Les magasins de Paris - Auguste Luchet - E-Book

Les magasins de Paris E-Book

Auguste Luchet

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Beschreibung

Extrait : "Un observateur très profond et très spirituel terminait dernièrement par ces mots la physiologie du Boutiquier : « Le boutiquier ne dit plus plus : Ma boutique ; il dit : Mon magasin. – Il ne parle plus de ses pratiques, mais bien de sa clientelle. – Il n'a plus de garçons pour servir, ce sont des commis. – Il vend pas de telle ou telle marchandise ; il tient tels et tels articles. – Il ne s'intitule plus marchand mercier, c'est aujourd'hui un commerçant en...»"

À PROPOS DES ÉDITIONS LIGARAN

Les éditions LIGARAN proposent des versions numériques de qualité de grands livres de la littérature classique mais également des livres rares en partenariat avec la BNF. Beaucoup de soins sont apportés à ces versions ebook pour éviter les fautes que l'on trouve trop souvent dans des versions numériques de ces textes.

LIGARAN propose des grands classiques dans les domaines suivants :

• Livres rares
• Livres libertins
• Livres d'Histoire
• Poésies
• Première guerre mondiale
• Jeunesse
• Policier

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EPUB

Seitenzahl: 35

Veröffentlichungsjahr: 2015

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Note de l’éditeur

Paris, ou le Livre des Cent-et-Un publié en quinze volumes chez Ladvocat de 1831 à 1834, constitue une des premières initiatives éditoriales majeures de la « littérature panoramique », selon l’expression du philosophe Walter Benjamin, très en vogue au XIXe siècle. Cent un contributeurs, célèbres pour certains, moins connus pour d’autres, appartenant tous au paysage littéraire et mondain de l’époque, ont écrit ces textes pour venir en aide à leur éditeur qui faisait face à d'importantes difficultés financières… Ainsi ont-ils constitué une fresque unique qui offre un véritable « Paris kaléidoscopique ».

Le présent ouvrage a été sélectionné parmi les textes publiés dans Paris ou le Livre des Cent-et-Un. De nombreux titres de cette fresque sont disponibles auprès de la majorité des librairies en ligne.

Les magasins de Paris

Un observateur très profond et très spirituel terminait dernièrement par ces mots la physiologie du Boutiquier :

« Le boutiquier ne dit plus : Ma boutique ; il dit : Mon magasin. – Il ne parle plus de ses pratiques, mais bien de sa clientèle. – Il n’a plus de garçons pour servir, ce sont des commis. – Il ne vend pas de telle ou telle marchandise ; il tient tels et tels articles. – Il ne s’intitule plus marchand mercier, c’est aujourd’hui un commerçant en merceries ; épicier, il se dit négociant. – Autrefois il comptait sa recette, maintenant il fait sa caisse. – Ce n’est plus un mémoire qu’il donne à ses pratiques, c’est une facture. – Il disait au temps passé : J’écris ma vente du jour ; il dit aujourd’hui : Je tiens mes écritures. – Encore quelques jours, le premier garçon s’appellera sous-chef, et le comptoir bureau. »

On croirait pouvoir conclure de tout ceci qu’il n’y a plus de boutiquiers ; car boutiquier vient évidemment de boutique : le Dictionnaire de l’Académie, comme le remarque lui-même l’auteur de la physiologie du boutiquier, le Dictionnaire de l’Académie définit le boutiquier homme tenant boutique, comme l’épicier homme qui vend des épices. Les choses étant ainsi, je trouve logique, si nous supprimons la boutique, que nous supprimions le boutiquier. Le dérivé tient essentiellement à la racine ; et si la boutique une fois destituée, nous la remplaçons par le magasin, il faut que le boutiquier devienne pour nous un être de raison, dont l’appellation gothique ira grossir le nombre des synonymes injurieux ; il faut consentir à dire boutiquier de la même manière que nous disons épicier. Or, chacun sait aujourd’hui que le mot épicier ne signifie plus tout bonnement homme qui vend des épices.

Mais que les bons citoyens se rassurent. Le substantif boutiquier n’est point encore à l’état d’adjectif. La vieille boutique de nos ancêtres n’est pas descendue tout entière au niveau du magasin. Les faubourgs et la cité de Paris nomment encore avec orgueil bon nombre de boutiquiers qui disent et diront toujours ma boutique. J’en connais, j’en citerais au besoin plus d’un, parmi ces nobles patriarches de comptoir, qui, fidèles aux traditions antiques, ont conservé la devanture crottée, le vitrage en bois à hauteur d’appui, le quinquet à l’huile, voire la chandelle sous verre, que l’on mouche avec des ciseaux ; vieillards respectables ayant une queue et de la poudre, des bas bleus sous le pantalon, et des souliers à boucles ; qui font leur piquet tous les soirs, ferment à dix heures, et n’ouvrent pas le dimanche. Le mot est bien clair et bien franc chez eux. Si vous les rencontrez en veste ou en casquette, ils vous diront : – C’est ma veste de boutique, c’est ma casquette de boutique. – Ils ont une nièce de leur femme qui est fille de boutique. Il y a écrit sur leur bail, qu’ils sont locataires d’une boutique et dépendances. S’ils s’absentent du corps-de-garde un jour de corvée, c’est pour faire un tour à leur boutique. Et n’allez pas, en croyant les flatter, parler de leur magasin