Le vieux tilleul - Corrine Bouyssou - E-Book

Le vieux tilleul E-Book

Corrine Bouyssou

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Beschreibung

Julienne vit au Lander à Sarlat en Dordogne depuis sa naissance. Mariée à Roger dont elle a eu un petit garçon, elle s'occupe de sa mère handicapée et de son père, à la ferme. Sa sœur Odette vit en ville avec son mari et leur petite fille. Julienne va connaître les horreurs de la guerre avec la crainte de ne plus revoir son mari résistant. Elle va rencontrer des contraintes et des malheurs tout au long de sa vie.


À PROPOS DE L'AUTEURE


Corinne Bouyssou est née en 1968. Elle a étudié dans une école privée de sténodactylographie à Sarlat (Dordogne). Après avoir travaillé comme secrétaire pendant quatre ans, elle s’est mariée et a eu deux enfants. Elle décide alors de devenir assistante maternelle à son domicile.
Elle est l’auteur de deux romans, un policier sentimental « Jessica » sorti en juillet 2012 et un roman hommage à sa grand-mère « Le Périgord de Julienne » sorti en été 2013.
Le "Vieux Tilleul" sera son troisième roman.





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Seitenzahl: 136

Veröffentlichungsjahr: 2022

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Sudarenes Editions

Dépôt Légal : Mars 2015

www .sudarenes.com

 

 

 

 

 

 

 

 

 

LE VIEUX TILLEUL

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CHAPITRE 1

 

 

Julienne n’avait pas une vie facile à la ferme du Lander où elle vivait depuis sa naissance. Sa mère Marguerite, paraplégique, se fatiguait vite de ses corvées de raccom-modage et restait de plus en plus alitée ; son père Julien, frustré de cette situation, se reposait beaucoup sur son gendre Roger pour les travaux de la ferme. Heureusement pour Julienne, il y avait Maurice, son fils d’un an, le seul qui lui donnait encore l’énergie nécessaire pour supporter toutes ces contraintes.

Odette, sa sœur, se maria un mois après la naissance de Maurice, avec René, chauffeur d’un médecin de Sarlat, la première personne à posséder une automobile. Les noces eurent lieu à Notre Dame de Temniac et le repas, au Lander, comme pour le mariage de Julienne. Odette partit ensuite vivre dans la petite ferme familiale de René, à Hermier, sur les coteaux de Montfort. Peu de temps après, ils déménagèrent à Sarlat, rue des Abattoirs, où naquit Raymonde, une belle poupée brune.

Julienne invita sa sœur et son beau-frère pour fêter l’anniversaire de Maurice. La guerre était déclarée depuis le premier septembre et en cette fin de mois, les esprits s’échauffaient quant au devenir de chacun. Maurice, trop petit pour se douter des soucis des grandes personnes, souffla donc sa première bougie, souriant de ses deux petites quenottes en regardant applaudir sa famille. Sa petite cousine dormait à poings fermés dans son petit couffin en osier, près de l’âtre où les bûches se consumaient lentement. Voyou, le chien de la ferme, offert à Julienne par son père lorsqu’elle était petite, vouait une fidélité excessive à Maurice, le suivant à longueur de journée et ne le quittant pas d’une semelle. Aussi était-il assis à côté de la chaise haute, quémandant un bout de gâteau que l’enfant ne tarderait pas à lui donner de ses petites menottes poisseuses, se laissant lécher la paume jusqu’à la dernière miette.

Dehors, l’automne arrivait à grand pas. Les feuilles du vieux tilleul virevoltaient au gré du vent, annonçant une pluie qui ne tarderait pas à venir. Il n’était que quatorze heures et déjà le jour déclinait. Roger s’inquiéta pour les bêtes et demanda à René de l’accompagner pour l’aider afin de les mettre à l’abri. Ils sortirent donc tous les deux sous un ciel menaçant.

Julienne vit que Marguerite avait les yeux fatigués et son corps s’affalait légèrement sur la table. Elle n’avait pas l’habitude de rester assise aussi longtemps.

— Maman, tu veux aller te reposer un peu ?

Marguerite acquiesça.

— Oui, maintenant que le petit a soufflé sa bougie, j’irais bien me coucher.

Julien profita de l’occasion pour quitter la table lui aussi.

— Je vais coucher ta mère et me reposer un peu aussi.

