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En apparence, Sylvain, jeune étudiant de 23 ans, semble être un homme comme les autres. Sauf qu'il appartient au peuple des Surhumains et qu'il a été désigné comme leur Elu afin de vaincre leurs ennemis de toujours, les Licans, créatures abominables et sans pitié. C'est avec scepticisme qu'il accueillera d'abord cette nouvelle chargée de responsabilités. C'est en emportant avec lui sa solitude qu'il fera la connaissance de Myriam, L'Elue féminine du peuple. Les deux héros, accompagnés de leurs amis feront équipe pour faire face à cette guerre et à de nombreuses épreuves. Parviendront-ils à vaincre les Licans ? Réussiront-ils à sauver les leurs pour qu'enfin ils puissent vivre paisiblement ? Et si l'Amour représentait le maître-mot de cette guerre ?
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Seitenzahl: 231
Veröffentlichungsjahr: 2017
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DU MÊME AUTEUR
École Senway
(2016)
Couverture : Jenny Level
À Cynthia, ma valeur sûre,
À Sylvain, mon amour
Et à tous ceux qui croient
En la magie de l'Amour
Prologue : L’Élu
Chapitre 1er : La Première Rencontre
Chapitre 2ème : L'entraînement
Chapitre 3ème : Cauchemars
Chapitre 4ème : L'amitié
Chapitre 5ème : La Fusion
Chapitre 6ème : La Dispute
Chapitre 7ème : Les Éternels
Chapitre 8ème : La Remise en Question
Chapitre 9ème : La Réception
Chapitre 10ème : Nérissa
Chapitre 11ème : La Revanche Partie 1
Chapitre 11ème : La Revanche Partie 2
Chapitre 12ème : Callista
Chapitre 13ème : Le Mariage
Épilogue : La vie rêvée
« La Terre entière est peuplée de personnes
Extraordinaires
Et chacune d'entre elles a un don qui la définit. »
13 Mai 2010
Nancy
Département de Meurthe-et-Moselle
Il se disait qu'avec tous ses pouvoirs, ses dons, il pouvait changer la face du monde. Qu'il pouvait sauver la Terre, effacer tous ces vices et abominations.
Famine, crimes, violence, catastrophes naturelles... Il éradiquerait tout cela. Du moins était-ce ce qu'il espérait depuis la découverte de ses pouvoirs. Mais bien sûr, sauver l'Humanité relevait d'un défi bien trop grand pour ses épaules. Il avait la désagréable impression que plus il tentait de faire le Bien, plus le Mal se répandait.
Il faisait partie de ceux qu'on appelait les « Surhumains ». Des personnes au physique humain mais aux capacités décuplées, parfois spécifiques.
Sylvain rêvait d'une vie normale. Dès sa naissance, sa famille faisait des projets pour lui dont il ne partageait pas l’enthousiasme. On lui avait imposé une vie, une voie d'études, un choix de femmes. Âgé de vingt-trois ans à ce jour, il étudiait à l'université de médecine de Nancy, et était toujours célibataire. Sur les deux enfants, il était le seul à avoir hérité des pouvoirs de sa mère. Sa sœur, Sonia, était tout ce qu'il y a de plus normal, elle avait choisi la vie qu'elle désirait, le compagnon qu'elle voulait tandis que lui devait suivre les ordres de sa mère. Même s'il l'aimait beaucoup, il ne supportait plus cette situation.
Souvent, il rêvait de s'évaporer, de quitter ce monde et de changer d'identité. Il ne voulait plus être « Sylvain, le Surhumain » mais juste Sylvain. Un homme libre. Un humain.
Durant toute son existence, on lui avait appris que les Surhumains se battaient contre les Licans, des créatures dotées elles aussi de pouvoirs surnaturels mais qui n'avaient rien d'humain. Des yeux d'un rouge sang, des dents dignes de loups-garou, un corps de loup. Inutile de dire que les Licans étaient de très grandes créatures, dépassant la plupart du temps les deux mètres et dotés du pouvoir de polymorphie. Changer d'apparence. Se fondre dans la masse.
