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Extrait : "J'étais seul, assis à ma table ; je taillais mes plumes, ce qui veut dire que je n'avais guère d'envie d'écrire, quoique le loisir ne me manquât pas ! Mais bientôt les souvenirs ranimèrent ma pensée : je me reportai vers les lieux que j'ai parcourus il y a peu de temps, et les noms fameux, et les sites extraordinaires de l'Andalousie, de l'Afrique, me rendirent toutes les inspirations de la poésie !"
À PROPOS DES ÉDITIONS LIGARAN
Les éditions LIGARAN proposent des versions numériques de qualité de grands livres de la littérature classique mais également des livres rares en partenariat avec la BNF. Beaucoup de soins sont apportés à ces versions ebook pour éviter les fautes que l'on trouve trop souvent dans des versions numériques de ces textes.
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Seitenzahl: 27
Veröffentlichungsjahr: 2015
Paris, ou le Livre des Cent-et-Un publié en quinze volumes chez Ladvocat de 1831 à 1834, constitue une des premières initiatives éditoriales majeures de la « littérature panoramique », selon l’expression du philosophe Walter Benjamin, très en vogue au XIXe siècle. Cent un contributeurs, célèbres pour certains, moins connus pour d’autres, appartenant tous au paysage littéraire et mondain de l’époque, ont écrit ces textes pour venir en aide à leur éditeur qui faisait face à d'importantes difficultés financières… Ainsi ont-ils constitué une fresque unique qui offre un véritable « Paris kaléidoscopique ».
Le présent ouvrage a été sélectionné parmi les textes publiés dans Paris ou le Livre des Cent-et-Un. De nombreux titres de cette fresque sont disponibles auprès de la majorité des librairies en ligne.
En 1831
J’étais seul, assis à ma table ; je taillais mes plumes, ce qui veut dire que je n’avais guère d’envie d’écrire, quoique le loisir ne me manquât pas !… Mais bientôt les souvenirs ranimèrent ma pensée : je me reportai vers les lieux que j’ai parcourus il y a peu de temps, et les noms fameux, et les sites extraordinaires de l’Andalousie, de l’Afrique, me rendirent toutes les inspirations de la poésie !
La tragédie dont j’ai tracé le plan, et que j’ai commencée pendant ce voyage, m’apparut dans toute sa simplicité !… Ce drame sans amour, animé seulement par la double peinture de la chevalerie mauresque et chrétienne, et par les combats de la tendresse maternelle, me semblait susceptible des beautés les plus neuves et les plus sublimes. Une foule d’idées accessoires se présentaient à mon imagination pour fortifier les couleurs du sujet et pour faire ressortir les scènes les plus pathétiques. Je me sentais transformé en un esprit créateur ; une force supérieure s’emparait de mon âme ; une fontaine de vie coulait dans mon cœur : tous mes désirs étaient nouveaux, toutes mes impressions inconnues !… Sentir vivement, c’est toujours faire une découverte !… Quelles larmes délicieuses m’arrachait l’amour du devoir et de la patrie ! ! !… Comme je souffrais, avec mon héros, des peines de l’ambition, même lorsqu’elle est noble et légitime ! !… Et l’amour maternel !… que de secrets il me révélait !… J’écrivais des vers, je dessinais des scènes avec la rapidité de la pensée ; dans mon ivresse poétique il me semblait impossible de ne pas faire partager au monde entier mes émotions, mon enthousiasme ; je me sentais le maître des cœurs : j’étais heureux ! !…
Quelle fut ma joie en me voyant interrompu par deux amis, à qui j’allais pouvoir communiquer une partie de mon bonheur, que j’allais entraîner dans mes songes, enchanter de mes illusions !… J’essayerais mes conceptions sur leur esprit !… ils me confirmeraient dans mes espérances, ils m’encourageraient dans mes efforts !… Oserai-je l’avouer, plus tard ils me causèrent en s’en allant un second plaisir, presque aussi vif que le premier !
Pour expliquer cette contradiction, il est nécessaire de raconter notre conversation. Mais avant de commencer ce récit, je veux tracer le portrait des deux personnes qui vont y jouer les principaux rôles, et dont j’avais un peu oublié le caractère, au moment où je me réjouis de leur arrivée !…
Le plus âgé, que j’appellerai l’impartial
