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Quand la vie quotidienne tourne au cauchemar…
Fin de l’année scolaire, quelques temps après avoir dignement fêté ses 17 ans, Alice passe de l’autre côté du miroir et tombe en enfer. Après un malaise en rue et l’évanouissement, elle se retrouve séquestrée dans une pièce en sous-sol, sans lumière du jour, seule, entravée aux chevilles et aux poignets, à la merci de son ravisseur qu’elle croit connaître sans pouvoir le reconnaître. Les souvenirs de ces dernières semaines l’amènent à envisager plusieurs possibilités. A qui donc appartient ce regard qui transperce la cagoule noire ? Et comment sortir de l’emprise du kidnappeur ?
A travers un récit captivant, sans concession, et à la sensibilité subtilement féminine, l’auteur nous emmène dans un suspense parfaitement maîtrisé entre séquences avant, pendant et après l’enlèvement. Derrière une sorte de « fait divers », il touche à des questions fondamentales de l’existence humaine : que peut-on faire au nom de l’amour, où est la frontière entre affection et possession, quelles sont les épreuves à endurer, quel est ce rite de passage pour accéder à l’âge adulte, et une certaine liberté de penser et d’agir ?
Un roman captivant et source de réflexions
EXTRAIT
Les larmes trempent mes joues. La sueur séchée rend l’air autour de moi presqu’irrespirable. Les cordes autour de mes poignets mordent la chair gonflée. Mes vêtements poisseux me collent à la peau. Je ne comprends pas. Je ne comprends rien.
Je laisse éclater un nouveau sanglot. Un énième sanglot. J’ai arrêté d’essayer de les étouffer. Ça ne sert à rien, ils finissent toujours par exploser. Je ne sais pas depuis combien de temps je suis là. Je dirais bien trois jours, mais je n’en ai à vrai dire aucune idée.
A PROPOS DE L’AUTEUR
Alexandre Van Hoeke, lauréat du Prix Jeune Jury Brabant wallon de la Fondation Laure Nobels (Sélection 2014 / Election 2015) est né le 15 octobre 1997 à Bruxelles. Il a écrit ce roman durant sa 17ème année.
En dehors de la littérature, il s’adonne au théâtre, au jiu-jitsu ainsi qu’à la musique rock en tant que guitariste et batteur. A la question « comment peux-tu aussi bien te mettre à la place d’une jeune-fille », il répond : « je poursuis des études gréco-latines, il n’y a pratiquement que des filles autour de moi, je les écoute et je rentre dans leurs univers ». Bien joué, Alexandre, les lecteurs apprécieront…
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Seitenzahl: 132
Veröffentlichungsjahr: 2016
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Alexandre Van Hoeke est lauréat du Prix Jeune Jury Brabant wallon de la Fondation Laure Nobels1 – 1ère édition. Son roman est issu d’une première session (sélection 2014 / élection 2015) adressée aux jeunes auteurs belges s’exprimant en français et âgés de 14 à 18 ans.
Le jury indépendant adulte de la Fondation Laure Nobels avait élu comme gagnant Louis Escouflaire et son recueil de nouvelles intitulé « D’un simple regard » (paru aux mêmes Editions Memory en février 2015).
Le Jeune Jury brabançon wallon, quant à lui, a choisi « Le valet de cœur » écrit par Alexandre Van Hoeke durant sa 17ème année.
Egalement indépendant de la Fondation, le jury des jeunes a particulièrement apprécié la maîtrise du suspense, le rythme et le découpage du texte (alternance entre les temps présents et passés, les extraits de chansons, …), la capacité de l’auteur à faire ressentir de l’empathie pour ses personnages, et enfin son style fluide et clair, émaillé de belles images.
Mais, antérieurement, le jury adulte avait aussi plébiscité « Le valet de cœur » comme lauréat potentiel, estimant le roman captivant, avec un intéressant balancement entre les périodes, un personnage principal attachant et une chute finale tout à fait surprenante.
Avec une capacité étonnante de se mettre à la place d’une jeune-fille, Alexandre Van Hoeke nous emmène dans un récit parfaitement maîtrisé entre séquences avant, pendant et après son enlèvement, par un personnage sournois et angoissant. Derrière une sorte de « fait divers », l’auteur touche à des questions fondamentales de l’existence humaine : que peut-on faire au nom de l’amour, où est la frontière entre affection et possession, quelles sont les épreuves à endurer pour accéder à l’âge adulte, et une certaine liberté de penser et d’agir ?
A travers une intrigue envoûtante, Alexandre Van Hoeke frôle certaines notions passionnantes de la psychologie humaine. Il aborde cela avec subtilité mais sans aucune prétention. Un régal.
