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À l'heure où je dicte ces lignes à mon humaine, je suis une belle chatte adulte de deux ans et demi. Je suis élancée, robuste et sûre de moi. Mais j'étais née malingre, chétive, angoissée ; j'ai souffert d'un manque de nourriture, d'amour, d'attention. J'ai appris la lutte pour la vie en développant mes instincts et en cultivant mes attachements. Cet album est l'histoire de ma vie de chatonne.
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Seitenzahl: 27
Veröffentlichungsjahr: 2020
Je réponds, s'il me plaît, au nom de Leïla.
Je suis née au sein d’une portée de cinq chatons que Maman a mise au monde le dernier jour de l’année des humains 2017.
Mon père est, paraît-il, un caïd de gouttière qui a su charmer Maman une nuit de froidure, à Paris du côté de la Grange aux Belles.
Mon humaine m’a nommée Leïla car ce mot signifie la nuit dans deux langages humains qui, selon elle, gagnent à s'entendre.
Pour ce qui m’intéresse, la nuit est une allusion directe à mon beau pelage noir, hérité de Maman.
Je tiens sans doute de mon père mon poitrail blanc et mes yeux dorés.
La famille d’humains qui hébergeait Maman était sans chichis. On nous laissait nous amuser et courir partout sans restriction : « libres chatons de Summerhill », disaient-ils.
Maman était moins permissive. Elle nous éduquait : la litière, la toilette après le repas, les longues heures de sommeil obligatoires pour restaurer notre énergie, les griffes rétractiles…
En fait, elle éduquait surtout mes quatre frères et sœurs car j’étais, des cinq, la plus petite, la plus malingre, la moins forte, la moins prometteuse.
Suivant en cela l’instinct de tous les fauves – et peut-être de tout le vivant – Maman privilégiait les chatons les plus forts, à mon détriment. J’étais toujours la dernière arrivée pour l'allaitement, je n’avais que les dernières gouttes ; et seulement lorsque je parvenais, à coups de crocs et de griffes, à me frayer un chemin jusqu’au téton tant désiré mais peut-être déjà sec.
Maman ne m’a pas appris à rentrer mes griffes.
Le docteur Pron explique que c’est parce qu’elle n’a pas voulu perdre du temps à m’éduquer alors que j’étais le pourcentage potentiellement non viable de la portée.
J’aime à croire que c’est aussi une chance qu’elle m’a laissée de pouvoir me défendre et me battre pour ma survie.
PREMIER À LA TÉTÉE : MON FRÈRE MÉPHISTO
CATNAPPING : NOUS VOYAGEONS
NOTRE HUMAINE : UNE ÉDUCATION À FAIRE
NOUVEAU DÉMÉNAGEMENT : DÉCOUVERTE MERVEILLEUSE
NOTRE TERRITOIRE !
LES MATOUS
RÔLE MYSTÉRIEUX DU DOCTEUR PRON
PREMIER ÉTÉ
LA CHASSE : MOI, PANTHÈRE
LA NUIT : MOI, LEÏLA
DANS LA MAISON
LES HUMAINS ET LE CHATMAN
L’INFÂME RÉGIME
J’ai un peu tardé à vous le présenter, volontairement, car il n’a que trop tendance à jouer les indispensables.
Mais je dois vous dire qu’indispensable, il l’est pour moi.
Ce grand gaillard aux pattes puissantes poussait nos frères et sœurs pour me permettre de grappiller les quelques gouttes de lait nécessaires à ma survie. Et quand je ne parvenais pas à gagner à force de ténacité ma place au chaud dans le giron de Maman, je me blottissais tout contre lui pour des siestes malgré tout réconfortantes.
Lorsque nous fûmes âgés de trois mois, la famille Summerhill commença à nous nourrir de croquettes car Maman se lassait de nous allaiter.
À la même période, ils décidèrent de nous séparer pour nous envoyer vivre chacun chez des humains différents et ne garder chez eux que notre mère.