Ils savaient faire preuve de discrétion et choisissaient, la plupart du temps, de vivre avec une apparence humaine. Difficile de les repérer et forcément compliqué de les différencier des humains.
Dans la famille de Sylvain, être chasseur de Licans était inné. On le devenait de génération en génération. Voilà le destin que lui réservait sa mère. Mais il refusait d'être ce Surhumain chasseur de Licans et consacrer sa vie entière à cette lutte sans fin. Il voulait vivre pleinement sa vie d'humain. Rencontrer une femme, une humaine digne de ce nom, la rendre heureuse, l'épouser et fonder une famille.
Sa vie bascula ce jour de mai où il rendit visite à sa mère. Il ne cacha pas sa surprise lorsqu'il vit sa sœur attablée devant une tasse de café noir. Il était très rare qu'elle se déplace chez leur mère ; aussitôt, il en déduisit qu'il se passait quelque chose. Par politesse, il demanda des nouvelles de son beau-frère et des enfants qui (chose sidérante) n'étaient pas venus avec elle aujourd'hui. Puis, épris d'un sentiment étrange et de plus en plus fort, il posa la question qui lui brûlait les lèvres dès son arrivée :
– Il se passe quelque chose ?
Sonia regarda leur mère, laquelle se mit à secouer la tête en signe de négation. Visiblement, on lui cachait une chose importante.
– Maman, il faut qu'il sache la vérité, glissa soudain sa sœur.
– C'est encore trop tôt, s'opposa leur mère.
– Enfin, il a vingt-trois ans ! C'est tout à fait l'âge.
– L'Oracle avait dit qu'il fallait attendre ses vingt-cinq ans!
Sonia n'était certainement pas de cet avis. Elle continuait de croire, de penser que son frère devait connaître la vérité quant à son Destin.
– Il doit savoir, dit-elle encore.
– Savoir quoi, maman ? demanda-t-il impatiemment.
– Rien Sylvain, lui répondit sa mère en faisant les gros yeux à Sonia.
– Il faut le lui dire ! hurlait-elle.
– Non !
– Me dire quoi, enfin ?! explosa-t-il.
Sans s'en rendre compte, il avait frappé son poing sur la table. Dans la pièce d'à côté, le chat courut se mettre à l'abri.
Après un soupir, Sonia entraîna son frère plus loin dans le salon et baissa le ton. Il tendit l'oreille.
– Frangin, tu as été choisi comme élu de notre race surhumaine. Il revient à toi, à présent, de sauver des vies humaines, de tuer les Licans et bien évidemment de nous guider, nous, les Surhumains.
– Non, je ne te crois pas. Je ne veux pas de cette vie !
– Sylvain ! Tu ne peux pas échapper à ton Destin ! Tu dois sauver ces vies des griffes des Licans, te servir de tes pouvoirs pour une noble cause, c'est ainsi.
– Je veux seulement être normal, un humain et non un super héros. Les Éternels devront se trouver un autre élu, je ne suis pas leur homme.
– Tu l'es, que tu le veuilles ou non. Tu es notre élu, le Sauveur de la race Surhumaine, notre guide.
– Mais pourquoi moi ?
– C'est ainsi, répéta-t-elle. C'est ton Destin, et tu ne peux pas y échapper.
Sylvain partit s'enfermer dans sa chambre d'enfant. Il s'allongea sur le lit et ferma les yeux. Sa main, dans un mouvement de va-et-vient, ferma les volets.
Voilà où sa lutte contre ce qu'il était l'avait mené.
Il était l’Élu. Le Sauveur des Surhumains et Humains. Le chasseur de Licans.
Le Solitaire à jamais.
