serrant les poings et forçant un grand sourire, elle se tourna lentement vers son interlocuteur. Il semblait se moquer d'elle avec son sourire narquois.

— Oui, pourquoi ça n'irais pas !? C'est pas comme si je jouais à un jeu débile avec mon meilleur ami.

"Je n'ai pas vraiment dit ça, hein !?" s'empressa-t-elle de se demander mentalement, fermant les yeux en souhaitant de disparaître. Antoine jeta un regard vite fait à Anna, puis faisant mine de ne rien avoir entendu, il les quitta pour rejoindre les garçons. C'était moins une, au moins il ne semblait pas avoir compris ce qui se tramait.

Au bout de 10 minutes plus tard, la cloche annonçant le début des cours sonna, mettant fin à leurs conversations. C'était le début d'une heure et quart de véritable torture mentale dans un cours incroyablement demandant : des mathématiques. Heureusement pour elle, la voisine de bureau de Naomie était sa meilleure amie. C'était d'ailleurs le seul et unique cours qu'elle avait avec quelqu'un qu'elle aimait bien..

Les jambes allongées sur son bureau, Anna gardait ses bras croisés sur sa poitrine et le capuchon de sa veste vert pastel sur sa tête. Une petite rebelle dans l'âme, diriez-vous ? Non, seulement une adolescente blasée comme les autres.

— Je t'imagine bien en princesse, pour ton anniversaire.

— En princesse ? Vraiment ? Je te rappelle que je suis plus du genre sorcière que princesse, hein !

Après un instant de réflexion, la meilleure amie de l'adolescente fronça les sourcils, puis arbora un air déçu. Elle aimait bien l'image d'une petite Naomie toute sage avec un diadème de princesse sur la tête.

— Ouais, bon, t'as raison. Mais tu peux toujours être une sorcière-princesse, hein !?

Devant l'hystérie d'Anna, Naomie ne put faire autrement que d'éclater de rire et ce même si un mec mignon aux allures de nerd la regardait de travers. Le professeur mit vite fin à leur rigolade, tapant dans ses mains comme un animateur de camp de jour. Roulant des yeux en chœur, les adolescentes sortirent leurs manuels et leurs cahiers de notes dans lesquels il y avait bien plus de dessins que de théories.

Tandis que le professeur, beaucoup trop vieux pour appartenir à l'époque moderne, plutôt qu'à celle des dinosaures, peinait à écrire sur le tableau vert avec sa mini craie blanche (car oui, apparemment le lycée était trop pauvre pour se payer des choses moins vieilles que les professeurs de cette école), Naomie prenait et soulignait ses notes de cours en chantonnant. Bien évidemment, cela agaçait les deux filles derrière elle, mais elle s'en moquait. Si elle n'avait pas le droit de travailler en faisant ce qu'elle aimait, où était la liberté !?

— Tu pourrais te taire, s'il te plaît ? demanda fermement Jessica.

Oui, oui, c'était bien la même Jessica que Naomie et Anna détestaient.

— Non.

Sabrina, amie et voisine de bureau de Jessica, gloussa suite à la réponse de Naomie, mais fut vite ramener à l'ordre par sa chef. Décidément, tout le monde persistait à croire qu'elle était la reine. Peut-être pas la reine du monde, mais du moins la reine de l'école, c'était déjà ça. Levant les yeux au ciel en signe de désespoir, l'adolescente posa son menton sur sa main et tenta de suivre le cours.