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Spire est une planète semblable à la Terre, située dans la Troisième Galaxie. Mais elle est en avance sur la Terre, car les spiriens ont déjà effectué le Grand Passage. Depuis, leurs vies sont inspirées et guidées par leurs plus beaux rêves. C’est ce que Réto, un jeune habitant de Spire, expliquera à Sophie, une jeune terrienne, d’ailleurs très surprise d’être capable de dormir dans son lit, et en même temps de rencontrer Réto ici, au pays des rêves, au cours de trois nuits successives.
Quel est donc ce curieux pays où l’on communique par télépathie, où les petits chiens parlent comme des humains, où les cœurs brisés parviennent à se réparer pour aimer à nouveau, et où un petit point lumineux se met à nous révéler les lois de la vie ?
Mais surtout, comment les terriens pourraient-ils eux aussi effectuer le Grand Passage ? Comment leur parler de l’amour, si magique ? Comment toucher leurs cœurs ? Comment leur dévoiler le secret ? Et comment leur donner envie de réveiller en eux leurs belles pensées, celles qui ont le pouvoir de transformer la réalité ? Les terriens entendront-ils ?
À PROPOS DE L'AUTEURE
Laurence Baranski est auteure et conférencière. Consultante spécialisée sur le thème du changement individuel et collectif, elle intègre dans son approche la dimension spirituelle de la vie.
Le Rêve de Réto est son premier roman, écrit il y a vingt ans, et rêvé lorsqu’elle en avait 6. Peut-être fallait-il attendre notre époque si particulière pour que ce récit initiatique trouve son éditeur et rencontre ses lecteurs…
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Seitenzahl: 251
Veröffentlichungsjahr: 2020
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Laurence BARANSKI
Le Rêve de Réto
Roman
Cet ouvrage a été composé en France par Libre 2 Lire
www.libre2lire.fr – [email protected], Rue du Calvaire – 11600 ARAGON
Tous droits de reproduction, d’adaptation et de traduction intégrale ou partielle réservés pour tous pays.
ISBN papier : 978-2-38157-065-5ISBN Numérique : 978-2-38157-066-6
Dépôt légal : Décembre 2020
© Libre2Lire, 2020
Il était là, silencieux. Comment avaient-ils pu en arriver là ? L’amour est un grand mystère, l’un des plus insondables qui soient. Comment avaient-ils pu en arriver là ?
*
Elle tissait. Elle tissait des fils de lumière. Elle avait choisi les couleurs de l’arc-en-ciel.
*
Il cherchait. Il ne savait pas encore quoi, mais il cherchait.
*
Ils étaient trois. Ils méditaient. Dans quelques instants chacun s’ouvrirait à l’autre, laissant entrer en lui-même ses intentions et son serment. Chacun ferait siennes les paroles prononcées. Ils uniraient ainsi leurs espoirs et leurs volontés dans un pacte qu’ils nommeraient… l’Alliance sacrée.
Elle tissait. Elle tissait des fils de lumière. Elle avait choisi les couleurs de l’arc-en-ciel. Tresses, torsades, tourbillons et spirales prenaient forme sous l’action de ses doigts souples et légers qui dansaient au rythme d’une musique intérieure. Elle se tenait le plus souvent debout. Son corps ondulait. Il accompagnait le mouvement de ses mains. Parfois, elle s’asseyait en tailleur. Seuls alors son torse, ses bras, ses mains, et sa tête bougeaient. Elle effectuait ainsi le travail plus précieux, celui qui nécessitait encore plus de délicatesse et de douceur. Puis elle se relevait et reliait entre elles ses broderies lumineuses.
Elle poursuivait ainsi son travail de tisserande. Elle avançait, se baissait, ou se dressait sur la pointe des pieds pour atteindre un fil qui ondoyait au-dessus d’elle. Elle prenait de temps à autre du recul pour s’assurer de l’harmonie d’ensemble, sans pour autant lâcher les rayons d’or et d’argent qui allaient venir la compléter.
Peu à peu le rouge, l’orangé, le jaune, le vert, le bleu, l’indigo et le violet se croisaient, se mariaient, puis s’éloignaient pour mieux se retrouver dans la dynamique infinie d’une spirale ou l’ondulation régulière d’une tresse. Progressivement, les mouvements s’unifiaient, les figures se répondaient, les couleurs vibraient.