18 Mai 2010
Quelque part à quelques kilomètres de Reims
Département de la Marne
Voilà ce qu'était devenue sa vie après l'annonce du « boulet de canon », comme il tenait à l'appeler. Ou plutôt devrait-il dire, voilà comment sa vie avait dégringolé, basculé vers une quête perdue.
Il sillonnait les routes européennes, de jour comme de nuit, aux côtés de son amie devenue familière depuis des semaines et la plus intime : la solitude. Il recherchait les Licans à travers toute la planète et ne cessait de se demander s'il était bel et bien à la hauteur.
Et s'ils se trompaient, tous ?
Le peuple Surhumain attendait tant de lui, il sentait tout le poids de sa mission sur ses pauvres épaules de jeune homme. Comment réussira-t-il à trouver puis à vaincre les Licans ? Sa sœur lui avait donné un conseil de taille : n'avoir confiance qu'en lui-même et en personne d'autre.
Le regard fixé sur la route et l'esprit perdu dans ses pensées, il se remémora ce que lui avaient appris sa mère et sa sœur. Le peuple des Surhumain racontait que le plus terrible des Licans, celui qui était à la tête de leur race, était une femme. La légende disait que seul un Surhumain avait eu l'occasion de l'affronter mais y avait perdu sa vie. La légende racontait aussi que si l’Élu parvenait à vaincre ce monstre, chacun des Licans serait désintégré. Mais il en doutait.
D'après le dur labeur de sa mère, il avait appris que le Lican recherché aurait été vu pour la dernière fois en Italie -plus précisément dans la capitale de la mode-, à Milan. Le peuple Surhumain l'avait nommée Margherita. On dit d'elle qu'elle a les yeux les plus inattendus pour leur race : brun à reflets verts. On ne parle pas des iris mais bien des yeux entiers. Dans le peuple Lican, elle serait la seule à les avoir de cette couleur, contrairement aux autres qui arboraient un rouge vif.
Ses pensées laissèrent ce sujet de côté. Il se demanda si un jour il trouverait une femme, qui l'accepterait tel qu'il était. Une femme capable de l'aimer comme il le méritait. Il voulait dans sa vie une humaine. Mais il savait déjà qu'avec son destin extraordinaire, il lui serait impossible de trouver la femme qu'il désirait et qui, à la fois, comprendrait sa mission.
Il faisait face à un dilemme : laisser tomber sa destinée et trouver la femme de ses rêves ? Ou bien continuer sur le chemin de la guerre contre les Licans et rester seul ? Sauver des vies et se sacrifier ou être heureux dans les bras d'une femme formidable ?
Il refusait de choisir. Il aurait voulu donner chacun de ses pouvoirs et laisser derrière lui cette vie de Surhumain qu'il avait toujours haïe.
Perdu dans ses pensées, le dispositif de détection le fit sursauter et faillit lui faire perdre le contrôle de son véhicule. Une grande machine, façon radar, à la pointe de la technologie.
Tiens, tiens. En voilà qui venaient d'utiliser leurs pouvoirs. Le dispositif signalait la présence de plusieurs Licans à moins de deux kilomètres. Il se trouvait aux environs de Reims et vit sur sa carte personnelle qu'un hôtel se situait à quelques mètres. Il jeta un coup d’œil à sa montre, il était déjà plus de vingt heures. Il conduisit quelques minutes jusqu'au parking de l'hôtel, se réserva une chambre pour la nuit. Il décida d'attaquer les Licans le lendemain, après une bonne nuit de sommeil. Il décida de se détendre sous une bonne douche chaude, puis une fois son soda englouti, il s'allongea sur le lit. Exténué, il s'endormit aussitôt.
Ce fut un bruit de pas qui le réveilla au milieu de la nuit. Les yeux soudain grands ouverts, il prit son revolver sans un bruit et quitta le lit. Il sentait une présence ici. Oh oui ! Il était même certain qu'il avait quelqu'un dans sa chambre. Il s'adossa au mur, vit une ombre. Confirmation de ses craintes. Il ne sut dire si c'était une femme ou un homme ; peu en importait, cette ombre s'approchait de lui. Par réflexe, il se jeta sur celle-ci et hurla :
– Que veux-tu, Lican de malheur ?!
