Les Chroniques d’Aldrenn - Jérémy Cohan - E-Book

Les Chroniques d’Aldrenn E-Book

Jérémy Cohan

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Beschreibung

Dans un monde gangrené par la corruption, les Gardes Obscurciens s’érigent en rempart contre les ténèbres qui engloutissent les royaumes. Kaël, Aldrenn et Alya – mage renégate aux pouvoirs proscrits – unissent leurs forces pour affronter Gundo et l’ombre menaçante de la prophétie de la Lune Rouge. Leur périple est jalonné de trahisons, de sacrifices et de magie noire. Tandis que l’espoir vacille au bord du gouffre, l’avenir du monde repose entre les mains de héros brisés. La survie cesse d’être un choix : elle devient une insurrection contre l’inéluctable.

À PROPOS DE L'AUTEUR

Attiré par les arcanes de l’ombre et les tourments de l’âme, Jérémy Cohan conçoit la littérature comme un acte de résistance face au conformisme. L’écriture devient pour lui une rébellion lucide, une quête de vérité dissimulée sous les voiles de la fiction. Dans "Les Chroniques d’Aldrenn", il ausculte les ténèbres humaines à travers le prisme d’un monde en déclin. Sa plume, grave et habitée, conjugue l’élan de l’absolu à la rudesse de l’émotion.

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Veröffentlichungsjahr: 2025

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Jérémy Cohan

Les Chroniques d’Aldrenn

L’ombre du sang

Roman

© Lys Bleu Éditions – Jérémy Cohan

ISBN : 979-10-422-7733-8

Le code de la propriété intellectuelle n’autorisant aux termes des paragraphes 2 et 3 de l’article L.122-5, d’une part, que les copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective et, d’autre part, sous réserve du nom de l’auteur et de la source, que les analyses et les courtes citations justifiées par le caractère critique, polémique, pédagogique, scientifique ou d’information, toute représentation ou reproduction intégrale ou partielle, faite sans le consentement de l’auteur ou de ses ayants droit ou ayants cause, est illicite (article L.122-4). Cette représentation ou reproduction, par quelque procédé que ce soit, constituerait donc une contrefaçon sanctionnée par les articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.

À la mère de mes enfants qui m’a soutenu

tout au long de cette fabuleuse aventure.

C’est l’orgueil des hommes qui engendra la Corruption. Alors que depuis plus d’un siècle la paix régnait sur les cinq Royaumes, leur soif insatiable de pouvoir les avait conduits à mépriser les lois divines. Leur arrogance éveilla un mal ancien. Au-delà des montagnes du sud, une ombre s’étendait : les Corrompus.

Chapitre 1

Les Gardes Obscurciens

Le soleil déclinait doucement sur la cour du château de Gallën, teintant les pierres blanches d’une lueur dorée. Des elfes en habits soignés et des domestiques affairés s’activaient autour de longues tables richement décorées. Des guirlandes de fleurs sauvages, entrelacées de rubans d’argent, serpentaient au-dessus du banquet. La douce mélodie d’une harpe elfique résonnait à travers les jardins. Le festin destiné à accueillir le seigneur Brakanh et ses hommes promettait d’être grandiose.

Debout sur le perron principal, la princesse Aziel observait avec excitation le ballet des préparatifs. Elle était vêtue d’une robe bleu nuit aux reflets argentés, rappelant les étoiles qui apparaissaient déjà timidement dans le ciel. Ses cheveux blonds, tressés avec des fils de perles, flottaient légèrement dans la brise. Elle avait toujours admiré son oncle Brakanh, un homme charismatique et respecté, célèbre pour ses victoires sur les Corrompus. Mais ce n’était pas seulement pour lui qu’elle trépignait d’impatience : elle espérait entendre des récits palpitants de ses campagnes et se délecter des histoires héroïques qui faisaient battre son cœur de jeune rêveuse.

— Princesse Aziel, la table principale est prête, déclara un elfe en s’inclinant.

— Parfait ! répondit-elle en applaudissant doucement. J’espère qu’ils apprécieront les efforts que nous avons déployés.

