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Dans "Les aventures du roi Pausole", Pierre Louÿs offre une œuvre empreinte d'une sensualité raffinée et d'une ironie mordante, typique des écrits de la fin du XIXe siècle. Ce récit met en scène le roi Pausole, un monarque fantasque et hédoniste dont les aventures le mènent dans des contrées idylliques peuplées de personnages divers, oscillant entre érotisme et métaphysique. Le style de Louÿs, riche en allusions classiques et en références à la poésie érotique, se mêle à une prose évocatrice, illustrant son penchant pour la beauté et la complexité des sentiments humains. Ce roman s'inscrit dans un contexte littéraire marqué par le Symbolisme et le Décadentisme, reflétant les préoccupations et les aspirations d'une époque en quête de nouvelles formes d'expression artistique. Pierre Louÿs, né en 1870, fut influencé par sa formation littéraire et par son admiration pour l'Antiquité, qui se manifeste dans une fascination pour le désir et l'esthétique. En tant qu'écrivain et poète, Louÿs a toujours cherché à explorer les nuances de l'expérience humaine, en particulier celles liées aux passions. Ses voyages et ses études approfondies sur les thèmes du plaisir et de la beauté ont forgé son imaginaire, alimentant l'écriture de "Les aventures du roi Pausole" qui se distingue par son audace et sa recherche de la joie. Je recommande vivement ce roman à ceux qui s'intéressent aux explorations littéraires de la sexualité et des émotions humaines, ainsi qu'à ceux qui apprécient les récits empreints de poésie et de mystère. "Les aventures du roi Pausole" est une lecture incontournable pour quiconque désire plonger dans l'intimité d'un univers où le sublime côtoie le grotesque, tout en révélant les complexités de la nature humaine. Dans cette édition enrichie, nous avons soigneusement créé une valeur ajoutée pour votre expérience de lecture : - Une Introduction succincte situe l'attrait intemporel de l'œuvre et en expose les thèmes. - Le Synopsis présente l'intrigue centrale, en soulignant les développements clés sans révéler les rebondissements critiques. - Un Contexte historique détaillé vous plonge dans les événements et les influences de l'époque qui ont façonné l'écriture. - Une Analyse approfondie examine symboles, motifs et arcs des personnages afin de révéler les significations sous-jacentes. - Des questions de réflexion vous invitent à vous engager personnellement dans les messages de l'œuvre, en les reliant à la vie moderne. - Des Citations mémorables soigneusement sélectionnées soulignent des moments de pure virtuosité littéraire. - Des notes de bas de page interactives clarifient les références inhabituelles, les allusions historiques et les expressions archaïques pour une lecture plus aisée et mieux informée.
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Veröffentlichungsjahr: 2021
Que devient la morale quand le plaisir n’est plus l’exception mais la loi coutumière d’un royaume? À travers la figure d’un souverain paisible et d’une cour placée sous le signe de la douceur de vivre, Les Aventures du roi Pausole met en scène un monde où l’éthique se mesure au bonheur plutôt qu’à l’interdit. Le roman fait miroiter une utopie souriante, mais la traverse d’interrogations sur les limites de la tolérance, la responsabilité individuelle et l’art de gouverner. Sous l’élégance de sa fantaisie, l’ouvrage propose une méditation subtile sur la liberté, sa promesse et ses paradoxes concrets.
Œuvre de Pierre Louÿs, écrivain majeur de la Belle Époque, ce livre relève du roman satirique teinté de libertinage aimable et de conte philosophique. Publié au début du XXe siècle, il s’inscrit dans un moment où l’imaginaire littéraire s’enthousiasme pour les micro‑utopies et les sociétés fictives, afin de réfléchir aux mœurs contemporaines. Le cadre est un petit royaume imaginaire, ensoleillé, hors des urgences historiques, qui offre à l’auteur une scène idéale pour éprouver des principes de gouvernement par le plaisir, tout en observant – avec humour – la pesanteur des usages, des convenances et des hiérarchies.
La prémisse tient à un dérèglement aussi léger qu’inattendu: une initiative individuelle, à la cour, vient bousculer l’ordonnance paisible d’un État fondé sur l’indulgence. À partir de ce grain de sable, l’intrigue s’éparpille en poursuites galantes, quiproquos, travestissements et micro‑révolutions protocolaires, sans jamais perdre son sourire. Le lecteur découvre un souverain qui préfère apaiser plutôt que punir, des officiers contraintes par le cérémonial, et des jeunes gens avides d’émancipation. L’aventure demeure sans cruauté, doucement irrévérencieuse, et avance par scènes rapides où se combinent le badinage, la suggestion et la comédie d’observation.
