Le journal d'un vagabond - Frédéric Darie - E-Book

Le journal d'un vagabond E-Book

Frédéric Darie

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Beschreibung

À propos de l'ouvrage qui constitue l'origine de l'union évolutionnaire, Théodore Wåldo déclarait en 2057 sur Radio Å : "Lorsque j'ai commencé en 2013 l'écriture du journal d'un vagabond, je ne me doutais pas que ce "road novel" allait conduire à une prise de conscience collective qui bouleverserait à ce point l'histoire de notre pays." Cet essai retrace les premières années d'un parcours de vie brutal mais sans concessions qui va de l'effarement à la désillusion, de la douleur à l'indignation, de la contestation, à l'engagement citoyen d'un homme en quête de justice sociale. Son histoire pourrait être la vôtre, la mienne, celle d'un inconnu... Nul n'est aujourd'hui, à l'abri d'un "accident" de la vie. Le journal d'un vagabond est un conte urbain, un parcours initiatique qui retrace la genèse d'un idéal humaniste et philosophique.

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Seitenzahl: 77

Veröffentlichungsjahr: 2018

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Sommaire

Prologue

Le journal d’un vagabond

Acte 1

L’union évolutionnaire

Acte 1

L’union évolutionnaire

Acte 2

Mai 2017

Acte 3

Petit glossaire, non exhaustif, de néologismes évolutionnaires

Prologue

« Beausoleil à tous, je suis Théodore Wåldo

Je ne devrais pas être là… En tout cas, pas être là, comme ça.

Je sais déjà que la majorité d’entre vous, vont me prendre pour un fou mais je ne peux pas vous en vouloir, à votre place, je ferais pareil.

Je suis un visiteur, un peu particulier… Je viens de l’espace et je voyage à travers le temps…

Je sais qu’une telle annonce n’a rien de spectaculaire, tant elle a été galvaudée par la science-fiction. Mais cette fois : « This is for real ! », C’est bien réel.

Je viens de 2057 où j’ai 97 ans ce qui n’a rien d’exceptionnel et je voyage non pas à la vitesse de lumière, qui est limitée à 299 mille 792 458 mètres par seconde, mais bien plus vite que cela. Je voyage à la vitesse de la pensée, elle est instantanée et illimitée, sa seule contrainte est… Qu’il ne faut pas se perdre en route.

Les hommes empreints de spiritualité, ce sont longtemps fiés aux écrits sacrés qui déclaraient qu’au commencement était : Le Verbe. Ils y étaient presque… Mais on le sait à présent, au commencement était : La Pensée.

J’aurai le temps d’y revenir, puisque nous allons passer les quarante prochaines années ensemble.

En mai 2017, j’ai rendu publique l’existence d’un courant humaniste dont je suis le père fondateur et qui va engendrer une véritable mutation, philosophique, économique, culturelle, scientifique, écologique, spirituelle et même spatiale, non seulement de notre société mais également de nos consciences.

Et cela a marché ! Nous avons tissé ensemble un faisceau d’espoir qui en quelques dizaines d’années nous a mené vers une société plus juste et plus équitable, non plus basée sur la confrontation des idées mais sur l’union des volontés.

Mais… Il y a eu un problème... »

Le journal d’un vagabond

Acte 1

Paris, le 5 juillet 2013

Je m’appelle Théodore Wåldo. Aujourd’hui c’est mon anniversaire. J’ai 53 ans.

Je dirige une petite société dont le chiffre d’affaires, en 2012, s’élevait à 62 000 euros et dégageait une légère marge bénéficiaire. J’emploie également trois personnes de manière occasionnelle. Mais depuis le début de l’année 2013 et pendant 6 mois notre activité professionnelle, s’est quasiment interrompue. Nous avons eu à faire face à une cascade d’annulations, aussi brutales qu’inattendues, concernant nos principaux clients. La rapidité avec laquelle nous nous sommes retrouvés contraints d’abandonner notre logement pour ne pas basculer dans le surendettement a été foudroyante et c’est ainsi que nous nous sommes retrouvés avec nos deux enfants.

SANS DOMICILE FIXE

Cette réalité s’avère être une épreuve violente et sans concession. Nous avons été contraints d’entasser - je devrais dire « compresser » - nos biens mobiliers et personnels dans un garde-meuble. À l’heure actuelle notre seul toit est une vieille Renault et si elle venait à nous « lâcher », cela nous plongerait immédiatement - sur le plan de l’organisation quotidienne- dans un indescriptible chaos. Nous nous déplaçons avec 5 valises, 6 sacs à dos, 4 sacs de couchage, 4 tapis de sol, 2 cartons et une gerbille.

Aujourd’hui, la classe moyenne et travailleuse sombre dans la misère en partie à cause des prix prohibitifs du parc locatif. L’autre soir, gare Montparnasse, je me suis arrêté pour discuter avec une petite famille qui faisait la queue à la soupe populaire. Ils nous « ressemblaient » en plus jeunes. Le monsieur m’a expliqué qu’il avait un boulot, il gagnait un peu plus que le SMIC, mais que s’il voulait payer son loyer, il devait économiser sur le reste. Toute la famille dînait chaque soir de la semaine à la soupe populaire et ne prenait ses repas à la maison que le week-end…

Par bonheur nous bénéficions pour cet été d’une chaine de solidarité formidable grâce aux amis qui nous ont offert spontanément de nous héberger pendant les vacances. Mais que se passera-t-il ensuite ?...