– Arrêtez, vous me faites mal ! Je ne suis pas une Lican ! Je suis de votre côté, je suis moi aussi une Surhumaine !
Sylvain eut un mouvement de recul et alluma la lumière grâce à son pouvoir de télékinésie. Sous lui, une jeune femme -à plat ventre- aux cheveux longs et bouclés d'une couleur sombre. Il ne voyait pas son visage mais il mettrait sa main à couper qu'elle était belle.
– Si vous n'êtes pas une Lican comme vous le prétendez, cria-t-il dans un moment de lucidité, blessez-vous le bras.
– Pardon ?
– Prouvez ce que vous dites !
Il souleva la jeune femme et avec de la lame de son poignard (qu'il avait sortie de sa chaussette), lui égratigna le bras avant de la regarder.
Elle avait les yeux d'un marron intense, une bouche pulpeuse et une peau si blanche qu'on aurait dit de la porcelaine. Il avait deviné juste : elle était la plus belle femme qu'il n'eût jamais vue.
– Eh bien ? le pressa-t-elle en observant sa blessure.
– Eh bien... Vous dites la vérité. Veuillez m'excuser, il fallait que je vérifie. Les Licans sont capables de tout, vous le savez autant que moi.
– En effet. Vous aussi, vous les avez repérés à deux kilomètres de là ?
– Exact. Pardonnez ma question mais pourquoi êtes-vous entrée dans ma chambre ?
– Oh, excusez-moi ! Je suis Myriam. Il fallait que je vous rencontre de toute urgence. On m'a dit que dans ce groupe de Licans, il y aurait Margherita. Et si mes sources sont exactes, il vous faut absolument de l'aide.
– Vous savez qui je suis ?
– Bien sûr, répondit-elle en écarquillant les yeux par cette question absurde. Vous êtes l’Élu, Sylvain. Par contre, je ne crois pas que vous, vous sachiez qui je suis dans notre peuple Surhumain.
Sylvain l'observa et tenta de se rappeler toutes les choses que sa mère et sa sœur lui avaient contées sur le peuple Surhumain. Il se répéta sans cesse son nom. Mais il ne lui disait rien du tout. Il ne se sentait pas en état de réfléchir tant la beauté de la jeune femme le bouleversait. Il finit par admettre :
– Non, effectivement, je ne sais pas qui vous êtes.
– Je suis surprise qu'on ne vous ait pas parlé de moi. Je suis l’Élue, mais au féminin. Je suis votre reflet dans un miroir, votre âme-sœur. Nos destins de Surhumains et de combat contre les Licans sont liés et scellés depuis notre naissance.
– Mais...Quel âge avez-vous ? demanda-t-il, après un silence pesant.
– Vingt-trois ans, tout comme vous ; à un mois près, je suis née le même jour que vous. Votre famille et la mienne se connaissent depuis très longtemps, ils ont été les Surhumains les plus puissants de leur époque. Aujourd'hui, c'est à nous qu'incombe cette mission. C'est à nous les enfants, les Élus, de chasser les Licans, main dans la main.
– Je ne peux pas y croire...
– C'est pourtant la stricte vérité, Sylvain. Vous pensiez vraiment que le Peuple vous laisserait combattre les Licans tout seul ?
Il ne répondit pas tant il était sous le choc. Ainsi, il n'était pas seul comme il l'avait cru. Mais il serait épaulé et soutenu par... Elle ? Cette jeune femme superbe ? La pilule avait franchement du mal à passer.
– À partir d'aujourd'hui, nous n'avons pas le choix d'opérer en équipe.