L’expérience de lecture tient à une prose claire, souple, précise, que Louÿs accompagne d’une ironie continue et d’une sensualité allusive. Le récit alterne descriptions fines, apartés malicieux et dialogues vifs, avec un sens du rythme qui emprunte autant au vaudeville qu’au conte moral. La légèreté n’exclut pas la tenue: la phrase demeure élégante, les images sont nettes, et la musique du texte entretient une gaieté sans vulgarité. On goûte une langue qui s’autorise la malice tout en veillant à la mesure, et qui fait de la fantaisie un instrument critique aussi efficace qu’agréable.
Par‑delà l’anecdote, le livre explore les ressorts de la liberté et ses contrepoids: comment concilier le désir individuel, l’ordre public et la délicatesse due à autrui? Il interroge la part de théâtre dans la vie sociale, la puissance des masques et des rôles, la bureaucratie du bonheur et l’hypocrisie morale. La figure du souverain indulgent sert de miroir à nos attentes envers le pouvoir: protéger sans étouffer, guider sans contraindre. La satire vise moins des personnes que des mécanismes – ceux qui transforment des principes généreux en routines, et des élans en dogmes, fût‑ce au nom du plaisir.
L’actualité de l’ouvrage tient à la clarté avec laquelle il aborde des questions qui persistent: l’autonomie des corps, le consentement, la régulation des mœurs, la place du politique dans l’intime. Sa fantaisie permet d’examiner, à distance de polémique, ce que valent nos normes dès qu’on les confronte au vécu. À l’heure où l’on discute d’éthique du care, de libertés publiques et de moralismes concurrents, la comédie de Louÿs éclaire le présent par détours: elle montre comment les institutions façonnent les désirs, et comment les désirs, s’ils s’ignorent, reconstituent des institutions.
Lire Les Aventures du roi Pausole, c’est entrer dans une satire souriante qui n’impose pas une thèse mais propose des expériences, des angles et des rires lucides. On y trouve la grâce d’une langue tenue, la légèreté d’un divertissement et la portée d’une méditation sur le vivre‑ensemble. Certes, certains codes de la représentation sentimentale appartiennent à son époque; l’intérêt demeure cependant dans la finesse du regard et la capacité du roman à faire travailler l’idée de liberté au cœur de la comédie. C’est une porte hospitalière vers des débats que notre temps n’a pas clos.
Publié en 1901, Les aventures du roi Pausole de Pierre Louÿs est un roman satirique situé dans un petit royaume imaginaire gouverné par un monarque hédoniste et pacifique. Pausole règne selon quelques principes très simples, prônant la douceur, la liberté individuelle et la paix des mœurs. Son palais abrite un vaste sérail et une cour d’officiers zélés, souvent plus soucieux d’étiquette que d’équité. Louÿs y met en scène une utopie sensuelle soumise à l’épreuve des réalités administratives, afin d’examiner les tensions entre liberté et ordre, désir et loi, en usant d’un ton léger qui masque à peine une critique précise des morales imposées.
Le début présente un souverain oisif, philosophe à sa manière, dont l’autorité repose plus sur l’exemple que sur la contrainte. Sa fille, élevée à l’abri des intrigues et des conventions de la cour, découvre la curiosité et la possibilité d’une vie qui ne se limite pas aux règles du palais. Autour d’eux, une administration tatillonne cumule règlements et formulaires, prête à transformer la souplesse royale en codes rigides. Cette coexistence fragile entre un idéal de tolérance et la mécanique bureaucratique produit les premières dissonances, que Louÿs exploite en scènes vives pour montrer comment l’ordre s’autonomise et finit par contredire sa source.
L’étincelle narrative naît d’une fuite discrète hors de l’enceinte protectrice. Animée par l’attrait du monde et des expériences inédites, la jeune princesse s’échappe, usant de travestissements et d’alliances de circonstance. Sa disparition provoque l’affolement des services du palais, bientôt enclenchés dans une chasse où proclamations et avis se succèdent. Tandis que l’on brandit la morale pour justifier les poursuites, le lecteur mesure l’écart entre la clémence du roi et le zèle de ses agents. La ville et la campagne deviennent un théâtre d’imbroglios, où le contrôle social s’exerce par la rumeur, la paperasse et des surveillances aussi comiques qu’intrusives.
