Les barbariques - Eric Deverrewaere - E-Book

Les barbariques E-Book

Eric Deverrewaere

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Beschreibung

Notre monde est-il barbarique ?

Eric Deverrewaere vous propose un nouveau voyage à travers ce roman au parfum médiéval et malgré tout tellement contemporain. Un mot prononcé dans une échope d'une ville romantique a suffi à éveiller sa plume : "barbarique".
Notre monde est-il barbarique ? L'actualité et les faits divers nous l'expliquent quotidiennement, mais l'auteur a choisi une autre voix, celle de l'amour pour rendre doux l'atroce, pour rendre beau l'insupportable. Rentrez dans son monde frontière où la fiction embellit la vie, franchissez le seuil de la boutique, laissez vous attirer par un ours en peluche et à la dernière page tournée vous aurez la réponse à cette question !

Découvrez un roman au parfum médiéval, et plongez dans un récit qui prend le parti de choisir la voix de l'amour pour rendre doux l'atroce et beau l'insupportable.

EXTRAIT

La boutique fermée, l'ours Max remisé, nous voici quittant l'échoppe, Thomas droit comme un I... Et l’homme de se lancer dans un discours à forte résonance gutturale où il m’est possible de reconnaître quelques mots d’allemand, appris à l’école, ou d’anglais découverts dans les pubs à siroter des Guinness.
— Eh oui, notre langue est vraiment « barbarique »... Restez avec moi une heure durant et je vais vous conter une bien curieuse histoire. Puis comme le dit, si bien, un vieil ami, véritable philosophe de la vie, « l’important dans une histoire c’est d’y croire... » Alors, tout à l’heure vous me direz si vous y avez cru...

À PROPOS DE L'AUTEUR

Eric Deverrewaere, cheminot retraité, choisit l'écriture pour occuper son temps libre. Écrire pour être lu, pour distraire, pour faire sourire, pour que le moment passé soit le plus agréable possible.

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Seitenzahl: 118

Veröffentlichungsjahr: 2017

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Table des matières

Résumé

Les barbariques

Dansla mêmecollection

Résumé

Eric DEVERREWAERE vous propose un nouveau voyage à travers ce roman au parfum médiéval et malgré tout tellement contemporain. Un mot prononcé dans une échope d'une ville romantique a suffi à éveiller sa plume : "barbarique".

Notre monde est-il barbarique ? L'actualité et les faits divers nous l'expliquent quotidiennement, mais l'auteur a choisi une autre voix, celle de l'amour pour rendre doux l'atroce, pour rendre beau l'insupportable. Rentrez dans son monde frontière où la fiction embellit la vie, franchissez le seuil de la boutique, laissez vous attirer par un ours en peluche et à la dernière page tournée vous aurez la réponse à cette question !

« La boutique fermée, l'ours Max remisé, nous voici quittant l'échoppe, Thomas droit comme un I... Et l’homme de se lancer dans un discours à forte résonance gutturale où il m’est possible de reconnaître quelques mots d’allemand, appris à l’école, ou d’anglais découverts dans les pubs à siroter des Guinness.

— Eh oui, notre langue est vraiment « barbarique »... Restez avec moi une heure durant et je vais vous conter une bien curieuse histoire. Puis comme le dit, si bien, un vieil ami, véritable philosophe de la vie, « l’important dans une histoire c’est d’y croire... » Alors, tout à l’heure vous me direz si vous y avez cru... »

Eric DEVERREWAERE, cheminot retraité, choisit l'écriture pour occuper son temps libre. Écrire pour être lu, pour distraire, pour faire sourire, pour que le moment passé soit le plus agréable possible.

Eric Deverrewaere

Les barbariques

Thriller

ISBN : 978-2-35962-860-9

Collection Blanche

ISSN : 2416-4259

Dépôt légal sept 2016

©Ex Aequo

Jamais ce texte contemporain n’a été porteur d’autant de vérités. Fin d’écriture janvier 2015; Charlie! Relecture en novembre, juste après ce putain de vendredi 13, Bataclan, Stade de France, Paris, Saint Denis...

Je dédie ce livre à toutes celles et tous ceux qui ont été frappés par l’ignominie de la barbarie.