Nourrissant son œuvre, qui à son tour la tour la nourrissait, elle était tout entière dédiée à sa création. Elle était sa création, comme elle lumineuse et rayonnante. Une joie, une sérénité et une puissance indicibles émanaient d’elle. Elle était tout à la fois harmonie, incarnation de la paix, mélange immédiat et spontané de force et de beauté.
Il était 5 heures du matin. Son corps endormi et lourd était recouvert d’un simple drap. C’était l’été. Un sourire éclairait son visage d’enfant. Elle allait avoir 6 ans. Elle s’appelait Sophie. Elle habitait la planète Terre.
*
Il cherchait. Il ne savait pas encore quoi, mais il cherchait. Les critères lui permettant de savoir qu’il aurait trouvé étaient simples. Son père les lui avait expliqués. « Ton cœur se mettra à battre plus fort puis se calmera. Tu éprouveras une impression d’évidence. Dans le même instant, tu imagineras tout ce qu’il te serait possible de faire, de penser, de créer. Autant de choses dont tu ignorais jusqu’à ce moment-là l’existence ou la possibilité de réalisation. Tu te mettras à sourire, d’un sourire plein d’espoir et de joie. Tu te sentiras léger, comme transporté. Tu sauras alors que ce que tu cherchais est cela ».
Lorsque son père avait prononcé ces mots, il savait que seul son fils pouvait trouver en lui-même ce qui donnerait du sens à sa vie, ce qui serait le sens de sa vie. Le projet de vie ne pouvait prendre naissance que sur la base d’une alchimie unique entre l’état vibratoire de chacun et celle du monde qui l’entourait. À partir de là, la création pouvait commencer. C’était à son fils de trouver son rêve. C’était comme une loi. Une loi qui reliait au monde tout en respectant plus que tout autre la spécificité, l’unicité, et la puissance créatrice de chacun. Une loi qui transformait chacun en auteur de sa propre vie. Une loi par laquelle chaque être pouvait, s’il le souhaitait, exprimer progressivement la totalité de ses richesses et potentialités. Une loi qui rendait heureux, tout simplement.
Il avait le temps de trouver. Rien ne le pressait. Mais il était d’une nature curieuse et impatiente. Alors, il consultait le Grand Livre des Savoirs et des Mondes. Bien qu’il essayât de se concentrer au maximum, sa tête s’enfonçait de plus en plus profondément dans l’oreiller moelleux. Doucement, il plongeait dans le sommeil… Le livre glissa de ses mains et s’ouvrit sur une page au début de laquelle était écrit, en gros, le mot Terre.
Il avait 7 ans. Il s’appelait Réto. Il habitait la planète Spire. En alphabet spirien, cela s’écrivait…
Il était là, silencieux. Comment avaient-ils pu en arriver là ? L’amour est un grand mystère, l’un des plus insondables qui soient. Comment avaient-ils pu en arriver là ?…
Lorsqu’il l’aperçut, elle était en train de relier entre elles deux spirales de lumière. L’une rose et bleu pâle, l’autre verte et orangée. Elle se concentrait comme si elle voulait absolument, semble-t-il, que les spirales se mélangent sans que les couleurs ne se noient les unes dans les autres. Elle se tenait debout et faisait bouger ses bras avec grâce. Leurs mouvements activaient une énergie au contact de laquelle les spirales, les tresses et les torsades se réorientaient.
Il resta là un moment, à la regarder. Il ne voulait pas l’interrompre. Lorsqu’elle fit deux pas en arrière comme pour embrasser plus largement du regard son travail, il s’approcha d’elle. Elle ne semblait pas le voir. Il s’approcha encore plus près. Elle ne le voyait toujours pas. Devait-il lui faire remarquer sa présence ? Il hésitait. Elle semblait plus jeune que lui. Elle semblait joyeuse. Il se décida enfin :
Elle n’entendit pas.
Elle se retourna alors.
Puis elle lui tourna aussitôt le dos et revint vers les spirales. Apparemment, elle n’avait pas envie de parler.
Elle s’arrêta alors, se retourna à nouveau vers lui, et le regarda avec plus d’insistance comme si elle le voyait enfin. Il paraissait un peu plus âgé qu’elle.