– Très bien, acquiesça-t-il. Mais avant de faire quoi que ce soit, il nous faut une bonne nuit de sommeil. Qu'en dites-vous ?
– J'en pense que c'est une excellente idée. Pour tout vous dire, je suis épuisée.
– Je vous laisse le lit, je prendrai le divan.
– Mais pourquoi donc ? C'est un lit à deux places !
Les joues de Sylvain s'empourprèrent lorsqu'il eut la vision de leur corps rapprochés par la petite taille du lit. Et puis, comment réussir à trouver le sommeil avec une femme aussi belle à ses côtés ? Il savait qu'il n'y arriverait pas.
– Ne vous en faites pas pour moi ! Je vais prendre le divan, vous aurez toute la place que vous désirez pour dormir. Cela ne me dérange vraiment pas.
– D'accord, si vous insistez... je vous souhaite une bonne nuit. Dormez bien, demain est une journée chargée.
– Belle nuit, Myriam.
Sylvain prit place sur le divan de l'autre côté du mur. Il savait que cette nuit, bien qu'il n'était pas dans le même lit qu'elle, il ne fermerait pas l’œil. Il réfléchissait à la façon dont il allait tuer les Licans qu'il avait repérés. Depuis son adolescence, on lui avait appris que les Licans ne mouraient qu'avec un poignard d'argent trempé dans un sang pur, planté en plein cœur. Il se demanda si son sang était pur. Qui aurait pu le dire ? À présent, il savait que son combat prendrait fin grâce à celle qui était venue le trouver dans son sommeil.
Plus d'une heure passa et ses yeux ne s'étaient toujours pas clos. Il poussa un soupir discret et se leva. Sans un bruit, il jeta un coup d’œil à celle qui était « son reflet dans le miroir ». Il voyait ses longs cheveux noirs épars sur les oreillers blancs du lit, le drap qui épousait les formes de son corps. Il devina une poitrine pleine, ronde et généreuse ; il crut qu'elle fut nue mais préféra ne pas y penser. Elle était belle, belle comme un ange descendu du ciel. Il alla se servir un verre d'eau pour penser à autre chose mais il la voyait, il voyait sa belle poitrine se soulever et redescendre au rythme de sa respiration. Cette femme, en réalité, le fascinait au plus haut point. Quel était son passé, son présent ? Ses passions ? Et surtout, avait-elle quelqu'un dans sa vie ? Il n'avait pas prêté attention à ses doigts, il ne saurait dire si elle portait une alliance ou une bague de fiançailles. Il voulait connaître cette femme puisqu'elle était celle qui l'accompagnerait chaque jour dans leur mission. Il posa le verre et repartit s'allonger sur le divan. La nuit sera courte.
Il fut réveillé, le matin, par la douce voix de Myriam.
– Sylvain ? Sylvain, il est l'heure de se réveiller.
Avec peine, il ouvrit les yeux, plongea son regard dans celui de la jeune femme. Elle lui sourit en lui tendant un plateau avec un croissant ainsi qu'un verre de jus d'orange. Il l'en remercia avant de manger avec appétit. De son côté, elle prépara les armes à emmener : les poignards trempés de sang pur. Une lame faite d'argent avec laquelle elle s'ouvrit la paume pour l'imprégner de son sang. Et un manche en silicone pour une meilleure adhérence à la peau. Il y en avait deux, un pour lui et le second pour elle. Elle espérait que ses sources étaient bonnes, que Margherita était bien dans ce groupe de Licans. Elle était fin prête à l'affronter. Elle attendait ce combat depuis trois ans. Et avec l’Élu à ses côtés, elle possédait tous les atouts pour réussir la mission qu'on lui avait confiée.
Dans l'heure qui suivit, les Élus quittèrent la chambre d'hôtel et se retrouvèrent devant un immense vignoble. D'après la carte du dispositif de détection, le domaine disposait d'une grange. Pas de doute. Les Licans se trouvaient là.