Pausole, plus curieux que courroucé, quitte à son tour sa quiétude pour suivre la trace de l’événement. En chemin, il observe ses sujets, écoute leurs plaintes, et voit comment les règlements, pensés pour protéger, durcissent les existences. La légèreté du récit n’exclut pas la lucidité: l’auteur multiplie les rencontres qui dévoilent la duplicité des moralistes, l’arrivisme des fonctionnaires et l’inventivité des marginaux. L’itinérance du roi, parfois incognito, sert de miroir mobile à son propre idéal. Confronté aux conséquences humaines des décrets, il éprouve la difficulté de maintenir, à l’échelle d’un pays, une éthique de liberté fondée sur la responsabilité.
En parallèle, la jeune fugitive explore les possibilités du désir et de l’affection, dans un cadre où le consentement et le jeu des apparences tiennent lieu de règles. Les scènes de travestissement, d’initiation et de malentendu restent enjouées, mais révèlent le poids des conventions sociales, du commerce des corps et des illusions romanesques. Louÿs y traite la sexualité avec un mélange de fantaisie et de précision, sans moraliser ni absoudre, laissant au lecteur le soin d’évaluer ce qui libère et ce qui subjugue. Les trajectoires croisées convergent vers des lieux publics où la visibilité redouble enjeux et quiproquos.
À mesure que l’intrigue s’épaissit, les autorités locales durcissent les mesures de contrôle, publiant avis, interdictions et convocations, tandis que des spectacles et des fêtes attirent foules et regards. Un enchaînement de méprises et de reconnaissances partielles met chacun face à ses contradictions. Pausole est amené à arbitrer, non par la force, mais par l’argument, rappelant sa préférence pour l’absence de contrainte dès lors que nul n’est lésé. Les décisions provisoires qu’il prend désamorcent les excès et replacent la responsabilité sur les individus, sans clore toutes les intrigues, de sorte que l’élan comique demeure et que l’issue reste prudemment ouverte.
Au-delà des péripéties, le roman interroge la possibilité d’une politique du plaisir, où la souplesse des normes primerait sur la punition. En opposant un idéal de non-nuisance à l’automatisme des règlements, Louÿs élabore une satire de la moralité publique et des appareils de contrôle, qui conserve sa pertinence. Son écriture rapide, aphoristique et visuelle, soutient une comédie d’allure légère dont les enjeux sont durables: la place accordée à la liberté, la responsabilité individuelle et le rôle de l’État dans l’intime. Les aventures de Pausole laissent ainsi une résonance critique, sans moraliser ni trancher, en invitant à penser les limites du pouvoir.
Publié en 1901 à Paris, Les Aventures du roi Pausole paraît au cœur de la Belle Époque, sous la Troisième République (1870–1940). Son auteur, Pierre Louÿs (1870–1925), figure des lettres fin-de-siècle, y transpose un royaume imaginaire, micro-monarchie hors de la carte européenne, qui lui sert de cadre satirique. La France connaît alors une croissance urbaine, des innovations techniques et un foisonnement éditorial. Les institutions républicaines, consolidées après les crises des années 1870–1880, coexistent avec une culture mondaine et des cercles littéraires actifs. Ce contexte de prospérité relative et de libertés encadrées encourage l’expérimentation formelle, tout en tolérant difficilement l’audace érotique.
Le roman s’inscrit dans l’héritage décadent et symboliste qui marque les années 1890. Louÿs fréquente les milieux du Mercure de France, l’entourage de Stéphane Mallarmé et d’André Gide. Ses Chansons de Bilitis (1894), pastiche présenté d’abord comme traduction de poèmes antiques, et Aphrodite (1896) ont établi sa réputation d’esthète sensuel, attentif à l’Antiquité et aux mythologies de la volupté. Cette veine érudite, allusive et volontiers pastichante nourrit Pausole, où l’élégance de la langue et le jeu intertextuel priment la psychologie réaliste. L’œuvre prolonge ainsi un goût fin-de-siècle pour les fictions éloignées du quotidien, propices à une critique indirecte des mœurs contemporaines.