Il trouvait la toile d’une grande gaîté. Il avait vu des œuvres semblables au Musée de Lumière qu’il était allé visiter avec son père. C’était il y avait quelque temps déjà.
Il désigna la partie gauche de l’œuvre.
Elle n’était pas convaincue mais elle se dit qu’elle pourrait peut-être essayer. Ce jeune garçon, aux grands yeux allongés, l’intriguait soudain.
Elle ne répondit pas immédiatement. D’où venait-elle au fait ? Après avoir réfléchi un instant, elle répondit :
Elle avait l’impression de se réveiller subitement. « Si je viens de la Terre, qu’est-ce que je fais là ? » se demanda-t-elle. « Que s’est-il passé pour que je me retrouve là ? » Elle se concentra : des images apparurent devant ses yeux. Elle vit le visage aimant d’une femme… ah oui ! sa maman… elle vit la femme l’embrasser. Elle, elle était allongée sur… comment dit-on… ah oui ! un lit… voilà, elle était au lit et sa maman lui a dit, en remontant un drap jusqu’à son cou et en touchant de ses lèvres sa joue :
Mais pourquoi alors se retrouvait-elle là en train de tisser des fils de lumière. Que s’était-il passé ? Elle regarda Réto.
Elle n’en revenait pas elle-même tellement cela lui paraissait curieux. Mais alors, si elle dormait, comment pouvait-elle être là, et être en train de parler ? Mais… tout se mélangeait dans sa tête. Et lui, que faisait-il là ?
Réto sentit le trouble de Sophie :
Sophie ne comprenait rien.
Les questions se pressaient et se bousculaient de plus en plus dans sa petite tête d’enfant. Elle ne comprenait vraiment plus rien : si je dors, je ne suis pas là… et s’il me dit qu’il dort, il n’est pas là non plus… mais pourtant je suis bien là… je ne rêve pas… mais si, je rêve… et je suis là… Alors, pourquoi est-ce que je dis que j’habite sur Terre… ???
Réto voyait le trouble de Sophie grandir. Il devinait les questions qu’elle était en train de se poser. Ou plutôt, il les entendait. Il sourit, amusé.
Des souvenirs de plus en plus précis revenaient progressivement en mémoire à Sophie. Elle se souvenait à présent très bien qu’elle habitait sur la Terre. Elle avait une maman et un papa, qu’elle aimait beaucoup, énormément, et un petit frère, tout petit, qui était sorti du ventre de sa maman tout récemment.
Elle se souvenait même du jour. Sur Terre, on était le 10 septembre. Elle s’en souvenait bien car le lendemain, le 11, ce serait son anniversaire. Le 10 septembre 19… combien déjà… 19… Ah, mince ! Elle se savait plus… Enfin, on était bien le 10 septembre et demain, elle invitait des amis à la maison. Maman et elle avaient déjà préparé les gâteaux. Elles avaient décoré la maison et accroché des guirlandes au plafond. Elle s’en souvenait bien car elle avait eu un peu peur que sa maman tombe de la chaise sur laquelle elle était montée pour fixer les guirlandes. Enfin… elle se souvenait bien qu’elle habitait sur Terre !
Elle ferma alors les yeux et imagina la Terre. Elle vit une boule bleue, de loin, qui se rapprocha progressivement. Elle vit de l’eau, beaucoup d’eau. Elle se souvint que cela s’appelait des mers et des océans. Elle vit des arbres… oui, c’est cela… des forêts. Elle vit des montagnes aussi. Et des champs. Puis elle vit des grappes de maisons. La boule se rapprochait de ses yeux. Ou plutôt était-ce Sophie qui se rapprochait de la boule ? Enfin, dans tous les cas, elle vit des grappes de maisons et de bâtiments, partout sur les terres, mais réparties irrégulièrement. Elle se rapprocha encore de la boule, ou était-ce l’inverse, et s’orienta vers l’une des grappes de maisons et de bâtiments. Elle se rapprochait de chez elle. Oui, elle le sentait. C’était sa… sa… quel était le mot déjà… ah oui ! … sa ville. Voilà, elle voyait sa ville, et, dans la ville, elle se dirigea vers sa maison. C’est cela, elle y était. L’entrée, le couloir, et au fond… sa chambre. Elle se rapprocha encore. Dans la chambre, il y avait un bureau, une chaise, son énorme nounours en peluche… elle les voyait. Puis, la commode… elle y rangeait ses secrets, dans le fond du tiroir du bas… mais chut ! il ne fallait pas le dire… et… son lit. Soudain, subitement, elle rouvrit les yeux, interloquée, stupéfaite.
