Le mal de mère - Ane Ver Been - E-Book

Le mal de mère E-Book

Ane Ver Been

0,0
3,99 €

-100%
Sammeln Sie Punkte in unserem Gutscheinprogramm und kaufen Sie E-Books und Hörbücher mit bis zu 100% Rabatt.

Mehr erfahren.
Beschreibung

Zélie se réveille à l'hôpital. Auprès d'elle est un père endeuillé. Tous deux sont en peine et n'ont su exprimer leurs maux respectifs. Est-ce que la douleur d'une perte doit engendrer un autre trépas ? Qu'il soit actif ou passif, il ne mettra pas fin au mal qu'est celui ressenti chez l'adulte ou l'enfant en deuil. Désormais, de ton lit d'hôpital, quelles sont les pensées qui te viennent à l'esprit, chère enfant ?

Das E-Book können Sie in Legimi-Apps oder einer beliebigen App lesen, die das folgende Format unterstützen:

EPUB
MOBI

Seitenzahl: 33

Veröffentlichungsjahr: 2024

Bewertungen
0,0
0
0
0
0
0
Mehr Informationen
Mehr Informationen
Legimi prüft nicht, ob Rezensionen von Nutzern stammen, die den betreffenden Titel tatsächlich gekauft oder gelesen/gehört haben. Wir entfernen aber gefälschte Rezensionen.



Parce qu'ici-bas, sur Terre, les vivants pleurent les défunts alors que les disparus jouissent d'une nouvelle existence...

Doucement mes paupières battent. Machinalement, puisque je me réveille, j'ouvre les yeux difficilement. Malgré la tentative, c'est un échec. La vision est trouble et j'ai mal à la tête.

Je me sens vaseuse et ne suis pas encore tout à fait consciente de l'endroit où je suis ni de ce qu'il m'est arrivé.

Je suis allongée. Je sens mon corps lourd sur un lit qui n'est pas le mien, situé à mi-hauteur. La couverture est souple et froide. Moi, je suis dessous et à la main, quelque chose me tire.

J'ai le poignet à la fois endolori et ankylosé. A ce même est relié un tube suspendu à une pochette contenant un liquide transparent. Une perfusion...

Je suis alitée et perfusée.

Qu'ai-je ? Je n'ai pas le souvenir d'avoir récemment consulté un généraliste ni même un spécialiste...

Qu'ai-je fait ?

Là doit être la réponse.

Peu à peu, je comprends...

Je suis dans une chambre qui n'est pas la mienne. Cette même est située dans un service hospitalier.

Je suis à l'hôpital.

Je n'ai pas été opérée, ne suis pas accidentée.

Je suis à l'hôpital de force, par erreur.

L'escale hôpital n'était pas prévue au programme.

Le plan a loupé. J'ai râté.

Je me suis loupée. J'ai raté mon ascension vers un autre Monde. Une nouvelle fois, la tentative est un échec.

Je ne suis vraiment qu'une râtée incapable de réussir de son vivant comme dans son souhait de partir.

Alors que je voulais m'envoler, je suis en train de me faire sauver. J'ai à peine plané... Me suis écrasée.

Mon coeur pleure...

Je suis encore vivante.

Combien de temps encore vais-je devoir faire semblant de vivre ?

Combien de temps encore vais-je devoir survivre ?

Je garde les yeux clos mais les oreilles sont attentives.

En écoutant les bruits extérieurs, en plus du cathéter, je comprends qu'un appareil surveille mon rythme cardiaque. A l'aide de ma main gauche, libre mais qui me semble aussi lourde que l'autre, je palpe mon torse et découvre les patchs qui me lient au monitoring.

Je suis perfusée et sous monitoring.

Au-delà de tout cela, des bruits émanant des appareils médicaux, j'entends des sanglots...

Quelqu'un sanglote, tente de contenir ses pleurs.

Ce n'est pas moi. J'ai pris l'habitude de cacher mes larmes, de pleurer avec le cœur.

L'état vaseux m'empêche d'être grandement surprise mais mon esprit semble être plus éveillé que mon corps et c'est alors lui qui me révèle l'identité de la personne présente à mon chevet.

Dans la chambre hospitalière, à mes côtés, ce sont de petites larmes chaudes et amères qui brûlent et font rougir les yeux de mon père...

Papa pleure.

Il y a deux ans, maman est partie. Elle est décédée d'une maladie irréversible.

La maladie l'a emportée, nous l’a prématurément volée.

Elle s'est battue mais le corps n'en pouvait plus.

Elle a tenu quelques mois ; pour nous plus qu'elle.

Nous étions sa force alors qu'elle, et au fur et à mesure que la maladie s'imposait, devenait notre faiblesse commune, à papa et moi.

Maman faisait de papa et moi ses piliers mais elle avait bien plus de force à elle seule que nous en avions à deux.

En vérité, de nous trois, c'est maman qui faisait office d'épaule consolatrice, d'ouïe attentive, de canne d'appui, de pilier, de fondation...

Depuis, à la maison, papa et moi sommes seuls, à deux et le foyer vacille.

Maman, tu nous manques énormément.

Tu me manques terriblement !

Cela fait deux ans que le matin je me réveille, tant bien que mal, avec ce manque terrible du baiser sur la joue que l'on se donnait mutuellement.

"Le baiser de la bonne fée pour une belle journée !" disais-tu.

Ma bonne fée est partie, m'a quittée et avec elle, ses baisers magiques se sont envolés.

Maman fée, tu me manques !

Depuis 730 jours ton odeur de lavande ne semble plus qu' effluves odorantes.

"Avec la lavande, l'été c'est toute l'année !" avançais-tu.