Mais son enthousiasme n’était pas partagé par tous. Sa dame de compagnie, Aeriena, une elfe plus âgée et pragmatique, l’observait d’un regard sceptique.

— Vous semblez bien légère d’esprit, Votre Altesse. Avez-vous oublié que les nouvelles qui accompagnent le seigneur Brakanh ne seront pas des plus réjouissantes ?

— Oh, Aeriena, ne sois pas si sombre ! Nous avons assez de soucis ici, à Gallën. Ces histoires de Corrompus au Sud ne sont que des rumeurs exagérées pour effrayer les enfants.

Aeriena plissa les lèvres, mais ne répondit pas. Elle savait que contredire la princesse ne servirait à rien.

Les cors de la garde sonnèrent enfin, annonçant l’arrivée tant attendue. Les grandes portes du château s’ouvrirent, et une colonne d’hommes entra, leurs armures étincelantes sous la clarté de la lune. À leur tête chevauchait le seigneur Brakanh, imposant sur son destrier noir. Sa cape rouge sombre flottait derrière lui, et son regard perçant balayait la cour avec une autorité qui forçait le respect. Mais ce n’était pas lui qui retint immédiatement l’attention d’Aziel.

Derrière lui, deux cavaliers en capes noires descendaient de leurs montures avec une grâce inquiétante. Ils portaient des armures sombres, ornées de gravures mystiques, et leurs visages étaient dissimulés sous des capuches. Seule la lumière de leurs yeux, d’un éclat surnaturel, trahissait leur nature : ils étaient membres de l’Ordre des Gardes Obscurciens, une légendaire faction de guerriers-mages connue pour intervenir face aux menaces surnaturelles.

Un frisson parcourut l’assemblée. Même les elfes, pourtant maîtres de la sérénité, échangèrent des regards troublés. Ces hommes n’apparaissaient que dans les temps les plus sombres. Aziel s’approcha, un sourire forcé sur les lèvres.

— Oncle Brakanh, quel plaisir de vous revoir ! Et ces… invités ? demanda-t-elle en désignant les Gardes d’un geste vague.

— Ils sont ici pour une raison importante, Aziel, répondit-il d’une voix grave.

Il descendit de sa monture et s’approcha de sa nièce pour lui baiser la main.

— Les temps changent, et nous devons nous préparer.

L’un des Gardes Obscurciens s’avança alors, abaissant légèrement sa capuche pour dévoiler un visage marqué par les années et la guerre. Sa voix était rauque, empreinte de mystère.

— Princesse Aziel, nous sommes ici pour avertir votre royaume. Les Corrompus, ces êtres que vous croyez n’être que des contes pour enfants, marchent vers le nord. Leur souillure est déjà aux portes du mont de Koroock. Si rien n’est fait, ce château tombera comme les autres.

Aziel réprima un rire nerveux.

— Vous exagérez sûrement, maître Obscurcien. Mon oncle a mis en déroute bien pire, n’est-ce pas ?

Brakanh ne répondit pas immédiatement. Il semblait étrangement distrait, le regard fixe, presque absent. Enfin, il déclara :

— La menace est réelle, Aziel. Il est temps que tu commences à comprendre que le monde est plus cruel que tu ne le crois.

Ces mots, bien qu’ambigus, firent taire la princesse. Elle fronça légèrement les sourcils, mal à l’aise devant la froideur inhabituelle de son oncle.

La soirée se poursuivit dans un étrange mélange de festivités et de tension. Les invités festoyaient, mais les murmures au sujet des Gardes Obscurciens et des Corrompus ne cessaient de circuler. Aziel, assise à la table d’honneur, observait Brakanh. Quelque chose en lui avait changé. Ses sourires semblaient forcés, et il mangeait à peine. Les Gardes, eux, restaient en retrait, échangeant des regards énigmatiques.

Dans une tentative de rehausser l’humeur de ses hôtes, Aziel s’empara d’une coupe et s’exclama d’une voix enjouée :

— Ce fut un long périple, mon oncle. Avez-vous fait bonne route depuis Furn ?

Brakanh leva son verre, l’air absent.