Le régime juridique de la presse et du livre, défini par la loi de 1881, garantit la liberté de publication tout en sanctionnant l’“outrage aux bonnes mœurs”. Dans les années 1890–1900, des ligues de moralité et des juges poursuivent périodiquement images licencieuses, affiches ou brochures. Les lois scélérates de 1893–1894, visant la propagande anarchiste, renforcent l’arsenal répressif contre la presse subversive. Parallèlement, des éditeurs et auteurs d’écrits érotiques choisissent l’allégorie, l’Antiquité ou des pays imaginaires pour contourner les sensibilités dominantes. Le royaume de Pausole s’inscrit dans ce procédé: un espace fictional détaché de la France contemporaine, où l’exploration des désirs se déploie sous couvert de fantaisie.
Au tournant du siècle, la question du statut des femmes anime la vie publique. Le divorce, rétabli par la loi Naquet de 1884, reconfigure les débats sur le mariage. Des militantes comme Hubertine Auclert et Marguerite Durand, fondatrice du quotidien La Fronde (1897), revendiquent des droits civils et politiques. La pensée néo-malthusienne, portée notamment par Nelly Roussel, promeut la maîtrise de la natalité. Parallèlement, la sexologie naissante (Krafft-Ebing, Havelock Ellis) diffuse un vocabulaire nouveau sur le désir et les normes. Pausole s’insère face à ces controverses: en déplaçant le cadre, il met à l’épreuve, par le biais de la fiction, les conventions conjugales et la contrainte sociale.
La fin du XIXe siècle français nourrit un imaginaire d’exotisme, entre expéditions coloniales et expositions universelles (1889, 1900) qui exhibent des “villages” et des spectacles ethnographiques. Dans les arts, l’Orientalisme – des toiles d’Ingres aux récits de Flaubert – popularise harems, souverains et sensualité codifiée. Louÿs, fasciné par l’Antiquité et des ailleurs stylisés, mobilise ces répertoires. Le royaume fictif de Pausole relève moins d’une géographie réelle que d’un décor composite emprunté à ces conventions. Ce choix permet d’aborder des questions de liberté, de vêtement, de rites et de pouvoir sans viser un pays précis, et d'observer la réception européenne de fantasmes d’“Orient” ou d’Âge d’or.
La France de 1901 est travaillée par le souvenir immédiat de l’affaire Dreyfus (ouverte en 1894, révisions en 1899 et 1906), qui a mis en cause l’armée, la justice et la presse. L’anticléricalisme s’intensifie: loi sur les associations (1901), politique de Combes (1902–1905), séparation des Églises et de l’État (1905). Dans le spectacle, la tradition de l’opéra-bouffe depuis Offenbach tourne en dérision rois et ministres. Pausole s’inscrit dans cette veine: la figure monarchique sert d’instrument de satire douce des institutions – cérémonial, police, censure, bureaucratie – observées à distance, sous un masque de comédie, plutôt qu’à travers un réquisitoire politique frontal.
La Belle Époque voit l’essor d’une presse de masse illustrée, des cabarets montmartrois et d’un théâtre léger qui mêle ironie et audace. Les lecteurs goûtent les feuilletons, les chroniques et les romans courts à l’esprit voltairien. L’écriture claire et rythmée de Louÿs s’y adapte aisément. La postérité du livre en atteste: il inspirera une opérette, Le Roi Pausole, composée par Arthur Honegger sur un livret d’Albert Willemetz, créée en 1930. Ce passage à la scène confirme la dimension ludique et musicale d’un récit conçu pour divertir un public urbain cultivé, tout en lui offrant, sous le sourire, une réflexion sur l’autorité et la morale.
En situant son intrigue dans un royaume imaginaire, Louÿs réunit deux traits majeurs de son époque: l’hédonisme esthétique de la Belle Époque et une interrogation sceptique sur les normes. L’ouvrage reflète l’attrait pour les décors lointains et les libertés individuelles, mais il critique, par contraste, la rigidité des morales officielles, la pesanteur des institutions et la crispation censeurale. Sans discours théorique, il met en scène des choix de vie qui, en 1901, alimentent débats féministes, médicaux et juridiques. Ainsi, le roman fonctionne comme miroir satirique: un divertissement policé qui « dépayse » le lecteur pour mieux éclairer les tensions de la France contemporaine.
