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Passion pour la rivière.
Quand on est un petit parisien de dix ans, venant passer ses grandes vacances en Touraine, dans un petit village des bords de l'Indre, on s'attend à y retrouver son ami, comme chaque année, pour vivre de nouvelles aventures. Mais quand on découvre son absence, on se sent terriblement seul, très loin d'imaginer qu'une rencontre va bouleverser le cours de notre vie.... toute notre vie... Ce livre est le témoignage de cette rencontre. Mais c'est aussi la mise en mots, d'une passion pour la rivière...
Découvrez le témoignage d'un petit parisien de 10 ans faisant une rencontre qui va bouleverser sa vie...
EXTRAIT
Canne et épuisette en main et asticots en poche, je descendis vers le pont. D’habitude avec René nous remontions la rivière à gauche, vers l’amont. Mais pêcher là où nous pêchions ensemble ne me tentait pas. Je préférais descendre la rivière. Et puis, comme ça, j’allais à la découverte de nouveaux coins. Peut-être même de super coins ?
Je descendis les quelques marches qui me séparaient de la berge et dépliai ma canne. Ma ligne était déjà montée : un petit bouchon effilé, quelques plombs et un petit hameçon. J’accrochai un asticot bien dodu et commençai tranquillement ma descente, en longeant les berges.
À PROPOS DE L'AUTEUR
Pierre Cousin est né à Paris en 1962. Enfance à Epinay sur Seine dans le 93. Après des études de géographie physique à Jussieu, devient instituteur en 1986 en s'installant en Touraine. Puis instituteur spécialisé auprès d'enfants en difficulté scolaire. Écrit depuis l'adolescence, peint depuis 2001, et passe des heures dans la nature, en particulier en forêt, un appareil photo en bandoulière, depuis l'âge de 18 ans... A publié aux éditions Ex Aequo, en février 2013, Le journal de Georges, dans la collection Hors Cadre.
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Seitenzahl: 63
Veröffentlichungsjahr: 2017
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Pierre Cousin
roman
Collection Aventures
ISBN : 9782359624540
ISSN : 2106-4342
Dépôt légal avril 2013
©Éditions Ex Aequo 2013. Toute reproduction même partielle interdite.
Toute modification interdite
Éditions Ex Aequo
à Pierre ,
pour son amour de la rivière qu'il m'a transmis,
et pour ce tireur de sable dont il m'a parlé,
devenu personnage de roman
dans ma petite tête de pêcheur de mots...
Dans la même collection
Le trésor des abbesses – Charlène Mauwls – 2009
Le prince des favelles – Thierry Rollet – 2010
Charles 10 ans, kidnappé... – Florence Lemaire – 2011
En pleine face – Abdelkader Railane – 2011
L’anse de Rospico – Daniel Costal – 2013
Le rocher des naufrages – G. Kerlorc’h et F. Lefebvre - 2013
Du même auteur chez Ex Aequo
Le journal de Georges - 2013
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SOMMAIRE
Le tireur de sable
Préambule
I
II
III
IV
V
VI
VII
VIII
IX
X
XI
XII
XIII
XIV
XV
XVI
Le tireur de sable
Il est des rencontres qui bouleversent une vie, éclairant d’une douce lumière bienveillante le chemin jusque-là demeuré obscur. Et nos pas deviennent alors plus faciles, plus légers, chargés de sens et d’envie, chargés de ce miel, de cet amour de la vie qu’on a su nous transmettre.
Augustin fut pour moi ce passeur d’âme, alors que je n’étais qu’un enfant.
Le car roulait vite sur la petite route de campagne. Il faisait chaud. C’était l’été. Je regardais avec des yeux gourmands le paysage qui défilait derrière la vitre. J’étais heureux. Depuis plus d’une heure déjà j’étais en Touraine. Le pays des grandes vacances, chez Tante Jeanne.
Chaque été, depuis trois ans, ma mère m’y envoyait. Elle ne savait pas quoi faire de moi à Paris. Elle travaillait. Et puis c’était tellement mieux la campagne pour un enfant de dix ans !
— Les voyageurs pour Courçay ! cria le chauffeur.
Mais il n’avait pas besoin de crier, j’étais déjà debout avec mon sac à dos sur l’épaule, prêt à descendre. Tante Jeanne m’attendait sur la place du village. Je me souviens que j’aurais préféré alors qu’elle me laissât faire mes premiers pas tout seul jusqu’à la maison. Mais ce n’était pas grave. J’étais heureux de la retrouver et de l’embrasser. Je m’étais promis de lui en parler pour l’année suivante.
Elle n’avait pas changé. Un peu plus de rides peut-être sous les yeux, et les cheveux plus blancs. Mais son sourire était toujours aussi beau et ses grands yeux bleus toujours remplis d’amour.
— Quel âge as-tu Tante Jeanne ? lui demandai-je alors qu’elle m’entraînait, en me prenant le bras, dans les ruelles du village.