Elle était incapable d’exprimer le moindre mot. Ce qu’elle venait de voir était tellement… tellement…
Sophie respira bien fort, elle chercha à se calmer. Elle venait de voir…
Elle ne parvenait pas à se calmer.
Sophie chercha dans ses souvenirs. C’était bizarre, cette difficulté qu’elle avait à se souvenir… Ah, oui, voilà !
Mais, Réto, elle me dit de rêver, pas de partir !
Réto sourit puis respira profondément comme quelqu’un qui sent qu’il va devoir s’armer de patience.
Sophie était perplexe. « Si maman le savait, elle me demanderait où je pars. Elle a toujours peur qu’il m’arrive quelque chose quand je suis loin d’elle. Elle doit s’inquiéter ».
Sophie fronça les sourcils, comme quelqu’un qui tente de rassembler ses pensées, le regard perdu à l’intérieur d’elle-même. Elle était bien là, elle le sentait, elle le voyait. Par quel mystère pouvait-elle également se trouver là-bas, dans son lit ? Si Réto avait raison, elle y avait en fait laissé son corps de petite fille et un autre corps, le sien, le même, « elle » en tout cas… ça, c’était sûr !… Était ailleurs, c’est-à-dire… ici. Ici !??
Réto la regarda, étonné. Oui, évidemment, il savait.
Sophie l’interrompit :
Sophie posait vraiment des questions étonnantes.
Sophie tenta de se remémorer ce qui s’était passé entre le moment où sa mère l’avait embrassée et celui où Réto l’avait sortie de son rêve. Ou plutôt, l’avait fait entrer dans son rêve. Enfin, non ! … bref ! … le moment où elle avait pris conscience qu’elle rêvait. C’est ce que Réto lui disait. Elle essayait de se remémorer… mais elle ne se souvenait de rien. Rien ! Un trou noir. Un vide. Impossible de se souvenir des films dont parlait Réto, des images qu’elle avait le plus aimées, et de celles qu’elle avait choisi d’explorer.
Sophie regarda autour d’elle. Il n’y avait rien. Mais ce n’était pas « rien » comme quand on dit « rien ». C’était « rien » mais « quelque chose » en même temps. Mais « rien » tout de même car elle aurait été incapable de décrire quoique ce soit…
Réto venait de lui dire que l’on pouvait tout créer dans ce monde. Il lui racontait vraiment n’importe quoi ! Comme si, juste parce qu’elle en avait envie, elle pouvait créer, comme cela, un… un quoi par exemple… tiens, un manège ! Voilà, un grand manège avec des chevaux, des avions, des voitures. Un manège de toutes les couleurs qui tournerait au rythme d’une chanson entraînante. Soudain, à l’instant même où elle l’imaginait, devant elle, se dressa… un manège. Elle fit un pas en arrière.
Réto se retourna.
Sophie redevint perplexe. Réto ne voyait rien. Donc, il était incapable de voir ce qu’elle avait imaginé, ce qu’elle avait créé ?
Elle s’en approcha. Le manège stoppa sa course sur lui-même.
Elle revint vers Réto.
Oui, c’était bien sa toile que Réto décrivait. Pour pouvoir dire cela, il fallait qu’il la voie. Donc, il la voyait ! Elle tenta une expérience. Elle imagina un grand sapin, très grand, très vert, dont les aiguilles étaient comme du velours. Instantanément, le sapin apparut devant elle. Elle dit à Réto :
Réto s’exécuta. Il regarda devant lui, tourna légèrement la tête sur les côtés. Puis…
La conclusion de Sophie tomba comme un couperet.
Ce fut au tour de Réto d’être intrigué. Sophie avait-elle raison ? Mais alors, s’il était incapable de voir ce que Sophie imaginait, pourquoi voyait-il sa toile ? Cette toile était dans le rêve de Sophie, elle était son rêve. Or, il la voyait bien, elle. Il fallait faire l’expérience en sens inverse ! Il imagina un grand vaisseau spatial, comme ceux que l’on construisait sur Spire, un vaisseau de forme arrondie. Immédiatement, le vaisseau apparut.