Julienne soupira. Habituellement, c’était elle qui devait porter sa mère et la coucher, son père ne la remplaçant que très rarement. Il trouvait toujours le moyen de s’occuper ou d’allumer une gitane à l’heure où Marguerite se sentait lasse et désirait retourner au lit. Julien avait beaucoup changé depuis la paralysie de sa femme. Homme robuste, dévoué, travailleur, il ne faisait pratiquement plus rien à la ferme, laissant tout le travail à Roger qui devait s’en occuper lorsqu’il rentrait du travail le soir.

Julien attrapa donc Marguerite sous les aisselles et les jambes et la souleva sans effort. En effet, elle ne pesait pas bien lourd car elle avait beaucoup maigri, mangeant très peu. Ils disparurent dans la chambre lorsque Raymonde commença à vagir. Odette remit une bûche dans la cheminée et sortit sa fille du couffin pour la tétée. Maurice bailla bruyamment en se frottant les yeux ce qui fit rire sa tante.

— Je crois que toi aussi, mon petit Maurice, tu as besoin d’une sieste. Tu ne tiens plus debout ! Fais un poutou à ta cousine, maman va te coucher.

Il approcha doucement son visage vers le bébé qu’Odette lui présentait et lui fit un énorme baiser sur la joue. Julienne le sortit de sa chaise haute et alla le coucher dans sa chambre.

Lorsqu’elle revint, Odette allaitait Raymonde. La petite, bien calée contre elle, somnolait tout en tétant le mamelon gonflé de lait.

— Qu’est-ce qu’elle profite bien ta fille, dis donc ! Tu as beaucoup de lait. Moi je n’ai allaité Maurice que quelques mois ! s’exclama Julienne.

— Oui, mais avec la guerre, les privations qu’il va y avoir… je ne sais pas si ça va durer ! Si nous venons à manquer de nourriture, il se pourrait que je n’aie plus autant de lait, répondit Odette.

Julienne s’affairait à faire du café en écoutant sa sœur.

— Nous avons des réserves ici, tu le sais bien ! Bientôt, il y aura des châtaignes et des noix ! Donc n’hésite pas à nous demander si tu as besoin de quelque chose.

Odette regarda sa fille pensivement.

— Odette, il ne faut pas commencer à baisser les bras ! Nous devons être fortes pour nos enfants, insista Julienne.

Sa sœur releva lentement la tête, des larmes silencieuses coulant sur ses joues.

Elle les essuya de sa main libre, l’autre tenant tendrement Raymonde contre son sein.

— Je ne sais pas comment tu fais, Julienne, pour être aussi forte ! Avec maman à t’occuper, papa qui se laisse vivre…

Julienne, assise en face d’elle, posa ses deux coudes sur la table et se pencha vers sa sœur.

— Je n’ai pas le choix, ma pauvre Odette. Maman ne se lève pratiquement plus, elle souille son lit la nuit. Le matin, je dois changer les draps, la mettre sur le pot de chambre, faire entièrement sa toilette, m’occuper de Maurice, mouillé lui aussi, et qui réclame son biberon à hauts cris et aussi préparer la soupe de pain pour que le père déjeune en revenant de la traite. Et le ménage, et la basse-cour… Et j’en passe ! Comme tu dis, papa se laisse vivre ! La traite terminée, sa soupe avalée, il part à Sarlat acheter le pain pour ne revenir qu’à l’heure du repas, le vin blanc dans le ventre. Et là, je peux te dire qu’il vaut mieux que le repas soit prêt et que Maurice soit calme ! Sinon, il commence à nous crier dessus jusqu’à ce qu’il parte à la sieste ! Le reste des corvées, c’est Roger qui doit les faire en rentrant. Cela ne lui plaît pas, fatigué par sa journée et c’est normal, donc il se dispute avec le père à chaque souper.

Julienne arrêta de parler, essoufflée par sa tirade et un peu soulagée d’avoir pu se confier à sa sœur de la vie qu’elle menait au Lander. Odette resta quelques minutes abasourdie par ce qu’elle venait d’entendre.

— Je suis désolée, Julienne, je ne pensais pas que ce soit à ce point-là !

— Lorsque vous venez nous rendre visite, j’essaie de ne pas le montrer. J’adore nos parents et j’ai honte de me plaindre. C’est mon devoir de m’occuper de maman.

— Et tu le fais très bien, tu sais ! Je t’admire. Mais tu devrais avoir une discussion avec papa, lui dire que la guerre risque de nous prendre nos hommes et que tu ne pourras pas tout faire.

— Oui, mais depuis que maman est comme ça, nous ne pouvons plus discuter avec papa sans qu’il s’emporte, avoua Julienne.