Grâce à leurs pouvoirs, ils franchirent les grilles, traversèrent les centaines de pieds de vignes pour enfin faire face à la fameuse grange. Cette dernière était si grande qu'on aurait dit une maison de plein-pied.
Sylvain ne se sentait pas prêt, c'était son premier affrontement face aux ennemis. Sera-t-il à la hauteur des espérances qu'on avait placées en lui ? Saura-t-il protéger la femme qui l'accompagnait dans cette lutte ? Il commençait à douter de lui, de sa force. Cette femme le décontenançait.
Il vit sortir une femme de la grange. Elle n'avait rien d'un Lican. À son côté, Myriam murmura, une paire de jumelles collée à ses yeux :
– Christelle en vue.
– Qui est-ce ? demanda-t-il, surpris.
– On ne vous a vraiment rien appris sur les Licans alors ? répondit-elle. Christelle est un Lican. Le Peuple Surhumain les connaît tous mais ils sont difficiles à tuer. Il faut les prendre par surprise, leur regard ne doit à aucun moment croiser le nôtre sinon nous sommes paralysés ou -au pire- morts.
– Vous n'êtes pas sérieuse, n'est-ce pas ?
– Si, malheureusement. C'est pourquoi ce combat est bien difficile et pas donné à tous les Surhumains.
– Une simple question : combien reste-t-il de Licans aujourd'hui ?
– Quarante-quatre exactement. Les cinq présents ici sont Christelle, Sophie, Élisabeth, Kévin et j'espère Margherita. Vingt-et-un sont localisés en France, trois en Italie, deux en Allemagne, six en Espagne, cinq en Pologne et les sept derniers en Suède.
– Comment avez-vous pu reconnaître Christelle d'aussi loin ?
– C'est la forme humaine qu'elle prend. Écoutez mon plan : j'ai pris avec moi de l'acide que nous allons jeter sur leurs yeux pour les empêcher de nous voir. Ce sera donc plus simple de les poignarder.
– En effet, acquiesça-t-il, c'est ingénieux.
– C'est la technique utilisée de génération en génération. Il faut beaucoup d'agilité et très peu en sont dotés, bien malheureusement. Ce qui explique le nombre de morts dans notre Peuple.
Un silence se fit entre les deux Élus. L'un et l'autre ne préféraient pas avouer leur peur.
– Depuis quand chassez-vous ? interrogea-t-il.
– Trois ans, répondit-elle, les yeux brillants.
– Combien avez-vous vaincu de Licans en trois ans ?
– Dix. Mais celui que je veux vaut tous les Licans.
Les yeux marron de la jeune femme fixaient la grange. Il avait compris que c'était le moment d'y aller, de tuer ces créatures de l'Enfer. Il voulait que Myriam soit fière de lui, il voulait qu'elle l'apprécie à sa juste valeur.
– Avec votre télékinésie, vous la plaquez au mur et lui lancez l'acide dans les yeux. Je m'occupe de la poignarder. Allons-y !
Déterminé, le regard droit, Sylvain n'oublia pas son objectif ni les ordres reçus. D'un revers de la main, Christelle fut expédiée contre le mur et arrosée d'acide par l'autre main libre. La seconde qui suivit, elle fut transpercée en plein cœur par le poignard avec lequel Myriam s'était tranché la paume de la main pour le tremper de sang, le sang pur.
– Bien joué, Sylvain, chuchota-t-elle.
– Compliment renvoyé, mademoiselle.
Le cœur battant, ils se téléportèrent à l'intérieur de la grange, sans bruit. La situation devenait difficile. À son grand dam, Myriam n'aperçut pas Margherita mais les trois autres autour d'une table, au milieu de vingtaines de bottes de foin. Kévin disait aux deux autres :
– Je trouve que Christelle met un peu trop de temps, qu'en dites-vous ?
– Tu as sûrement raison, répondit Élisabeth.
– Je propose d'aller voir, enchaîna Sophie.