— Ce périple fut aussi éprouvant qu’ennuyeux. Nous avons croisé le chemin d’Aldrenn et de Kaël, Gardes Obscurciens qui se rendaient en terre de Gallën. Ils ont insisté pour finir la route avec nous.

Aziel cligna des yeux, visiblement intriguée.

— Leurs craintes sont-elles fondées ? Devons-nous craindre un nouvel enclin ?

— Je crains que oui, ma chère nièce… D’ordinaire, les corrompus sont désorganisés et vivent de manière anarchique, mais là… c’est différent… un mal étrange est à l’œuvre, répondit-il, un air sévère gravé sur le visage.

La réponse provoqua une vague de murmures parmi les convives. L’étrange présence des Gardes jetait une ombre sur la soirée. Mais ce fut le discours de l’un d’eux qui scella l’atmosphère pesante. Debout, sa voix rauque et profonde résonna :

— Je ne vais pas m’attarder en courtoisies. Si nous avons accompagné les hommes du seigneur Brakanh, c’est pour une raison bien plus noble que de vider les réserves de vin du roi de Gallën.

Quelques rires s’élevèrent, avant de retomber presque aussitôt dans un silence religieux. L’homme posa sa coupe et ajouta :

— Une menace grandit au sud. Quelque chose s’est éveillé en lisière des bois de Furn-an-Heel. Votre Altesse, avec tout le respect que je vous dois, le danger est bien plus grand que vous ne l’imaginez.

Aziel fronça les sourcils, mais les paroles du Garde furent comme une épée transperçant les épaisses murailles de son insouciance. Pour la première fois de la soirée, elle douta.

Alors que la fête touchait à sa fin, un cri d’alarme retentit depuis les remparts du château. Le fracas des armes et les échos des cors firent vibrer la cour. Aziel se leva d’un bond, le cœur battant. Brakanh, qui s’était jusqu’ici montré silencieux, aboya des ordres.

— Que se passe-t-il ? demanda-t-elle, la voix tremblante.

— Reste ici ! tonna Brakanh. Les Corrompus sont là.

Les portes de la salle du banquet furent soudainement enfoncées, et une vague de chaos envahit la pièce. Les soldats étaient submergés par des créatures à l’allure déformée, leurs yeux brillants de malice et de haine. Kaël et Aldrenn dégainèrent leurs épées en un mouvement fluide, se plaçant devant la princesse.

Kaël et Aldrenn tentèrent de l’affronter, mais sa puissance était bien au-delà de ce qu’ils avaient imaginé. Incapables de le vaincre, ils prirent une décision difficile : fuir.

Alors que tout semblait perdu, Kaël attrapa Aziel par le bras.

— Nous devons fuir, maintenant !

Ils se précipitèrent à travers les couloirs du château, Aldrenn ouvrant la voie et repoussant les créatures qui les poursuivaient. Leur fuite les mena dans les profondeurs du château, jusqu’à une lourde porte en fer forgé.

— Ici, dit Aldrenn. C’est le donjon.

À l’intérieur, une femme aux cheveux noirs, portant une robe simple, mais ornée de chaînes aux poignets, les dévisagea. Ses yeux brûlaient d’une intensité farouche.

— Qui êtes-vous ? demanda Aziel, haletante.

— Je suis Alya. Une mage apostat, vos hommes m’ont arrêtée juste parce que je suis elfe, répondit-elle calmement.

— Nous n’avons pas le temps ! s’écria Kaël. Si vous voulez vivre, suivez-nous !

Alya esquissa un sourire mystérieux.

— Vous me libérez, et je vous montre que je peux être utile.

Kaël hésita une seconde, puis trancha les chaînes d’un coup d’épée.

— Très bien. Mais ne nous ralentissez pas.

Alya se redressa, ses mouvements empreints d’une élégance presque surnaturelle. Ils se remirent en marche, mais à peine avaient-ils quitté le donjon qu’un rugissement monstrueux retentit. Une créature ailée, à l’apparence à la fois séduisante et terrifiante, les attendait dans le couloir.

— Une succube, murmura Alya. Elle est à moi.