Une bourrasque de vent fit claquer le volet de la cuisine, suivie par l’entrée précipitée des deux hommes. Les deux femmes sursautèrent de surprise et Raymonde se mit à vagir, le téton d’Odette étant sorti de sa petite bouche affamée. Elle la repositionna de façon à ce qu’elle puisse téter et celle-ci se calma aussitôt, reprenant tranquillement son repas.

Julienne tourna rapidement le dos aux hommes le temps d’essuyer ses larmes et de se moucher afin qu’ils ne remarquent rien. À l’extérieur, un vent violent accompagné de pluie se déchaînait sur la ferme.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CHAPITRE 2

 

 

 

Le lendemain, la pluie s’était calmée. La cour était jonchée de feuilles dont les arbres s’étaient dévêtus précocement à cause du vent. De retour du poulailler, une petite brise fraîche fouetta le visage de Julienne et elle regarda cet amas de feuilles détrempées qu’il faudrait ramasser. Un travail supplémentaire en perspective dans sa journée déjà bien remplie. Elle rentra dans la cuisine et trouva son père attablé devant sa soupe matinale. Il venait de la terminer et se préparait son chabrol1 avec son vin récolté l’année précédente. Le nouveau ne tarderait pas àarriver car les vignes étaient gorgéesde grappes de raisin arrivé à maturité, et la vendange était prévue pour bientôt. Les voisins viendraient aider Julien et Julienne préparerait le repas de midi pour les vendangeurs. Heureusement, Denise, la voisine dévouée, viendrait lui prêter main forte à la cuisine.

Il était presque huit heures, Maurice n’allait pas tarder à se réveiller. Elle devait donc préparer le petit-déjeuner de Marguerite avant que celui-ci ne réclame son biberon. Levée à six heures, la journée de Julienne était déjà bien entamée. Elle avait fait la toilette de sa mère, lui avait changé ses draps, et celle-ci patientait dans sa literie fraîche parfumée à la lavande séchée. Marguerite en profitait pour lire les romans que Julienne ramenait de la bibliothèque municipale. Cela lui faisait passer le temps pendant que sa fille s’activait. Lorsque Julienne entra dans la chambre avec le plateau garni d’un bol de café fumant et de deux tartines beurrées, elle glissa l’image de la Sainte Vierge, acquise lors de ses années de catéchisme, entre les deux pages en guise de marque-page. Julienne posa le plateau sur la table de nuit et aida sa mère à s’asseoir, calée contre deux oreillers de plume. Puis elle disposa le petit-déjeuner sur ses genoux.

— Merci ma fille, dit Marguerite avec un sourire timide.

Julienne lui arrangea une mèche de cheveux rebelle qui tombait sur son front et fut émue de constater que sa mère était toujours aussi belle malgré son état. Seule sa maigreur laissait apparaître des joues creuses, alors que sa peau peu ridée était lisse et laiteuse. Aussi insista-t-elle pour qu’elle mange ses tartines.

— Tu sais que je n’ai pas beaucoup d’appétit le matin, s’excusa Marguerite.

Julienne fronça les sourcils comme elle avait tendance à le faire pour réprimander Maurice.

— Ne me raconte pas d’histoire, maman ! Tu vas me dire la même chose à midi et ce soir !

Marguerite, tel un enfant obéissant, prit une tartine et la trempa dans son bol de café avant de la porter à sa bouche.

Julienne sourit et retourna dans la cuisine. Son père feuilletait le journal de la veille, attendant l’heure d’aller à Sarlat chercher le pain et retrouver ses copains au bar. Julienne soupira en ramassant son assiette vide, laissée sur la table et alla la déposer dans l’évier de pierre. Il n’y avait plus d’eau dans le seau, la fontaine n’était qu’à quelques mètres de la maison, à l’entrée de la ferme.

— Papa, peux-tu aller me chercher de l’eau, s’il te plaît ? Je n’en ai plus du tout et je dois faire bouillir les draps de maman.

Il releva la tête et regarda Julienne par-dessus ses lunettes.

— Encore ! Tu as déjà fait bouillir avant-hier ! s’exclama-t-il.

— Oui, maman souille ses draps toutes les nuits.

Julien baissa la tête sur son journal sans répondre. La paralysie de Marguerite le faisait tant souffrir qu’il n’avait plus goût à rien ! Seuls ses amis du bistrot lui faisaient oublier quelques heures ses problèmes. Cela faisait plusieurs jours qu’il réfléchissait seul dans son étable, au milieu de ses bêtes. Il était temps de parler à Julienne, ça ne pouvait plus durer. Il replia le journal et posa ses lunettes. Il toussota pour attirer l’attention de sa fille. Celle-ci n’y prenant pas garde, il l’appela.