Les deux Élus échangèrent un regard éloquent et se téléportèrent une nouvelle fois à l'extérieur. Le procédé pour vaincre Sophie fut le même qu'ils avaient pris pour tuer Christelle. Très rapide et efficace. Deux sur quatre, pensa Myriam. Il fallait trouver une ruse pour les faire sortir séparément de leur grange. Sylvain se désigna pour frapper à la porte et se cacher. Au bout de quelques secondes, Élisabeth sortit et ni une ni deux, les Élus recommencèrent avec succès. Il restait cependant le plus difficile. Quelques minutes passèrent lorsqu'il sortit mais il fut plus rapide que les Élus. Il s'envola dans les nuages et ils virent leur cible perdue. En plus de tous leurs pouvoirs, les Licans détenaient celui de voler dans les airs.
Leur première mission achevée, ils rentrèrent à la chambre d'hôtel en début d'après-midi. Tous les deux s'assirent sur le lit face à face, elle demanda :
– Comment avez-vous trouvé cette première opposition ?
– Très instructive, je dois dire. Ma famille m'a caché tout ce que vous savez et je crois bien que si j'y étais allé seul, je serais mort à l'heure qu'il est. Merci.
– Il n'y a vraiment pas de quoi, Sylvain. C'est à moi de vous remercier. Grâce à vous, j'ai accompli le meilleur résultat que je n'ai jamais fait en trois ans. À nous deux, nous sommes plus forts que quarante-et-un Licans.
Ils étaient les Élus. Les meilleurs de tous les Surhumains de la Terre.
20 Mai 2010
Sur l'autoroute a26
Maintenant qu'il connaissait la vérité sur les Licans, il en était venu à la conclusion de devoir s'exercer pour mieux les exterminer. D'après Myriam, le Lican qui leur est échappé était une créature très puissante, dotée de très grands pouvoirs. La jeune femme avait assuré que ce n'était pas la première fois que Kévin lui filait entre les doigts et qu'elle comptait très prochainement lui « faire la peau ». Il remarquait une haine féroce de sa part envers les Licans sans pourtant parvenir à la comprendre. Lui-même les méprisait -chose normale de par son éducation- mais ne les haïssait pas avec tant d'intensité. À ce niveau-là, ce n'était plus une aversion commune, c'était carrément devenu personnel. Une ribambelle de questions se bousculait dans sa tête au sujet de la femme surprenante qui l'accompagnait.
– … et il faudra nous trouver un endroit pour ça parce que vous entraîner dans la chambre d'hôtel ce ne sera pas possible... Sylvain ?
– Oui ? répondit-il, interrompu dans ses pensées.
– Vous n'avez rien écouté de ce que je viens de vous dire !
– Si, bien sûr que si !
– Ah oui ? Que disais-je alors ?
Il baissa la tête. Il n'avait aucune idée de ce qu'elle avait pu dire. Elle le regarda et soupira.
– À croire que tuer les Licans n'intéresse que moi !
– Vous vous trompez. C'est aussi important pour vous que ça l'est pour moi. Nous sommes les Élus, nous n'avons pas le choix de nous y intéresser.
– Alors pourquoi ne m'écoutez-vous pas ?
– Pardonnez-moi. Tout cela est si nouveau pour moi que je ne réalise pas encore ce qui m'arrive. Je me perds souvent dans mes pensées quand je ne contrôle pas la situation.
– Vous la contrôlez, Sylvain. Vous avez confiance en vous. Tout ce qu'il vous manque, c'est de l'expérience et de l'entraînement. Cela viendra avec un peu de temps.
– En avons-nous seulement ?
La jeune femme se tut. Cet homme l'exaspérait et le motivait à la fois.
Comment lui faire comprendre que le sort de deux mondes sont entre leurs mains ?
– Là n'est pas la question, reprit-elle. Je vous disais qu'il nous fallait un endroit où vous entraîner au combat.