Le Conseil d’Administration de la Fondation Laure Nobels
A Chloé, ma muse, depuis le début,
A Maman, pour son soutien infaillible,
A Madame Marblie, pour m’avoir encouragé et donné le goût de la littérature,
A Laure Nobels, plume vive et sensible, malheureusement envolée.
Je souhaite remercier la Fondation Laure Nobels, à qui je ne pourrai jamais exprimer toute ma gratitude pour son énergie, son dévouement, son temps et pour m’avoir offert cette opportunité unique et incroyable.
Un énorme merci également à ma famille et à mes amis, qui me supportent et, plus encore, me soutiennent.
Alexandre Van Hoeke
1 La Fondation Laure Nobels finance la publication et la promotion d’œuvres littéraires en français, écrites par de jeunes auteurs belges. Pour déterminer les bénéficiaires, la Fondation soumet les manuscrits présentés par les jeunes à la lecture critique d’un jury indépendant. Composé d’experts en littérature, celui-ci évalue l’originalité et la qualité des œuvres proposées. Chaque année, deux lauréats sont récompensés par le Prix de la Fondation Laure Nobels. Au printemps, celui issu du groupe des 14-18 ans, et en automne, celui issu du groupe des 19-23 ans. Un troisième lauréat issu du groupe des 14-18 ans est récompensé par le Prix Jeune Jury Brabant wallon de la Fondation Laure Nobels, créé en partenariat avec le Brabant wallon qui souhaite ainsi susciter l’écriture et promouvoir la lecture, notamment auprès des jeunes. Chaque prix consiste à introduire l’œuvre sur le marché de la littérature, selon toutes les normes professionnelles en vigueur dans le monde du livre. Nous remercions le Brabant wallon pour son aide précieuse, ainsi que la Compagnie de Lecteurs et d’auteurs (CLéA) pour ses conseils avisés auprès du jeune jury. Plus d’infos : www.fondationlaurenobels.be
« Quand la procession fut arrivée en face d’Alice, tout le monde s’arrêta pour la regarder, et la Reine dit sévèrement : « Qui est-ce ? » Elle s’adressait au Valet de Cœur, qui se contenta de saluer et de sourire pour toute réponse. »
***
« — Pardon, Votre Majesté, dit le Valet, ce n’est pas moi qui ai écrit cette lettre, et on ne peut pas prouver que ce soit moi ; il n’y a pas de signature.
— Si vous n’avez pas signé, dit le Roi, cela ne fait qu’empirer la chose ; il faut absolument que vous ayez eu de mauvaises intentions, sans cela vous auriez signé, comme un honnête homme. »
Alice au Pays des Merveilles, Lewis CARROLL, chapitre 8 et 12, traduction d’Henri Bué (1869)
Dans le roman de Lewis Carroll, le Valet de Cœur est un personnage discret, toujours en arrière-plan. Accusé, il ne se défendra jamais. Et on ne saura jamais s’il est vraiment coupable… Car comment un Valet de Cœur pourrait-il agir autrement que par amour ?
Alexandre Van Hoeke
« I’m not sleeping now, the dark is too hard to beat »1, Lights, Ellie Goulding
Maintenant
Les larmes trempent mes joues. La sueur séchée rend l’air autour de moi presqu’irrespirable. Les cordes autour de mes poignets mordent la chair gonflée. Mes vêtements poisseux me collent à la peau. Je ne comprends pas. Je ne comprends rien.
Je laisse éclater un nouveau sanglot. Un énième sanglot. J’ai arrêté d’essayer de les étouffer. Ça ne sert à rien, ils finissent toujours par exploser. Je ne sais pas depuis combien de temps je suis là. Je dirais bien trois jours, mais je n’en ai à vrai dire aucune idée. Toute notion du temps s’est échappée de mon cerveau dévasté par les derniers évènements. Et l’unique lampe à pied dénudée perpétuellement allumée ne m’aide pas. Je ne sais plus rien, je ne connais plus rien, je ne me souviens de rien. Ma matière grise n’est plus qu’une bouillie immonde dans laquelle barbotent deux ou trois résidus de ce qui fut autrefois ma raison. Mais, depuis quelques jours, c’est bien tout ce qu’il en reste, deux trois reliquats…
Mon dos me fait mal, j’ai des fourmis dans les jambes et dans les bras, mon nez saigne pour la troisième fois et mes yeux piquent à force de pleurer. Je n’en peux plus. Est-ce qu’on va m’expliquer ? C’est quoi, cette histoire ? C’est qui, cet homme ? J’ai l’horrible impression de le connaître en même temps que tout en lui me répugne. Evidemment, vu les circonstances, l’inverse eût été inexplicable, voire effrayant. Et j’ai peur, aussi. Je ne sais pas si c’est de la peur comme je n’en ai jamais connu, ou si je n’ai jamais connu la peur, mais c’est affreux. Atroce. Insupportable. Inqualifiable. Chaque minute qui passe, je la redoute, appréhendant déjà celle qui va suivre.