Nos statuts conjoints d’indépendants font que nous sommes rejetés par les assurances-loyers que contractent tous les propriétaires… En septembre, personne autour de nous ne pourra héberger une famille de quatre personnes. Faudra-t-il alors envisager une scission de la cellule familiale ? Et comment organiser notre vie professionnelle dans ces conditions ?

J’assiste désemparé à l’engrenage d’un système qui plonge dans l’entropie un nombre croissant de personnes qui ne sont ni des marginaux, ni des réfugiés.

Je m’interroge sur les moyens à mettre en œuvre face à cette dérive qui entraine dans son sillage toutes sortes de dysfonctionnements sociaux et civiques : spéculations, abus de pouvoir des agences immobilières, arnaques via internet (visite payante, dépôt de garantie antérieur à la signature du bail...), emploi fictif et usage de faux comme seules possibilités d’accéder à la location…

Que ferons-nous à l’heure de la rentrée des classes ?

Paris, le 20 juillet 2013

Abasourdi… Ce n’est pas moi, tout de même, qui commence à écrire le « Journal d’un vagabond » ?

Valmondois, le 27 juillet 2013

Mon cher ami,

En un demi-siècle de vie, il m’est arrivé, quelquefois, de n’avoir pour toit que celui que la bonne fortune m’accordait. Cette bonne fortune prenait souvent le visage de mes amis qui me confiaient les clefs de leur demeure soit parce qu’ils partaient en villégiature, soit parce qu’elle était leur résidence secondaire.

De sorte que ma vie de sans-abri, j’étais alors – heureusement - célibataire, fut toujours remarquable, m’offrant à titre provisoire, un confort bien plus grand que je ne pouvais l’espérer.

Ayant toujours été particulièrement sensible aux ondes qui imprègnent les murs, j’avais deux façons d’aborder les maisons qui m’accueillaient.

En conquérant, profitant crânement des avantages qu’elles m’offraient, paradant dans le peignoir du maître des lieux avant de m’effondrer dans le canapé un « drink » à la main. Je jouissais alors des biens matériels mis à ma disposition, sans chercher à percer les murmurants secrets cachés dans la pierre. Ou en argonaute, cédant le pas à mes sensations, à

l’écoute du moindre signe qui trahirait la présence d’une ombre passagère.

À Valmondois, j’étais neutre et si la nature biscornue de la maison m’amusait beaucoup, je ne ressentais pas l’engouement mystérieux qui transportait ma bien-aimée au contact de ces vieux murs chargés d’histoires…

L’après-midi du deuxième jour nous surprit, chevauchant les belles montures mécaniques restaurées par tes soins. Le vélocipède de mon amie grinçait comme un vieux gréement et en longeant le Sausseron, j’avais le sentiment de suivre une belle batelière à la fois Capitaine et figure de proue de son navire. Nous nous ravitaillâmes à l’épicerie du village avant d’aller boire un café chez « Les filles » dont le lieu et les projets artistiques nous enchantèrent. Ne pouvant nous résigner à prendre le chemin du retour, nous fîmes une incursion dans «l’arrière-pays », au-delà des cours d’eau, là où la forêt commence à gravir la colline. Un moment délicieux dont nous goûtions tout le sel, sachant que ce week-end à deux serait, de tout l’été, nos seules vraies vacances en amoureux. Le hasard, qui ordonne, parfois, si bien les choses, nous mena à une pancarte commémorative, elle indiquait comment Georges Huisman, habitant de Valmondois, fut à l’origine de la création du Festival de Cannes, en réaction – et cela je ne le savais pas – à la Mostra de Venise qui était devenue un outil de propagande pour Mussolini. Au gré de nos pérégrinations nous découvrîmes d’autres de ces points touristiques qui mettaient en lumière, combien ce petit village avait servi de refuge à de nombreux artistes, écrivains, hommes politiques et ô combien, l’émulation intellectuelle y était présente.

De retour à la maison et après un frugal repas, nous nous endormîmes dans la chambre du fond, cédant aux impératifs d’une sieste estivale.

Vers seize heures, j’ouvris les yeux et demeurais un instant dans cet état intermédiaire où la réalité se confond encore avec les rêves… Et subitement, je bondis littéralement hors du lit, réveillant en sursaut ma compagne. Mon cerveau reptilien avait agi avant même que je ne décide quoi que ce soit ! J’étais déjà en train de tendre la main vers un livre, au hasard me semblait-il et quelle ne fut pas ma surprise de découvrir qu’il s’agissait d’un ouvrage qui s’intitulait : « Georges Huisman par les témoignages de quelques-uns de ses amis ». Je l’ouvris et je tombais sur une lettre écrite par Georges Duhamel. Dans ce témoignage poignant, que tu dois certainement connaître, en proie à un certain vertige, je vis, au-delà des mots, la nécessité de faire perdurer, en ce monde, un combat humaniste et artistique au nom de la créativité humaine.

L’optimisme reste de mise !

Merci pour ton accueil.

Paris, le 1er août 2013

On bascule de la précarité à la pauvreté lorsque notre capacité à demander de l’aide disparaît. On se sent alors, tout juste capable d’accepter ce que l’on veut bien nous offrir et l’on mesure à quel point ils sont peu nombreux, ceux qui donnent sans escompter.

Paris, le 10 août 2013

Ce monde est fait pour ceux qui savent compter. Ils classent, ajustent, combinent le travail de ceux qui cherchent et de ceux qui créent, quitte à en dénaturer la forme pour en tirer le meilleur des profits.

Paris, le 18 août 2013

Je n’ai plus qu’une seule maison, elle est palpitante, mobile, imperméable et chevelue !

Paris, le 25 août 2013