– Vous avez une idée.
Sa réplique sonnait comme une affirmation plutôt qu'une question.
– Peut-être, répondit-elle en réfléchissant. Je connais un chasseur qui a un local assez grand pour pouvoir s'entraîner. Qu'en dites-vous ?
– Est-il digne de confiance ?
– Absolument. Il m'a sauvé la vie à une certaine époque. Je lui donnerai tout ce que j'ai s'il en avait besoin.
– Eh bien soit. Allons-y.
Ils prirent la route en direction du Sud de la France, vers ce chasseur en qui Myriam portait une confiance inouïe, « peut-être naïve », pensa-t-il. Ils roulèrent toute la nuit durant dans un silence tendu. Ils n'arrivèrent que le lendemain, en fin de matinée.
– Demetrio ! s'exclama-t-elle en enlaçant l'homme.
– Myriam ! Ça fait un bon bout de temps ! Tu ne me présentes pas ton ami ?
– Oh pardon ! Dem, je te présente Sylvain. Sylvain, Demetrio.
– Piacere, dit le chasseur en serrant la main de l’Élu.
« Un Italien, pensa-t-il en levant les yeux au ciel, c'est bien ma veine. »
Quelque chose dans le regard de cet homme lui déplut. Il n'aurait su déterminer ce qu'il n'aimait pas, peut-être était-ce l'étrange lueur dans ce regard noisette, si différent du sien. Et lorsque leurs mains se touchèrent, une vision éclata à ses yeux. C'était flou mais il n'eut aucun mal à reconnaître Myriam dans les bras de ce type, complètement nue et folle de plaisir. Il comprenait à présent pourquoi ils étaient si proches. Ils avaient couché ensemble. Détail qui déclencha son mutisme.
– Alors, que me vaut l'honneur de votre visite ?
– Nous aurions besoin de ton aide, Dem.
– Je t'écoute.
– Précisément, nous aurions besoin de ta salle d'entraînement. Pour quelques jours.
– Mais bien sûr, Myriam. Tout le temps que tu voudras.
– Tu es un amour, Dem.
Elle l'enlaça une seconde fois et l'embrassa sur la joue. Sylvain sentit son cœur pincer et s'en voulut immédiatement.
Il les suivit jusqu'à cette fameuse salle d'entraînement. Elle était immense. À première vue, elle avait l'air d'une salle de sport ordinaire. Mais en s'y concentrant davantage, on comprenait que cette salle était destinée à un entraînement particulier.
– Eh bien, je vous laisse. Myriam, dès que tu as un moment, j'aimerais te parler de quelque chose de très important, ajouta-t-il, un rictus aux lèvres.
– Pas de soucis, répondit-elle avec un sourire éloquent.
Demetrio quitta la pièce et laissa les Élus à leurs obligations. Il la regarda quelques secondes. Elle était déjà toute rouge. De plaisir ? Le pincement qui l'avait pris tout à l'heure se refit sentir. Puis il pesta contre lui-même. C'était sa vie, elle la menait comme elle l'entendait. Oui. Alors pourquoi avait-il tant de mal avec ça ?
– On commence ? demanda-t-elle, enjouée.
– Mais quand vous voulez, répliqua-t-il.
– Quelque chose ne va pas ?
– Tout va bien. Je suis en forme alors commençons !
Durant toute la durée de l'entraînement, elle ne cessa de lui donner des ordres. Cela l'exaspérait et l'encourageait à la fois. Face à cette femme, il ne savait pas comment agir.
– Bien, décida-t-elle au bout de deux heures d'entraînement. Continuez à vous exercer, je m'en vais discuter avec Dem. Servez-vous des sacs de frappe comme des Licans à combattre. Je veux que vous en mettiez dix KO par minute.
– Vos désirs sont des ordres, murmura-t-il en bouillonnant de colère.
Pour un peu, il se serait incliné pour lui faire la révérence.