— Julienne, s’il te plaît ! Viens t’asseoir une minute.

Celle-ci se retourna brusquement.

— Papa, je n’ai pas le temps ! Qu’est-ce qu’il y a ? demanda-t-elle devant la mine sérieuse et triste de son père.

Il réitéra son ordre.

— Assieds-toi !

Julienne inquiète, obéit. Julien se gratta la tête, juste derrière l’oreille droite, une habitude qu’il avait lorsqu’il avait quelque chose d’important à dire.

— Ma fille, je sais que je ne fais plus grand-chose mais je n’en ai plus le courage depuis que ta mère est comme ça. Si je traîne au bistrot, c’est pour oublier tout ça, pour ne pas avoir sous les yeux une femme, ma femme, dans cet état, elle qui était si courageuse, travailleuse.

Julienne s’énerva.

— Dis donc papa ! Et moi ? Tu crois que ça ne me fait rien de la voir comme ça ? Mais c’est ma mère et c’est mon devoir de m’en occuper ! C’est ta femme, tu devrais être fort et accepter la situation. Lorsque tu fais ton travail à l’extérieur, tu n’as pas maman sous les yeux à chaque instant que je sache !

Julien se cacha les yeux de ses deux mains et se mit à pleurer. Julienne n’avait jamais vu son père dans cet état. Elle en fut peinée et se leva pour le prendre dans ses bras. Elle le berça tendrement.

— Chut papa, calme-toi !

Celui-ci prit son mouchoir à carreaux dans la poche de son pantalon, s’essuya les yeux et se moucha. Il était honteux d’avoir craqué comme cela devant sa fille. Il inspira bruyamment et demanda à Julienne de reprendre sa place en face de lui.

— Excuse-moi Julienne, mais tu ne comprends pas comme je suis à bout de nerfs. Je n’en peux plus de cette ferme, je ne veux plus m’en occuper et ton mari et toi avez assez de travail comme ça. J’ai décidé de vendre les vaches, avoua-t-il.

Julienne blêmit.

— Papa, nous avons besoin de lait pour Maurice et pour vivre. Il n’y a que ça que nous pouvons vendre !

Julien secoua la tête de gauche à droite.

— Nous garderons Pompon, les poules pour les œufs et la viande et je continuerai le potager pour les légumes. Ça nous suffit amplement. Et puis, il y a le salaire de Roger ! Pour le lait, nous l’achèterons à Denise, tu n’en manqueras pas pour Maurice.

En fait, Julienne se dit que ce n’était pas une si mauvaise idée car Julien n’avait plus envie de faire quoi que ce soit, c’était peine perdue !

— Tu as peut-être raison, mais tu dois me promettre de continuer le potager. Avec la guerre, nous aurons besoin de nourriture et j’ai promis à Odette de lui fournir des légumes si elle se trouvait dans le besoin.

— Oui, ne t’inquiète pas, je sèmerai quelques rangées de plus. On verra l’année prochaine comment cette guerre aura tourné, et je louerai le pré du bas à Gilbert pour son blé, il l’a toujours convoité. Je vendrai aussi des prés, Pompon n’a pas besoin de beaucoup de fourrage. Je garde la vigne, elle nous rapporte du vin pour l’année. Comme ça, vous aurez moins de travail et moi je serai plus tranquille de savoir que je ne laisse pas mon travail aux autres. Je ne suis pas un fainéant, Julienne, mais je suis dégoûté de la vie !

Julienne comprit que son père était très malheureux, qu’il avait dû ruminer ça depuis longtemps et s’en voulut de ne pas s’en être aperçue. Voilà comment soucis et problèmes peuvent anéantir la force d’un homme.

 

*

Après en avoir longuement discuté à la veillée avec Roger, il fut donc décidé de vendre les vaches mais de continuer à élever un cochon afin d’avoir des réserves de viande et de charcuterie. Pierre, marchand de bétail, accepta de les acheter à Julien pour un bon prix.

À peine une semaine plus tard, les vaches quittèrent la ferme du Lander. Julien et Julienne, avec Maurice dans ses bras, regardèrent le troupeau partir sur le chemin, des larmes perlant à leurs paupières. Malgré le désir de s’en séparer, Julien était attaché à ses animaux qu’il nourrissait et trayait tous les jours depuis plusieurs années.