La sueur se mêle à mes pleurs. C’est fou ce qu’il fait chaud, ici. Beaucoup trop chaud. Je me sens mal, affreusement mal. J’ai la tête qui tourne. Je n’ai quasi pas dormi, à cause de l’angoisse, de l’incompréhension et du mal de chien que j’ai derrière le crâne. Maintenant, ils m’incitent tous au repos. Je ne veux pas dormir, mais je n’ai pas le choix. Mon corps réclame du sommeil. Je ne veux pas dormir. Il pourrait arriver à tout moment. Je ne peux pas dormir. Qu’est-ce qu’il me ferait, s’il me voyait assoupie, inactive, à sa merci ? Non, je ne peux pas dormir. Je ne veux pas dormir. Je ne veux pas dormir… Je ne veux pas… Je ne veux… Je…
1 Traduction : « Je n’arrive pas à dormir, l’obscurité est trop difficile à combattre »
« We are wild, we are like young volcanoes »2, Young Volcanoes, Fall Out Boy
Il y a 2 mois
— On se voit après les cours ?
— Je ne sais pas… Je suis fort occupée, des gens veulent me voir…
— OK, donc à 16 heures ?
— A 16 heures !
Je lui lançai un clin d’œil, lui fis un rapide bisou et m’éloignai. Direction : maths. Même si je savais que je n’écouterais rien. Je penserai à lui, à mes projets, à lui, à mes idées et à lui. Il était beau, intelligent, gentil, drôle, tout ce qu’il faut. Moi, on ne pouvait pas dire que j’étais la fille la plus attirante. Intello, pas super branchée et amatrice de rock, par-dessus tout. Avec mes longs cheveux blonds et mon visage, on m’avait souvent dit que j’étais jolie, mais je sous-entendais le « sans plus ». Alors, que faisait le garçon idéal avec moi ?
C’était le jour de mes 17 ans. Plus qu’une année avant les fameux 18. Je ne voyais pas trop ce que ça changeait, fondamentalement. Personne n’acquiert soudainement son nécessaire de maturité et de sagesse lorsqu’il devient majeur, bien au contraire. Alors quoi ? Je ne savais pas trop, mais ma mère devait considérer cet anniversaire comme un cap, ou quelque chose de ce genre. Déjà, mes 17 ans si fraîchement acquis m’octroyaient un statut « privilégié » et une extension de liberté. En tout cas, c’était mon anniversaire, et je comptais bien que chaque personne me le souhaiterait. Chaque personne.
La journée avait pourtant bien commencé : 14 condisciples sur 19 me l’avaient souhaité spontanément. Mais j’attendais sa surprise. A lui. On était tous les deux fous amoureux. Ça faisait un mois, maintenant.
— On rebaisse le nez sur sa feuille, Alice. Estime-toi heureuse d’avoir des intégrales pour ton anniversaire.
Même mon professeur de maths le savait. J’en étais là de mes réflexions lorsque la sonnerie retentit. Heureusement que j’avais toujours fini à l’avance. Je remis ma feuille, mais Mr Herrol me retint. Il laissa partir les autres élèves qui me lançaient des regards de compassion et de deuil, comme si je vivais mes derniers instants. Ce qui, autant être honnête, était aussi un peu mon ressenti.
— Ça va, Alice ?
— Euh… Oui…
Mon hésitation le troubla. A vrai dire, c’était surtout lui, qui me troublait. Qu’est-ce qu’il avait ?
— Je vais aller droit au but : je te trouve étrange en ce moment.
Je fis de grands yeux tout ronds. Il avait réellement l’air inquiet.
— Comment ça ?
— Oui, tu… Tu es pensive, tu as l’air parfois triste,… Ça ne se ressent pas dans tes notes, heureusement, mais ça ne m’étonnerait pas qu’à l’avenir…
C’était n’importe quoi. Ma mère venait de me dire que j’étais encore plus rayonnante que d’habitude, ce qui, je cite, « était un véritable exploit ». Et puis, ça sonnait comme une menace. Je ne savais pas pourquoi, mais c’était comme ça que je l’interprétais. Ça m’énervait. Je détestais qu’on me remette en question ou qu’on me menace. Et il venait de faire les deux.
— Non, tout va très bien, merci.
Et je partis.
Max me rejoignit à 16h09. Il était toujours en retard, moi en avance. Il me banda les yeux sans mot dire et me guida le long de je ne sais quel interminable chemin. Je faillis tomber tellement de fois qu’il finit par me porter sur ses épaules. C’était grisant. Il faisait très agréable, pour un 9 mai. Une légère brise jouait avec mes cheveux et me caressait les joues, tandis que je sentais sous mes cuisses ses épaules musclées. Il était très sec et athlétique. Pour ne pas dire baraqué. Il avait 18 ans. Il était beau.
