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... avec mes (gros) sabots... Oh, oh, oh ! Que nenni, ce n'est pas une version X des fables de La Fontaine, c'est même plutôt gentillet pour de l'érotisme... Le but est surtout de s'amuser ! Cette adaptation des fables, choisies parmi les plus connues, est d'abord un exercice de style où l'essentiel est fidèlement conservé - titres, morales et caractéristiques des animaux - c'est ce que font ceux-ci qui peut sembler un poil différent... Bah, si peu ! D'ailleurs, pour certaines fables, je suis sûre qu'il y a de l'idée dans cette version des faits. N'oubliez pas qu'à l'époque La Fontaine s'était lui aussi prêté au jeu des contes grivois... Pour tout vous dire, c'est à partir de ce constat que je me suis permis ce pastiche un brin plus coquin. « Rien ne sert de courir ; il faut partir à point » Alors, vous pensez à quoi ? Réponse à l'intérieur ! Livre pour adultes
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Seitenzahl: 75
Veröffentlichungsjahr: 2020
Un grand Merci à Boud’zan
Qui m’a bien accompagnée
Pendant toutes ces années…
Sans oublier Monsieur Jean** !!
La Cigale et la Fourmi
Le Corbeau et le Renard
La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que les Bœufs
Les deux Mulets
Le Loup et le Chien
L’Hirondelle et les petits Oiseaux
Le Rat de ville et le Rat des champs
Le Loup et l’Agneau
Les voleurs et Anne
La Mort et le Bûcheron
L’Homme entre deux âges, et ses deux maîtresses
Le Renard et la Cigogne
Le Coq et Perle
Les Frelons et les Mouches à miel
Le Chêne et le Roseau
Contre celles qui ont le goût difficile
La Chauve-Souris et les deux Belettes
Le Loup plaidant contre le Renard par-devant le Singe
Les deux Taureaux et les Grenouilles
Conseil tenu par les Rats
Lice et sa Compagne
Le Lion, la Chienne et le Moucheron
Le Lièvre et les Grenouilles
Le Lion et le Rat
Le Paon se plaignant à Junon
Le Coq et le Renard
Le Loup et la Cigogne
Le Renard et les Raisins
Le Chameau et les bâtons flottants
Le Renard et le Bouc
La Chatte métamorphosée en Femme
Les Grenouilles qui demandent un Roi
Le Coucou, le Crapaud et la Sauterelle
La Grenouille et le Rat
Le Lièvre et la Tortue
Le Renard ayant la queue coupée
Perrette et le Pot au lait
La Chatte et le Morpion
L’Escargot
La Cigale, ayant flirté
Dans le courant de l’été,
Se trouva fort dépourvue
Quand la bite fut venue.
Parfois amour… « Platonique !!! »
N’allant pas jusqu’à la nique.
Des bises, en action,
Mais sans pénétration !
Dame Fourmi, sa voisine,
N’échappait aucune pine ;
Dans la rue, par tous les temps,
Elle levait le client.
Prise en des positions
Qui pouvaient lui plaire, ou non.
Elle en a sucé des glands
Pour se faire autant d’argent.
Comme elle s’usait le con,
La dame lui fit leçon,
Éludant de façon rude
Les questions de la prude.
La Fourmi n’est pas offreuse,
Et raillant la demandeuse2 :
« Vous flirtiez ? Que c’est charmant…
Eh bien, baisez maintenant ! »
La Cigale et la Fourmi
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La Cigale, ayant chanté
Tout l’été,
Se trouva fort dépourvue
Quand la bise fut venue :
Pas un seul petit morceau
De mouche ou de vermisseau.
Elle alla crier famine
Chez la Fourmi sa voisine,
La priant de lui prêter
Quelque grain pour subsister
Jusqu’à la saison nouvelle
« Je vous paierai, lui dit-elle,
Avant l’oût, foi d’animal,
Intérêt et principal. »
La Fourmi n’est pas prêteuse :
C’est là son moindre défaut.
« Que faisiez-vous au temps chaud ?
Dit-elle à cette emprunteuse.
— Nuit et jour à tout venant
Je chantais, ne vous déplaise.
— Vous chantiez ? j’en suis fort aise :
Eh bien ! dansez maintenant. »
1 Livre I – Fable 1.
2. Bon, à part échanger les domaines prêt/emprunt et offre/demande, ça ressemble dans l’ensemble, non ? Vous pouvez vérifier par vous-même si vous ne me croyez pas (cf. la fable originale ci-après).
Maître Corbeau, tout de cuir habillé,
Pavoisait fièrement dans le Village4.
Maître Renard, physiquement tenté,
Lui susurra mielleux5 ce langage :
« Bel ami, tu es si musclé… bronzé…
Que je ne peux cesser de t’admirer ! »
Mais le Renard alors ne savait point
Qu’homo le Corbeau en était fort loin.
Dans la nuit, il confondit l’aguicheur.
Il dit : « J’aurai quand même ses faveurs.
Ce Corbeau est trop fier de sa personne,
Il ne doit me prendre pour une conne ! »
Il le flatta et le soûla si bien
Qu’il l’emporta chez lui jusqu’au matin.
Là, le bougre6 se livra aux vertiges
Mouvements perpétuels de sa tige.