Venez découvrir avec moi un monde à la fois contemporain et médiéval. Violent, barbare. Pour tout dire... barbarique.

Un vieil homme au fond de sa boutique qui conte sa haine au milieu de ses ours en peluche aux costumes en laine. Soyez ce visiteur attentif, humain, surpris.

Les solitudes du monde moderne sont au cœur de ce roman aux parfums de guerre fratricide.

Ceci est une pure œuvre de fiction. Ne cherchez pas les clefs, certes il y en a, ne cherchez pas à vous reconnaître, je ne vous connais pas. Ne cherchez pas les lieux, vous les trouveriez. Ne me confiez aucun secret, je ne saurai les garder... Ils pourraient m’inspirer. Je saurai les transcender, et une autre vie leur donner.

Introduction.

B. en Belgique, une ruelle étroite et sombre, je marche. Sur tous les guides touristiques parcourus avant mon départ j’ai lu : « B. mérite le détour... séjour inoubliable... mieux qu’une Venise du Nord... parfaitement romantique.... à découvrir à deux... l’amour au rendez-vous... ».

Par curiosité et envie de dépaysement me voici arpentant les rues de cette ville aux parfums d’histoire et aux architectures typiques, splendides. Le chocolat est le maître mot. Partout des devantures brillamment illuminées et des tonnes de confiseries.

J’ai retenu un hôtel simple, en étage comme il en existe de nombreux ici, une chambre modeste qui donne sur ces formidables venelles médiévales. Je pose mes bagages, je claque la porte de la chambre et me voici parti à l’aventure, pressé de la découverte...

Place lumineuse. Constructions scintillantes. Un cours d’eau anime la vie avec son lac des cygnes, parfaitement romantique. Des Asiatiques se mitraillent avec les animaux blancs en fond d’écran. Une calèche près de la fontaine m’attend, mais non ce sera pour demain, aujourd’hui c’est à pied que je me promène. Je déambule. Quelques gouttes d’eau, une averse prochaine. Je ne suis pas loin de la mer et ici pas d’obstacles pour arrêter les nuées. Je m’enfonce dans la vieille ville...

Ruelle noire. Le soleil ne peut jamais éclairer les étages inférieurs. La chaussée pavée est luisante; ça y est, il pleut sans discontinuer. Les lampadaires de cuivre restent allumés à longueur de journée alors que l’été n’est pas si loin. Mon couvre-chef est à tordre, mon blouson traversé, ma chemise trempée, mais je déambule à la recherche de je ne sais quelle richesse, quel plaisir des yeux, seule la parfaite ignorance du touriste guide mes pas.

À la devanture d’une boutique, un drôle d’ours est posé, ou suspendu. Il semble me tendre la main. J’y vois le symbole de l’accueil réputé de ce pays. Je m’approche : l’ours est très usé, parfaitement élimé. La silhouette de l’animal est peu commune, elle retient mon attention. Envoûtante.

Je me sens prêt à caresser cette peluche d’un autre âge quand mon regard est capté par des milliers d’yeux vitrés qui m’espionnent depuis la vitrine, véritable kaléidoscope, cascade de reflets. Myriades d’irisations. Angoissant.

J’hésite, je fais quelques pas puis je reviens en arrière comme aspiré par je ne sais quoi. Je franchis la porte de l’échoppe. Un petit homme sans âge derrière un comptoir de bois sombre m’accueille, de ridicules lunettes vissées sur l’extrémité de son nez, des yeux bleus glacier, quelques cheveux blancs, presque argentés et une voix plutôt forte.

— Bonjour Monsieur. Êtes-vous français ou francophone?

— Français.

— Je l’avais deviné. Ça se voit. Ça s’entend dès le premier mot, vous avez une façon bien à vous de dire « bonjour ».

Je continue à faire le tour de la boutique où les yeux ne me lâchent pas, les différents ursidés me dévisagent. De toute taille. De toute couleur. Quand la voix derrière le comptoir s’élève à nouveau

— Regardez bien mes ours, ce sont des vrais. Des comme il n’en existe plus nulle part ailleurs.

— Merci, dis-je en poursuivant la visite de ce drôle d’endroit.

