Le jeu du pigeon - Patrice Lessard - E-Book

Le jeu du pigeon E-Book

Patrice Lessard

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Beschreibung

À partir d'un fait anodin, l'auteur tisse le fil d'une nouvelle policière implacable...

En tournant rue Sherbrooke, je pensai qu’il serait utile, pour y voir plus clair, de reconstituer le fil des événements... qu’il ne se brise pas. Alors je racontai, pour moi-même. Michel devait récupérer les valises à l’aéroport mardi matin [deux jours avant ma visite au café du boulevard Saint-Laurent] et me les apporter ensuite, je lui avais donné un double de la clé de mon armoire à balais dans laquelle il devait les laisser, ce qu’il avait fait (ou prétendait avoir fait).

Patrice Lessard excelle dans l'art du polar et nous le prouve avec cette nouvelle au suspense paranoïaque autour de valises volées qui se volatilisent.

EXTRAIT

Je n’étais pas certain d’avoir bien entendu.
...phrase banale, en principe, mais pour moi, de mon point de
vue, extrêmement troublante...
...conversation dans laquelle je n’avais en principe rien à voir et
dont j’avais saisi par hasard, sans doute, des bribes, je n’écoutais
pas, pas vraiment, d’ailleurs ce n’est pas tant le propos que la
musique de la langue qui avait attiré mon attention...une
conversation entre deux vieillards dans un idiome que je baragouine,
comprends à peu près mais certainement pas dans
toutes ses nuances, toutes ses variations dialectales.

À PROPOS DE L'AUTEUR

Patrice Lessard est né à Louiseville (Québec) en 1971.

Ses romans Le Sermon aux poissons (finaliste du prix Ringuet), Nina (finaliste du Prix littéraire des collégiens), et L'enterrement de la sardine, tous trois publiés aux éditions Héliotrope (Montréal) forment une trilogie lisboéte. Avec Excellence Poulet (Héliotrope, 2015), il change de registre et revient dans un Montréal où la politique et la corruption font bon ménage.

À PROPOS DE LA COLLECTION

Parce que tous deux cultivent ces perles que sont les textes courts, parce que tous deux se battent pour donner leur place aux auteurs de toute la francophonie, parce que le papier et le numérique se complètent, Le Pigeon, revue de création francophone (Montréal) et les éditions Émoticourt (Paris) ont créé une passerelle. La collection Le Pigeon propose en numérique les textes parus dans la revue papier, au fur et à mesure des livraisons de ses numéros, afin de leur offrir la pérennité qu’ils méritent.

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Seitenzahl: 37

Veröffentlichungsjahr: 2018

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Le jeu du pigeon
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À propos
L'auteur

Patrice Lessard est né à Louiseville, au Québec, en 1971.

Il a publié trois romans aux éditions Héliotrope (Montréal) : Le Sermon aux poissons (2011), Nina (2012), L’enterrement de la sardine (2014), et un recueil de nouvelles aux éditions Rodrigol (Montréal) Je suis Sébastien Chevalier (2009).

La collection Le Pigeon

Parce que tous deux cultivent ces perles que sont les textes courts, parce que tous deux se battent pour donner leur place aux auteurs de toute la francophonie, parce que le papier et le numérique se complètent, Le Pigeon, revue de création francophone (Montréal) et les éditions Émoticourt (Paris) ont créé une passerelle.

La collection Le Pigeon propose en numérique les textes parus dans la revue papier, au fur et à mesure des livraisons de ses numéros, afin de leur offrir la pérennité qu’ils méritent.

Les éditions Émoticourt

Émoticourt est une maison d'édition numérique dédiée aux textes courts, inédits et de langue française. Lancée en mars 2012 à Paris, elle publie les œuvres d’auteurs reconnus (dont certains couronnés par le Goncourt de la Nouvelle) ou celles de nouveaux talents, avec une même exigence de qualité littéraire. Ce choix du numérique lui permet de publier nouvelles, recueils, carnets, nanoromans qui ne trouvent pas, en raison de leur format, leur place dans l’univers de l’édition papier.

Début du texte

Le « centre » n’avait pas de rapport avec la genèse, l’histoire. Un choix sentimental, plutôt. Un pôle d’attraction irrésistible, l’aboutissement prémédité de toutes les errances. L’ultime case du jeu de l’oie intime composé sur la ville.

Jean-François VILAR

Je n’étais pas certain d’avoir bien entendu.

… phrase banale, en principe, mais pour moi, de mon point de vue, extrêmement troublante…

… conversation dans laquelle je n’avais en principe rien à voir et dont j’avais saisi par hasard, sans doute, des bribes, je n’écoutais pas, pas vraiment, d’ailleurs ce n’est pas tant le propos que la musique de la langue qui avait attiré mon attention… une conversation entre deux vieillards dans un idiome que je baragouine, comprends à peu près mais certainement pas dans toutes ses nuances, toutes ses variations dialectales.

Je posai le livre sur la table, de toute façon j’avais beaucoup de mal à lire, j’étais à bout de nerfs à cause de tout ce qui m’arrivait, j’avais retourné mon histoire dans ma tête des centaines de fois et ce polar ne pouvait que compliquer les choses, les fils de l’intrigue s’entortillaient, l’opacité de ma propre histoire me déroute, pensai-je, et ces deux vieillards à la table d’à côté, qui papotaient, je n’avais pu m’empêcher d’abord de les entendre, ensuite de les écouter plus attentivement… ne comprenais pas grand-chose, un mot par-ci par-là… pourtant rendu nerveux, poussé à porter attention lorsque j’avais reconnu leur dialecte, sicilien [ou calabrais], une intuition absurde que leur conversation avait quelque chose à voir avec mon affaire, avec l’affaire qui m’obsédait [et sur laquelle je reviendrai en temps et lieu]. Je ne voulais pas qu’ils sachent que je les écoutais, j’étais assis tout près d’eux, regardant le vide devant moi, ils auraient pu croire que je les écoutais. Pour me donner une contenance, je saisis un journal sur la table voisine, des feuilles roses datant de plusieurs jours… réflexe idiot de chercher dans le journal, je ne savais même pas quoi, un fait divers, j’imagine, qui donnerait une résonance à ce que je venais d’entendre et à ce que j’avais raté de la conversation… idiot à cause du décalage entre la date de publication du journal et la date des événements auxquels je pensais, auxquels venaient peut-être de faire référence les deux vieillards, il m’aurait fallu un journal local et je n’en voyais nulle part, que les feuilles roses du Corriere della Sera, ce n’était pas le temps non plus d’en chercher un puisque la conversation continuait et j’entendis très clairement Qua nel centro ! ça j’en suis certain, pas de doute, Ici, dans le centre ! et ensuite leurs paroles se confondirent dans une espèce de magma opaque…

[Je me rends compte que tout cela n’est pas clair, mieux expliquer, préciser. Pour comprendre mon trouble, il faut savoir que] les paroles des vieillards avaient [quelques instants plus tôt