Kaël voulut protester, mais Alya s’avança, ses mains illuminées par une énergie étrange. La succube fondit sur elle, ses griffes visant son cœur, mais Alya esquiva avec une grâce étonnante. Ses chaînes brisées s’animèrent soudain, virevoltant autour d’elle et frappant la créature avec une puissance magique. La bataille fut brève, mais féroce. Alya, usant d’une magie ancienne, finit par terrasser le démon dans un éclat de lumière aveuglante.

Les Gardes Obscurciens échangèrent un regard surpris. Aziel, elle, était bouche bée.

— Je vous avais dit que je pouvais être utile, dit Alya en essuyant une goutte de sueur sur son front.

Ils atteignirent finalement la cour du château, mais la situation était désespérée. Les soldats restants se battaient vaillamment, mais ils étaient submergés. Kaël et Aldrenn se jetèrent dans la mêlée pour protéger Aziel, mais même leurs efforts semblaient insuffisants.

Alors qu’une créature monstrueuse s’apprêtait à frapper Kaël dans le dos, Alya intervint. Elle leva les mains, invoquant une barrière d’énergie qui repoussa les Corrompus et permit aux Gardes de reprendre leur souffle. Puis, dans un ultime effort, elle canalisa sa magie pour invoquer une onde de choc qui balaya les assaillants restants.

Un silence lourd retomba sur la cour. Les survivants, épuisés, se tournèrent vers Alya. Elle se tenait droite, mais son visage trahissait la fatigue extrême. Mais l’ennemi ne comptait pas s’arrêter là, une énième vague surgit, déferlant sur les survivants et sur la princesse.

Alors que tout semblait perdu, une lueur apparut dans le chaos. Alya surgit, invoquant une magie ancienne qui fit reculer Brakanh et ses hordes. Elle tendit la main vers Kaël et Aldrenn.

— Venez, vite ! Nous ne pouvons pas rester ici.

Malgré leurs blessures, les deux hommes suivirent Alya, tandis qu’elle les guidait hors du château en ruines. Aziel voulut se relever, mais une douleur fulgurante lui déchira le ventre. Elle baissa les yeux. La lame noire de Brakanh s’était enfoncée profondément dans sa chair. Un hoquet étranglé s’échappa de ses lèvres, et ses jambes se dérobèrent sous elle.

Aziel de Gallën, héritière du royaume, était morte.

 

 

 

 

 

Chapitre 2

Les alliances de Narkaryh

 

 

 

Le doux crépitement du feu dans la cheminée le tira doucement de ses songes. Kaël passa une main le long de son épaule, cherchant la cicatrice que lui aurait laissée la flèche qu’il avait reçue. Rien. Il se contorsionna, tâtonnant jusqu’à la crampe, mais en vain. Son regard scruta les alentours. Les murs étaient recouverts d’étagères poussiéreuses sur lesquelles s’entassaient d’épais ouvrages consacrés à l’ésotérisme, à la sorcellerie et à la sanguimancie. Une présence féminine le tira brusquement de ses réflexions.

Une jeune elfe se tenait à ses côtés, l’air tranquille. Kaël fit un violent écart sur le côté, tombant brusquement du lit et se retrouvant nu sur le sol fraîchement balayé. La voix fluette de l’elfe s’éleva avec une pointe d’amusement.

— Vos yeux s’ouvrent enfin. J’en suis ravie.

— Je me souviens de vous… Vous êtes l’apostat ! répondit Kaël avec suspicion.

— Et vous êtes nu, se moqua-t-elle. Relevez-vous donc, Garde Obscurcien, et rangez votre épée de labour avant que certaines idées plus intimes n’envahissent mon esprit.

Rougissant de colère et de gêne, Kaël se releva et s’empara de ses affaires sans la quitter du regard.

— Tu es Kaël, n’est-ce pas ? Moi, c’est Alya.

— C’est toi qui m’as soigné ?

— En effet. Ton ami Aldrenn et toi. Je suis intervenue au moment où les Corrompus allaient vous submerger. Je ne pouvais pas rester sans rien faire.