Il me balada ainsi pendant quelques minutes. On était passé à un terrain herbeux, les effluves de gazon m’emplissaient les narines. Ensuite, ce fut une odeur de charbon brûlé. Une odeur de barbecue. Il me posa à terre et m’ôta délicatement le bandeau des yeux. Quelle bande de fous.
Ils y étaient tous : ma mère, mon père, mon grand frère, mes deux cousines, mes trois meilleures amies, toutes les autres, mes deux meilleurs amis, tous les autres. Ils étaient tous là, avec un sourire béat accroché au visage, autour d’un immense barbecue que mon père était en train de préparer. Ils crièrent tous en même temps, à la microseconde près, la même chose. Un cri bienheureux, un cri du cœur. Un cri qui m’a procuré un immense sentiment de bonheur, qui m’a fait pleurer. De joie. Quelle bande de fous.
On y passa toute la soirée, et même plus encore. Il y avait nourriture à profusion –ma mère prévoit toujours le double, au minimum. Ça m’a fait penser à une amie. « C’est comme ça que la vie devrait être : manger trop, tellement trop qu’on en a marre » disait-elle. Je me promis de reprendre contact.
Mes parents avaient installé d’énormes baffles. Je ne sais pas comment ils firent pour éviter toute intervention policière, mais pas une fois nous ne fûmes dérangés en pleine agitation presque psychédélique. Nous étions tels des frénétiques à nous tortiller sur le rythme des chansons sans doute sélectionnées avec soin et minutie par maman.
Des odeurs de charbon. Des notes de musique allant des basses profondes aux aigus criards. Des rires. Des cris de joie. Des amis. Des parents géniaux. De la nourriture, beaucoup trop de nourriture. C’était ça, la belle vie, non ? C’était magique. On était jeunes, on n’avait que ça à faire. On était libres, on était sauvages. Indomptés, indomptables, bouillonnants, passionnés, déchaînés. Nous étions des lions échappés du Colisée. Ce soir –cette nuit, même–, personne ne pouvait nous arrêter. Plus de système, plus d’autorité, plus de devoirs. Juste des droits, et uniquement des droits. Ce soir, nous étions libres.
Mon père, DJ à ses heures perdues, mit un slow. Le plus beau slow. « Dernière Danse », de Kyo. Max me lança son plus beau regard. Tout était beau, ce soir. Il était beau. « J’ai longtemps parcouru son corps, effleuré cent fois son visage ». L’on dansa. L’on dansa encore lorsque la chanson s’arrêta. L’on dansa encore lorsque ce fut à la techno d’envahir l’espace sonore. Mon ventre était une vallée de papillons, mon cerveau un immense gribouillis. Lui avait l’air sûr de lui, mais je suis quasi certaine qu’il n’en menait pas large. Mais je m’en foutais. Il était là, avec moi, et c’était tout ce qui comptait. « Je peux mourir demain, ça n’change rien ; j’ai reçu de ses mains le bonheur ancré dans mon âme ». Je crus plus d’une fois que ma cage thoracique allait exploser sous la pression cardiaque. Boum boum, boum boum. Mon cœur s’était mis à la batterie. Sur un morceau de power metal, ou autre hard rock au rythme survolté. Boum boum, boum boum.
La nuit passa ainsi. Trop vite et éternelle à la fois. On avait dansé, on s’était raconté des histoires, des blagues, on avait mangé, on avait la fête comme il se devait. Pour moi, pour mes petits 17 ans qui, en soi, ne changeaient en rien l’existence de ces gens. Que sont 17 ans sur une vie, pour cinquante personnes, pour la planète, pour l’Histoire ? Rien. Rien du tout. Mais, pour moi, ça prenait tout son sens lorsque je voyais la cinquantaine de personnes s’amuser en mon honneur. Et ça, ça suffisait à tout effacer. On a ri, on s’est couchés, on a continué à rire, on s’est endormis. Comme ça, sur l’herbe, le cœur empli d’allégresse, l’esprit libéré de tous les soucis du lendemain, les yeux encore pleins des étoiles qu’on avait contemplées. On s’endormit, sans autre souci que de faire de jolis rêves. Ce que nous fîmes tous. Nous étions tous heureux. C’était aussi simple que ça…
2 Traduction : « Nous sommes sauvages, nous sommes comme de jeunes volcans »
« Fear of the dark, I have a phobia that someone’s always there »3, Fear of the Dark, Iron Maiden
Maintenant
Un bruit. J’ai entendu un bruit. J’en suis sûre. Ou peut-être pas tant que ça. Je n’en sais rien. Je ne sais plus rien. Les liens qui mordent la chair de mes poignets me font tout oublier, sauf la douleur. Je n’ai même pas de bâillon, la pièce est entièrement capitonnée.
