Les Jeunes Filles de Paris - Jean-Nicolas Bouilly - E-Book

Les Jeunes Filles de Paris E-Book

Jean-Nicolas Bouilly

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Beschreibung

Extrait : "Et moi aussi, j'ai promis de joindre le modeste glane d'un vieux conteur à cette gerbe riche et variée, formée par cent et un écrivains français, offerte par eux à l'un des éditeurs les plus recommandables de notre littérature moderne, pour l'indemniser des pertes imprévues que lui ont fait éprouver nos derniers orages."

À PROPOS DES ÉDITIONS LIGARAN

Les éditions LIGARAN proposent des versions numériques de qualité de grands livres de la littérature classique mais également des livres rares en partenariat avec la BNF. Beaucoup de soins sont apportés à ces versions ebook pour éviter les fautes que l'on trouve trop souvent dans des versions numériques de ces textes.

LIGARAN propose des grands classiques dans les domaines suivants :

• Livres rares
• Livres libertins
• Livres d'Histoire
• Poésies
• Première guerre mondiale
• Jeunesse
• Policier

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EPUB

Seitenzahl: 35

Veröffentlichungsjahr: 2015

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Note de l’éditeur

Paris, ou le Livre des Cent-et-Un publié en quinze volumes chez Ladvocat de 1831 à 1834, constitue une des premières initiatives éditoriales majeures de la « littérature panoramique », selon l’expression du philosophe Walter Benjamin, très en vogue au XIXe siècle. Cent un contributeurs, célèbres pour certains, moins connus pour d’autres, appartenant tous au paysage littéraire et mondain de l’époque, ont écrit ces textes pour venir en aide à leur éditeur qui faisait face à d'importantes difficultés financières… Ainsi ont-ils constitué une fresque unique qui offre un véritable « Paris kaléidoscopique ».

Le présent ouvrage a été sélectionné parmi les textes publiés dans Paris ou le Livre des Cent-et-Un. De nombreux titres de cette fresque sont disponibles auprès de la majorité des librairies en ligne.

Les jeunes filles de Paris

Et moi aussi, j’ai promis de joindre la modeste glane d’un vieux conteur à cette gerbe riche et variée, formée par cent et un écrivains français, offerte par eux à l’un des éditeurs les plus recommandables de notre littérature moderne, pour l’indemniser des pertes imprévues que lui ont fait éprouver nos derniers orages.

Mais que lui offrirai-je, moi, simple moraliste, presque septuagénaire, habitué à parcourir les plus humbles sentiers du Parnasse, à m’y reposer sous de paisibles ombrages, où je me contente de cueillir quelques fleurs des champs, pour les offrir aux jeunes filles qui se trouvent sur mon passage ?

De quel droit me mêler parmi ces nouveaux Addison, ces Quintilien, ces Arïstarques fouillant jusque dans les derniers replis du cœur humain, pour en connaître les mouvements, les erreurs, et le conduire à sa perfection ? De quel droit irais-je lutter avec tous ces grands coloristes de notre époque, moi qui, voué constamment au style simple de conteur moraliste, eus toujours pour devise cet adage d’Horace : Ingenium miserâ fortunatius arte ; « Le naturel est préférable à l’art » ?

Mais j’ai promis ; j’ai cédé à l’irrésistible charme d’inscrire mon nom parmi ceux de mes amis, de mes confrères : j’oserai donc conter encore… pour la dernière fois peut-être ; oui, j’essayerai de faire une esquisse fidèle des jeunes filles de Paris ; de prouver que, dans tous les rangs de l’ordre social, elles offrent des modèles à citer pour l’honneur et la gloire de leur sexe : je m’attacherai surtout à démontrer que la vertu la plus digne d’éloge, est celle qu’on rencontre dans la classe indigente, où toujours elle est environnée des séductions que font naître le désir de s’élever, l’isolement, l’inexpérience, et trop souvent, hélas ! les besoins pressants de la vie.

Le fond du récit que je vais faire est historique : cette anecdote a eu lieu dans mon voisinage ; et je m’en suis emparé, pour la joindre à ces traits populaires, attachants, que je vais ramassant sur la scène du monde ; comme le botaniste qu’on voit errer dans les vallons, sur les montagnes, cueillant les plantes salutaires propres à calmer, à prévenir tous les maux de l’humanité.

Estelle Aubert était l’unique enfant d’un ouvrier imprimeur, qu’un travail forcé, opiniâtre, avait réduit à vivre dans un fauteuil, privé de l’usage de ses jambes et de ses mains. Position cruelle pour un homme de cœur, qui se trouvait à la charge de sa femme et de sa fille ! Celles-ci n’avaient pour toute ressource, que leur modique profession de blanchisseuse en linge fin, à laquelle, depuis quelques mois, Estelle avait ajouté celle de raccommodeuse de blondes et de dentelles, afin d’augmenter le gain de la journée.

Cette honnête et pauvre famille habitait deux chambres en mansarde, ou plutôt une partie d’un sixième étage, rue de Chabannais, en face d’un hôtel, dont le premier était occupé par un grand spéculateur de terrains, devenu banquier très renommé ; le second, par le vicomte de Saluées, écuyer cavalcadour ; et le troisième, par un commissaire-priseur.