— Mais un an de plus que l’an dernier, petit curieux ! répondit-elle avec malice.
— Non, mais sans rire, Tante Jeanne ?
— Oh ! Ça doit faire plus de soixante-quinze étés que je respire au grand soleil, mon garçon !
Tante Jeanne était la tante de ma mère. La sœur de la grand-mère que je n’avais pas connue. Elle vivait seule depuis de très longues années. Elle n’avait jamais eu d’enfant. Son mari, l’oncle Adrien, avait été gravement blessé à la guerre alors qu’ils venaient juste de se marier. Il faisait partie d’une équipe de déminage, dans l’est de la France. Une mine lui avait arraché une jambe. Il avait dû être amputé et marcha par la suite toujours avec une béquille. Je ne l’ai pas connu. Ma mère non plus. Il était mort jeune.
Quant à Tante Jeanne, elle avait travaillé toute sa vie dans des fermes et, plus tard, avait fait des ménages. Depuis des années, elle habitait une petite maison, tout en haut du village, avec un jardinet devant, rempli de fleurs. J’adorais cette maison, comme j’adorais Tante Jeanne.
— Que dirais-tu d’une bonne limonade bien fraîche, Louis ? lança-t-elle en arrivant à la maison.
— Je dirais oui et encore oui ! répondis-je avec un large sourire.
J’étais bien. Mille odeurs venaient se rappeler à mon bon souvenir. Et ce petit vent qui caressait doucement les peupliers et les faisait murmurer ! J’en rêvais souvent à Paris. Dès ce premier jour, il était là, bien réel, bien vivant.
— J’ai hâte de revoir René ! lançai-je.
— Ah ! J’ai bien peur que ce ne soit impossible. Il est en Bretagne, chez sa grand-mère !
— Et il revient quand ? m’écriai-je en me levant d’un bond.
— Je ne sais pas, Louis. Peut-être pas avant la fin du mois d’août. Son père est gravement malade et sa mère est tous les jours rendue à l’hôpital. Alors elle a préféré l’envoyer là-bas… Tu es triste ? Oui, bien sûr que tu es triste.
René était mon meilleur ami. Depuis que je venais ici, nous ne nous quittions pas des vacances. Toujours à courir les champs et les bois, à pêcher des après-midi entières au bord de l’Indre, à jouer aux cartes, le soir au milieu des moustiques. Un super copain, quoi !
— Tu vas sûrement te trouver un autre copain dans le village. Je crois que Madame Pelletier reçoit ses petits-enfants cette année. Tu devrais aller voir de ce côté, on ne sait jamais !
— C’est pas si facile. Et pour remplacer René !
Le beau soleil des grandes vacances s’était assombri brutalement. Les odeurs, les bruits, le ciel bleu : tout était devenu gris. Le plaisir était gâché. La joie au cœur avait disparu. Des grandes vacances à Courçay sans René, ce n’était plus des grandes vacances.
****
— Tu devrais aller pêcher Louis ! Ça fait trois jours que tu es arrivé et tu n’es pas encore sorti de cette maison ! Même sans ton copain René, il faut que tu profites de tes vacances ! Quand tu rentreras à Paris, tout cela sera fini ! me dit Tante Jeanne par un bel après-midi.
— Tu as raison, Tante Jeanne.
— Je t’apporte ta canne à pêche. Regarde dans le fond du frigo. Je crois qu’il y a une boîte de joyeux petits asticots… S’ils ne sont pas encore tous transformés en mouche ! lança-t-elle avec un sourire.
— Tu es vraiment un ange, Tante Jeanne ! dis-je. Tu penses toujours à tout, avant même que l’on en ait eu l’idée.
— Un ange, un ange, c’est beaucoup dire ! M’as-tu déjà vu voler ? s’exclama-t-elle en agitant ses bras menus.
Canne et épuisette en main et asticots en poche, je descendis vers le pont. D’habitude avec René nous remontions la rivière à gauche, vers l’amont. Mais pêcher là où nous pêchions ensemble ne me tentait pas. Je préférais descendre la rivière. Et puis, comme ça, j’allais à la découverte de nouveaux coins. Peut-être même de super coins ?
Je descendis les quelques marches qui me séparaient de la berge et dépliai ma canne. Ma ligne était déjà montée : un petit bouchon effilé, quelques plombs et un petit hameçon. J’accrochai un asticot bien dodu et commençai tranquillement ma descente, en longeant les berges.
La rivière était calme, tout juste un léger courant qui venait bercer les nénuphars. J’aimais particulièrement les herbiers qu’ils formaient, car les perches et les autres prédateurs venaient s’y cacher pour mieux surprendre leurs proies. Mais en ce début d’après-midi d’été, ils ne semblaient guère tentés par l’asticot qui gigotait devant eux. Ça ne mordait pas !
