Le Vallon - Cécile Sauvage - E-Book

Le Vallon E-Book

Cécile Sauvage

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Beschreibung

Cécile Sauvage (1883-1927) est une femme de lettres française, épouse de Pierre Messiaen et mère d'Alain et d'Olivier Messiaen qu'elle éleva, selon ce dernier, dans un « univers féerique ». Et si c'était cette féérie qui pouvait expliquer la future trajectoire mystique du compositeur du Quatuor pour la fin du Temps ? En faisant le choix de publier Le Vallon, ce long poème dédié à Jean de Gourmont, chroniqueur au Mercure de France, auprès de qui elle nourrira une folle mais brève passion, nous levons le voile sur une Cécile Sauvage tourmentée et neurasthénique, loin de l'icône de la « poétesse de la maternité » que La Veillée de novembre, le roman de lui consacra son ami Henri Pourrat, avait pourtant dépeint. Il a fallu attendre près d'un siècle après sa disparition pour que les récentes recherches en littérature révèlent, et fassent connaître au grand public, un autre pan de l'oeuvre de Cécile Sauvage. Ainsi, la musique d'Olivier Messiaen, non seulement s'entend, mais se lit désormais à travers ces quatrains.

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Seitenzahl: 39

Veröffentlichungsjahr: 2020

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Sommaire

Introduction

CÉCILE SAUVAGE

Le Vallon

introduction

La cage et l’oiseau : Cécile Sauvage (1883-1927) et Olivier Messiaen (1908-1992)

Marie de France, Louise Labé, Marceline Desbordes-Valmore, Anna de Noailles, Marie Noël, Cécile Sauvage… rares sont les poétesses françaises dont l’histoire littéraire a retenu le nom. Cécile Sauvage est surtout connue pour ses poèmes de maternité : par une conjonction extraordinaire du destin, l’ « âme en bourgeon » qu’elle mit au monde le 10 décembre 1908, le petit Olivier Messiaen, devint l’un des grands compositeurs du XXème siècle. Il a fallu attendre près d’un siècle pour que Béatrice Marchal révèle, et fasse connaître, un autre pan de l’œuvre de Cécile Sauvage : elle a chanté l’amour avec des accents à nuls autres pareils. Son recueil Prières, composé en 1914-1915, contient le plus bel alexandrin qui soit sur l’éternel masculin. Ainsi, de l’œuvre de Cécile Sauvage nous avions une image incomplète, et fausse. Selon Bernard Plessy, cette découverte est un événement majeur dans le domaine de la poésie française. En tout cas, en détruisant le manuscrit d’Hémérocalle et la Guerre, Pierre Messiaen nous a privés d’une des rares œuvres poétiques féminines inspirées par la Grande Guerre. Cette chronologie précise les dates, les lieux et les étapes d’un destin. Elle est tirée des travaux de Béatrice Marchal, des exposés de Madeleine Primet et Bernard Plessy, et de sources diverses. Que l’on ne s’y trompe pas : l’histoire ici résumée est l’histoire d’un drame.

P.-J. Hormière

Références :

Cécile Sauvage, Œuvres, préface de Jean Tenant (Mercure de France, 1929).

Cécile Sauvage, Ecrits d’amour, édition établie, présentée et annotée par Béatrice Marchal (éditions du Cerf, 2009).

Béatrice Marchal, Les Chants du silence (éditions Delatour, 2008)

La « cabrette des Basses-Alpes » et l’étudiant catholique

1883. 13 mars, naissance de Pierre Léon Joseph Messiaen à Warwick (auj. Werwicq-Sud, Nord), dans une famille rurale et très croyante. Fils de Charles Adolphe Messiaen (1841- 1904) et de Marie Flavie Demytteneare (1853-1932), il est le quatrième de sept enfants. 20 juillet. Naissance de Cécile Anne Marie Antoinette Sauvage à La Roche-sur-Yon (Vendée). Son père, Gal Prosper Sauvage, né à Caderousse (Vaucluse) le 16 octobre 1847, est professeur d’histoire. Sa mère, Marie Eugénie Jolivet, est née à Lille le 13 décembre 1857. Ils se sont mariés à Avignon le 4 octobre 1882.

1884. Prosper Sauvage est nommé à Châteauroux.

1888. La famille Sauvage s’établit à Digne. C’est là, dans la Villa des glycines, avenue des Sieyes, que Cécile passe son enfance et sa jeunesse, dans une famille simple, unie et cultivée, d’opinions voltairiennes. Son jeune frère, André, deviendra chirurgien à Grenoble, sa jeune sœur, Germaine, professeur de physique-chimie à Romans.

1898. Le stéphanois Jules Fournier-Lefort (1856-1926), directeur d’une usine de rubans et d’une papeterie, fonde La Revue forézienne, dans un but de décentralisation culturelle. Ce mécène catholique pratiquant et utopiste a aussi fondé un restaurant mutualiste, et, en 1907, l’Ecole de Papeterie de Grenoble.

1900. Après des études dans diverses institutions religieuses (les maristes de Linselles, les rédemptoristes à Urrier, en Suisse, les jésuites à Amiens, et le Sacré Cœur de Tourcoing), Pierre Messiaen s’inscrit à la Faculté catholique de Lille. Il milite dans les milieux catholiques et barrèsiens, contre les dreyfusards et les lois de laïcité, et est critique littéraire dans la revue La Grande Garde.

1902. Pierre Messiaen rend visite à son maître à penser Maurice Barrès, à Neuilly.

1903. Cécile écrit un long poème intitulé Les trois Muses. Prosper Sauvage, féru lui-même de poésie (il est félibre) l’envoie à son frère Charles, vétérinaire à Orange, qui le fait parvenir à Frédéric Mistral. Ce dernier répond à Cécile, en l’appelant « ma chère petite Aréthuse », du nom d’une naïade qui fut transformée en source pour échapper au dieu Alphée, et « la cabrette des Basses-Alpes ». A ses encouragements il joint les adresses de plusieurs revues de province, où il l’engage à publier. Cette année-là, Pierre Messiaen obtient sa licence à Lille.

1904. Pierre Messiaen occupe de modestes fonctions d’enseignant dans un établissement libre d’Arcueil. Il envoie à la Revue forézienne, dont la devise est Foi, volonté, travail, des articles sur Maurice Barrès, Fernand Gregh, Anna de Noailles.

1905. En mai, Pierre Messiaen est nommé secrétaire de rédaction de la Revue forézienne. Il s’installe à Saint-Etienne, rue d’Isly, et a pour collaborateur et ami le jeune maurrassien Jean Tenant 1 . Cécile envoie Les trois Muses à la Revue. En juillet, la revue change de nom et devient la Revue de Lyon et du Sud-Est illustrée. Le poème y est publié en octobre. En novembre, Cécile et Pierre font connaissance à Lyon pendant trois jours, en présence du frère de Cécile, lors de longues promenades au bord du fleuve.

1906. La Revue publie d’autres poèmes de Cécile, Vers l’azur