L’hétéro fut tellement travaillé
Qu’il s’éveilla le cul… tout englué !
Forcément, il ne pouvait plus s’asseoir,
S’étant fait déflorer : quel désespoir !
L’homo lui fit la morale sur l’heure :
« Apprenez, Monsieur, que tout séducteur
Dépend du vit7 de celui qu’il écoute.
Ça vaut un dépucelage8, sans doute. »
L’hétéro Corbeau, honteux et confus,
Jura – Trop tard ! – qu’on ne le prendrait plus.
Le Corbeau et le Renard
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Maître Corbeau, sur un arbre perché,
Tenait en son bec un fromage.
Maître Renard, par l’odeur alléché,
Lui tint à peu près ce langage :
« Hé ! bonjour, Monsieur du Corbeau.
Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !
Sans mentir, si votre ramage
Se rapporte à votre plumage,
Vous êtes le phénix des hôtes de ces bois. »
À ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie ;
Et pour montrer sa belle voix,
Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.
Le Renard s’en saisit, et dit : « Mon bon Monsieur,
Apprenez que tout flatteur
Vit aux dépens de celui qui l’écoute :
Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute. »
Le Corbeau, honteux et confus,
Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.
La Grenouille qui se veut faire aussi grosse que le Bœuf
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Une Grenouille vit un Bœuf
Qui lui sembla de belle taille.
Elle, qui n’était pas grosse en tout comme un œuf,
Envieuse, s’étend, et s’enfle, et se travaille,
Pour égaler l’animal en grosseur,
Disant : « Regardez bien, ma sœur ;
Est-ce assez ? dites-moi ; n’y suis-je point encore ?
— Nenni. — M’y voici donc ? — Point du tout. — M’y voilà ?
— Vous n’en approchez point. » La chétive pécore
S’enfla si bien qu’elle creva.
Le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages :
Tout bourgeois veut bâtir comme les grands seigneurs,
Tout petit prince a des ambassadeurs,
Tout marquis veut avoir des pages.
3 Livre I – Fable 2.
4. Quartier homosexuel à Montréal.
5. Mon renard est tellement flatteur que ce mot compte pour trois syllabes.
6. Sodomite.
7. Sexe masculin en argot (ancien).
8. Bah, ce n’est pas si loin de l’allégorie du fromage représentant les dangers de la vanité. À l’exception près que ce n’est pas tout à fait illustré de la même façon, à tout le moins ça rime… (cf. l’original ci-contre).
Une Grenouille vit un jour des Bœufs
Qui lui semblèrent de fort belle taille.
Pour s’enfler, elle dit : « Des tas de nœuds,
Je dois sucer » ; et se mit au travail.
Elle n’eut aucun mal, cette coquine,
À se dégoter tant de grosses pines.
Les a toutes goulûment astiquées ;
De la semence, en a plus qu’absorbée.
L’envieuse si bien en avala
Que d'éclatement – Paf ! – elle creva10 !!!
Le monde est peuplé de gens pas plus sages.
Chacun veut de l’autre les avantages,
Et se copie à qui mieux mieux l’image.
Le pire péché : l’envie qui fait rage !
Les deux Mulets
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Deux Mulets cheminaient, l’un d’avoine chargé,
L’autre portant l’argent de la gabelle.
Celui-ci, glorieux d’une charge si belle,
N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé.
Il marchait d’un pas relevé,
Et faisait sonner sa sonnette :
Quand l’ennemi se présentant,
Comme il en voulait à l’argent,
Sur le Mulet du fisc une troupe se jette,
Le saisit au frein et l’arrête.
Le Mulet, en se défendant,
Se sent percer de coups ; il gémit, il soupire.
« Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ?
Ce Mulet qui me suit du danger se retire ;
Et moi j’y tombe, et je péris !
— Ami, lui dit son camarade,
Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut emploi :
Si tu n’avais servi qu’un meunier, comme moi,
Tu ne serais pas si malade. »
9 Livre I – Fable 3 : La Grenouille qui se veut faire aussi grosse que le Bœuf.
10. Eh ben, c’est le même sens que la fable originale – satire du désir de paraître supérieur – ou à peu près… (cf. ci-contre).
Deux Mulets cheminaient, l’un richement vêtu,
L’autre à même portait un drap sur sa peau nue.
Le premier se pavanait d’un air fier,
Vaniteux, le regard incendiaire.
Il cherchait à aguicher tout le monde
Dans un rayon de cent lieues à la ronde…
Des gars piquèrent cet aguicheur dans un coin
De leurs dards : le percèrent à grands coups de reins.
Il gémit, se posa des questions,
Sans flairer le motif de l’action.
« On m’avait promis qu’en étant si beau,
On me flatterait… mais point d’autres maux !
Comment se fait-il que tu ne sois en danger,
Tandis que moi tous ne pensent qu’à me grimper12 ?
— Eh ! cher ami, lui dit son camarade,
Si ces artifices tu ne déploies,
Tranquille, tu ne serais dans l’effroi,
Car tu n’aurais le fond… en marmelade ! »
Le Loup et le Chien (extrait)
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Un Loup n’avait que les os et la peau,
Tant les chiens faisaient bonne garde.
Ce Loup rencontre un Dogue aussi puissant que beau,
Gras, poli, qui s’était fourvoyé par mégarde.