La voix d’ailleurs s’élève à nouveau

— Si vous avez un peu de temps, j’aurais plein de choses à vous raconter, mais je ne sais guère si vous me comprendrez. À cause de notre langue trop... « barbarique ».

Et l’homme de se lancer dans un discours à forte résonance gutturale où il m’est impossible de reconnaître quelques mots d’allemand, appris à l’école, ou d’anglais découverts dans les pubs à siroter des Guinness. Rien à faire, je n’entrave que pouic.

Alors, me voyant interdit et perplexe il se met à rire, fort, très fort. Je me sens cerné. Les ours me dévisagent, à tour de rôle. Échoppe du diable ou grotte de l’enfer. Figé, je ne sais plus que faire.

— Eh oui, notre langue est vraiment « barbarique »... Restez avec moi une heure durant et je vais vous conter une bien curieuse histoire. Puis comme le dit, si bien, un vieil ami, véritable philosophe de la vie, « l’important dans une histoire c’est d’y croire... » Alors tout à l’heure vous me direz si vous y avez cru...

Il se déplace sans aisance, abaisse pour moitié son rideau de fer non sans avoir méticuleusement rangé le vieil ours miteux, exposé l’année durant au froid, au gel, à la pluie, au soleil.

— Je vous présente Max. Le premier ours que mon épouse a réalisé pour notre enfant. Sa tête est bien trop plate, mais c’est le tout premier, alors, c’est devenu mon symbole et Max je l’aime tel qu’il est. Mon épouse, je vous en parlerai longuement, fera des progrès en remplissant ces peaux d’ours de copeaux de bois, à l’ancienne... Elle l’a surnommé Max, comme le chien qui nous courait dans les jambes à l’époque. Moi j’aurais préféré Teddy comme tous les « beers » de notre pays. Un Teddybeer c’est pour tous les gosses de notre pays un ours en peluche que l’on trouve au pied du sapin ou dans chaque landau.

Je ne comprends pas pourquoi ce vieux bonhomme m’a enfermé dans sa boutique, mais je pressens une grande aventure derrière ce visage, ce sourire malicieux, ces yeux de glace et de feu, perdus dans l’histoire.

— Accompagnez-moi dans mon arrière-boutique, c’est là où je vis, où je dors, où je bois, où je mange. C’est là où je raconte des histoires aux personnes qui l’acceptent. Vous avez encore le choix, dans moins d’une minute vous serez sous l’emprise, sous mon emprise... ricane-t-il.

Je le suis comme un automate, hypnotisé

— Je m’appelle Thomas (ici les gens disent « Tomasse »), je ne vous dirai pas mon âge, les années passent et je ne me souviens plus exactement du jour où j’ai poussé le premier hurlement de ma drôle de vie. Depuis que ma belle est partie, je ne vis que pour sortir Max chaque matin et le rentrer chaque soir. Mes ours sont mes seuls compagnons. Chacun d’eux est un souvenir qui, parfois, m’empêche de dormir... Aujourd’hui je vais vous conter l’histoire de trois maudits lascars, trois barbares... Laissez-moi vous exposer la situation, arrêtez-moi si vous ne me comprenez pas, mais je crois que je vais vous époustoufler...

Nous nous asseyons autour d’une table en bois brut sur des chaises revêtues d’un velours d’un autre siècle. Sur le plateau trône un vieux lampadaire aux éclats colorés, verrines multicolores sur piétement mordoré. Un pan de mur complet est occupé par de multiples boîtes, sur chaque tiroir un, ou plusieurs, œil de verre nous observe. Le reflet de la lampe les fait luire, briller, vivre. Avec des angles différents, les sphères me regardent, m’espionnent. Cauchemar en perspective... Fascination.

Thomas sort deux petits verres d’un des tiroirs et une drôle de bouteille de forme cylindrique :

— De l’alcool de pays — vous m’en direz des nouvelles.

Je retire mon blouson.

— Allez donc le poser dans la boutique, vous êtes tout trempé et ça goutte sur la moquette. Personne ne viendra nous déranger, vous pouvez avoir confiance...

Il remplit les deux godets, goûte, claque sa langue avec délectation.