Sophie fit demi-tour sur elle-même. Elle scruta le paysage devant elle.
Un voile assombrit le visage de Sophie pourtant rayonnant quelques instants auparavant. Les grands yeux de Réto se fermèrent.
Sa voix était chargée de déception.
Un voile de tristesse se posa silencieusement sur eux. Ils échangèrent un regard impuissant et s’assirent. Puis, dans un mouvement presque parfaitement synchronisé, chacun d’eux appuya ses coudes sur ses genoux et mit sa tête dans ses mains. Il oublia qu’il s’était retrouvé là car il était à la recherche de son rêve. Elle oublia qu’elle ne comprenait toujours pas comment elle pouvait être ici et là-bas à la fois, et que si sa maman s’en apercevait, elle serait très inquiète. Tous deux oublièrent qu’ils pouvaient pourtant voir l’œuvre de Sophie. Ils oublièrent tout cela. Ils venaient de se rendre compte qu’ils ne pouvaient pas partager leurs rêves. Seul cela comptait. Un silence profond s’installa entre eux… Il envahit l’espace.
Première nuit
Sophie était assise, la tête entre ses mains, ses coudes sur les genoux. « Ouaf ! », « Ouaf ! » entendit-elle soudain. Le bruit provenait de sa droite. Elle se tourna légèrement et aperçut, non loin d’elle, une petite boule de poils bancs qui la regardait. « Oh, qu’il est mignon », pensa-t-elle en souriant. La boule se rapprocha de Sophie et se frotta doucement contre ses jambes. Elle était amicale. « Ouaf ! », « Ouaf ! ». Les petits bruits qu’elle émettait se faisaient de plus en plus légers.
Sophie se retourna vers son compagnon. Il n’y avait personne ! Elle regarda autour d’elle… derrière… personne non plus… !?! Réto avait disparu ! Elle fut d’abord surprise… puis déçue… et elle finit par se rendre à l’évidence : elle ne pourrait pas lui montrer la petite boule de poils blancs, voilà tout ! Elle prit alors la boule dans ses bras et la regarda dans les yeux :
La petite boule ne répondit pas, évidemment !
C’était le nom de son ami, mais il venait de disparaître, sans même la prévenir. Alors, elle pouvait bien s’inventer un autre Réto ! La petite boule se blottit tendrement dans les bras de Sophie.
Sophie recula la tête et le corps dans un mouvement de surprise. Avait-elle bien entendu ?!?
La petite boule se mit à rire.
Sophie réfléchit. C’est vrai ! Lorsque Réto s’était adressé à elle, il n’avait pas ouvert la bouche. En se remémorant leur rencontre, elle se souvenait à présent de ce détail. Réto n’avait pas véritablement émis de sons, mais elle, en revanche, avait très bien entendu ce qu’il lui disait.
Sophie s’observa. En fait, aucun son ne sortait de sa bouche. Elle parlait… mais en restant muette. Ses lèvres ne bougeaient pas non plus.
Sophie, qui n’était pas du tout étonnée que son nouveau compagnon sache que Réto était un spirien, réalisait l’évidence.
Sophie écoutait attentivement les propos de son nouveau compagnon, comme une élève désireuse de comprendre écoute son professeur.
Sophie se mit à regarder tout autour d’elle comme si elle cherchait quelque chose.
Sophie continuait de regarder tout autour d’elle. « C’est drôle, pensait-elle, je ne vois vraiment rien. » La petite boule poursuivait :
La petite boule s’arrêta… peut-être Sophie n’était-elle pas en mesure de saisir la vibration de ce mot…
Sophie vit dans cette explication des perspectives réjouissantes.
La petite boule allait devoir décevoir Sophie et s’en désolait à l’avance, mais elle ne pouvait pas la laisser se fourvoyer ainsi.
Sophie était effectivement déçue. Il ne suffisait donc pas de penser. Il fallait également faire preuve d’imagination et de persévérance. Et puis, même si ce que disait la petite boule de poils blancs était vrai, il y avait peu de chance que cela marche pour les bonbons. Elle ne se voyait pas se mettre à confectionner des bonbons dans la cuisine de sa maison… et de toute façon ses parents ne seraient certainement pas d’accord. Mais alors…