— Les Barbariques... voilà l’histoire... Au début de mon histoire? Il y a bien bien longtemps, je n’avais pas encore un seul cheveu blanc, je suis parti visiter votre pays. Avec ma guimbarde, j’ai franchi le Quiévrain et j’ai poursuivi la route tant qu’il y avait du pétrole pour rouler. Je me suis arrêté dans un tout petit village derrière la frontière. J’étais jeune, plein d’entrain, dynamique et innocent, curieux et vaillant. J’allais à la découverte de votre grand pays, celui des droits de l’homme, des libertés et surtout celui des plus belles femmes du monde : la France.

Le village où mon véhicule avait décidé de s’arrêter — le témoin de faible niveau de carburant s’était allumé depuis quelques kilomètres déjà — n’était qu’une grande rue triste avec des maisons de briques rouges ternies de part et d’autre. J’étais tout proche du monument aux morts implanté au centre de ce village, face à un bistro et à l’église. Un drôle de soldat que vous appelez « poilu », peint en bleu vif et cerné par quatre obus, était figé dans son temps d’éternité. La beauté du lieu n’avait rien d’évident, la déception à la hauteur de l’espérance.

Première halte. Premier café. Un vieux monsieur me sert une horreur de boisson noire baptisée ici « expresso ». Pas de sucre, pas de lait, un café noir simple, amer, pour tout dire odieux.

Au bar, des hommes accoudés, aucune femme. Elles sont où vos délicieuses jeunes demoiselles???

Lui s’occupe à lire et à relire le journal, grommelant sans cesse.

— Une bonne guerre, voilà, c’est ça qui leur ferait du bien à ces jeunes cons...

Je ne savais pas ni de qui ni de quoi il parlait, mais sa journée semblait compromise à cause de ces « jeunes cons ». Les statues figées secouaient la tête en disant « remets en un petit... »

Je saluai le tenancier avant de quitter son établissement. Les autres sans un geste ont juste dit « remets-en un petit... » Je me ravisai, revins sur mes pas et lui demandai où se trouvait la première station de gazoline dans son joli pays.

— Gazoline? Vous voulez dire « super ou diesel... ». Il y a la station Esso, qui vous met un tigre dans le moteur, à une trentaine ou la station Elf, de l’essence française 100 %! Je rigole...

—…?

Il m’a alors invité à poursuivre ma route sur quelques kilomètres encore, tourner à droite puis à gauche et ce sera là.

— Vous pouvez pas la manquer la station Elf, c’est écrit en bleu blanc rouge et il n’y en a qu’une!

Les hommes ont levé leur verre. Puis tendu pour une nouvelle tournée. Est-ce que c’était ça la France?

Me voilà reparti, merci au véhicule qui a bien voulu redémarrer et quelques kilomètres plus loin, à droite, à gauche la station était bien là. Quelques litres d’essence plus tard, quelques kilomètres d’autonomie... Heureusement ils acceptaient notre monnaie, car j’avais oublié de faire le change, et vous ne me croirez sûrement pas, mais à l’époque ce n’était pas si aisé de franchir la frontière. D’ailleurs j’étais passé par une douane où vos douaniers dormaient debout, fin saouls. Quant aux nôtres, de l’autre côté de la barrière, ils rigolaient, car ils avaient gagné le duel autour du genièvre, « jenever » dans notre langue... J’avais quand même compris que la revanche se ferait au calva, vous connaissez votre jus de pomme macéré?

Au loin, une cheminée de briques, témoin d’une vieille industrie abandonnée, surplombait le paysage. Je décidai de visiter ce coin totalement perdu dans la campagne française. Quelque chose m’attirait. Non loin de la cheminée prête à s’effondrer, un hôtel! Miteux. Pourtant baptisé « château de… » — le nom avait été effacé, lessivé par les années de pluie, de poussières noirâtres, traces dégoulinantes de scories. Un coup de chiffon avait fait réapparaître le terme « château », bien pompeux. Je pensais que cet endroit me conviendrait malgré tout pour passer une nuit.

Pas de discussion possible avec l’hôtelier. Obligé de lui confier mon identité. Remplir la fiche. Le chien sous le bar me regarde, furibard. Quelques billets, quelques pièces et une chambre avec w.c. sur le palier. Quand je pense qu’il osait appeler ce lieu « commodités »...